la province de Saskatchewan (Canada), un répertoire international de 7.700
éditeurs, avec recherche possible par titre, ville, état/province, pays, sujet
et type de publication (livres, magazines, ebooks, etc.).
= WWW Virtual Library (The) - Publishers
Un répertoire d'éditeurs tenu à jour par Jonathan Bowen dans le cadre du
Museophile Archive de la South Bank University (Londres).
http://archive.museophile.sbu.ac.uk/publishers/
#Répertoires de librairies
= Lalibrairie.com
Lalibrairie.com est le portail de 460 librairies françaises indépendantes,
avec classement par département. Le portail donne accès à leur catalogue, avec
possibilité d'achat en ligne. Il est complété par un agenda des événements
littéraires et par un espace emploi pour les professionnels du livre.
= Numilog
Lancée en septembre 2000 par Denis Zwirn, cette librairie numérique propose
3.500 ebooks (livres et périodiques) en français et en anglais, grâce à un
partenariat avec une quarantaine d'éditeurs. Les livres numériques sont
disponibles par téléchargement et dans plusieurs formats, pour lecture sur
ordinateur ou sur assistant personnel (PDA).
= Livre-rare-book
Créé en novembre 1995 par Pascal Chartier, gérant de la librairie du Bât
d'Argent (Lyon), ce site professionnel propose en août 2003 un catalogue de plus
d'un million de livres émanant de quelque 320 librairies, et un annuaire
électronique international recensant près de 4.000 librairies.
= Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM)
Le site du SLAM (France) regroupe des catalogues en ligne, un service de
recherche de livres rares ou épuisés, un annuaire des librairies avec plusieurs
critères de recherche (nom de la librairie, nom du libraire, lieu, spécialités),
un guide du livre ancien avec lexique et liste d'abréviations, etc.
#Répertoires de presse
= AFP - Liens / Médias francophones
Le répertoire de l'Agence France-Presse pour la France et les pays
francophones. Donne accès à d'autres répertoires pour les médias germanophones,
anglophones, hispanophones et lusophones.
= Webdopresse
Proposé par Webdo, site créé en 1995 par l'hebdomadaire genevois L'Hebdo,
Webdopresse est un annuaire international recensant 16.000 médias. Trois grandes
catégories: a) presse généraliste, b) presse spécialisée (classée en rubriques),
c) radio / TV.
= Internet Public Library (IPL) - Newspapers & Magazines
L'Internet Public Library (IPL) sélectionne, organise et catalogue les
ressources disponibles sur le réseau. Elle gère entre autres deux répertoires de
presse. L'un est une liste de journaux en ligne avec classement géographique et
alphabétique. L'autre est une liste de magazines en ligne répertoriés par
sujets.
= Ingenta
Lancé en mai 1998, Ingenta est une base documentaire de 15 millions d'articles
issus de 28.000 périodiques imprimés (rassemblés depuis l'automne 1988) et 5.400
périodiques en ligne. Payant, l'envoi des documents est possible par courrier
électronique, fax ou Ariel (service de transmission électronique). La recherche
dans les différentes bases de données est gratuite.
#Répertoires en sciences de l'information
= ENSSIB
Une mine d'informations procurée par l'Ecole nationale supérieure des sciences
de l'information et des bibliothèques, située à Villeurbanne, près de Lyon.
= IFLANET
Le site de l'IFLA (International Federation of Library Associations and
Institutions), organisme indépendant à destination des bibliothécaires du monde
entier. L'IFLA se veut un carrefour pour l'échange d'idées et la promotion de la
coopération internationale et de la recherche.
= Lex Mercatoria: Intellectual Property
La section de la Lex Mercatoria consacrée à la propriété intellectuelle. Créé
en octobre 1993 par Ralph Ammisah, l'International Trade Law Monitor (devenu
ensuite: Lex Mercatoria) est à l'époque le premier site juridique consacré au
droit commercial international et au commerce électronique. Hébergé par
l'Université d'Oslo (Norvège), et propriété du grand éditeur britannique Cameron
May depuis octobre 2000, ce site de référence est poursuivi par son créateur et,
selon son voeu, toujours en accès libre.
