L’autel que j’ai fait à mon saint est superbe, et tout un coin de ma
chambre en est transformé.
Ce qui m’a donné le plus de peine, par exemple, ç’a été de trouver une
statue de lui, et j’allais de désespoir prendre un Saint-Jean-Baptiste,
en le suppliant de me permettre de l’invoquer sous le nom de saint
Joseph, quand j’ai découvert dans la chapelle, au fond d’un recoin, ce
que je voulais.
La statue est petite, mais toute en argent, et la mignonne branche de
lis qu’elle tient dans sa main a la grâce des fleurs naturelles.
En la mettant sur plusieurs supports, elle est arrivée à dépasser les
candélabres, et très haute comme elle l’est maintenant, elle semble
diminuée par l’éloignement et déjà à demi perdue dans le ciel.
Devant, j’ai mis ce houx à baies rouges qui pousse sous la neige dans le
parc, et tous mes prie-Dieu que je ne veux plus employer pour aucun
usage profane.