II.

Quatre nourrices en moins de quatre mois: la première, dont le

«manifeste défaut de lait» est reconnu par les médecins du Roi,

«assemblés par le commandement de Leurs Majestés»; la seconde, qui est

obligée de se retirer «pour n'avoir point été agréable à la Reine»; la

troisième, qui, bien qu'envoyée par le Roi lui-même, n'est pas «trouvée

propre»; la dernière, enfin, amenée par la Reine et qui réussit à

remplir les conditions difficiles exigées par l'avidité de l'enfant

d'abord, puis par les avis opposés des parents et des médecins;

tels sont les incidents qui signalent le commencement de la vie du

Dauphin. Cette nourrice définitive, Antoinette Joron, femme Boquet,

est celle que l'on vient de voir auprès du jeune Roi et qu'il appelait

familièrement _Dondon_ ou _maman Doundoun_. Il avait aussi continué de

donner à sa gouvernante, Mme de Montglat, le nom qu'il avait bégayé

tout enfant, celui de _Mamanga_.

Sans le témoignage d'un homme aussi grave que le médecin Héroard,

tenant son registre jour par jour, notant, lorsqu'elles se rapportent

à l'enfant dont la santé lui est confiée, les actions, les paroles

de ceux qui partagent ce soin avec lui, on se refuserait à admettre

certains détails qui reviennent fréquemment sous sa plume, et les

mêmes faits sembleraient au moins fort exagérés si on les rencontrait

dans les _Mémoires_ d'un Bassompierre ou dans les _Historiettes_

d'un Tallemant des Réaux. Que l'on compare les premiers chapitres

de Rabelais, ceux qui se rapportent à l'enfance et à l'éducation de

Gargantua, avec les premières années du Journal d'Héroard, et l'on sera

stupéfait de trouver la joyeuse fantaisie de l'un confirmée et presque

dépassée, à soixante-dix ans de distance, par la naïve exactitude de

l'autre. Il serait tout naturel d'insister sur ce curieux rapprochement

dans un travail sur Rabelais ou dans une annotation de son livre, mais

on comprendra que nous nous contentions de l'indiquer ici. Bornons-nous

à donner par quelques citations qui, à la grande rigueur, peuvent être

reproduites, une idée de la conduite, du langage que tiennent devant

l'héritier du trône les personnes qui occupent le premier rang auprès

de lui; on jugera par la grossièreté des maîtres de ce que devait être

celle des serviteurs.

Le mari de la gouvernante du Dauphin, le baron de Montglat, premier

maître d'hôtel de Henri IV, remplissait auprès de l'enfant royal les

fonctions d'intendant de sa nombreuse maison. Un jour (27 janvier

1603), le Dauphin, qui depuis quelque temps «commence à cheminer avec

fermeté», va après l'une de ses femmes de chambre, «Mlle Mercier, qui

glapissoit pour ce que M. de Montglat lui bailloit de sa main sur les

fesses; il glapissoit de même aussi. Elle s'enfuit à la ruelle, M. de

Montglat la suit et lui veut faire claquer la fesse; elle s'écrie fort

haut, le Dauphin l'entend, se prend à glapir fort aussi, s'en réjouit

et trépigne des pieds et de tout le corps, de joie, tournant sa vue de

ce côté-là, les montre du doigt à chacun.» Animé par cet exemple, il

«se joue à la petite Marguerite, la baise, l'accole, la renverse à bas,

se jette sur elle, avec trépignement de tout le corps et grincement de

dents.» Le soir il se prend à rire aussitôt qu'il voit Mlle Mercier,

«s'efforce de la fouetter sur les fesses avec un brin de verges.» La

remueuse du Dauphin, Mlle Bélier, lui demande: «Monsieur, comment

est-ce que M. de Montglat a fait à Mercier?» Il se prend soudain à

claquer de ses mains l'une contre l'autre, avec un doux sourire, et

s'échauffe de telle sorte qu'il étoit transporté d'aise, ayant été un

bon demi-quart d'heure riant et claquant de ses mains, et se jetant à

corps perdu sur elle, comme une personne qui eût entendu la raillerie.»

