SOUS LES PRÉTORIENS

Les soirs! voici les soirs de pourpre, évocateurs

De carnages et de victoires,

Quand se hèlent dans les mémoires

Les clairons fabuleux et les buccins menteurs.

Et regardez! Dans la mobile obscurité

D'une salle immense, personne.

Un bourdon sonne,

A travers l'ombre rouge, avec mordacité!

Contre des murs de nuit, de grands soleils.

Soudain arborent des trophées;

Les colonnes sont attifées

De cartouches soyeux et de lauriers vermeils.

L'orgueil des étendards coiffés d'alérions

Vaguement remue et flamboie;

Un bas relief se creuse et se déploie

Où le granit se crispe en mufles de lions.

Un bruit de pas guerriers multiplié s'entend

Derrière un grand rideau livide:

Un trône est là, sanglant et vide....

Et le silence brusque et volontaire attend.

Mon rêve, enfermons-nous dans ces choses lointaines.

Comme en de tragiques tombeaux,

Grands de métaux et de flambeaux

Et de faisceaux tendus sous des lances hautaines.

(1887)

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 33 / 245 题