III

La mort peindra ta chair de ce vieux ton verdâtre

Délicatement jaune et si fin, qu'on dirait

Qu'à travers le cadavre un printemps transparaît

Et qu'une lueur jeune en avive l'albâtre.

Et recueilli du coeur, des yeux et du cerveau.

Sentant pâlir en moi, comme un feu de lumière,

Le souvenir trop net de ta beauté plénière,

J'irai m'agenouiller devant ce corps nouveau.

Je lui dirai les grands versets mélancoliques

Que l'Église, ta mère, épand aux trépassés,

Et je lui parlerai de nos amours passés

Avec les mots fanés des lèvres catholiques.

Je fixerai dans mon esprit ses traits humains,

Ses yeux scellés au jour, au soleil, à la gloire,

Et rien n'effacera jamais de ma mémoire

La croix que sur ton coeur dessineront tes mains.

Et pour réaliser ton suprême souhait,

Le soir, dans la piété des chrétiennes ténèbres.

Je sortirai ton sein de ses voiles funèbres

Et je le baiserai tel que la mort l'a fait.

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 29 / 245 题