(_Le Bruit qui court de l'Espousée_, 1624, _Variétés

histor. et litt._, Paris, 1855, in-16. t. 1, p. 307.)

[149] Nous trouvons dans les _satires_ d'Auvray le portrait complet,

dont ceci n'est que l'esquisse:

. . . . . . . . Ce goguelu

Estoit gay, goffré, testonné,

Brave, comme un chou godronné;

La manteau à la Balagnie,

Le soulier à l'Academie,

Dedans la mule de velours,

Les jartiers à tours et retours.

Bouffant en deux roses enflées

Comme deux laictues pommées;

Le bas de Milan, le castor

Orné d'un riche cordon d'or.

L'ondoyant et venteux pennache

Donnoit du galbe à ce bravache;

Un long flocon de poil natté

En petits anneaux frizotté,

Pris au bout de tresse vermeille,

Descendoit de sa gauche oreille;

Son collet bien vuidé d'empois

Et dentelé de quatre doigts;

D'un soyeux et riche tabit

Estoit composé son habit;

Le pourpoint en taillade grande,

D'où la chemise de Hollande

Ronfloit en beaux bouillons neigeux

Comme petits flots escumeux;

Le haut de chausse à fond de cuve,

La moustache en barbier d'estuve,

Et recoquillé à l'escart

Comme les gardes d'un poignard;

La barbe, confuse et grillée,

En piramide estoit taillée

Ou en pointe de diamant.

Ce mignon alloit parfumant

Le lieu de son odeur musquée.

La mouche, à la tempe appliquée,

L'ombrageant d'un peu de noirceur,

Donnoit du lustre à sa blancheur.

(_Le Banquet des Muses_, satires divers du sieur Auvray, etc., p.

191-192.)

[150] Ces histoires d'inceste n'étoient pas rares alors. Quelques années

auparavant il avoit couru dans Paris un livret portant ce titre: «_La

grande cruauté et tyrannie exercée en la ville d'Arras, ce 28 jour de

may 1618, par un jeune gentilhomme et une damoiselle, frère et soeur,

lesquels ont commis inceste, ensemble ce qui s'est passé durant leurs

impudicques amours_. Paris, 1618, in-8.

[151] V. sur ce puits, placé au carrefour de la rue S.-Jacques et de la

rue S.-Hilaire, etc., le point central du quartier des libraires, une

note de notre édition du _Roman bourgeois_ de Furetière, Paris, P.

Jannet, 1854, in-12, p. 222-223.

[152] Le véritable titre est celui-ci: _l'Etonnement de la Cour de

l'esprit qui va de nuit_. S. l., 1622, in-8.

[153] _Relation generale des conquestes et victoires du roy sur les

rebelles, depuis l'an mil six cent vingt jusqu'à present, avec les nom

et situation des villes, places et chasteaux rendus à l'obéissance de S.

M._ Paris, Fleury Bourriquant, in-8. Le jugement porté ici sur cette

pièce est fort juste.

[154] Clérac, en effet avoit été pris en juillet 1621 (V. plus haut),

tandis que Negrepelisse ne fut emportée que le 10 juin de l'année

suivante, après quelques jours de siége. Ce passage fixe positivement, à

un jour près, la date de ce troisième Caquet.

[155] _La prise et reduction de la ville de Sainct-Antonin à

l'obeissance du roi, Sa Majesté y estant en personne; avec le nombre des

habitans et rebelles qui ont esté pendus par le commandement du roi_ (22

juin). Paris, P. Rocolet, 1622, in-8.

[156] Nous ne savons à quels discours sur la vie de sainte Thérèse il

est fait allusion ici; nous ne connoissons à cette époque que la

traduction françoise publiée à Anvers en 1607, par J. D. B. P. et D. C.

C., de l'ouvrage de Francisco de Ribera: _Vida de la madre Teresa de

JHS., Fundadora de los Descalças y Descalços carmelitos, repartida en V

libros_. Madrid, 1601.

[157] Ce qui est dit ici vient compliquer d'un fait de littérature

légale l'histoire déjà singulièrement curieuse de l'_Espadon satyrique_.

