Je suis allé à confesse, ô ma divinité,--sais-tu ce que m’a dit mon

confesseur?--Il dit qu’il faut que je t’oublie,--que si je pense à toi,

je me consume et je meurs.--Si je le faisais, grande serait ma peine--de

ne plus penser à toi, mon riche trésor!--Tiens, voici la vérité, ce

n’est point une menterie que je te conte:--si je t’aime, je pèche, et si

je ne t’aime pas, je meurs.

* * * * *

Le malade voudrait guérir,--le prisonnier de prison sortir,--le marinier

demande le beau temps--pour pouvoir continuer son voyage.--Écus, or,

argent (voilà ce qu’il voudrait), accumuler--pour en venir à ses

fins;--moi, je demande seulement de pouvoir baiser--ta petite bouche, et

puis de mourir après.

L’ucedru innamurattu spessu gira,

Volandu pè li boschi e la campagna;

E chivi canta et quinci intornu mira,

Par ritruà l’amatta so cumpagna.

Quannu po’ nun dra truva, idru s’adira

E cun dulenti canti idru si lagna:

Ed eju quannu ti cercu, e nun ti trovu

E mille pene, e mille afanni eju provu.

Eju t’ amu tantu, e mi ne do-ju lu vantu

Chi nissum nun t’ ama quantu e mia.

Ti portu scritta in quistu pettu tantu,

Chi mai nun m’esci da dra fantasia.

S’ tu vuoi sapiri quantu sia stu tantu,

E quantu il pettu, e dru cor’ dedra alma mia.

S’intrassi in Paradisu santu, santu,

E nun truvacci a tia, mi n’ esciria.

L’oiseau enamouré tourne sans cesse--voltigeant par les bois et la

campagne:--ici, il chante, là il regarde autour de lui,--cherchant à

retrouver sa compagne chérie.--S’il ne la trouve, il se dépite--et

tristement chante sa peine;--et moi, quand je te cherche, et que je ne

te trouve pas,--mille peines, mille tourments, voilà ce que j’éprouve.

* * * * *

Je t’aime tant!..... Oui, je m’en vante,--personne ne t’aime autant que

moi;--Je te porte écrite dans mon cœur, tant--que tu ne me sors pas de

l’imagination.--Si tu veux savoir le combien je t’aime--et du fond de

mon cœur et du fond de mon âme:--si j’entrais dans le paradis saint,

saint,--et si je ne t’y trouvais pas, j’en sortirais.

VOCERU DI NIOLO.

Eju filava a mio’ rocca

Quandu hu intesu un gran rummore;

Era un colpu di fucile

Chi m’intrunò ’ndru cuore;

Parse ch’ unu mi dicissi:

--Cori, u to fratellu more!

Corsu ’ndra cammara suprana

E spalancai-ju la porta.

--«Ho livato ’ndru cuore!»

Disse, ed eju cascai-ju, morta.

Se allora nun morsu anche eju

Una cosa mi cunforta:

Bogliu vestè li calzoni,

Bogliu cumprà la tarzzetta,

Pè mostrà a to camiscia,

LAMENTATION FUNÈBRE DU NIOLO.

Je filais mon fuseau

Quand j’entendis un grand bruit;

C’était un coup de fusil

Qui me tonna dans le cœur;

Il me sembla que quelqu’un me dit:

--«Cours, ou ton frère meurt!»

Je courus dans la chambre, en haut,

Et je poussai précipitamment la porte.

--«Je suis frappé au cœur!»

Il dit, et je tombai (_comme_) morte.

De n’être pas morte alors, moi aussi,

C’est pour moi quelque consolation:

(_Je puis me venger._)

Je veux mettre des chausses (_d’homme_),

Je veux acheter un pistolet,

Pour montrer ta chemise (_sanglante_).

Tandu, nimmu nun aspetta

A tagliasi la so varba

Dopu fatta la vindetta.

