cornaline sur laquelle est gravée en creux une tête de jeune homme
dont les cheveux frisés paraissent enveloppés d’une espèce de résille,
semblable à celles qu’on a trouvées à Saint-Jean et qui, peut-être,
étaient une coiffure nationale.
[42] A la sortie du village et à droite du chemin qui conduit à Sisco
par la Marine.
[43] Rhotanus des anciens.
[44] Peut-être aussi a-t-on abandonné cette portion de la ville à une
époque où la population d’Aleria avait diminué, ou bien lorsque les
invasions des Maures obligèrent à se retrancher dans la partie la plus
aisée à défendre. Lillebonne offre un exemple d’un quartier ainsi
abandonné.
[45] Le pilier est placé légèrement _de biais_ à quelques mètres de
l’angle nord de l’enceinte.
[46] On trouve de fréquents exemples de cette pratique; mais on ne peut
arrêter une opinion à cet égard, tant qu’on n’aura pas complètement
déblayé le souterrain.
[47] J’ai attribué ces constructions aux musulmans, mais elles
peuvent encore être l’ouvrage des chrétiens du VIIᵉ au
VIIIᵉ siècle, époque de barbarie, s’il en fut.
[48] Voir note C.
[49] Depuis la rédaction de ce Mémoire, j’ai lu une dissertation
intéressante de M. Robiquet, qui établit, par la comparaison des
distances, que Bonifacio doit être le _Portus Favoni_ de l’itinéraire.
Palla aurait été située vers la cale de Tizzano. Voir _Recherches sur
la Corse_, p. 15.
[50] On en a pris seulement quelques-uns, il y a peu d’années, pour
faire des bornes d’amarrage dans le port de Bonifacio.
[51] M. Della Marmora a reconnu une exploitation analogue dans un des
îlots sardes, voisins de la Maddalena.
[52] Les colonnes qu’on voit à l’apside de San-Perteo, d’un granit
tirant sur le rose, diffèrent essentiellement de celui qu’on exploitait
dans l’île de Cavallo.
[53] Beaucoup de Corses avaient embrassé la religion musulmane.
[54] Voyez plus bas la description de l’église de Sainte-Christine, à
Cervione.
[55] Elle ne se reproduit pas avec régularité, et n’a d’ailleurs ni
la grâce ni la richesse de l’architecture romane, dans le midi de la
France.
[56] V. note D.
[57] On serait tenir de croire, d’après cette irrégularité, que la nef
aurait été reconstruite en entier, les murs latéraux des bas-côtés
subsistant seuls après l’incendie. Mais si l’on remarque d’un côté la
similarité parfaite de l’appareil, de l’autre les traces de la voûte
en bois construite après l’incendie, on sera forcé de n’attribuer la
position excentrique des fenêtres de la nef qu’à la maladresse des
ouvriers.
[58] On voit autour de la Canonica quelques restes d’une enceinte
que je crois contemporaine de l’église, et qui avait sans doute une
destination militaire.
[59] Filippini, tome 2, p. 194.
[60] Les moellons, en granit, fort bien taillés, ont de 0ᵐ,30 à 0ᵐ,40
d’échantillon.
[61] Il a 3 m. en œuvre. L’épaisseur du mur est de 1 m.
[62] En France, lorsque le mur a une certaine épaisseur, les retombées
des arcades reposent sur deux colonnes accouplées. Si l’on ne les
appuie que sur une seule colonne il faut nécessairement lui donner un
chapiteau dont le diamètre soit égal à celui du mur.
[63] Nebbio, autrefois ville de quelque importance, passe pour avoir
été détruit par les Sarrazins. L’église, élevée après leur expulsion,
dépendait d’un monastère.
[64] Les pilastres de l’apside n’ont point de chapiteaux.
[65] Calcaire blanc et très-fin.
[66] On se rappellera que l’ogive, introduite de bonne heure dans les
voûtes et les arcades du midi, ne paraît dans les fenêtres que fort
longtemps après que son emploi était exclusif dans le Nord.
[67] V. la note E.
[68] Le voyage est assez long pour rendre la tradition peu croyable.
[A] Je remarquerai, en passant, que dans l’apside les chiffres
romains sont séparés par des points, placés entre chaque ordre de
chiffres, dans le but évident d’en faciliter la lecture: M. CCCC. LXX.
III. N’est-ce point un acheminement vers le système de numération
arabe? Cette disposition est fréquente dans les chiffres romains au
moyen-âge, et j’en ai observé cette année un exemple assez notable dans
l’inscription encastrée dans les murs de l’église de Crest (Drôme),
relatant les franchises accordées à cette ville en 1188.
[69] L’appareil de ce clocher, d’ailleurs assez moderne, mérite d’être
cité pour sa bizarrerie. Les assises, formées de gros blocs de granite,
ne sont point _horizontales_. On dirait une imitation de l’appareil
cyclopéen.
[70] V. la note F.