Après les déportements du mari et les désordres qui en résultent,

voyons comment la femme parle à son royal élève. Le Dauphin a trois

ans de plus (11 janvier 1607); «peigné, coiffé dans le lit, à bâtons

rompus, par sa nourrice, Mme de Montglat, pour le faire hâter, y vient

et lui dit: «Je m'en vais chausser; si vous n'êtes peigné quand je

reviendrai, vous aurez le fouet.» Elle revient, ce n'étoit pas fait;

elle lui dit encore: «Je m'en vais p.....; si vous n'êtes peigné et

coiffé quand je reviendrai, vous aurez le fouet.» Le Dauphin dit tout

bas: «Ha! qu'elle est vilaine, elle dit devant tout le monde qu'elle va

p.....; velà qui est bien honnête, fi!» On conviendra qu'en tenant un

pareil langage devant l'enfant, sa gouvernante était peu fondée à lui

donner le fouet lorsqu'il employait vis-à-vis d'elle des expressions

tout à fait analogues (22 août 1608).

Les moyens dont on se servait pour corriger le Dauphin lorsqu'il se

montrait opiniâtre ou paresseux n'étaient pas moins vulgaires. Afin de

l'intimider on faisait venir, tantôt un lavandier qui le menaçait «de

le mettre dans son sac, puis au cuvier,» tantôt un maçon qui faisait

mine de l'emporter dans sa hotte, tantôt un serrurier lui montrant des

tenailles et une tringle, et lui disant: «Voilà de quoi j'embroche

les opiniâtres.» Une autre fois, comme il fait «le fâcheux, l'on

fait abaisser une poignée de verges attachée à une ficelle, sous la

cheminée; l'on lui faisoit croire que c'étoit un ange qui les portoit

du ciel.»

Pour l'amuser ou le distraire, on lui apprenait des chansons plus que

libres, on lui faisait danser _la Saint-Jean des Choux_, espèce de

ronde qui consistait à donner du pied dans le derrière de ses voisins,

ou bien on jouait devant lui quelque vieille farce comme celle «du

badin mari, de la femme garce et de l'amoureux qui la débaucha». Un

jour qu'il se promène dans une allée de Fontainebleau, «on l'amuse à

voir nettoyer un pourceau; quand le boucher le voulut éventrer il s'en

alla, et ne le y sut-on arrêter.»

Comme contraste à ce qui précède, Héroard nous montre le Dauphin

recevant dans un âge assez précoce les premiers éléments de son

éducation. Ainsi, le 14 mars 1605, «il s'amuse à un livre des figures

de la Bible; sa nourrice lui nomme les figures et les lettres, puis

après il nomme les lettres et les connoît toutes;» un an plus tard (18

mai 1606), il commence à écrire sous Dumont, clerc de sa chapelle, qui

lui montrait; il dit: «Je pose mon exemple, je m'en vas à l'école,» et

fait des O fort bien.» Enfin à l'âge de six ans (22 novembre 1607), il

lit couramment, «appelle les mots sans faillir» et écrit «sans trace

ni aide». Son instruction religieuse commence aussi de bonne heure,

car dès qu'il peut prononcer quelques mots de suite, c'est-à-dire à

l'âge de deux ans, on lui apprend le _Pater_ et l'_Ave_, puis cette

prière: «Dieu donne bonne vie à papa, à maman, au dauphin, à ma sœur,

à ma tante, me donne sa bénédiction et sa grâce, et me fasse homme

de bien, et me garde de tous mes ennemis, visibles et invisibles.» A

Fontainebleau on voit le Roi lui-même et le P. Coton, son confesseur,

faire dire le _Pater_ à l'enfant qui préférait réciter cette prière

en français, et disait un soir à Mme de Montglat: «Mamanga, faites

pas dire _Pater_, faites dire _Notre-Père_.» Étant à ces mots _ton

règne advienne_, il demande: «Mamanga, qu'est-ce à dire _ton règne

advienne_?» Mme de Montglat lui en donne raison, et il continue:

«Mamanga, qu'est-ce à dire _et nous pardonnez nos offenses_?—Monsieur,

c'est que nous offensons le bon Dieu tous les jours, nous le prions

qu'il nous pardonne.» A ces mots, _et nous garde du malin_: «Mamanga,

qu'est-ce à dire _malin_?—Monsieur, c'est le mauvais ange qui vous

fait dire: Allez-vous-en! Parlez plus haut!» et autres traits de son

opiniâtreté. Il dit encore à Mme de Montglat: «Le bon Dieu a été

sur la croix, Mamanga?» Héroard, dont la femme est présente à cette

conversation enfantine, lui demande: «Monsieur, pourquoi?—Pour ce

que nous avions tous été opiniâtres, vous, Mamanga, moi aussi, maman

Doundoun et mademoiselle Hérouard.» A l'âge de cinq ans et lorsqu'il

marche encore avec des lisières, le Dauphin est mené à la chapelle

de Fontainebleau, où «il se confesse à son aumônier pour la première

fois», et le 12 avril 1607, jour du jeudi saint, le Roi tient à ce que

son fils, malgré «son âge tout foiblet», le remplace dans la cérémonie

de la Cène, qui consistait à laver les pieds à treize pauvres.

Lorsque, le 24 janvier 1609, le Dauphin, alors dans sa huitième année,

passe des mains des femmes entre celles d'un gouverneur, son éducation

devient plus sérieuse, et l'on voit avec plaisir le marquis de Souvré

réagir tout d'abord contre une «sale parole, parole de laquais et de

palefrenier» dont un des petits gentilshommes attachés à la personne

du Dauphin veut continuer à se servir. Aux occupations ordinaires du

jeune prince, élevé dès-lors près de son père, s'ajoutent l'escrime

et la danse; ce n'est que beaucoup plus tard, dans sa quatorzième

année, que Louis XIII prendra de Pluvinel sa première leçon régulière

d'équitation, bien que dès l'âge de sept ans il ait commencé à monter à

cheval.

Le jeune Louis devait avoir presque autant de précepteurs que de

nourrices. Le Roi avait désigné pour faire l'éducation du Dauphin le

poëte Des Yveteaux qui sortait de remplir les mêmes fonctions auprès du

fils aîné de Gabrielle d'Estrées, César de Vendôme. Un an après la mort

de Henri IV, Des Yveteaux, reconnu incapable, était obligé de céder

la place à un autre précepteur, le savant Nicolas Le Fèvre, qui, lui,

n'avait d'autre défaut que son grand âge. Enfin à Nicolas Le Fèvre,

mort en novembre 1612 dans sa soixante-dixième année, succède le sieur

de Fleurence qui avait déjà le titre de sous-précepteur du Roi. Héroard

nous fait assister à quelques-unes des leçons données par ces trois

professeurs successifs, et nous permet de juger leurs enseignements.

Écoutons d'abord Des Yveteaux donnant sa première leçon a un enfant

âgé de sept ans et quelques mois: «Après déjeûner M. Des Yveteaux,

son précepteur, lui donna la première leçon, commençant par un petit

discours qui lui représentoit comme il avoit à reconnoître que Dieu

l'avoit fait naître chrétien et dans l'Église apostolique, et fils d'un

grand Roi, et par ainsi qu'il avoit à savoir qu'il lui falloit aimer

et craindre Dieu, se rendre véritable et juste, à aimer et honorer le

Roi et la Reine comme ayant supériorité sur lui, et puis comme ses père

et mère; et que les vertus s'apprenoient dans les livres; et commença

à lui faire lire le commencement de l'Histoire de Josèphe, puis lui

baille par écrit à savoir: «S'il faut que les ecclésiastiques soient

appelés aux conseils des princes et ce qui lui en semble.—Je sais

pas», répond le Dauphin. (6 mars 1609).