# [ANNEXE] PERSPECTIVES
[Jean-Pierre Balpe, professeur, chercheur et écrivain / Olivier Bogros, créateur
de La bibliothèque électronique de Lisieux / Emilie Devriendt, responsable du
site Translatio / Gérard Fourestier, créateur de Rubriques à Bac / Pierre
François Gagnon, créateur d'Editel / Jean-Paul, explorateur d'hypermédia /
Anne-Bénédicte Joly, écrivain auto-éditeur / Nicolas Pewny, consultant en
édition électronique / Marie-Joseph Pierre, enseignante-chercheuse à La Sorbonne
/ Philippe Renaut, gérant des éditions du Presse-Temps / François Vadrot, PDG de
FTPress / Russon Wooldridge, créateur du Net des études françaises / Denis
Zwirn, PDG de Numilog]
En février et mars 2003, comment les professionnels du livre voient-ils l'avenir
du livre numérique (au sens large, et pas seulement commercial), dans le cadre
de leur activité professionnelle et/ou en général? Voici leurs réponses.
= Jean-Pierre Balpe, professeur, chercheur et écrivain
Directeur du département hypermédias de l'Université Paris 8, écrivain,
chercheur et théoricien de la littérature informatique, Jean-Pierre Balpe nous
envoie ses réponses le 10 février 2003.
En ce qui concerne son activité: "Prenant ma retraite l'an prochain, mes
'activités' se réduisent mais je compte toujours utiliser les capacités du
numérique pour faire du livre hors du livre: projets de spectacles,
installations, etc. (...) Ce qui m'intéresse est d'explorer cette voie-là, du
moins tant que j'aurai envie d'écrire ou de faire écrire."
En ce qui concerne l'avenir du livre numérique en général: "L'avenir est déjà
assuré par la numérisation des livres et tout ce qu'elle permet. Cela ne peut
que se développer. Si votre question porte sur l'e-book, je n'y crois pas dans
les configurations techniques actuelles. Pour qu'il ait un réel avenir il
faudrait un support souple aussi pratique que le papier et aussi bon marché. Ça
viendra, mais je crains que nous en soyons loin. En plus le livre n'existe pas,
il y a des quantités de types de livres, romans, encyclopédies, poèmes, livres
scolaires, livres techniques, manuels, etc., et chaque type a un avenir
différent dans le numérique: le manuel scolaire numérique est appelé à remplacer
le livre dès que les élèves seront suffisamment équipés. Je crois qu'il faut
raisonner en secteurs et voir quels sont les besoins particuliers de ces
secteurs auxquels la 'numérisation du livre' peut répondre et sous quelle
forme."
= Olivier Bogros, créateur de La bibliothèque électronique de Lisieux
Directeur de la médiathèque municipale de Lisieux (Normandie), Olivier Bogros
crée en juin 1996 La bibliothèque électronique de Lisieux, une des premières
bibliothèques francophones du réseau. Début 2003, la bibliothèque électronique
comprend 540 textes, numérisés en mode texte à partir des collections de la
médiathèque. A titre personnel, Olivier Bogros est aussi l'auteur du site
Miscellanées, un mélange de textes choisis par ses soins.
Le 8 mars 2003, Olivier Bogros écrit:
"L'avenir du livre numérique, j'y crois beaucoup, même si sa forme matérielle
définitive reste encore à venir. Les fichiers de livres numériques existent sur
de nombreux sites et sous de nombreux formats. Et puis il y a le web et les
pages html qui s'affichent librement sur les écrans de nos machines. Je pense
bien sûr et d'abord dans mon domaine de compétence aux textes patrimoniaux ou du
domaine public qu'encore trop peu de bibliothèques françaises mettent en ligne
ou alors sous des formats image trop lourds et contraignants. Des initiatives
particulièrement innovantes sont aussi à l'oeuvre: Grisemine (bibliothèques de
l'Université de Lille 1, ndlr), @rchiveSic, les étonnantes collections de la
BIUM (Bibliothèque interuniversitaire de médecine) de Paris, ColiSciences, ...
qui s'ajoutent à des réalisations plus anciennes mais toujours dynamiques. De
plus en plus d'internautes font du réseau, à tort ou à raison, le lieu unique de
leur recherche documentaire; les institutions publiques ont l'obligation de
répondre à cette demande."