[71] Le rocher sur lequel est bâti Bonifacio est complètement à pic
et surplombe même la mer de presque tous les côtés. On montre encore
deux escaliers taillés dans le roc et aboutissant à la grève étroite,
souvent couverte par les flots. L’un servait aux moines du couvent de
Sainte-Marie, pour descendre au bord de la mer, au moment où rentraient
les pêcheurs qui leur devaient la dîme du poisson. L’autre escalier,
suivant une tradition, aurait été taillé par les soldats d’Alphonse
d’Aragon, qui prétendaient par ce moyen surprendre la ville, lors du
mémorable siége qu’elle soutint en 1420. Mais il suffit de considérer
la hauteur du rocher, qui s’élève abruptement de plus de 200 pieds,
pour se convaincre qu’un semblable travail était absolument impossible
à exécuter en présence d’un ennemi. On connaît la disposition
singulière du port de Bonifacio dont l’entrée est si étroite qu’on la
prendrait pour une rivière débouchant entre deux masses de rochers.
Bloquer ce port, le fermer était chose facile. Les Aragonnais y
parvinrent en tendant une chaîne d’un bord à l’autre de la passe. Sans
doute les assiégés avaient prévu le danger longtemps d’avance, et
s’étaient ménagé le moyen de communiquer avec la mer du côté opposé
au port. C’est évidemment dans ce but que fut taillé l’escalier qu’on
attribue aux Aragonnais. Probablement les courageux Bonifaciens qui
vinrent annoncer l’arrivée de la flotte génoise montèrent par ce
chemin, au lieu de se faire guinder par des poulies, eux et leur
esquif, ainsi que le prétend Petrus Cyrneus, dans sa relation, beaucoup
trop poétique, du siège de Bonifacio. P. Cyrnei, _de Rebus Corsicis_,
p. 262.
[72] J’aurais dû citer plus tôt deux bas-reliefs curieux, et d’une
saillie assez forte, qui se trouvent dans le village d’Aleria, enlevés,
comme il semble, à quelque église détruite aujourd’hui. L’un, encastré
dans le mur d’une maison moderne, représente deux monstres, liés par
le milieu du corps, ayant deux avant-mains et point de croupe. Sur
l’autre, on voit deux monstres fantastiques s’entrebattant. C’était
un sujet favori des sculpteurs du moyen-âge. Je crois ces deux
bas-reliefs du commencement du XIIIᵉ siècle: l’exécution
en est grossière, mais supérieure cependant à celle de la plupart des
sculptures que j’ai déjà décrites.
[73] Canari, Descriptio Corsicæ. Manuscrit communiqué par M. Gregori.
[74] Anonim. de gesta Pisan, apud Muratori, rerum Italic. script. 2, 69.
[75] Vitalis, Sanctuario di Corsica, pag. 195.
[76] Premendo l’estemità degli scogli che spingono la fronte in mare,
una torre denominata _sagro_ che anticamente dicevasi _Sauro_ e quivi
era fondata un abazia col titolo di Santa-Maria-Maddelena della Chiesa,
pur ora sene osservano le semplici mura.
Semidei, descrizione del regno di Corsica, pag. 472, 1 vol. in-4,
Napoli, 1737.
(Note communiquée par M. Gregori.)
[77] Canari, descriptio Corsicæ, Mss.
(Note communiquée par M. Gregori.)
[78] L’usage des sérénades se passe. Il y a peu d’années encore elles
était très fréquentes: on chantait avec un accompagnement de guimbarde,
et entre chaque couplet tous les musiciens faisaient une décharge de
leurs armes à feu.
[79] La chemise sanglante d’un homme assassiné est gardée dans une
famille comme un souvenir de vengeance. On la montre aux parents pour
les exciter à punir les meurtriers. Quelquefois, au lieu de chemise, on
garde des morceaux de papier trempés dans le sang du mort, qu’on remet
aux enfants lorsqu’ils sont d’âge à pouvoir manier un fusil.
Les Corses se laissent pousser la barbe en signe de vengeance ou de
deuil. «Personne n’attend pour se faire couper la barbe;» c’est-à-dire,
il n’y a personne qui se charge de te venger.
[80] Abréviation du nom d’Hilarion.
[81] Allusion à la chemise sanglante. L’improvisatrice veut dire
qu’elle aurait recueilli le sang du juge de paix, et l’aurait montré à
ses amis des Piazzole pour les exciter à la vengeance.
[82] Ces deux lamentations m’ont été communiquées par M. Capel,
conseiller à la cour royale de Bastia, qui prépare en ce moment un
travail du plus haut intérêt sur les mœurs et les usages de la Corse.
[83] En Corse, le terme d’affection entre époux est fratello, surella,
frère, sœur. En Espagne, c’est hijo, hija, fils, fille.
[84] La mort. On ne la nomme pas, pour éviter un mot néfaste. C’est par
un motif semblable que les Grecs ont nommé les Furies, Euménides, et
les paysans écossais, les fées _guid folk, les bonnes gens_.
[85] C’est une expression tout homérique.
[86] L’habitude de se mettre en garde contre les surprises a rendu
commun, en Corse, l’usage des lunettes d’approche. Presque tous les
bandits en portent.
[87] Je suppose qu’elle s’adresse à sa belle-mère.
[88] On porte le deuil d’un mari toute la vie. Il est excessivement
rare qu’une veuve se remarie.
[89] Je ne suis pas sûr d’avoir saisi le sens de ces deux vers. On peut
aussi traduire: que d’un seul regard--vous devîntes amoureux de moi.
[90] Allusion à la défense de porter des armes, hors le temps de la
chasse.