On ne sait au juste de qui est réellement ce recueil de satires assez

obscènes. Les uns, Brossette le premier, l'attribuent au baron de

Fourquevaux, à qui Régnier dédia une de ses épîtres; les autres le

restituent à Claude d'Esternod, dont le nom, quoique bien réel, passa

longtemps pour être un pseudonyme du baron. Ce qui fut cause de cette

erreur, c'est que la première édition, publiée à Lyon en 1619, in-12,

est en effet signée de ce nom supposé: _Franchère_, et qu'on put croire

avec quelque raison que le nom de _d'Esternod_, qui signe la seconde,

n'avoit pas plus de réalité, et n'étoit qu'un nouveau travestissement de

M. de Fourquevaux. En cherchant un peu, l'on eût pourtant trouvé, comme

l'a fait M. Weiss pour la _Biographie universelle_, que d'Esternod, né à

Salins en 1590, long-temps soldat, puis gouverneur d'Ornans, n'étoit

rien moins qu'un mythe; on eût découvert aussi que le pseudonyme

_Franchère_ n'étoit pas aussi impénétrable qu'il le sembloit, puisqu'il

n'étoit que l'anagramme de _Refranche_, nom d'un village dont d'Esternod

étoit seigneur. Quant à la raison qui a donné lieu à l'opinion de

Brossette, dans ses notes sur Régnier, opinion admise par l'abbé Goujet

(_Bibliothèque françoise_, t. 14, p. 209), et défendue par M. J. B.

Pavie, dernier descendant du baron de Fourquevaux, dans une lettre du 24

frim. an IV, à l'abbé de S.-Léger (V. Brunet, _Manuel_, au mot

d'_Esternod_), nous n'avons pu savoir d'où elle vient et sur quoi elle

se fonde.--Le fait révélé par le passage des Caquets objet de cette

note, et qui prouve que, si le nom de l'auteur varioit, le titre du

livre changeoit aussi, n'est pas unique dans l'histoire de ce singulier

recueil. En 1721, il fut republié à Amsterdam, sous le titre de _Satires

galantes et amoureuses_ du sieur d'Esternod. Il est très rare sous ce

déguisement, mais moins encore que le _Discours du Courtisan à la mode_,

que nous n'avons jamais pu trouver.

[158] Le cloître Notre-Dame. Il étoit alors fermé de portes qu'on

n'ouvroit plus après une certaine heure. Tous les gens du Chapitre y

logeoient, et, en outre, il étoit permis aux hommes de travail et de

piété, comme de Thou, comme Boileau plus tard, et aux femmes qui

vouloient se soustraire aux entreprises galantes, d'y chercher un

refuge. «Mademoiselle Chantilly, écrit Malherbe à Peiresc, le 12 février

1610, a pris logis dans le cloître Notre-Dame pour y être plus

sûrement.» V., sur ces asiles du cloître, une note de notre _Paris

démoli_ (les Demeures de Boileau), 2e édition, p. 163-164.

[159] Le sol valoit 12 deniers, et le carolus, qui n'étoit déjà plus

guère en cours, n'en valoit que 10.

[160] _Var._ Le _Recueil général_ ajoute: Jusques à la revoir une autre

fois.

[161] Dans le _Recueil général_, cette partie a pour titre: _La

quatriesme journée et Visitation de l'Accouchée_.

[162] _Var._ du _Recueil général_: jouir du contentement de ceste

quatriesme journée.

[163] Les charges se vendoient partout à ces prix élevés,

particulièrement dans le Bourbonnois, dont il est question ici. Il en

coûtoit huit mille livres pour devenir conseiller d'élection. (_Mém. des

intendants, Bourbonnois_, chap. Finances.) Une charge de seigneur

conseiller à la cour des aides se payoit jusqu'à 25,000 livres, et celle

de chevalier-trésorier général des généralités ne s'acquéroit pas à

moins de 30,000. (_Ibid._, _Généralité de Montauban_, chap. Finances.)

