serviteurs accableront sa vieillesse d'une douleur qui le mènera au
tombeau._
_Que ce soit donc plutôt moi qui sois votre esclave, puisque je me
suis rendu caution de cet enfant, et que j'en ai répondu à mon
père, en lui disant: Si je ne le ramène, je veux bien que mon père
m'impute cette faute, et qu'il ne me la pardonne jamais._
_Ainsi je demeurerai votre esclave, et servirai mon Seigneur en la
place de l'enfant, afin qu'il retourne avec ses frères._
_Car je ne puis pas retourner vers mon père sans que l'enfant soit
avec nous, de peur que je ne sois moi-même témoin de l'extrême
affliction qui accablera notre père._
JEANNETTE
elle va au devant de la récitation.
Joseph ne pouvait plus se retenir;
MADAME GERVAISE
_Joseph ne pouvait plus se retenir; et parce qu'il était environné de
plusieurs personnes,_
JEANNETTE
ne se retenant plus elle-même et saisissant d'autorité la récitation.
_il commanda..._
elle recommence pour avoir la reconnaissance dans son plein.
_Joseph ne pouvait plus se retenir; et parce qu'il était environné de
plusieurs personnes, il commanda que l'on fît sortir tout le monde;
afin que nul étranger ne fût présent lorsqu'il se ferait connaître
à ses frères,_
_Alors les larmes lui tombant des yeux, il éleva sa voix, qui fut
entendue des Égyptiens, et de toute la maison de Pharaon._
_Et il dit à ses frères: Je suis Joseph. Mon père vit-il encore?_
Je suis Joseph; je suis Joseph; je suis Jésus votre frère.
Qu'attendez-vous? _Mon père vit-il encore?_
MADAME GERVAISE
_Mais ses frères ne purent point lui répondre, tant ils étaient
saisis de frayeur._
JEANNETTE
_Il leur parla avec douceur, et leur dit: Approchez-vous de moi. Et
s'étant approchés de lui, il ajouta: Je suis Joseph votre frère que
vous avez vendu en Égypte._
_Ne craignez point et ne vous affligez point de ce que vous m'avez
vendu en ce pays-ci: car Dieu m'a envoyé en Égypte avant vous pour
votre salut._
_Il y a déjà deux ans que la famine a commencé sur la terre, et il en
reste encore cinq, pendant lesquels on ne pourra ni labourer ni
recueillir._
_Dieu m'a fait venir ici avant vous, pour vous conserver la vie, et
afin que vous puissiez avoir des vivres pour subsister._
_Ce n'est point par votre conseil que j'ai été envoyé ici, mais par
la volonté de Dieu, qui m'a rendu comme le père de Pharaon, le
maître de sa maison, et le prince de toute l'Égypte._
_Hâtez-vous d'aller trouver mon père, et dites-lui: Voici ce que vous
mande votre fils Joseph: Dieu m'a rendu le maître de toute
l'Égypte. Venez me trouver, ne différez point;_
_vous demeurerez dans la terre de Gessen, vous serez près de moi vous
et vos enfants; et les enfants de vos enfants; vos brebis, vos
troupeaux de boeufs, et tout ce que vous possédez._
_Et je vous nourrirai là parce qu'il reste encore cinq années de
famine, de peur qu'autrement vous ne périssiez avec toute votre
famille et tout ce qui est à vous._
_Vous voyez de vos yeux, vous et mon frère Benjamin, que c'est
moi-même qui vous parle de ma propre bouche._
_Annoncez à mon père quelle est cette gloire, et tout ce que vous
avez vu dans l'Égypte. Hâtez-vous de me l'amener._
_Et s'étant jeté au cou de Benjamin son frère pour l'embrasser, il
pleura; et Benjamin pleura aussi en le tenant embrassé._
_Joseph embrassa aussi tous ses frères, il pleura sur chacun d'eux;
et après cela ils se rassurèrent pour lui parler._
_Aussitôt il se répandit un grand bruit dans toute la Cour du Roi,
que les frères de Joseph étaient venus. Pharaon s'en réjouit avec
toute sa maison._
_Et il dit à Joseph qu'il donnât cet ordre à ses frères: Chargez vos
ânes de blé, retournez en Chanaan;_
_amenez de là votre père et toute votre famille, et venez me trouver.
