Comment arrivera-t-il à mon secours? Sous quelle forme m’enverra-t-il
mon libérateur? C’est ce que je ne peux pas concevoir, et je rêve de la
manière dont un saint peut s’y prendre pour venir depuis le ciel
arranger les affaires d’une pauvre Colette perdue dans sa montagne.
Par quel mystère va-t-il déterminer un étranger à s’aventurer jusqu’ici?
Et ce monsieur, comment se présentera-t-il enfin? Sonnera-t-il la grosse
cloche de la porte, et pour s’annoncer faudra-t-il qu’il dise à Benoîte:
«Mademoiselle, me voici; c’est moi que saint Joseph envoie?...»
Je cherche, je cherche jusqu’à perte d’esprit!
Puis, j’ai peur que mes suppositions et mes soucis ne soient plus de la
foi complète, et la mère Lancien a dit: «Aveugle!» Alors je m’arrête, je
me bouche les oreilles et les yeux, et je ne pense plus à rien.