LE TRAITÉ AVEC L'ANGLETERRE

«_Passons au traité franco-anglais. Je l'approuve entièrement._ Il fait

le plus grand honneur à ceux qui l'ont négocié, au roi d'Angleterre

qui l'a voulu, à mon chef le ministre des affaires étrangères, à notre

ambassadeur à Londres, M. Cambon, à M. Étienne, qui s'en est occupé,

à tous ceux qui ont travaillé à sa conclusion. C'est un des actes les

plus importants pour la paix de l'Europe et du monde, un de ceux

qui méritent le plus l'appui de tous les républicains, de tous les

Français. Il sera fécond, il l'est déjà, et la Russie, notre amie

et notre alliée, doit être la première à s'en féliciter au milieu

des difficultés terribles qu'elle rencontre en Extrême-Orient et qui

n'étonnent aucun de ceux qui ont vu de près la race jaune. Il y a

longtemps que, pour ma part, je les ai prévues.

«En ce qui regarde la question du Maroc, les résultats du traité sont

assez évidents pour qu'il soit inutile d'y insister beaucoup. Jusqu'à

présent, les ministres marocains avaient exploité les rivalités des

puissances pour refuser toute concession et repousser toute réforme.

Le traité a mis fin à cette situation. L'intervention récente des

États-Unis aura pour effet de démontrer au maghzen marocain qu'il

doit organiser ses forces de police. Notre concours lui étant pour

cela nécessaire, l'incident nous sera plutôt favorable par voie de

conséquence. Quant à l'Espagne, il est assurément désirable qu'on

s'entende avec elle, et il faut souhaiter que les négociations qui

se poursuivent aboutissent. Ce n'est cependant pas pour nous une

condition indispensable, puisque nous n'entreprenons pas de conquérir

le Maroc par les armes et que, sous réserve de nos droits reconnus et

indiscutables, nous ne touchons pas au _statu quo_.

Sultane française au Maroc · 第 10 / 48 题