A fane a to vindetta

Qual’ voli chi ci sia?

Mammata vicinu à mori?

U a to surella Maria?

Si Lariu nun era mortu

Senza strage nun finia.

D’una razza cusì grande

Nun lasci che una surella

Senza cugini cornali

Povera, orfana, zitella.....

Ma per far a to vindetta,

Sta siguru, vasta anche ella.

Aussi bien, personne n’attend

Pour se faire couper la barbe

Que la vengeance soit accomplie[79].

Pour te venger

Qui veux-tu que ce soit?

Notre vieille mère, près de mourir?

Ou ta sœur Marie?

Si Lario[80] n’était pas mort,

Sans carnage l’affaire ne finissait pas.

D’une race si grande

Tu ne laisses qu’une sœur,

Sans cousins-germains,

Pauvre, orpheline, sans mari...

Mais pour te venger,

Sois tranquille, elle suffit.

BUCERATU

DI BEATRICE DI PIEDICROCE, ALLA MORTE D’EMMANUELLI DELLE PIAZZOLE,

GIUDICE DI PACE DEL CANTONE D’OREZZA. 1813.

Quandu ne intesì la nuova

Era alla nostra funtana;

Dissi: qual notizia corre

Oggi in Orezza sottana?

--Mi dissero: Alle Piazzole

Si macella carne humana.

Passandu sotto San-Pietru

Eju nun vedea piu lume,

Il mandile ch’ avea in manu

Parea bagnatu nel fiume.

È per terra il mio columbu

E per l’aria son le piume.

--Ne siamo state à pusà,

Signor giudice, à San-Pietru

LAMENTATION

DE BÉATRICE DE PIEDICROCE, SUR LA MORT D’EMMANUEL DE PIAZZOLE, JUGE

DE PAIX DU CANTON D’OREZZA, ASSASSINÉ EN 1813.

Quand j’en appris la nouvelle,

J’étais à notre fontaine;

Je dis:--Quelle nouvelle y a-t-il,

Aujourd’hui, dans le bas d’Orezza?

--Elles me dirent: Aux Piazzole,

Il y a boucherie de chair humaine.

Passant au-dessous de San-Pietro

Je ne voyais plus la lumière.

Le mouchoir que j’avais à la main

On l’eût dit trempé dans la rivière.

Par terre est mon tourtereau,

Ses plumes flottent au vent.

--Nous nous sommes reposées,

Monsieur le juge, à San-Pietro,

Nunne vulete muntà?

V’aspetta il signor Piovano;

Ch’è gia prontu il desinà.

Oggi, si, lu vostru sangue

Si lu inghiotti lu terrenu.

Ma si eju mi c’era truvata

Mi lu vuglia pone in senu

Poi, spargelu pè le Piazzole,

Che fosse tantu velenu.

Maladi vogliu lu ditu!

Maladi vogliu la man!

Quello chi ha tumbatu à boi

Statu è un Turco o un Luteran?

E di paese vicinu?

O di paese luntanu?

Duve è la so cara figlia,

Ch’ella si compri un mandile

E tinge lu nel lu so sangue,

O sangue cusi gentile!

Ne voulez-vous pas monter?

Monsieur le curé vous attend;

Le dîner est prêt.

Aujourd’hui, oui, votre sang

La terre le boit.

Mais, si je m’étais trouvée là,

Je l’aurais (_recueilli et_) mis dans mon sein

Pour le répandre ensuite dans les Piazzole,

(_Tant_) Qu’il devînt un poison (_pour vos meurtriers_)![81].

Maudit le doigt!

Maudite la main (_du meurtrier_)!

Celui qui vous a tué,

Était-ce un Turc, un luthérien?

Était-il d’un pays voisin?

Ou d’un pays éloigné?

Où est sa chère fille?

Qu’elle s’achète un mouchoir

Et le teigne dans son sang,

Ce sang si noble,

E poi cingelusi al collu.