= Emilie Devriendt, responsable du site miroir Translatio
Emilie Devriendt est élève professeure à l'Ecole normale supérieure (ENS) de
Paris et doctorante à l'Université de Paris 4-Sorbonne. Elle est aussi la
responsable du site Translatio, créé en septembre 2001. Translatio est le site
miroir de trois sites académiques dédiés à la diffusion de ressources
documentaires dans le domaine des études françaises, et plus particulièrement de
l'histoire de la langue française.
Le 9 février 2003, Emilie Devriendt écrit:
"Je ne parlerai pas du livre numérique à strictement parler, concept qui semble
aujourd'hui s'être révélé un échec total pour les entreprises qui ont tenté de
le commercialiser. Je constate d'ailleurs que des projets datant d'il y a
quelques années, projets selon moi plus astucieux, plus ergonomiques, et à
l'évidence moins coûteux comme celui du 'baladeur de texte' (@folio), n'ont
toujours pas 'percé'. Loin d'être au fait de tous les aspects qui ont contribué
et contribuent à cet état de fait, je ne me risquerai pas à prédire quoi que ce
soit dans ce domaine très circonscrit.
Si l'on envisage l'avenir non plus du 'livre', mais du 'texte' électronique,
celui-ci n'apparaît pas plus prévisible ou prédictible, mais il est quelques
points que l'on peut souligner, et quelques évolutions que l'on pourrait à tout
le moins appeler de ses voeux. Dans ce domaine que l'on appelle parfois
l'informatique littéraire, deux aspects du texte électronique m'intéressent plus
particulièrement, dans une perspective d'enseignement ou de recherche: la
publication de ressources textuelles, par exemple littéraires, sur le Web au
format texte ou au format image (exemple: Gallica ou la Bibliothèque
électronique de Lisieux); la publication de bases de données textuelles
interactives, c'est à dire d'outils de recherche et d'analyse linguistique
appliqués à des textes électroniques donnés (exemple: la Nefbase du Net des
Etudes Françaises ou, si l'on veut citer une banque de données payante,
Frantext). Aujourd'hui ce type de ressources est relativement bien développé
(même si aucune 'explosion' ne semble avoir eu lieu si l'on compare la situation
actuelle à celle d'il y a deux ou trois ans). En revanche, on ne peut
véritablement mesurer les usages qui en sont faits.
La situation au sein de l'Université française, telle qu'elle m'apparaît, ne
conduit pas spontanément à l'optimisme de ce point de vue. Tous les cursus
'littéraires' sont loin de comprendre une formation obligatoire aux nouvelles
technologies (qu'il s'agisse d'ailleurs de bureautique, de recherche
documentaire ou d'analyse textuelle). Or sans un apprentissage sérieux de ce
type risque paradoxalement de se constituer une nouvelle forme d'analphabétisme
au sein même d'une population intellectuelle, les étudiants, les enseignants,
les chercheurs ; ou, à tout le moins, une informatisation 'à deux vitesses' de
cette population. Ici, l'idéal de l'accessibilité (formats libres, gratuité) des
ressources textuelles publiées en ligne prend véritablement tout son sens."
= Gérard Fourestier, créateur de Rubriques à Bac
Diplômé en science politique et professeur de français à Nice, Gérard Fourestier
crée en 1998 le site Rubriques à Bac, un ensemble de bases de données à
destination des lycéens et étudiants. ELLIT (Eléments de littérature) regroupe
des centaines d'articles sur la littérature française du 12e siècle à nos jours,
ainsi qu'un répertoire d'auteurs. RELINTER (Relations internationales) recense
2.000 liens sur le monde contemporain de 1945 à nos jours. Ces deux bases de
données sont accessibles par souscription, avec version de démonstration en
accès libre. Lancée en juin 2001 dans le prolongement d'ELLIT, la base de
données Bac-L (baccalauréat section lettres) est en accès libre.
