SALISBURY.

[Illustrazione: Autografo riprodotto fotograficamente: lettera di

Salisbury a Crispi.]

La replica dell'on. Crispi a questa lettera non poteva mancare, ed egli

l'affidò ad uno de' suoi segretarii, Edmondo Mayor des Planches; il

quale della missione affidatagli rese conto con questo rapporto:

La Bomboule, 26 agosto 1890.

_Eccellentissimo Signor Ministro_,

Ho rimesso oggi a lord Salisbury la lettera che Vostra Eccellenza mi

aveva affidato per lui.

Ho trovato Sua Signoria in un modesto alloggio, al primo piano di

una _maison meublée_ chiamata la _Villa Medicis_. È la prima volta

che il nobile Lord fa la cura di queste acque arsenicali;

precedentemente andava a Royat, località, poco distante, di questa

stessa regione d'Alvernia.

Lord Salisbury, cui aveva domandato udienza con un biglietto, subito

dopo il mio arrivo, mi aveva risposto con un cortesissimo invito. Mi

ricevette in un piccolo studio, stamane, alle dieci e mezzo.

Appena seduti, gli rimisi la lettera. Questa essendo un po'

sgualcita, dissi, pregandolo di scusarmi:

— Je ne sais si je fais un bon diplomate, mais je suis, à coup sûr,

un mauvais courrier de Cabinet.

Sua Signoria si mise a ridere e fece per aprire, dinanzi a me, la

lettera; ma si fermò.

— Dois-je la lire maintenant?

Risposi:

— Je crois que Votre Excellence en peut prende connaissance à son

aise. C'est une réponse à la lettre du 4.

— Ah, bien!... — E la mise in disparte.

— Et vous êtes venu expressément?! Je regrette d'avoir été pour vous

cause da tante de trouble. Au moins voyez-vous un beau pays. Vous le

connaissiez?

— Nullement.

Vantò le bellezze dell'Alvernia. Poi:

— Vous avez quitté M. Crispi depuis peu?

— Depuis cinq jours.

— Comment se portait-il?

— Il était en parfaite santé.

— Et politiquement aussi, disse ridendo, il se porte très bien.

— Je crois qu'il se sent très fort sous tous les rapports.

— C'est un homme bien étonnant. Il nous veut toujours du bien,

n'est-ce-pas?

— Il a pour l'Angleterre comme nation l'admiration la plus vive, et

de Votre Excellence une très haute estime.

— Il est bien indulgent pour moi. Quel âge a-t-il?

— Soixante et onze ans.

— Et il soutient le poids de trois porte-feuilles?!

— De trois, en effet, car la Présidence du Conseil en est un et qui

implique de très graves responsabilités.

— Vous ne manquerez pas de le saluer chaleureusement de ma part et

de lui dire combien je désire que nous restions toujours bons amis.

Vous retournerez directement à Rome?

— Directement.... par Paris.

Rise ancora, e poichè non soggiungeva altro, mi alzai per prendere

commiato.

— Je vous souhaite bon voyage et meilleur temps qu'ici.

— Je souhaite à Votre Excellence une heureuse cure.

Queste ultime parole furono dette in piedi. Sua Signoria mi strinse

la mano e mi accompagnò alla porta che aperse e richiuse.

Lord Salisbury è alto, di forte complessione, un po' obeso. Si tiene

alquanto curvo. È un po' ansante, di soffio affannoso e corto. Prima

che entrasse nella camera avevo sentito il suo respiro penoso.

Appartiene alla specie degli inglesi timidi. Ascolta attentamente,

con la testa china in avanti verso l'interlocutore, che guarda ogni

tanto con occhio fisso e penetrante. Ride facilmente e brevemente in

modo sempre uniforme.

Ciò è quanto ritenni da un colloquio che potè durare dieci o dodici

minuti.

Sono, di Vostra Eccellenza, etc.

La lettera consegnata dal Mayor era questa:

Rome, le 16 août 1890.

_Mon cher lord Salisbury_,

Votre Excellence me permettra de répliquer brièvement à Sa lettre du

4 courant qui m'est arrivée par le dernier courrier.

En vous écrivant, le 23 juillet, j'avais pour but de dénoncer à

Votre Excellence les dangers qui nous menacent en Tunisie, et de

vous signaler la nécessité d'un accord entre l'Italie et la Grande

Bretagne pour les éventualités que je prévoyais. Ce but ayant été

atteint grâce à l'échange de nos deux lettres et aux colloques qui

ont eu lieu entre Votre Excellence et le commandeur Catalani, il ne

me reste à ce sujet rien à demander, ni à désirer.

Je suis en plein accord d'idées avec Votre Excellence sur ce point

qu'il ne convient pas de précipiter une action qui pourrait jeter le

Sultan dans le bras de la Russie. Du reste il manquerait

actuellement à l'Italie une raison pour agir.

Il appartient cependant à la prudence d'un homme d'Etat de ne pas se

laisser surprendre; et, dans le cas spécial qui nous occupe, il

importe de faire savoir à Paris que nous ne pourrions, en aucun cas,

permettre qu'en Tunisie le protectorat se change en pleine

souveraineté.

Il y a lieu, en outre, d'avertir les gouvernements amis, que le

fait, s'il ne se vérifie aujourd'hui, est cependant inévitable, et

cela pour que nous ne nous trouvions pas surpris et non préparés le

jour où il sera nécessaire d'agir. Bien des injustices

internationales ont pu s'accomplir par suite de l'imprévoyance, ou

de la négligence de ceux dont l'intervention, à un moment donné, eût

pu les prévenir.

La Turquie n'a pas les forces suffisantes à sauvegarder la liberté

de la Méditerranée. Elle est impuissante à arrêter les empiétements

qui se vérifient depuis neuf ans sur le territoire tripolitain du

côté de la Tunisie. Il est donc plus que probable qu'elle ne saura

et ne pourra s'opposer à l'occupation de ce territoire. La Turquie,

à cause de sa position toute speciale, n'a que la force des faibles;

elle ne peut guère que jeter la division parmi les forts, obligés à

se montrer tolérants par crainte de ce qui peut survenir. Mais ce

privilège dont jouit le Sultan, ne doit pas constituer un danger

permanent pour les autres Etats, qui cohabitent dans la Méditerranée

et qui ont le devoir de garantir leur propre existence, et de

veiller au maintien de leur propres droits.

Cela dit, je renouvelle à Votre Excellence l'expression des

sentiments de ma plus haute considération.

Politica estera: memorie e documenti · 第 185 / 215 题