Quand’ ella ha boglia di ride.

Ora, si, miei cari figli,

Che son fatte le faccende,

Eju vedu che uscite fuori

E ciascun l’armi prende

Mortu è il giudice di pace

Oggi piu non si defende.

Et qu’elle se le mette au cou

Lorsqu’elle a envie de rire.

Or, sus, mes chers enfants,

Plus d’affaires.

Je vous vois sortir,

Et chacun prend les armes.

Il est mort le juge de paix,

Il ne se défend plus.[82]

BALLATA

FATTA SULL’ CORPO MORTO DA MARIA R*** DI LEVIE.

O caro della surella,

Fratello pegno amà’!

Lu mio cervo pilibrundo

Lu mio falco senza ale!

Possibile che Ella sia!

No la credo manco avale.

Vi vedo con li miei occhj

Vi tocco colle mie mani!

O caro della surella,

Baccio le vostre funtani.

Lu mio marmaro piantato,

Lu vapore mezzo mare,

IMPROVISATION

DE MARIE R***, A L’OCCASION DE LA MORT DE SON MARI, ASSASSINÉ AVEC

SON COUSIN, SUR LE CHEMIN DE TALLANO A LEVIE (1858).

Amour de ta sœur[83],--frère, objet aimé,--mon cerf au poil brun,--mon

faucon sans aîles!--Se peut-il qu’Elle soit[84] ici?--je ne le crois pas

encore maintenant.--Je vous vois de mes yeux;--je vous touche de mes

mains,--époux chéri,--je baise vos fontaines (_sanglantes_).

O mon rocher de marbre,--ma vapeur sur la mer,--mon héros fait au

pinceau,--enfant des villes,--tant

Lu mio fatto allo pinello

Venuto dalle cittane.

Tandu vidi che à Maria

No le potea durane!

Lu mio scorto pè fugi,

Lu mio bravo pè parane!

Se lu, si fosse trovato

Colle suoi arme alle mane

Non si lascea far torto

Non le faciane male.

O dolce piu di lu miele!

O manso piu di lu pane!

Paria che Dio l’avessi fatto...

Maria, colle mio’ mane.

Quanto vi fecene honore

Quando alzaste a Levie!

Sortini tutti li signori;

Poi vi diene le viva.

La mattina di lo vescò

Paragone non avia.

de bonheur, Marie le voyait bien,--ne pouvait durer.

Habile pour fuir[85];--brave pour combattre de pied ferme,--s’il s’était

trouvé,--avec ses armes à la main,--il ne se laissait pas insulter,--on

ne lui faisait point de mal.

Plus doux que le miel,--meilleur que le pain,--on eût dit que Dieu

l’avait fait..... que Marie même l’avait fait de ses mains.

Que d’honneurs on vous fit--quand vous montâtes à Levie;--tous les

messieurs sortirent--et vous donnèrent les _vivat_!--Le jour de l’entrée

de l’évêque--ne pourrait se comparer à ce jour-là.

Se ella l’avessi saputa

La vostra surella Maria!....

Perche tutto lu mio sanguino

In vita a voi lu volia.

Ed uomini quante mosche

Manda cui eju volia

E poi mette mi alla testa

La vostra surella Maria.

Arrivata alla vostra porta

M’avete trattata male;

Non siete sortito fuori

A voler me scavalcare.

Ci son’ intrata a trece stese

Fratello ne vostre sale.

E poi c’ eju ho trovato a voi

Spanzato como ’un majale.

O lu mio Zucchero canto

Lu mio miele della arena!

Mi sento fuggé lu sangue,

Fratello, per ogni vena.

Quanto che lu mio babà

Si elle l’avait su--votre sœur Marie!...--toute ma lignée--vous voulait

en vie;--des hommes aussi nombreux que des mouches--je les aurais amenés

ici--et je me serais mise à leur tête,--moi, votre sœur Marie.