[164] On disoit _aller au vin et à la moutarde_, pour railler, faire

quolibets et chansons sur une chose. Notre locution _s'amuser à la

moutarde_, et le nom donné au gamin de Paris, en sont restés. Cette

expression étoit vieille dans la langue. On la trouve déjà dans un

passage du _Journal du Bourgeois de Paris_ sous Charles VI; et Villon,

parlant de la belle bergeronnette qui rioit et chantoit bien, dit: _Elle

alloit bien à la moutarde_. (Huit. CLIV.)

[165] Discours élogieux, mais souvent avec ironie, qu'on avoit coutume

de faire dans les facultés de théologie et de médecine de Paris, avant

de recevoir les licenciés. Chaque bachelier y trouvoit son lot. Ce mot

de _paranymphe_ venoit de l'usage qu'on avoit en Grèce d'adresser aux

nouveaux mariés un chant de louange le jour de leurs noces. Il étoit

fort employé à l'époque de Louis XIII. Régnier dit dans sa Ve satire,

v. 233-236.

Et, ce qui plus encor m'empoisonne de rage,

Est quand un charlatan relève son langage,

Et, de coquin faisant le prince revestu,

Bastit un paranymphe à sa belle vertu.

[166] Voici comment Tallemant, d'après le récit qu'en faisoit la fille

de la comtesse, raconte l'aventure sinistre de madame des Vertus (édit.

in-8, t. 3, p. 407): «Le comte des Vertus étoit un fort bonhomme, et qui

ne manquoit point d'esprit. Son foible étoit sa femme: il l'aimoit

passionnément, et ne croyoit pas qu'on pût la voir sans en devenir

amoureux. Un gentilhomme d'Anjou, nommé S.-Germain La Troche, homme

d'esprit et de coeur, et bien fait de sa personne, fut aimé de la

comtesse. Le mari, qui avoit des espions auprès d'elle, fut instruit

aussitôt de l'affaire. Il estimoit S.-Germain et faisoit profession

d'intimité avec luy; il trouva à propos de luy parler, luy dit qu'il

l'excusoit d'être amoureux d'une belle femme, mais qu'il luy feroit

plaisir de venir moins souvent chez luy. S.-Germain s'en trouva quitte à

bon marché; il y venoit moins en apparence, mais il y faisoit bien des

visites en cachette: c'étoit à Chantocé en Anjou. Le comte savoit tout;

il n'en témoigna pourtant rien, jusqu'à ce que, durant un voyage de dix

ou douze jours, le galant eut la hardiesse de coucher dans le château.

Les gens dont la dame et luy se servoient étoient gagnés par le mary.

Ayant appris cela, il deffendit sa maison à S.-Germain. Cet homme, au

désespoir d'être privé de ses amours, écrit à la belle et la presse de

consentir qu'il la défasse de leur tyran. Les agens gagnés faisoient

passer toutes les lettres par les mains du mari, qui avoit l'adresse de

lever les cachets sans qu'on s'en aperçût. Elle répondit qu'elle ne s'y

pouvoit encore résoudre. Il réitère, et lui écrit qu'il mourra si elle

ne consent à la mort de ce gros pourceau. Elle y consent, et, par une

troisième lettre, il lui mande que dans ce jour-là elle sera en liberté,

que le comte va à Angers, et que sur le chemin il lui dressera une

embuscade. Le comte retient cette lettre, se garde bien de partir, et,

ayant appris que S.-Germain dînoit, en passant, dans le bourg de

Chantocé, il se résout de ne pas laisser passer l'occasion: il lui

envoie dire qu'il fera meilleure chère au château qu'au cabaret, et

qu'il le prioit de venir dîner avec lui. Le galant, qui ne demandoit

qu'à être introduit de nouveau dans la maison, ne se doutant de rien,

s'y en va. Il n'avoit pas alors son épée: il l'avoit ôtée pour dîner; il

oublie de la prendre. Dès qu'il fut dans la salle, le comte luy dit:

