La pollution nocturne est celle qui survient pendant le sommeil de la
nuit... Si le sommeil est imparfait, elle peut être semi-volontaire et
par conséquent péché véniel; si le sommeil est parfait, la pollution est
tout à fait involontaire et par conséquent exempte de toute faute.
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Voici comment Billuart s’exprime à ce sujet:
«La pollution nocturne est ou n’est pas péché, selon la condition de la
cause dans laquelle elle a dû ou pu être prévue. Si la cause n’est pas
coupable, la pollution ne sera pas non plus coupable: si la cause est
véniellement coupable, elle sera vénielle: si la cause est mortelle,
elle sera mortelle.» (_Dissertatio_ IV, art. 13.)
Maintenant, quelle est la règle à suivre ou la conduite à tenir,
lorsqu’une pollution préparée, imminente ou commencée pendant le
sommeil, on s’éveille avant que l’éjaculation se soit produite?...
Personne n’est tenu (pourvu cependant qu’il n’y ait pas danger de
consentement au plaisir, et qu’on ne le provoque pas volontairement)
d’empêcher une pollution spontanée, ou déjà commencée, dans le sommeil;
mais on peut pour cause de santé laisser la nature se soulager; car ce
n’est pas procurer, mais souffrir l’écoulement d’un liquide qui,
d’ailleurs corrompu, nuirait à la santé.
Quand la pollution commence dans le sommeil, dit saint Liguori, et que
l’émission a lieu dans le demi-sommeil, dans ce cas, si on éprouve
quelque délectation, non pleinement voulue, on ne pèche que véniellement
comme le remarquent les pères de l’Église. Mais quand l’émission
commence dans le sommeil, et est consommée en pleine veille, dans ce cas
(pourvu qu’il n’y ait pas consentement dans la délectation, ou danger
prochain de consentement d’après l’expérience du passé), on n’est pas
tenu de l’empêcher; soit parce qu’il est très difficile d’arrêter
l’écoulement du sperme une fois sorti des reins, comme disent
généralement de nombreux théologiens; soit parce que personne n’est tenu
d’empêcher l’éjaculation en s’exposant au danger d’une maladie provenant
de la corruption du fluide.
Voici l’opinion du R. P. Sanchez:
Quand la pollution est un flux naturel et a commencé pendant le sommeil,
il sera permis de ne pas l’empêcher, à cause du danger de mort, parce
que ce n’est pas procurer, mais souffrir l’éjaculation du sperme, que le
patient n’empêche pas, de peur que cette humeur corrompue ne nuise à sa
santé.
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Voici, maintenant, l’opinion d’un théologien fort sage et fort prudent:
La pollution commencée dans le sommeil ne peut être continuée dans
l’état de veille, d’après beaucoup de théologiens, contre un assez grand
nombre d’autres qui disent qu’à cause des inconvénients pouvant provenir
de son interruption, on peut en permettre simplement la continuation en
élevant son cœur à Dieu. C’est l’avis de _Gerson_, de _Billuart_,
etc..., parce que, disent-ils, outre les inconvénients et les
indispositions qui en résulteraient pour le corps, la pollution
commencée pendant le sommeil n’est plus soumise à la volonté. Mais cette
raison n’emporte pas l’assentiment. Je ne serais de l’avis de ces
théologiens que dans le cas, rare, où il y aurait danger d’en ressentir
une grave indisposition, et sans danger de consentement en une matière
si délicate; peut-être d’ailleurs ne suffirait-il pas de n’y pas
consentir, si en même temps on ne cherchait à l’empêcher par quelque
effort, par exemple, en retenant l’éjaculation, en cherchant dans son
lit un endroit frais, en sortant du lit; de même si la pollution arrive
dans l’état de veille.
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Nous terminons cette question par l’extrait suivant de Billuart:
Il est certain: 1º Qu’il y a péché mortel à jouir de la pollution
nocturne, ou de la désirer pour le plaisir, parce qu’alors l’objet est
mortellement mauvais, puisque la délectation vénérienne ne doit tendre
de sa nature qu’à la seule génération dans l’acte conjugal.
Il est certain: 2º Que le désir efficace de la pollution, c’est-à-dire
celui qui la cause, ou en vertu duquel on emploie les moyens propres à
l’occasionner, est également péché mortel, parce qu’alors elle devient
volontaire et ne reste pas purement naturelle.
Il est certain: 3º Qu’il est permis de jouir de l’effet bon de la
pollution, comme de la santé ou de la cessation de la tentation qu’elle
cause, ainsi que de désirer cet effet, parce que cet objet est bon. Pour
la même raison, il est permis de se réjouir de ce que la pollution a eu
lieu sans péché et purement naturellement.
_Section quatrième_