La solution orléaniste rencontra un moment une grande faveur dans les
milieux jacobins. Le jour même du retour du roi, le 25 juin, le journal
de Perlet proposait de nommer le duc d'Orléans régent avec un conseil
exécutif. Le duc d'Orléans déclina le lendemain toute candidature à la
régence, «renonçant dans ce moment et pour toujours aux droits que la
Constitution lui donnait», mais cette renonciation n'empêcha pas le
courant orléaniste de grandir. A défaut du père on prendrait le fils, le
duc de Chartres [le futur Louis-Philippe], qui commandait un régiment à
Vendôme et qui fréquentait assidûment les jacobins. L'abbé Danjou,
Anthoine, Réal, Danton, d'autres encore se firent au club les champions de
la solution orléaniste. Le 29 juin, Anthoine prononça l'éloge du «généreux
colonel qui, dans notre dernière séance, a déclaré qu'il marcherait à
l'ennemi comme simple soldat si l'on croyait que sa place pût être mieux
remplie». Ce généreux colonel était le duc de Chartres. Des républicains
comme Brissot se rallieront à la régence d'un d'Orléans. Brissot rédigera
avec Danton la première pétition du Champ-de-Mars où on demandait le
remplacement de Louis XVI par «les moyens constitutionnels», c'est-à-dire
par un d'Orléans.