Le 2 mai suivant, «M. Des Yveteaux lui ayant demandé que c'étoit à

dire en françois: _Discite justitium moniti et non temnere divos_, il

répond: «Je ne sais.» M. Des Yveteaux reprit: «C'est-à-dire, soyez

averti à apprendre à faire justice et à ne craindre point Dieu.»—«Je

veux croire que ce fut par mégarde,» ajoute Héroard, se contentant de

relever ainsi l'inadvertance du professeur qui confond _temnere_ avec

_timere_.

L'année suivante, on commence à montrer au Dauphin «la carte

géographique» et «on lui enseigne que la grandeur d'Espagne est venue

_lancea carnea, non lancea ferrea_, comme les François»; singulière

leçon pour un enfant de huit ans et que le médecin prend la peine

d'expliquer plus clairement dans une note marginale.

Quelques mois après son avénement, c'est le jeune Roi qui veut faire

la leçon à Des Yveteaux. Le 25 juin 1610, «son précepteur lui demande

s'il lui plaisoit pas traduire quelque sentence de françois en latin;

il répond: «Oui, mais j'en veux faire,» prend la plume et écrit de

son invention ces mots: _Le sage prince réjouit le peuple_. Peu après

le précepteur lui demande quel étoit le devoir d'un bon prince, il

répond: «C'est d'abord la crainte de Dieu,» et, comme il songeoit pour

continuer, son précepteur ajoute: «Et aimer la justice.» Le Roi repart

soudain: «Non! il faut: Et faire la justice.»

Le 5 octobre 1610, «son précepteur lui commença la leçon par la

louange des romans, et lui demanda s'il pensoit pas que la lecture des

romans fût pas suffisante pour instruire un prince?—«Non,» répond le

Roi, qui commence à n'avoir plus aucun respect pour son précepteur. Un

jour (18 mars 1611), Des Yveteaux, poussé à bout par une plaisanterie

que le journal ne rapporte pas, répond au Roi «qu'il n'étoit possible

pas des plus savants, mais toutefois qu'il n'étoit pas un homme du

commun ne du vulgaire, car on ne l'eût pas mis auprès de Sa Majesté».

Lors de sa révocation par Marie de Médicis (25 juillet 1611), le

pauvre Des Yveteaux, prenant congé du Roi, le supplie de lui donner

quelque bague comme souvenir, et se plaint qu'il avait eu la peine de

l'instruire, tandis qu'un autre en aurait l'honneur.

Le 12 août 1611, «M. Le Fèvre entend donner la leçon au Roi par M.

de Fleurence, pour essayer à reconnoître sa portée», et le 17 il lui

«donne la première leçon sur l'Institution de l'empereur Basile».

C'était une rude tâche que celle de précepteur du jeune Louis; il

avait peu de goût pour l'étude et il fallait concilier le respect dû

au Roi avec la sévérité nécessaire pour faire travailler l'élève. Le

gouverneur du prince, qui assistait aux leçons, avait lui-même bien

de la peine à maintenir son autorité. Ainsi, le 26 septembre 1611, le

jeune Roi, en étudiant, «entre en mauvaise humeur contre M. de Souvré,

qui le reprenoit de ce qu'il s'amusoit; il avoit le chapeau sur la

tête. Le Roi lui dit: «Vous avez votre chapeau sur la tête!—Oui,

répond M. de Souvré, et si je le vous ôterai pas pour cette heure. Ce

n'est pas que je ne sache ce que je vous dois, qui est cent, mille

fois plus. Plaignez vous-en à la Reine.—Je ne vous ôterai pas aussi

le mien», répond le Roi en colère. «M. Le Fèvre, son précepteur le

voulut aussi un peu presser sur la leçon; le Roi lui dit: «Quoi! et du

commencement vous étiez si doux que vous trembliez tout, et maintenant

vous êtes si rude!» Un autre jour, «on lui montroit la carte d'Espagne

et les avenues de la frontière; il l'étudioit fort attentivement; M. Le

Fèvre lui ayant dit que la France étoit bien un plus grand, plus beau

et plus riche royaume, le Roi dit: «Si voudrois-je qu'elle fût à moi.»