Je vous donnerai tous les biens de l'Égypte, et vous serez nourris
de ce qu'il y a de meilleur dans cette terre._
_Ordonnez-leur aussi d'emmener des chariots de l'Égypte, pour faire
venir leurs femmes avec leurs petits enfants, et dites-leur: Amenez
votre père, et hâtez-vous de revenir le plus tôt que vous pourrez,_
_sans rien laisser de ce qui est dans vos maisons, parce que toutes
les richesses de l'Égypte seront à vous._
_Les enfants d'Israël..._
MADAME GERVAISE
_Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été ordonné. Et Joseph
leur fit donner des chariots, selon l'ordre qu'il en avait reçu de
Pharaon, et des vivres pour le chemin._
JEANNETTE
_Il commanda aussi que l'on donnât deux robes à chacun de ses frères;
mais il en donna cinq des plus belles à Benjamin, et trois cents
pièces d'argent._
_Il envoya autant d'argent et de robes pour son père, avec dix ânes
chargés de tout ce qu'il y avait de plus précieux dans l'Égypte, et
autant d'ânesses qui portaient du blé et du pain pour le chemin._
MADAME GERVAISE
_Il renvoya donc ses frères, et leur dit en partant: Ne vous mettez
point en colère pendant le chemin._
_Ils vinrent donc de l'Égypte au pays de Chanaan vers Jacob leur
père._
JEANNETTE
_Et ils lui dirent cette nouvelle; Votre fils Joseph est vivant et
commande dans toute la terre d'Égypte. Ce que Jacob ayant entendu,
il se réveilla comme d'un profond sommeil, et cependant il ne
pouvait croire ce qu'ils lui disaient._
MADAME GERVAISE
_Ses enfants insistaient au contraire, en lui rapportant comment
toute la chose s'était passée. Enfin ayant vu les chariots, et tout
ce que Joseph lui envoyait, il reprit ses esprits;_
JEANNETTE
_et il dit: Je n'ai plus rien à souhaiter, puisque mon fils Joseph
vit encore. J'irai et je le verrai avant que je meure._
MADAME GERVAISE
_Israël partit donc avec tout ce qu'il avait, et vint au Puits du
jurement, et ayant immolé en ce lieu des victimes au Dieu de son
père Isaac,_
_il l'entendit dans une vision pendant la nuit, qui l'appelait, et
qui lui disait: Jacob, Jacob. Il lui répondit: Me voici._
_Et Dieu ajouta: Je suis le Dieu très puissant de votre père, ne
craignez point, allez en Égypte, parce que je vous y rendrai le
chef d'un grand peuple._
_J'irai là avec vous, et je vous en ramènerai lorsque vous en
reviendrez._
JEANNETTE
_Joseph aussi vous fermera les yeux de ses mains._
MADAME GERVAISE
_Jacob étant donc parti du Puits du jurement, ses enfants l'amenèrent
avec ses petits enfants et leurs femmes, dans les chariots que
Pharaon avait envoyés pour faire venir ce vieillard,_
_avec tout ce qu'il possédait au pays de Chanaan; et il arriva en
Égypte avec toute sa race;_
_ses fils, ses petits-fils, ses filles, et tout ce qui était né de
lui._
_Tous ceux qui vinrent en Égypte avec Jacob, et qui étaient sortis de
lui, sans compter les femmes de ses fils, étaient en tout soixante
et six personnes._
_Plus les deux enfants de Joseph qui lui étaient nés en Égypte. Ainsi
toutes les personnes de la maison de Jacob qui vinrent en Égypte,
furent au nombre de soixante et dix._
JEANNETTE
_Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l'avertir de sa
venue, afin qu'il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen._
_Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit mettre les chevaux à son
chariot, et vint au même lieu au-devant de son père: et le voyant
il se jeta à son cou, et l'embrassa en pleurant._
_Jacob dit à Joseph: Je mourrai maintenant avec joie, puisque j'ai vu
votre visage, et que je vous laisse après moi._
MADAME GERVAISE
_Joseph dit à ses frères, et à toute la maison de son père: Je m'en
vais dire à Pharaon, que mes frères et tous ceux de la maison de
mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils
demeuraient:_
_que ce sont des pasteurs de brebis qui s'occupent à nourrir des
troupeaux, et qu'ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs boeufs
et tout ce qu'ils pouvaient avoir._
_Et lorsque Pharaon vous fera venir, et vous demandera: Quelle est
votre occupation?_
