LES HORLOGES

La nuit, dans le silence en noir de nos demeures,

Béquilles et bâtons, qui se cognent, là-bas;

Montant et dévalant les escaliers des heures,

Les horloges, avec leurs pas;

Emaux naïfs derrière un verre, emblèmes

Et fleurs d'antan, chiffres et camaïeux,

Lunes des corridors, vides et blêmes

Les horloges, avec leurs yeux;

Sons morts, notes de plomb, marteaux et limes,

Boutique en bois de mots sournois

Et le babil des secondes minimes,

Les horloges, avec leurs voix;

Gaînes de chêne et bornes d'ombre,

Cercueils scellés dans le mur froid,

Vieux os du temps que grignotte le nombre,

Les horloges et leur effroi;

Les horloges

Volontaires et vigilantes,

Pareilles aux vieilles servantes

Boitant de leurs sabots ou glissant sur leurs bas,

Les horloges que j'interroge

Serrent ma peur en leur compas.

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 43 / 245 题