Le 8 février 2003, Gérard Fourestier écrit:
"Bien que ça et là, on assiste à des avancées pédagogiques par l'intégration des
nouvelles technologies, l'institution de l'Education nationale est par trop
timorée quant à un projet global qui aurait enfin fait entrer l'école dans le
siècle du numérique.
Espérons qu'avec les nouvelles générations de profs qui vont débouler au fur et
à mesure des retraites de leurs aînées, se fera sentir par la base la nécessité
d'une autre approche de la lecture au travers d'un produit que le 'ludique' n'a
pas hésité à s'approprier à grande échelle.
L'ère Gûtemberg a vécu, du moins dans son monopole, faute d'un mieux
technologique et pratique jusqu'à une époque récente, mais les décideurs
d'encore aujourd'hui sont toujours ceux d'hier. Pourtant, et à l'évidence, les
avantages du numérique sont nombreux: gain de poids dans les cartables,
accroissement du volume d'information, diminution des contingence de stockage;
possibilités offertes aux mal-voyants, sans parler de l'aspect création qui rend
plus attrayant un outil plus performant, etc.
Bref, le numérique, c'est déjà le présent et c'est incontournable, sauf que les
formats sont encore trop nombreux, et que c'est aussi sûrement un frein à un
essor plus rapide.
J'ai bien pensé mettre mes sites en ligne sur des supports 'e-book' mais un
'livre' de ce type serait comme une goutte d'eau dans l'océan s'il ne bénéficie
pas d'une structure qui en fait la promotion. Tant que je n'aurai pas
l'assurance de cette promotion et parce qu'il faut des moyens que je n'ai pas,
je différerai cette nouvelle aventure et je le regrette vivement."
Pierre François Gagnon, créateur d'Editel
Dès avril 1995, Pierre François Gagnon, poète et essayiste québécois, décide
d'utiliser le numérique pour la réception des textes, leur stockage et leur
diffusion. Il crée Editel, site pionnier de l'édition littéraire francophone et
premier site web d'auto-édition collective de langue française. Editel devient
ensuite un site de cyberédition non commerciale en partenariat avec quelques
auteurs maison (notamment Jacques Massacrier et Mostafa Benhamza), ainsi qu'un
webzine littéraire.
Le 11 février 2003, Pierre François Gagnon nous envoie ce texte, intitulé: Eloge
du Livre unique.
"Le 'Livre unique' aux multiples pensées tous azimuts, est appelé à constituer,
grâce à l'objet-support ultime que sera le papier électronique, la plate-forme
de lancement globale de la Civilisation numérique, laquelle n'est encore
exprimée qu'à l'état d'ébauche farouche et sauvage sur le Web d'aujourd'hui.
Il nous manque de toute urgence cette épée de feu, de justice divine érigée
entre les mains de tous et chacun dans la lutte contre la pauvreté et
l'ignorance dans lesquelles les élites de pouvoir et d'argent croient avoir tout
intérêt à maintenir leurs peuples respectifs.
Et, n'en déplaise aux gourous de la pop-philo qui nous prêchent le statu quo
techno-culturel du haut de leur notoriété, il ne s'agit pas seulement d'une
nouvelle utopie néoromantique qui serait issue de la postmodernité prétendument
antihumaniste. Il s'agit bien plus prosaïquement des conditions d'émergence
spirituelle d'une classe moyenne supérieure qui soit également prospère et unie
dans le monde entier.
Nous sommes rien de moins, à l'époque de ces Nouvelles Lumières, que face à une
révolution démocratique et altermondialiste, virtuellement libre de tout droit
ultralibéral, enfin affranchissable à l'échelle planétaire de l'économie de
marché facho-totalitaire sous l'empire états-unien.
Voilà donc ce qui fait si peur aux classes possédantes du savoir-faire de ce
temps de transition que je qualifierais presque de transhistorique, tant il
m'apparaît nécessaire et évident: que tout cela leur échappe de justesse, elles
qui contrôlent pourtant les moyens de conception et de production de la science
et des technologies!
