La bestialité, selon saint Thomas, est l’accouplement avec un individu
d’une autre espèce, ou avec une bête. Ce péché est ce qu’il y a de plus
horrible et il est plus grave que la sodomie, parce que dans la
bestialité on n’a égard ni au vase légitime, ni au sexe, ni à l’espèce
requise. Aussi Joseph a-t-il accusé ses frères du dernier des crimes, en
disant, comme l’interprète la glose, qu’ils s’accouplaient avec leurs
brebis. Cet abominable crime est ainsi désigné dans le _Lévitique_:
_Celui qui se sera accouplé avec une jument ou une brebis sera puni de
mort; tuez aussi la brebis_, etc... Autrefois ceux qui ne rougissaient
pas de commettre ce crime abominable étaient brûlés avec la bête.
D’après beaucoup de théologiens, Bonacina, Billuart, etc., il n’est pas
nécessaire de déclarer l’espèce ou la variété de bêtes, parce que cette
circonstance ne change pas l’espèce du péché et ne l’aggrave pas
beaucoup. La malice de ce péché vient de l’espèce désordonnée et
illégitime.
«La raison, dit saint Liguori, en est que toute la malice de ce crime
consiste dans le coït avec une autre espèce, d’où il suit que la
différence de sexe est tout à fait accidentelle et n’entraîne aucune
différence dans le genre du péché. Les attouchements impudiques avec une
bête, quoiqu’ils ne soient pas proprement des péchés de bestialité, ont
cependant une certaine turpitude spéciale, comme dit le R. P. Elbel, au
moins vénielle» (lib. III, n. 474).
Sur ce sujet, selon l’occasion, il faut interroger les paysans et
surtout les bergers et gardeurs de troupeaux.