Arrivée à votre porte--vous m’avez traitée mal;--vous n’êtes point sorti

dehors--pour m’aider à descendre de cheval;--je suis entrée les cheveux

épars--mon frère, dans votre salle--et là je vous ai trouvé--décousu

comme un sanglier.

O mon sucre,--mon miel des sables,--je le sens, voilà que mon sang se

retire,--mon frère, de toutes mes veines.

Que de projets, mon papa--avait conçus--il était

Avea voluto fane.

Era culato nella pieve

Teso avea lu cannochiale;

E poi mi avea scelta voi,

’O pegno particolare.

O Alto quanto lu sole!

O largo quanto lu mare!

Bastava che voi fosse stato

Men’ che voi di meditani.

Le ricchezze in questo luogo

Fossene state amare;

Con vosco, la sua surella,

Mene fosse andata à zappane.

Perche non avesse pianto

Fratello, ai questo male.

Se la fosse per la robba,

Per impegni, o per danari,

O Caro della surella,

Non vi lasciava mandà;

Che insu v’era lu fiume

E ciù’ v’era lu mare.

monté au village--avait braqué sa lunette[86] (_pour vous voir

venir_),--et vous m’aviez choisi--comme un objet de prédilection.

Vous étiez haut comme le soleil,--vaste comme la mer;--il eût suffi que

vous fussiez--la moitié moins grand que vous n’êtes.

Les richesses en votre endroit--me furent amères:--avec vous, votre

sœur--aurait pioché la terre;--elle n’aurait pas versé tant de

larmes;--frère, pour un tel malheur.--Ni les biens--ni les relations, ni

l’argent--époux chéri--ne vous ont pas séduit;--là, (_chez moi_) c’était

un fleuve (_de biens_),--ici (_chez vous_) c’était une mer.

O Mamma siete la mia.

Mi era informata di tutto.

Era lu arbore forte

Caricato d’ogni frutto;

E per me, la sventurata

Non c’è che ruine e lutto.

Eju nun c’agio fatto letto,

No meno impastato pane;

Eju ci son’ ’ntrata jer’sera;

Mene vo’ anda’ stamane.

Come me la sventurata

Nata nun ne’ sia mai!

Sta mattina mi so’ messa

Tutta _bijoux_ e di fiora.

Ma mi l’agio da leva.

Fratello s’appressa l’hora.

M’ agio da mettè a dosso

Eju la tinta vitriola,

Fin tanto che la vita dura

Vestita da capo à coda.

Mère[87], vous devenez la mienne.--Je m’étais informée de tout. (?)--Il

était l’arbre fort--chargé de tous fruits,--et pour moi,

malheureuse,--il n’y a que ruines et deuil.

Moi qui n’avais point fait (encore) le lit--ni pétri le pain,--moi qui

suis entrée hier,--je m’en vais ce matin.--Malheureuse que je

suis,--pourquoi suis-je née!--Ce matin je me suis parée;--j’étais toute

fleurs et bijoux:--voilà qu’il faut que je les ôte.--Frère, l’heure est

venue,--il faut que je revête--les noires couleurs;--tant que ma vie

durera[88],--j’en serai vêtue des pieds à la tête.

Eju da mercordi dàmane

Erane aspettativa,

Sempre guardando la strada

Se eju vi vedia venire,

Non pensando che voi fossi,

En bocca degli assessini.

Ah! chi mi l’avessi dettu

La mattina dei natali,

Quando che à Levie

Voi volesti alzani;

E poi d’una occhiata sola

Voi ci voleste cascani.

Se non vi fossi piaciuta

Quanto daria stammane!

De tutti li miei fratella

Ci n’agio uno ne’ cumpagnia,

Antonio alla campagna,

Pierruccio alla Bastia.

Quanto da cui a colà

Che, ahi me! piove ruine.