«Tenez, en lui présentant son dernier billet, connoissez-vous

cela?--Oui, répondit S.-Germain, et j'entends bien ce que cela veut

dire.--Il faut mourir.» Les gens du comte mirent aussitôt l'épée à la

main. Ce pauvre homme n'eut pour toute ressource qu'un siége pliant. Il

avoit déjà reçu un grand coup d'épée, le mari entra dans la chambre de

sa femme, qui n'étoit séparée de la salle que par une antichambre. Il la

prend par la main et luy dit: «Venez, ne craignez rien; je vous aime

trop pour rien entreprendre contre vous.» Elle fut obligée de passer sur

le corps de son amant, qui étoit expiré sur le seuil de la porte. Il la

mena dans le château d'Angers. Elle eut bien des frayeurs, comme on peut

penser. Les parents du mort, quand ils eurent vu la lettre, ne firent

pas de poursuites. La comtesse ouit tout le bruit qu'on avoit fait en

assassinant son favori. Elle étoit grosse; elle ne se blessa pourtant

point, mais la petite-fille qu'elle fit, et qui ne vécut que huit ans,

étoit sujette à une maladie qui venoit des transes où sa mère avoit

esté, car elle s'écrioit: «Ah! sauvez-moi! voilà un homme, l'épée à la

main, qui veut me tuer!» et elle s'évanouissoit. Elle expira d'un de ces

évanouissements.»

[167] Il étoit secrétaire d'état et fort homme de cour. Il fut pour

quelque chose dans la fortune de Puget à ses commencements. On peut lire

sur lui et sur la reine Marguerite une anecdote assez gaillarde dans le

_Perroniana_, 3e édition p. 145.

[168] Messire Nicolas de Verdun étoit alors premier président. Il avoit

succédé, en 1616, à Achille du Harlay, et il occupa cette charge

jusqu'en 1627. «Il avoit, dit Blanchard, le goût des peintures

excellentes et des bons livres»; mais jusqu'ici nous ne savions pas

qu'il eut celui de la galanterie. (Blanchard, _Eloges de tous les

premiers présidents_, 1645, in-8, p. 81.)--On avoit M. de Verdun en

grande estime; «chascun, lit-on dans une pièce du temps, ne sauroit

assez l'admirer, pour estre ses louanges inférieures à ses vertus.»

_Advis de Guill. de la Porte, hotteux ès halles de Paris_, etc., in-8,

p. 7.

[169] Cette galerie se trouvoit dans l'hôtel de la préfecture de police,

où M. de Verdun fut le premier qui installa la présidence du Parlement.

[170] Ce procès de Monsigot devoit avoir trait aux affaires du

connétable de Luynes, dont il avoit été le secrétaire. L'issue n'en dut

pas être bien desastreuse pour lui, puisque quelques années après, en

1629, nous le voyons reparoître comme secrétaire des commandements de

Gaston, qui lui accorde toute sa confiance. Quand il songe à s'enfuir en

Lorraine, c'est Monsigot qu'il envoie près du duc pour lui préparer une

retraite. (_Mém._ de Gaston, Coll. Petitot, 2e série, t. 31, p. 88,

112.) Cette faveur de Monsigot chez Gaston ne le recommandoit guère

auprès de Richelieu, qui d'ailleurs devoit haïr en lui une créature du

connétable; aussi, à l'époque des démêlés graves entre Monsieur et le

cardinal, après qu'il eut apporté l'inventaire des pierreries de Madame,

comme on l'en avoit chargé, resta-t-il long-temps inquiet et craignant

d'être arrêté, dans la retraite qu'il s'ésoit donnée à Orléans. (_Mém._

de Richelieu, Coll. Petitot, 2e série, t. 26, p. 367.)

[171] Beaucoup d'autres lui en avoient aussi. «On a vu Monsigot, dit le

_Contadin provençal_, tenir banque au Louvre pour la composition des

pensions.» Recueil cité, p. 98.

[172] Il avoit surtout pour lui les gens du parlement; mais on pouvoit

craindre que ce ne lui fût un secours inutile:

Pour Monsigot, j'ai peur que messieurs de la cour

Ne le puissent tirer d'un si fascheux destour.