_vous lui répondrez: Vos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance
jusqu'à présent, et nos pères l'ont toujours été comme nous. Vous
direz ceci pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen; parce que
les Égyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis._
_Joseph étant donc allé trouver Pharaon, lui dit: Mon père et mes
frères sont venus du pays de Chanaan, avec leurs brebis, leurs
troupeaux, et tout ce qu'ils possèdent, et ils se sont arrêtés en
la terre de Gessen._
_Il présenta aussi au Roi cinq de ses frères;_
_Et le Roi leur ayant demandé: A quoi vous occupez-vous? ils lui
répondirent: Vos serviteurs sont pasteurs de brebis, comme l'ont
été nos pères._
_Nous sommes venus passer quelque temps dans vos terres, parce que la
famine est si grande dans le pays de Chanaan, qu'il n'y a plus
d'herbe pour les troupeaux de vos serviteurs. Et nous vous
supplions d'agréer que vos serviteurs demeurent dans la terre de
Gessen._
JEANNETTE
_Le Roi dit donc à Joseph: Votre père et vos frères vous sont venus
trouver._
MADAME GERVAISE
_Vous pouvez choisir dans toute l'Égypte; faites-les demeurer dans
l'endroit du pays qui vous paraîtra le meilleur, et donnez-leur la
terre de Gessen. Que si vous connaissez qu'il y ait parmi eux des
hommes habiles, donnez-leur l'intendance sur mes troupeaux._
_Joseph introduisit ensuite son père devant le Roi, et il le lui
présenta. Jacob salua Pharaon, et lui souhaita toute sorte de
prospérité._
_Le Roi lui ayant demandé quel âge il avait:_
JEANNETTE
_il lui répondit: Il y a cent trente ans que je suis voyageur, et ce
petit nombre d'années, qui n'est pas venu jusqu'à égaler celui des
années de mes pères, a été traversé de beaucoup de maux._
MADAME GERVAISE
_Et après avoir souhaité toute sorte de bonheur au Roi, il se retira._
_Joseph selon le commandement de Pharaon, mit son père et ses frères
en possession de Ramessès dans le pays le plus fertile de l'Égypte._
_Et il les nourrissait avec toute la maison de son père, donnant à
chacun ce qui lui était nécessaire pour vivre._
_Car le pain manquait dans tout le monde, et la famine affligeait
toute la terre; mais principalement l'Égypte et le pays de Chanaan._
_Israël demeura donc en Égypte, c'est-à-dire, dans la terre de
Gessen, dont il jouit comme de son bien propre, et où sa famille
s'accrut et se multiplia extraordinairement._
_Il y vécut dix-sept ans; et tout le temps de sa vie fut de cent
quarante-sept ans._
_Comme il vit que le jour de sa mort approchait, il appela son fils
Joseph, et lui dit: Si j'ai trouvé grâce devant vous, mettez votre
main sous ma cuisse, et donnez-moi cette marque de la bonté que
vous avez pour moi, de me promettre avec vérité, que vous ne
m'enterrerez point dans l'Égypte;_
_mais que je reposerai avec mes pères; que vous me transporterez hors
de ce pays, et me mettrez dans le sépulcre de mes ancêtres. Joseph
lui répondit: Je ferai ce que vous me commandez._
_Jurez-le moi donc, dit Jacob. Et pendant que Joseph jurait, Israël
adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit._
_Après cela on vint dire un jour à Joseph que son père était malade:
alors prenant avec lui ses deux fils, Manassé, et Ephraïm, il
l'alla voir._
_On dit donc à Jacob: Voici votre fils Joseph qui vient vous rendre
visite. Jacob reprenant ses forces se mit sur son séant dans son
lit._
_Et_
_Il leur fit aussi ce commandement, et leur dit: Je vais être réuni à
mon peuple; ensevelissez-moi avec mes pères dans la caverne double
qui est dans le champ d'Ephron Hethéen._
_qui regarde Mambré au pays de Chanaan, et qu'Abraham acheta d'Ephron
Hethéen, avec tout le champ où elle est, pour y avoir son sépulcre._
_C'est là qu'il a été enseveli avec Sara sa femme. C'est aussi où
Isaac a été enseveli avec Rébecca sa femme, et où Lia est encore
ensevelie._
_Après avoir achevé de donner ces ordres et ces instructions à ses
enfants, il joignit ses pieds sur son lit, et mourut; et il fut
réuni avec son peuple._
_Un homme avait douze fils._ Telle fut, mon enfant,
Ce fut la première fois qu'un enfant s'est perdu.
