Il est coiffé d’un casque en carton doré, d’où jaillit ce prodigieux
plumet dont il a été question plus haut. Un catogan de postillon sème
la poudre sur ses épaules, auxquelles est attaché un sac de soldat.
Sa figure est atrocement tatouée, mi-partie jaune et verte, avec des
croissants et des lunes en papier découpé. D’énormes besicles de
marchand d’orviétan sont à cheval sur son nez. Les ordres les plus
fabuleux s’étalent sur sa poitrine presque nue: dromadaire du bey de
Tunis, onagre bleu du grand Mogol, ciron ailé du roi d’Étrurie, condor
du duc de Roussillon. A sa ceinture est pendue une cuiller à pot,
ainsi qu’une corde d’oignons en guise de breloques. Il a un habit vert
d’incroyable, dont les pans balaient le sol; un maillot d’Alcide du
Nord en tournée départementale, des gantelets de cuir, des bottes à
cœur et à gland. Il balance négligemment de la main droite un lorgnon
large comme une fourche.