Mercredi dès le matin--j’attendais impatiente--les yeux fixés sur la

route--espérant vous voir venir:--las! je ne pensais pas que vous

étiez--dans les piéges des assassins.

--Ah! qui me l’eût dit--cette matinée de Noël--quand à Levie--vous

voulûtes monter--et qu’en un clin d’œil[89]--vous tombâtes!--Pour ne

vous avoir pas plu--combien je donnerais aujourd’hui!

De tous mes frères--pas un n’est auprès de moi:--Antonio erre en

proscrit;--Pierruccio est à Bastia.--D’ici, de là--hélas! le malheur

pleut sur moi.

Bestemmià voglio il rè,

Maladì lu tribunale.

Perche il disarmamento.

Nun l’aviate da fà.

Lo tempo degli assessini

A punto e questo d’avale.

Se l’avia le suoi arme,

Giacomo non avia mala.

Temuto piu che lu fuoco,

Stimato piu che lu mare.

Ahi me! nun mi n’importa

Fate pur’ come vi pare.

A contar le so’ bravezze

Nun vorrei ser una donna;

Ci sarei voluto ser poeta

Andato a gli collegi a Romma;

In mano trattar la piumma

In testa portar la comma.

Se l’avessi da scrivini,

Se l’avessi da stampani,

D’argento vorrei la piumma

E d’oro lu caramare.

Je veux blasphémer contre le roi,--maudire le tribunal:--ce

désarmement,--vous n’eussiez pas dû le prescrire[90];--le temps des

assassins--c’est le temps d’aujourd’hui:--s’il avait eu ses

armes,--Giacomo vivrait encore,--plus redouté que le feu,--plus honoré

que la mer.--Hélas! rien ne m’importe plus;--faites de moi ce que vous

voudrez.

Pour conter ses vaillantises--je ne voudrais pas être une

femme;--j’aurais voulu être poète,--avoir étudié à Rome,--manier la

plume,--porter en tête une perruque (_comme un docte abbé_):--Si j’avais

à les écrire,--si j’avais à les imprimer,--je voudrais une plume

d’argent,--un encrier d’or;--pour encre je voudrais toute l’eau de la

mer;--pour papier je voudrais--la plaine de Mariana.

Per inchiostro ci vorria,

Tutta l’acqua di lu mare,

Pè papele ci vorria

La piana di Mariana.

Cio che s’è fatto in Tallano

Non l’ha fatto mai nessuno.

Perche l’avete ammazati

Senza aver’ fatto male alcuno?

L’avete pigliati innocenti

Come Dio omnipotenti.

Ce qui s’est fait à Tallano--personne ne l’a jamais fait:--pourquoi les

avez-vous tués--eux qui n’avaient point fait de mal?--vous les avez pris

innocents--comme Dieu le tout-puissant.

TABLE.

MONUMENTS ANTÉRIEURS AUX ROMAINS.

STAZZONE ET STANTARE.

Pages.

Stazzona de Taravo. 14

Stantare du Rizzanese. 23

Stantare de la Bocca de la Pila. 24

Stazzona de la vallée de Cauria. 25

Urnes funéraires. 47

Statue d’Apricciano. 53

MONUMENTS ROMAINS.

Bains romains. 69

Ruines d’Aleria (incertaines). 70

Carrière de l’île de Cavallo. 83

Tombeaux de Cervarico et de Bonifacio. 88

MONUMENTS DU MOYEN-AGE.

Des églises de la Corse en général. 91

ÉGLISES ROMANES DU XIᵉ-XIIᵉ SIÈCLE.

La Canonica. 96

San-Perteo. 108

Églises de Saint-Jean-Baptiste et de San-Quilico.--Carbini. 112

Église de Saint-Jean. 117

Ancienne cathédrale de Nebbio. 121

Saint-Michel. 125

Saint-Nicolas près de Murato. 132

Saint-Césaire. 136

Monastère de Saint-Martin. 137

ÉGLISES DU XIVᵉ ET DU XVᵉ SIÈCLE.

