LÉGENDES

Les grands soleils cuivrés des suprêmes automnes

Tournent éclatamment dans un carnage d'or;

Mon coeur, où les héros des ballades teutones

Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort?

Ils passaient par les rocs, les campagnes, les havres,

Les burgs--et brusquement ils s'écroulaient, vermeils,

Saignant leurs jours, saignant leurs coeurs, puis leurs cadavres;

Passaient dans la légende, ainsi que des soleils.

Ils jugeaient bien et peu la vie: une aventure;

Avec un mors d'orgueil, ils lui bridaient les dents;

Ils la mâtaient sous eux comme une âpre monture

Et la tenaient broyée en leurs genoux ardents.

Ils chevauchaient fougueux et roux--combien d'années?

Crevant leur bête et s'imposant au Sort;

Mon coeur, oh, les héros des ballades fanées,

Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort!

(1888)

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 34 / 245 题