(_Le De profundis sur la mort de Luynes_, même Recueil, p. 417.)

[173] Duret de Chevri, président de la chambre des comptes. Il avoit

commencé par être secrétaire de Sully, et mieux que cela même, à en

croire Tallemant, édit. in-12, t. 1, p. 148. Sa mort et l'épitaphe

satirique qu'on lui fit sont ainsi mentionnées dans le _Patiniana_, p.

16: «Il mourut en 1637, après avoir été taillé de la pierre. Voici son

épitaphe:

Cy-gist qui fuyoit le repos,

Qui fut nourri dès la mamelle

De tributs, tailles et impôts,

De subsides et de gabelles;

Qui mêloit dans ses aliments

De l'essence du sol pour livre.

Passant, songe à te mieux nourrir,

Car, si la taille l'a fait vivre,

La taille aussi l'a fait mourir.

[174] Ce nom est altéré; il faut lire «le président d'Ocquerre.» Il

étoit, en effet, secrétaire d'Etat. Il eut pour fils ce Blancmesnil,

conseiller au parlement, qui partagea la popularité frondeuse de

Broussel. _Histor._ de Tallemant, édit in-12, t. 7, p. 148.

[175] A titre de veuve du connétable de Luynes, son premier mari, madame

de Chevreuse devoit en effet protéger Monsigot.

[176] Cela est si vrai, qu'elle ne tarda pas à être éloignée de la cour,

aux instigations de la Vieuville. _Mém._ de Richelieu, coll. Petitot,

2e série, t, 22, p. 273.

[177] Il faut lire le commandeur, et non le chevalier de Sillery. Noël

Brulart, frère du chancelier de Sillery, fut en effet ambassadeur à

Rome. Il en fut rappelé en 1624 par Richelieu, ennemi juré de sa

famille. Le traité conclu par le commandeur avec le pape, dans l'affaire

de la Valteline, fut le motif ou plutôt le prétexte de cette disgrâce.

[178] François Annibal d'Estrées, marquis de Coeuvre, frère de

Gabrielle, et par là, comme il est dit ici, oncle de MM. de Vendosme.

C'est lui qui les avoit amenés à faire leur Paix avec le roi, dans les

commencements de son règne. (_Lettres_ de Malherbe à Peiresc, p, 378,

393.) Pendant son ambassade à Rome, qui précéda celle du commandeur de

Sillery, et qu'il eût bien désiré faire durer plus long-temps, comme ce

passage des _Caquets_ l'indique, il avoit réussi à faire obtenir à

Richelieu le chapeau de cardinal.

[179] C'est le même qui devint si fameux plus tard comme lieutenant

civil, et l'âme damnée de Richelieu. Il ne prit qu'en 1638 cette charge,

qu'il garda jusqu'à sa mort, en 1650. A l'époque dont il est parlé ici,

il étoit maître des requêtes.

[180] Le président Jean-Robert Aubry ou Aubery, conseiller d'Etat,

mourut doyen du conseil dans un âge très avancé. On l'appeloit Robert le

Diable. Tallemant n'en voit de raison que dans sa brusquerie. En somme,

dit-il, sa femme, qu'il ne tourmentoit guère, «étoit plus diablesse

qu'il n'étoit diable.» Tallemant, édit. in-12, t. 8, p. 23.

[181] C'étoit encore bien là l'opinion reçue à propos de cette affaire;

dans le _De profundis_ sur la mort de Luynes, on fait dire par le

connétable à l'un de ses fidèles:

Tu n'ignores, Desplan, que je suis ton soutien,

Que je t'ay soutenu lorsque j'estois en vie.

Monsigot te dira, maintenant qu'on le tient,

Qu'il est en grand hasard d'avoir l'ame ravie.

(Recueil cité, p. 415.)

