<Une rue, à Toulouse.>
MOI, <un sac de voyage à la main, interrogeant un passant>.
M. Cazenave, s’il vous plaît?
LE PASSANT. Quel Cazenave? Il y a cent cinquante Cazenave à Toulouse.
MOI. Diable! (<Après quelques minutes d’irrésolution, il se met
bravement à la recherche de son Cazenave; vers la fin de la journée il
en a FAIT soixante-quinze. Il s’adresse, pour le soixante-seizième, à
une femme du peuple.>) M. Cazenave, s’il vous plaît!
LA FEMME. C’est bien facile; vous voyez ce puits qui fait le coin de la
petite place, à côté du marchand de balais? Eh bien, c’est la seconde
rue en tournant sur votre droite, après la boutique des demoiselles
Fabrègue, dans la maison du menuisier, l’étage au-dessus de M.
Subleyras le fils.
MOI. C’est limpide. (<Il arrive à la maison indiquée, monte deux
étages, et sonne à une porte percée d’un guichet.>)
UNE DOMESTIQUE, <ouvrant le guichet>. Que voulez-vous, vous?
MOI. Voir Cazenave et m’asseoir!
LA DOMESTIQUE. Comment vous nomme-t-on?
MOI. J’aurais préféré lui faire une surprise... (<Il donne sa carte;
la domestique referme le guichet, et le laisse sur le palier.>)
MOI. Précieuse rusticité des mœurs de la province!
LA DOMESTIQUE, <revenant au bout de dix minutes, et rouvrant le
guichet>. Vous êtes bien seul?
MOI. Tiens! cette idée!