Sainte-Marie de Bonifacio. 138

Église des Dominicains. 142

Chapelle de Sainte-Catherine. 148

Chapelle de Santa-Cristina. 154

Églises modernes. 161

TOURS, CHATEAUX, FORTIFICATIONS, etc. 164

PONTS. 175

BAS-RELIEFS, SCULPTURES, etc. 177

Notes. 193

FIN.

NOTES:

[1] Salluste, Fragments, lib. II, 157.

[2] Hérodote, Clio, 165-7.

[3] Κύρνον κατεχομένην ὑπὸ Τυρρηνῶν. Diod., lib. XI, 88.

[4] Cons. ad Helv. 7. Sextus Avienus place le séjour des Ligures dans

le S.-O. de l’Espagne (l’Estramadure ou les Algarves). M. Amédée

Thierry suppose qu’ils ont quitté ce pays à la suite d’une invasion

des Celtes, qui aurait eu lieu vers le XVIᵉ siècle,

avant J.-C. Mais Sénèque ne fait venir les Ligures en Corse qu’après

les Étrusques, précédés eux-mêmes par les Grecs; or les Phocéens ne

s’établirent en Corse que vers l’an 550. Il s’ensuit que les Ligures de

la Corse durent arriver de la Gaule ou de la côte N.-O. de l’Italie.

[5] Lib. X, cap. 17.

[6] Polybe, lib. III, 5.

[7] Cons. ad Helv., 7: in causâ non fuisse feritatem _accolarum_.

[8] Lib. V, 14.

[9] X, 17.

[10] Ils gardaient le nom de Corses, au temps d’Auguste. Voir

l’inscription nº 153, Orel. coll. inscrip.

[11] Au rapport de Pausanias (loc. cit.) Aristée, gendre de Cadmus,

aurait émigré en Sardaigne, voyage qui aurait pu avoir lieu dans le

XVIᵉ siècle avant J.-C. _Après lui_, seraient venus des

Ibères, puis des Thespiens et des Grecs de l’Attique, enfin des Troyens

fugitifs. _Longtemps après_, tous ces étrangers auraient été expulsés

de la Sardaigne par les Carthaginois, à l’exception des Troyens et

des Corses, dont Pausanias mentionne la présence sans la rattacher à

d’autres événements, sinon à celui de leur résistance aux Carthaginois.

Si les Ibères étaient venus en Sardaigne immédiatement après Aristée,

c’est-à-dire vers le XVIᵉ siècle, avant notre ère,

il est probable qu’ils se seraient également établis en Corse. Mais

Sénèque parle au contraire de l’arrivée des Espagnols (Ibères) dans

cette dernière île, comme d’un fait à date certaine, positivement

postérieur à la venue des Phocéens. On pourrait concilier Pausanias et

Sénèque en admettant deux immigrations des Ibères, ou bien en supposant

que les Ibères ne passèrent en Corse qu’après avoir été chassés de la

Sardaigne par les Carthaginois.

[12] Strabon, lib. V.

[13] Notitia imperii occident.

[14] Voir la note A.

[15] Au milieu du siècle dernier des Barbaresques enlevèrent encore des

hommes dans le cap Corse.

[16] Voir dans Filippini la légende de la Mouche de Freto, tome 2, 86.

[17] Il est à remarquer que cette révolution s’opéra dans la partie de

l’île où existèrent des colonies romaines.

[18] Robiquet, _Recherches hist. et stat. sur la Corse_, p. 117.

[19] Filippini, tome 2, p. 91.

[20] En 1284.

[21] Mémoires de l’Académie celtique, tome 6.

[22] D’après la description de M. Mathieu, il semblerait que, de son

temps, le dolmen était intact. Aujourd’hui, cependant, personne à

Sollacaro ne se souvient d’avoir vu le toit en place.

[23] Voir la note B.