[182] Monsigot, comme une précédente note l'indique, obtint pourtant son

pardon. Il n'y épargna rien, il est vrai. Il fit surtout des aveux,

pensant, lit-on dans le _Passe-partout des favoris_, qu'il auroit

quelque grace par la confession de ses fautes si mal à propos commises;

«mais, ajoute l'auteur, que la suite dut bien surprendre, je crains

qu'il sera contraint de tenir compagnie à son maître et d'aller voir

s'il est aussi aisé de voler aux Pays-Bas qu'à l'armée.» Même Recueil,

p. 136.

[183] Potel étoit greffier du conseil. Son fils, qui se faisoit appeler

M. Le Parquet, et qu'on nommoit plus communément Potel-Romain, «à cause

qu'il parloit fort de Rome, où il avoit été», n'est pas oublié, comme

l'un des plus curieux originaux du temps, par Tallemant, dans ses

_Historiettes_. (V. édit. in-12, t. 10, p. 34-35.)

[184] Il avoit été l'une des créatures du maréchal d'Ancre, et

d'Aubigné, dans le _Baron de Fæneste_, nous le représente, ainsi que

Barbin, comme «un habile homme, bien fidèle a la reine et à madame la

mareschale.» (Liv. 1, chap. 13.) Il tomba avec son protecteur. Les

mémoires de Pontchartrain le mettent au rang des deux ou trois (il est

vrai que Richelieu en est aussi) qui n'avoient «d'autre mérite et

expérience aux affaires sinon d'être ministres des passions du maréchal

et de sa femme.» (_Mémoires concernant les affaires de France sous la

régence de Marie de Médicis, etc._, La Haye, 1720, t. 2, p. 268.) Mangot

pourtant finit par rentrer en faveur. Au mois d'août 1621, après la mort

du chancelier du Vair, il fut investi de la charge dont il est parlé

ici: on lui donna les sceaux; mais il ne les garda pas long-temps.

[185] C'est le même, sans doute, qui, s'étant poussé dans les

ambassades, en fit une à Rome, si malheureuse, pour obtenir du pape que

l'évêque de Beauvais fût fait cardinal. Il en revint piteux et enrhumé.

«Ce n'est pas étrange, dit Bassompierre, qui l'entendoit tousser; il est

revenu de Rome sans chapeau...» Tallemant, _Historiettes_, édit. in-12,

t. 4, P. 208.

[186] Le président de Tillay, de la famille des Girard, fameuse alors

dans la robe, et dont un des membres étoit à cette époque procureur

général de la chambre.

[187] C'est, dans le _Recueil général_: _La cinquiesme journée et

visitation de l'Accouchée_.

[188] _Var._ du _Recueil général_: Je me mis à entretenir l'Accouchée,

et peu après...

[189] _Var._: Et moy, je pris la mienne ordinaire au cabinet.

[190] On peut lire dans les mémoires du duc lui-même comment il fit sa

paix avec le roi dans les conférences d'Alais, et à quelles conditions

pour son parti et pour lui-même cet arrangement définitif fut conclu.

(Coll. Petitot, 2e série, t. 18, p. 440-455.)--«_Baiser le babouin_,

sorte de proverbe pour dire: faire des soumissions à quelqu'un avec

lequel on étoit brouillé.» Richelet.

[191] Le duc de Fronsac, fils du comte de S.-Paul, qui servoit comme

volontaire au siége de Montauban, fut tué dans une sortie. (_Mémoires_

du sieur de Pontis, liv. 5, 1622.) Il avoit vingt ans à peine et n'étoit

arrivé que depuis un jour devant la place. (_Mercure françois_, t. 8, p.

814-815.) Le roi écrivit des lettres de consolation au comte et à la

comtesse de S.-Paul. (Ibid.)

[192] «M. de Montmorency y fut blessé; le duc de Fronsac, le marquis de

Beuvron, Hoctot, le baron de Canillac, Montbrun, L'Estange, Lussan,

Gombalet et plusieurs hommes de commandement, furent tués.» _Mém._ de

Richelieu, Coll. Petitot, 2e série, t. 22, p. 222.

