LA GRILLE

Avec de la fureur et du métal tordu

Et du soleil sauvage et de l'ombre, la grille

Comme une bête en fer fourmilleusement brille

Et se hérisse et fend le dallage fendu

Et, transversalement, coupe les stalles fières.

Buissons de dards, fleurs d'aiguilles, bouquets de pointes,

Lances d'acier, faisceaux de morsures--disjointes

Et plus cruelles ainsi sur les barres altières.

Au fond, le tabernacle est imposé, vainqueur,

Et l'ostensoir fulgure et la grille qui mord

Paraît, entre ses dents, broyer des choses d'or

Quand on voit à travers étinceler le choeur.

Et mâchoire pour les souffrances et langues

Et crocs et tenailles pour les peines, et pal

Pour les remords et les péchés, et crucial

Autel pour les frayeurs et les crimes exsangues;

Suspendez-y vos coeurs et vos sanglots, chrétiens,

Et vos amertumes et vos espoirs anciens

Et vos rêves de ciel--et la grille qui mord

Paraît, entre les dents, broyer ces choses d'or.

(1888)

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 41 / 245 题