Ce fut la première fois qu'une brebis s'est perdue.
Ce fut la première fois qu'une drachme s'est perdue.
Mais cette drachme que l'on avait égarée,
Mais cette brebis qui s'était égarée,
Mais cet enfant, ce fils qui s'était égaré
Fut retrouvé sur le trône,
Gouvernant la maison de Pharaon
Et ravitaillant tout le royaume d'Égypte.
Et celui de Jésus au contraire, (c'est toujours le contraire),
Celui de Jésus, l'enfant perdu par Jésus,
Dans la parabole de Jésus,
Celui de Jésus fut retrouvé qui revenait de gouverner un troupeau de
porcs.
Et je pense que ses trente ou quarante cochons,
Il les ravitaillait de glands et peut-être de quelque sale pâtée.
C'est ainsi, mon enfant. Ainsi est l'ancien, ainsi est le nouveau
testament.
Dans l'ancien testament il est plus souvent question du trône.
Et dans le nouveau testament il est plus souvent question de garder
les cochons.
(Et les autres animaux, qui ne sont pas moins nobles).
Dans l'ancien testament il y a toujours une vue, une pensée vers le
commandement.
Et dans le nouveau testament il y a toujours une pensée,
Une arrière-pensée vers le service au contraire
Et vers la servitude.
Dans l'ancien testament il y a toujours un regard, une pensée vers le
gouvernement.
Et dans le nouveau testament il y a toujours un regard, une pensée
vers l'obéissance
Et vers la simple condition.
Vers la simple condition de sujet.
Vers la simple condition d'homme.
Ou s'il y a une pensée vers un commandement, et vers un gouvernement,
et vers un royaume,
Dans le nouveau testament c'est vers un commandement et vers un
gouvernement et vers un royaume
Qui n'est point le gouvernement et le commandement d'un royaume
d'Égypte.
Et dans le nouveau testament il n'y a de pensée que pour un royaume
qui n'est pas de ce monde.
Dans l'ancien testament il y a toujours une pensée vers les
richesses, vers les trésors d'Égypte et de Babylonie,
Vers les talents d'or et d'argent.
Et les richesses, et le trône, et le royaume, et le gouvernement et
le commandement
Sont présentées comme le couronnement.
Dans le nouveau testament il y a toujours une pensée,
La pensée secrète est vers l'épreuve, et vers la misère, et vers la
pauvreté.
Et c'est elle l'épreuve, et c'est elle la misère, et c'est elle la
pauvreté
Qui est toujours présentée,
Qui est le faîte et le couronnement.
C'est elle qui est la dame et la très chère et la très sainte
pauvreté.
Dans l'ancien testament on redoute toujours, il y a toujours une
pensée
De redoutement vers la famine de la faim.
Dans le nouveau testament on redoute toujours
Une autre faim inapaisée,
Il y a toujours une pensée
De redoutement vers une autre famine d'une autre faim.
Car c'est une spirituelle famine.
D'une faim spirituelle.
Ainsi marche l'ancien testament devant le nouveau testament.
Ainsi les histoires marchent devant les similitudes.
Et les hymnes et les prières et les psaumes
Devant les hymnes et les prières et les oraisons
Et la lente et la longue lignée des prophètes
Devant les bataillons serrés,
Devant les bataillons carrés
Des saints.
Ainsi marche le gouvernement des biens de ce monde
Avant le gouvernement des biens qui ne sont pas de ce monde.
