II

Le reste de son éducation s’acheva sur le trottoir de l’ancien

boulevard du Temple, entre les marchands de coco et les marchandes

de sucre d’orge. Posé là dès quatre heures de l’après-midi, il voyait

arriver un à un les acteurs se rendant à leurs théâtres, et il

recueillait des observations du genre de celle-ci:

--Tiens! M. Francisque a une redingote neuve!

--Mademoiselle Léontine ne sera jamais prête pour son entrée; elle se

sera trompée d’heure, bien sûr!

Le soir, après la représentation, il ne manquait jamais, avec quelques

fanatiques de son espèce, d’aller attendre la sortie du premier rôle,

pour lui faire une ovation et l’escorter jusqu’à son domicile.

Ce fut une heure mémorable dans son existence d’enfant que l’heure où

il osa dire à M. Albert, qui venait de jouer _Atar-Gull_:

--Monsieur Albert, voulez-vous que je porte votre parapluie?

Et où M. Albert daigna lui accorder cette faveur.

Les femmes qui font des scènes · 第 201 / 248 题