C'est dire ainsi combien la Société - et non pas tant l'Amour - est désormais à
réinventer bien au-delà de la droite et de la gauche, au risque sinon, de nous
engluer dans les prolongements dévastateurs du 20e siècle, guerres, famines et
maladies endémiques. Ça n'a malheureusement rien à voir avec autant de
prophéties de malheur.
Au contraire, c'est exactement, au début de l'an 2003, ce qui est en train de se
produire sous nos yeux ahuris, ne serait-ce qu'à commencer par les projets d'un
bombardement nucléaire soi-disant 'limité' que les Pentagone nourrissent pour
les États voyous tels que l'Irak.
Plus l'essentiel des connaissances de toute nature demeurera gratuitement
accessible à tous et à toutes, sans conditions matérielles particulières, plus
le niveau moyen de l'intelligence collective sous toutes ses formes tendra à
s'élever pour le meilleur, et espérons-le, sans le pire.
Dès lors, les exigences sociales et culturelles se raffermiront toujours
davantage, désamorçant volontairement l'économie prédatrice. La nature du
travail, définitivement transformée, la démocratie, profondément rénovée, la
communauté pourra redevenir aussi vivante et créative qu'au temps jadis. Il ne
sera plus jamais ridicule et absurde de parler tout simplement de bonheur
domestique.
Je fais maintenant l'éloge du développement durable de la pensée universelle,
libre et sans contraintes, ubiquitaire et fraternelle, à travers le réseautage
polyglotte de toutes les cultures. Le Livre unique comme pierre philosophale
remplacera tous les objets de culte de la communication et de l'information tout
en sacrifiant les pyramides aliénantes.
Imaginez tous les cerveaux supérieurement intelligents, interconnectés en
permanence, dans l'élaboration transcendant les divers Âges de l'Humanité, d'un
tout nouveau projet de civilisation conçu et réalisé sur une base numérique, qui
soit finalement assez fluide pour évoluer sans trop de heurts vers la paix et la
prospérité perpétuelles. Voilà la seule anti-utopie que je connaisse d'avance,
réaliste et réalisable, car elle est d'ores et déjà indispensable à notre survie
commune.
La déesse Gaïa est notre jardin intérieur. La révolution industrielle a été son
viol collectif. Tout autour de soi, pour qui a pu accéder à ce tragique niveau
de conscience cosmique, il n'y a plus que ruines et désolation. La légalité
immorale, cruelle et violente, étend sa domination pratiquement absolue dans
tous les domaines, en particulier dans l'édition.
La sagesse du livre fut pétrifiée vivante et enfermée à perpétuité, sous bonne
garde capitaliste, par l'imprimerie de papier, laquelle n'aura été qu'une
technique de conservation et de diffusion des idées plutôt rustique et
rudimentaire. Et inefficace à part peut-être le papier d'amiante à l'épreuve de
tout - à titre par exemple de double système de sécurité quant à l'archivage
total et quasi définitif! Il nous faut finir d'abattre les bastilles qui
menacent de s'écrouler avec nous dans l'oubli et la poussière d'étoiles, faute
d'assurer la libre circulation immédiate des oeuvres!
Numérisons et libérons la Culture tout entière avant que les vendeurs du Temple
ne s'en emparent au nom de l'État sous leur propre gouverne néolibérale ou
gauchisante de travers! On ne peut pas voler ni dilapider le domaine public; pis
encore, il se trouve trop longtemps restreint aux ayant droits de l'auteur à sa
mort: 70 ans, quelle folie! Cet héritage collectif devrait être imposable sans
aucun délai: diffusé, distribué inconditionnellement, un point c'est tout!
À les en croire, le patrimoine culturel (ou même génétique) serait
marchandisable. Le pillage corporatif de toute façon institutionnalisé à mort,
la commercialisation des classiques fait rouler depuis belle lurette la planche
à billets des éditeurs. Les États se refusent aujourd'hui à débloquer des
budgets conséquents pour la numérisation systématique et exhaustive du fonds
public de leurs bibliothèques nationales, tandis que le dépôt légal électronique
et sécurisé tarde à devenir obligatoire. Quel espoir subsiste-t-il en ce moment
même pour l'avenir du livre numérique, sauf dans le néant constellé d'effroi du
sempiternel Marché-Dieu?"
