Ce crime horrible est défini par saint Thomas: l’accouplement du mâle
avec le mâle, de la femelle avec la femelle.
D’où il faut conclure que le mâle s’accouplant avec la femelle, dans _un
vase_ ou _récipient non légitime_, ne commet nullement une sodomie,
parce que le sexe est légitime; au contraire, une femelle qui s’accouple
avec une femelle _dans le vase naturel_ commet une sodomie, parce que le
sexe est illégitime. D’où il faut conclure avec saint Thomas que toute
la malice de la sodomie vient de l’accouplement du même sexe, et non de
l’accouplement illégitime de deux sexes différents, du sexe illégitime
et non du vase illégitime d’un sexe légitime. Ce dernier crime, selon ce
saint docteur, n’est pas une sodomie, mais seulement un mode illégitime
d’accouplement.
Mais comme chez la plupart des théologiens l’usage a prévalu de regarder
comme une _sodomie imparfaite_ cet accouplement illégitime (dans l’anus)
entre deux sexes différents, nous nous conformerons à l’usage.
Donc l’accouplement de l’homme avec la femme dans le vase qui n’est pas
légitime est une sodomie imparfaite, distincte de la sodomie parfaite,
qui est l’accouplement du mâle avec le mâle, de la femelle avec la
femelle. (Ainsi, ce que les débauchés appellent 69 est beaucoup moins
coupable entre homme et femme qu’entre deux individus du même sexe.)
Il n’importe pas dans quel vase ou dans quelle partie du corps mâles ou
femelles s’accouplent entre eux, puisque la malice de la sodomie
consiste dans la recherche d’un sexe illégitime, et qu’elle est complète
ou parfaite en son genre, quel que soit le vase ou la partie du corps
d’un même sexe auquel s’applique le corps par voie d’accouplement; mais
s’il n’y avait que l’application de la main, du pied, etc., aux organes
d’une autre personne, cela ne serait point réputé sodomie, parce que ce
ne serait pas un véritable accouplement, ni physique ou matériel, ni
moral ou effectif.
Pour la sodomie imparfaite il suffit que le mâle et la femelle
s’accouplent autrement qu’avec les instruments naturels ou les organes
légitimes, avec interversion des parties (en faisant par derrière ce
qu’on doit faire par devant), et dans la recherche d’une fin mauvaise de
l’accouplement.
Il faut déclarer en confession de quelle nature a été la sodomie, si
elle a été accomplie avec une personne mariée, consacrée à Dieu ou
consanguine; parce que, alors, s’y ajoute la malice de l’adultère, du
sacrilège ou de l’inceste.
D’après le même saint Liguori: «Il n’est pas nécessaire en confession
d’expliquer si la pollution a eu lieu dans l’intérieur ou à l’extérieur
du vase; il suffit de confesser: _j’ai péché avec un enfant_, pour que
le confesseur juge qu’il y a eu sodomie avec pollution. On doit
cependant expliquer s’il n’y a pas eu pollution. Il serait plus clair de
dire: _j’ai couché avec un enfant_, en ajoutant la circonstance de
pollution ou de non-pollution. Si l’effusion du sperme dans le vase
était possible, il y aurait alors sodomie parfaite, consommée et
complète; si elle a lieu hors du vase, elle n’est qu’imparfaite et non
complète, selon quelques-uns.
Quant à ce qui touche aux enfants, puisque nous en parlons, aujourd’hui
ce crime horrible exerce très souvent sa fureur sur eux; d’où on
l’appelle généralement _pédérastie_.
§ III