Il a perdu Sophie, ou plutôt Sophie l’a perdu,--que dis-je? perdu!
servons-nous donc des mots de notre temps: Sophie l’a lâché.--Un
chicard est trop gênant pour une femme. Un chicard doit toujours aller
seul, comme le bourreau.
Sophie l’a lâché pendant qu’il s’obstinait à demander à un Chinois sa
photographie; elle a pris le bras d’un jeune monsieur, tout émerveillé
de ce commencement d’aventure, et elle a disparu avec lui dans les
couloirs faits pour la causerie. Quand le chicard s’est retourné, il
n’a plus vu personne.
Il s’informe, il s’inquiète, il s’alarme; il prend à gauche; il revient
sur ses pas; il monte sur les banquettes; il fouille de son nez toutes
les loges; il explore les galeries; il inspecte les buffets; il se
penche par-dessus les rampes d’escalier en appelant à tue-tête:
--Sophie! hé! Sophie!
Un être barbu, fagoté en nourrice, se jette à son cou, en lui disant:
--Me voilà! rassure-toi!