La mort peindra ta chair de ce vieux ton verdâtre
Délicatement jaune et si fin, qu'on dirait
Qu'à travers le cadavre un printemps transparaît
Et qu'une lueur jeune en avive l'albâtre.
Et recueilli du coeur, des yeux et du cerveau.
Sentant pâlir en moi, comme un feu de lumière,
Le souvenir trop net de ta beauté plénière,
J'irai m'agenouiller devant ce corps nouveau.
Je lui dirai les grands versets mélancoliques
Que l'Église, ta mère, épand aux trépassés,
Et je lui parlerai de nos amours passés
Avec les mots fanés des lèvres catholiques.
Je fixerai dans mon esprit ses traits humains,
Ses yeux scellés au jour, au soleil, à la gloire,
Et rien n'effacera jamais de ma mémoire
La croix que sur ton coeur dessineront tes mains.
Et pour réaliser ton suprême souhait,
Le soir, dans la piété des chrétiennes ténèbres.
Je sortirai ton sein de ses voiles funèbres
Et je le baiserai tel que la mort l'a fait.