[24] Voici un exemple entre mille:

S’il est un point sur lequel les archéologues soient d’accord, c’est

que les dolmens servaient aux sacrifices humains. Vingt fois des gens

très-instruits m’ont montré, sur la table de ces monuments, certaines

cavités dans lesquelles on couchait la victime, disaient-ils, au moment

de l’égorger. J’ai déjà dit que j’avais eu le malheur de ne jamais voir

là que des accidents naturels. Or, cette tradition, si bien établie,

est en contradiction évidente avec le témoignage de Diodore de Sicile

qui affirme que la victime était debout, puisque c’était d’après

_sa chute_ que les Druides tiraient leurs présages, «Πέσοντος τοῦ

πληγέντος, ἐκ τῆς πτώσεως...... τὸ μέλλον νοοῦσι. Lib. V, 31.

[25] Les Basques auxquels ce signalement convient dans la plupart de

ses détails, se distinguent cependant par la saillie des pommettes

et la plus grande largeur de la face, surtout par la longueur et la

proéminence singulière du menton.

[26] _Histoire des Gaulois._ Introduction, p. 5.

[27] Puisque j’ai parlé de vengeance, je demanderai la permission

d’entrer dans quelques explications sur ce point, car ce sentiment,

encore si vif chez les Corses aujourd’hui, n’est point chez les

Galls de nos jours un trait de caractère, et l’on peut dire que leur

excessive mobilité leur fait oublier facilement les injures. Mais

doit-on appeler la vengeance une passion? N’est-elle pas plutôt un des

effets de la vanité. La vengeance corse n’est, à proprement parler,

qu’une forme ancienne et sauvage du duel, que je crois parfaitement

national et enraciné chez nous. En Corse, le riche n’est point

séparé du pauvre par une haute barrière comme en France. Nulle part,

peut-être, on ne rencontrera moins de préjugés aristocratiques, et

nulle part les différentes classes de la société ne se trouvent en

relation plus fréquente et je dirai plus intime. Les riches, étant tous

propriétaires, vivent sur leurs terres, au milieu de leurs fermiers et

de leurs bergers, qu’ils traitent avec beaucoup plus de politesse qu’on

ne le fait en France. Souvent on voit le maître assis à table avec

ses ouvriers qui l’appellent par son nom de baptême et se considèrent

comme membres de la famille. Cet amour de l’égalité, qui, pour le dire

en passant, n’est pas un des traits les moins prononcés du caractère

français, produit ce résultat, que riche et pauvre ont les mêmes

idées, parce qu’ils les échangent sans cesse. Sur le continent, les

gens aisés des villes se battent, mais s’ils vivaient avec le peuple,

le peuple se battrait aussi. Deux de nos paysans s’injurient et ne se

battent pas; soldats l’un et l’autre ils iront sur le terrain pour

une insulte légère, parce qu’ils vivent alors dans une société où le

point d’honneur existe. J’ajouterai que la vengeance fut autrefois

une nécessité en Corse, sous l’abominable gouvernement de Gènes, où

le pauvre ne pouvait obtenir justice des torts qu’on lui faisait.

Aujourd’hui même, un procès précède presque toujours l’assassinat.

La vengeance s’est perpétuée dans l’île, mais comme une habitude, un

préjugé que partagent les étrangers établis à demeure sur le territoire

corse, car j’ai vu cette année un cas notable de vengeance parmi les

Grecs de Cargèse qui s’étaient fait longtemps remarquer par la douceur

de leurs mœurs. Je le répète, l’usage, le préjugé atroce, qui porte un

homme à s’embusquer avec un fusil pour tuer son ennemi à coup sûr, est

une forme du duel, comme l’épée et le pistolet, et quelque détestable

que soit ce préjugé il ne faut pas le juger par ses effets, surtout

lorsqu’il s’agit d’en faire le trait caractéristique d’un peuple: il

faut plutôt remonter à sa cause, et examiner si elle n’est pas un des

vices de notre nature. On doit regretter que nos formes humaines du

duel n’aient pas été introduites en Corse. La bravoure et la vanité

des insulaires les auraient fait, sans doute, promptement adopter, et,

suivant toute apparence, elles auraient eu pour résultat de rendre les

querelles infiniment moins sanglantes. (Voir, dans l’ouvrage de M.

