LE RETOUR DE LA FÉDÉRATION

Un spectacle très réjouissant a succédé à cette fête. Plus de 350 mille

tant hommes que femmes étoient réunis dans le Champ-de-Mars et il n'y

avoit pas d'intermédiaire entre le ciel et eux; or, l'on avoit remarqué

que depuis sept heures jusqu'à midi, il y avait eu cinq orages assez

longs, ou si l'on veut, un orage aristocratique en cinq actes (c'est ainsi

qu'on l'a nommé), qui s'étoient _confédérés sans doute_, pour chasser nos

Parisiennes et nos soeurs des provinces; mais elles ont tenu bon, elles

ont défié les vents et la pluie par diverses chansons agréables, et n'ont

quitté qu'après la cérémonie.

Leur retour ressembloit à une véritable mascarade. Plusieurs sans

chaussure, ou dont la chaussure restoit à chaque pas dans les boues,

Toutes les cheveux épars, sans bonnets ou avec un mouchoir autour de leur

tête, revenoient escortées d'un cavalier crotté comme elles jusqu'à

l'échine; la gaieté cependant présidoit cette marche qui avoit l'air d'un

triomphe. Plusieurs compagnies revenoient en dansant. [Note:

_Confédération nationale ou récit exact_, pp. 140-141.]

Les grandes journées de la Constituante · 第 69 / 101 题