IV

A peine son pied s’est-il posé sur les tapis du premier étage, qu’il

s’annonce par des effets de grelots, et qu’il s’affirme (un mot à la

mode) par une explosion de cris et d’apostrophes.

Il pénètre dans les groupes à la façon d’un boulet de canon; les uns le

rudoient, les autres rient.

Il saisit toutes les femmes à la taille, disant à l’une:

--Chère belle, vous venez de laisser tomber votre extrait de naissance!

Disant à l’autre:

--Vaporine! sois à moi... dût la justice des hommes nous poursuivre

jusque dans les savanes du nouveau monde!

Et les femmes de se rejeter en arrière et de crier à l’horreur.

Une seule qui cause avec un Anglais, se retourne froidement et lui dit:

--Eh bien, après?

V

Il danse.

Il appelle cela danser.

Avec ses grands bras et ses grandes jambes il a vite fait d’organiser

le vide autour de lui.

Enveloppant sa danseuse d’une étreinte enthousiaste, il s’avance avec

elle, en imprimant à sa botte gauche des balancements égaux.

Puis, il la rejette brusquement aux bras de son vis-à-vis.

Il passe en cinq minutes par toutes les nuances du vertige et de

l’indifférence, de la furie et du dédain.

Il marche,--il bondit.

Il ondule comme un navire, il tourne comme un moulin à vent, il piaffe

comme un cheval.

Et le cavalier seul!

Les mains brandies, le talon épileptique, la voix luttant avec

l’orchestre, l’œil plein de gaz et de sang.

Il se tord en sautant, et saute en se tordant.

Il se jette à plat ventre,--et il se relève.

Et, en se relevant, il imite le geste gracieux d’un homme qui offre une

rose à sa danseuse.

Les femmes qui font des scènes · 第 222 / 248 题