Le rapt, selon quelques théologiens, est la violence faite à une
personne ou à ses parents, en vue de la satisfaction d’une passion
libidineuse, ou, comme l’indique le mot, l’enlèvement violent d’une
personne d’un lieu dans un autre, pour satisfaire sa passion ou
contracter mariage avec elle.
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Tout rapt n’a pas la même gravité. Voici, selon Collet, la gradation de
gravité dans les rapts de femmes: le péché le plus grave est le rapt
d’une religieuse, puis celui d’une femme qui a fait un simple vœu de
chasteté. Vient ensuite le rapt d’une consanguine ou parente par
affinité; enfin celui d’une femme mariée, d’une vierge, d’une veuve et
d’une prostituée. Sylvius ajoute que le péché sera beaucoup plus grave
si un mâle enlève un mâle, une femelle, une femelle en vue d’un
abominable libertinage, etc.
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La fornication avec une femme endormie ou ivre, ou avec une jeune fille
n’ayant pas l’usage de sa raison, ou n’ayant aucune connaissance de ce
crime, peut se ramener au rapt, quoiqu’il n’y ait pas rapt proprement
dit, mais plutôt tromperie.
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Il faut rechercher maintenant comment doit se conduire une femme soumise
à la violence, pour ne pas pécher devant Dieu. Billuart répond en ces
termes: 1º elle ne doit pas consentir intérieurement à la délectation,
mais la repousser positivement; 2º extérieurement elle doit résister
positivement au séducteur par tous les efforts et mouvements du corps:
coups de poing, soufflets, cris, s’il y a quelque espoir de secours; en
un mot, par tout ce qu’elle peut faire moralement et raisonnablement,
autrement si elle ne fait pas tout ce qu’elle peut et doit pour
l’empêcher, elle est censée consentir.
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_Billuart_ demande encore si elle doit crier au péril de sa vie ou de sa
réputation. Il répond: si elle espère qu’avec le secours de Dieu elle
pourra ne pas consentir intérieurement au plaisir vénérien, ce qui, je
l’avoue, est très difficile, je pense qu’elle n’y est pas tenue, pourvu
toutefois qu’elle résiste extérieurement de tout son possible à celui
qui lui fait violence.
§ IV