Une autre leçon du bon Le Fèvre rapportée par Héroard (31 décembre

1611) a pour sujet une sentence en latin sur la clémence, dans laquelle

le précepteur insiste sur cette vertu «et la loue sur toutes, disant

qu'un prince doit toujours pardonner».

Plus le Roi avançait en âge et plus la position de précepteur devenait

difficile auprès de lui; à plus forte raison celle de sous-précepteur.

Un jour le Roi répond à M. de Souvré, à propos d'une instruction que

devait lui faire M. de Fleurence: «Oui! Fleurence me dira encore des

sottises!»—Fleurence lui répond: «Sire, j'aime mieux que vous me haïez

homme de bien que si vous m'aimiez méchant; je gagnerai aussi bien ma

vie en Turquie qu'auprès de Votre Majesté.» Lorsque Fleurence remplace

le savant Le Fèvre, le jeune Roi conteste de plus en plus contre lui

à propos de leçons de géométrie et de mathématiques. A l'âge de douze

ans, le Roi étudie «en l'histoire, n'apprend plus le latin.» M. de

Fleurence, qui était dans les ordres, avait aussi la direction de son

instruction religieuse; le 21 décembre 1614, la leçon semblant trop

longue au Roi, il demande à M. de Fleurence: «Si je vous donne une

évêché, accourcirez-vous vos leçons?—Non, Sire;» et le Roi ne répond

rien. L'année suivante le Roi étudie encore, mais armé en guerre, avec

la cuirasse, les brassards et «un habillement de tête, fait de fer

blanc»; à dater de ce moment il n'est plus question de Fleurence, qui

ne mourut cependant qu'en 1616.

Sous le gouvernement de M. de Souvré le système de correction

recommandé par Henri IV à Mme de Montglat avait continué d'être suivi,

et, même longtemps après son sacre, on voit encore le Roi fouetté à

l'âge de dix ans pour avoir, la veille, heurté trop fort à la porte

du cabinet de la Reine (19 septembre 1611) et à plus de onze ans pour

n'avoir pas voulu prendre médecine. Aussi le jeune Louis craignait-il

son gouverneur au point qu'un jour où son pourpoint le serre trop

«il ne le veut point desserrer qu'il n'ait su si c'est la volonté de

M. de Souvré, auquel il l'envoie demander et qui le lui permet». Ce

joug lui pesait cependant, et le médecin rapporte à ce sujet un mot

caractéristique du prince; il était depuis un peu plus d'un an confié

à M. de Souvré lorsqu'un jour (8 mars 1610) Mme de Montglat vient au

coucher du Dauphin qui s'amusait dans son lit «à de petits engins»,

pendant que son ancienne gouvernante et M. de Souvré devisoient

ensemble. «Je puis dire, commence Mme de Montglat, que Monseigneur

le Dauphin est à moi; le Roi me l'a donné à sa naissance, me disant:

Madame de Montglat, voilà mon fils que je vous donne, prenez-le.» M. de

Souvré lui répond: «Il a été à vous pour un temps, maintenant il est

à moi.» Le Dauphin, qui écoutait tout ce qui se disait sans en faire

semblant, murmure froidement, sans hausser la voix et sans se détourner

de sa besogne: «Et j'espère qu'un jour je serai à moi.» L'enfant se

trompait dans ses espérances, et, quand, à la fin de 1614, il priait

la Reine «de lui ôter M. de Souvré, qu'il ne pouvoit plus durer avec

cet homme-là», sa colère ne venait que de ce qu'on avait dit au Roi que

M. de Souvré «vouloit empêcher que le sieur de Luynes n'entrât en sa

chambre».

Journal de Jean Héroard - Tome 1 Sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII (1601-1610) · 第 11 / 51 题