Robiquet, l’anecdote d’un duel défendu par l’autorité, d’où résultèrent

quatre assassinats, page 437.)

[28] Κατοικοῦσι δ’ αυτὴν βάρβαροι τῆν διάλεκτον ἔχοντες ἐξηλλαγμένην

καὶ δυσκατανόητον. Lib. V, 14.

[29] Diodore appelle les Celtes: βαρυηχεῖς καὶ παντελῶς τραχύφωνοι.

[30] Un seul nom de lieu m’a paru avoir une racine ibérique. C’est

Aïtona. _Aïtz_ (basque), rocher, vent; _ona_, bon.

[31] Transierunt deinde Ligures, transierunt et Hispani, quod et

similitudine ritus adparet; eadem enim tegumenta capitum, idem genus

calceamenti, quod Cantabris est, et verba quædam, nam totus sermo

conversatione Græcorum Ligurumque a patrio descivit. Cons. ad Helv., 8.

[32] M. Grégori a bien voulu me communiquer un texte curieux de Scymnus

de Chio, d’après lequel on pourrait croire que ce géographe regardait

la Corse comme une île dépendant de la Celtique.

Ἔπειτα χώρα Κελτικὴ καλουμένη

Μέχρι τῆς θαλάσσης τῆς κατὰ Σαρδώ κειμένης.

ΣΚΥΜΝΟΥ ΧΙΟΥ περιήγησις. Vers 166, Hudson, geographi Græci minores.

[33] Le symbole de la clef s’expliquerait facilement dans un rite

funèbre.

[34] Ἴδιον δέ τι ποιοῦσι καὶ παντελῶς ἐξηλλαγμένον περὶ τῆς τῶν

τετελευτηκότων ταφῆς. Συγκόψαντες γὰρ ξύλοις τὰ μέλη τοῦ σώματος εἰς

ἀγγεῖον ἐμβάλλουσι καὶ λίθους δαψιλεῖς ἐπιτιθέασιν. Lib. V, 18.

[35] Voir les idoles sardes dessinées par M. della Marmora, et

reproduites dans les Religions de l’antiquité, etc., par M. Guignaud;

planche LVI _bis_.

[36] Je ne connais ces monuments que par les dessins que M. Della

Marmora a bien voulu me communiquer.

[37] Consul l’an de Rome 494.

[38] Ἢ γὰρ οὐχ ὑπομένουσι ζῆν, ἢ ζῶντες, ἀπαθείᾳ καὶ ἀναισθησίᾳ τοὺς

ὠνησαμένους ἐπιτρίβουσιν.

[39] Une inscription, rapportée par Muratori, a pu établir l’opinion

contraire, mais il est évident qu’elle s’applique aux _Corsi_ de la

Sardaigne.

SEX IVLIVS SEX. F. POL. RVFVS

EVOCATVS DIVI AVGVSTI PRAE

FECTVS I. COHORTIS CORSORVM

ET CIVITATVM BARBARIAE IN SARDINIA

Muratori propose, avec raison, de lire BALARIAE au lieu

de BARBARIAE.

[40] La plupart du Haut et Bas Empire. Celles de Constantin

sont les plus communes. Je n’ai vu dans l’île que deux

médailles de la République, un denier de M. Brutus--M

BRUTI. rev. AHALA; un autre de la famille

Tullia--ROMA. rev. M TULLI; c’est à Levie

qu’ils me furent montrés, mais ils avaient été trouvés l’un et l’autre

à Aleria.

Notes d'un voyage en Corse · 第 7 / 8 段