IV

Depuis que te voilà dissoute au cercueil sombre

Et que les vers se sont tordus dans ta beauté

Et que la pourriture habite avec ton ombre

Et mord en toi les nids de sa fécondité,

Qu'il fasse aurore en soir, mon âme est douloureuse

Et stérile aux splendeurs des sites et des airs,

Le jour ta forme est là, passante et vaporeuse.

La nuit ton long fantôme emplît mes bras déserts.

Il m'apparaît dans un orgueil pâle et candide.

Debout mais sèchement retouché par la mort.

Peignant je ne sais quoi de triste et de splendide

Dans le lissage en feu vivant de ses crins d'or.

Il me regarde et ses regards sembles des plaintes

D'un exile lointain, doux et silencieux.

Et telle est la douleur de ses clartés éteintes,

Que chaque soir, mais mains lui ferment les deux yeux.

1892

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Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 30 / 245 题