= Jean-Paul, explorateur d'hypermédia
Aussi discret que présent dans le monde de l'hyperfiction francophone,
Jean-Paul, écrivain, est explorateur d'hypermédia. Il est le webmestre des
Cotres furtifs, un site hypermédia collectif racontant des histoires en 3D. "Les
membres des cotres, 'ensemble flou à géométrie variable', aiment jouer avec les
mots en y associant images et sons, non pas comme de simples illustrations, mais
comme partie intégrante du récit et de ses architectures. Ils s'intéressent donc
plus à l'hypermédia qu'à l'hypertexte au sens strict. On ne les trouve que sur
le net parce que c'est le dernier espace, instable, fluide et non-fermé, dont
tous les passages ne sont pas encore contrôlés."
Le 4 février 2003, Jean-Paul écrit:
"L'avenir, 3 ans après le 5 août 1999...
Vaticinons donc.
L'avenir, s'il doit être, est à la révolution,
( n. f. Didac. Mouvement d'un mobile (partic. d'un astre) accomplissant une
courbe fermée; durée de ce mouvement. La révolution de la Terre autour du
Soleil.)
qui est retour à la case départ.
Rappel historique:
Aux débuts de l'hyperlien, la technique était rude & les tuyaux étroits: ce fut
le règne de l'écriture nue, sans images, sans son.
Une poignée de pingoins sans boussole se creusaient la cervelle et lançaient
avec les moyens du bord des écrits labyrinthiques dont le public n'existait pas.
L'intérêt fut vif (il y eut des articles, et des soirées de bars animées), mais
restreint. Quel public aurait pu lire ces écrits, sur quel support?
Pas de public, pas d'argent. Hyperauteurs en quête de sponseurs, d'institutions,
'résidences', détournements & autres hold-ups légaux.
Un jour, que certains crurent de gloire ('enfin, ça démarre!'), déboulèrent de
Jurrassik-Land & Fiscal Paradise des jumbos monstrueux, vracquiers
gros-porteurs. Leurs soudures craquaient de trop d'or, qui dormait, mal (ce
n'est pas bon pour le fric, de dormir).
Leurs radars venaient de signaler une mine, aux veines épaisses comme des
pipe-line; un off-shore abstrait, virtuel, aussi abstrait, aussi virtuel que des
lignes de cotation boursières: la Toile, où s'ébattaient nos pingoins bénévoles
& croqueurs de grains non-décaféïnés.
Ce fut la ruée, on vit un Vivendi payer un simple nom de portail au prix de la
tanzanite, la pierre dure la + précieuse, aussi dure qu'un mental de gagneur,
mais précieuse.
Quelques billets $£€ voletèrent jusqu'aux chercheurs, inventeurs, petites mains
tricoteuses du html & autres entoileurs de 'Projet En Cours'. La technique
suivait, élargissant les tuyaux étroits pour en faire du haut-débit.
L'hypertexte put muer, passer hypermedia.
Et...
ce fut l'implosion, qui emporta les gros-porteurs 'partenaires financiers' (tant
mieux) mais aussi (hélas) des projets passionnants, vrais hypermedia où l'image
et le son faisaient enfin jeu égal avec les mots, au lieu d'être cantonnés à
leur second rôle ancien de faire-valoir.
Les survivants se retrouvent avec des carte-bleues flasques. Gueule de bois &
ventre creux, mais la volonté farouche d'avancer.
Retour à la case départ, donc.
(fin du rappel)
Mais la case a changé, le temps est passé sur elle, et sur nous. Durant ces
courtes années excitantes, nous avons appris à jouer sur notre tas de sable avec
des armes qui ne nous étaient pas destinées (n'oublions jamais que tout cela
vient d'Arpanet, de nécessité militaire. Du sérieux, pas des rêveurs). On s'en
est mis plein les yeux.
Les scores (provisoires) du mundial des e-sumos & autres JM6 nous ont aussi
montré que la question du support est secondaire & se résoudra toute seule: il y
aura finalement (prenez des notes, capital-risqueurs) 3 formats: écran
téléphone, écran livre, écran album-BD/jeu-video.