[193] Ce n'est encore ici que l'écho d'un bruit qui couroit; on avoit

même été jusqu'à conseiller aux seigneurs, à M. de Montmorency en

particulier, de ne pas trop s'engager dans les expéditions entreprises

par le connétable. «Et puis faites-vous assommer pour deffendre telles

gens, qui ne demandent que la mort d'autrui pour attraper leur

dépouille! C'est pourquoy M. de Montmorency doit prendre garde de se

trop engager en la guerre de Languedoc; que si par malheur il luy

arrivoit d'estre tué, ils se mocqueroient de luy en se revestant de ses

charges.» _Méditation de l'Hermite Valérien. Recueil des pièces les plus

curieuses_, etc., p. 332.--Si, dans le profit qui en est le résultat, il

peut être juste de chercher la raison d'un crime, on peut dire que pour

la mort du duc de Fronsac, reprochée ici au connétable et à ses frères,

cette raison semble un peu exister. Cadenet, l'un des frères, avoit

enlevé au jeune duc, pour l'épouser lui-même, la riche héritière du

vidame d'Amiens. En dédommagement, il devoit lui donner le domaine de

Château-Thierry, 100,000 livres, et, de plus, on s'étoit engagé à lui

faire épouser l'héritière de Luxembourg. Or cette promesse, nous en

avons la preuve dans le _Contadin provençal_, n'avoit pas encore été

réalisée quand la mort de M. de Fronsac vint si heureusement rendre les

trois frères quittes de cette dette et des autres. _Recueil des pièces

les plus curieuses_, etc., p. 19, 106.

[194] Ce parvenu de bas étage, sur lequel cette page des _Caquets_ donne

des détails que nous avons vainement cherchés ailleurs, ne resta pas

long-temps en faveur. Il tomba avec Toiras, Bautru et quelques autres,

par la volonté de Richelieu, et malgré celle de Louis XIII lui-même.

«Desplan, Bautru, Toiras, lit-on dans les _Mémoires_ du Cardinal, sont

chassés par proposition non approuvée.» _Coll. Petitot_, t. 18, p. 329.

[195] C'est dans cette entrevue de Vincennes que le frère de Luynes fit

avec menace au prince prisonnier les propositions singulières dont il

est ainsi parlé dans la _Chronique des favoris_: «Cadenet n'a-t-il pas

esté si outrecuidé que de menasser M. le Prince qu'il ne sortiroit du

bois de Vincennes s'il ne consentoit de luy donner en mariage madame la

princesse d'Orange, qui en est morte d'apprehension.» _Recueil des

pièces les plus curieuses_, etc., p. 466.

[196] Il y a ici erreur: ce n'est pas Desplan, mais Toiras, et encore

plusieurs années après, le 13 déc. 1630, qui fut gratifié d'un brevet de

maréchal de France.

[197] Ce M. de Courbouzon ou Corbezon est le même sans doute que, lors

de l'assassinat du roi, dont on accusoit les ligueurs et l'Espagne,

empêcha qu'on massacrât l'ambassadeur de cette puissance. _Lettres de

Malherbe à Peiresc_, p. 144.

[198] Voici le titre exact de la pièce qui répandoit ainsi la renommée

de M. de Courbouzon: _La furieuse escarmouche faite sur les Rochelois

par le sieur de Courbouzon, lieutenant de la compagnie de M. le duc de

Nemours, estant en l'armée du roy, devant la Rochelle, commandée par

Monseigneur le duc de Soissons_. Paris, P. Ramée, 1622, in-8.

[199] _A tort et à travers._ C'étoit une locution des jeux de paume.

Charron dit _à bonds et voles_. (_La Sagesse_, liv. 2, ch. 1.)

[200] Le sieur de Villautrais est un des partisans, scandaleusement

riches, les plus maltraités par les pasquins du temps. V. _la Voix

publique au roy_, Recueil E, p. 241; _la Chasse aux larrons_, p. 90. Il

est aussi nommé dans les _Contreveritez_ de la cour. (Recueil cité, p.

63-66.)

Les caquets de l'accouchée nouvelle édition revue sur les pièces originales · 第 17 / 19 段