Ainsi marche le commandement charnel
Avant le commandement spirituel.
Ainsi le royaume temporel
Marche avant le royaume éternel.
Et ainsi les tentes du peuple d'Israël se sont plantées dans le désert
Des siècles et des siècles avant que les basiliques,
Avant que les églises, avant que les cathédrales
Se soient plantées au sol de France.
Et dans l'ancien testament il s'agit d'emplir des sacs de blé, il y
a, (toujours),
une pensée sur les sacs de blé.
Et après ça il s'agit, (dans l'ancien testament),
Ces sacs pleins il s'agit de les empiler dans les greniers à blé.
Mais dans le nouveau testament il s'agit de bien autres sacs et de
bien autres greniers.
Car il s'agit, dans le nouveau testament il s'agit, ce sont
Des sacs de misère, des sacs d'épreuves, des sacs de misères.
Et des sacs à mettre les vertus et les mérites et les grâces
Que l'on a récoltées comme on a pu
Pour les années de disette
Et ce sont enfin
Les greniers éternels
Et dans l'ancien testament c'est le père qui finit par venir trouver
son fils
Et qui le retrouve plein de gloire
Tout vêtu.
Mais dans le nouveau testament c'est le fils tout nud
Qui finit par venir trouver son père
Ainsi l'ancien testament est l'appariteur et le fourrier
Et le préparateur et l'annonciateur du nouveau testament.
C'est lui qui lui prépare les voies, c'est lui qui lui fait sa maison.
C'est l'ancien testament qui fait dans le désert
La longue voie temporelle.
C'est l'ancien testament qui patiemment bâtit
La maison temporelle.
_Voici, j'envoie mon ange devant ta face, qui préparera ton chemin
devant toi._
Et aussi l'ancien testament est comme une image qui marche devant le
nouveau testament.
Et comme une image en même temps il est très fidèle et en même temps
il est à l'envers.
Il est contraire. Ainsi est l'histoire sainte.
Le testament charnel est une histoire, une image du testament
spirituel.
L'ancien testament temporel est une image du nouveau testament
éternel.
Et dans le nouveau testament s'il s'agit de gloire,
Il s'agit d'une gloire qui ne se ramasse guère sur les trônes,
(Excepté saint Louis et le trône de France).
Tout l'ancien testament est une figure, une image d'ensemble et de
détail
Très fidèle, très exacte,
(Mais fidèlement inverse, exactement inverse),
Du nouveau testament dans son ensemble et dans son détail.
Dans l'ancien testament la création est au seuil,
Au commencement qui est le commencement du monde.
Et dans le nouveau testament le jugement est à la fin.
Le jugement qui est proprement le contraire de la création,
Le pied opposé, qui est proprement une contre-création.
Car dans la création j'ai fait le monde,
(Temporel)
Et dans le jugement je le défais.
Ainsi le jugement est proprement le contraire et ce qui balance la
création.
Ce que l'on peut mettre, ce qui est en face de la création.
J'ai découpé le temps dans l'éternité, dit Dieu.
Le temps et le monde du temps.
La création fut le commencement et le jugement sera la fin.
(Du temps) (Du monde du temps).
C'est exactement une symétrie, un balancement.
Ce que j'ai ouvert, je le fermerai.
Le jour de la création (les six jours) j'ai ouvert un certain monde
(On le connaît de reste)
(On le sait, on en a assez parlé)
Enfin la première heure du premier des six jours de la création j'ai
commencé une certaine histoire,
Et le jour du jugement je la fermerai.
Or tout l'ancien testament part de ce jugement que je fis de créer.
Et tout le nouveau testament va vers ce jugement que je ferai de
juger.
Ainsi l'ancien testament est symétrique au nouveau.
Et (contre) balance le nouveau.
Et tout l'ancien testament part de cette création.
Et tout le nouveau testament va vers ce jugement
Et dans l'ancien testament le Paradis est au commencement.
Et c'est un Paradis terrestre.
Mais dans le nouveau testament le Paradis est à la fin.
Et je vous le dis c'est un Paradis
céleste.
Et tout l'ancien testament va vers Jean le Baptiste et vers Jésus.
Mais tout le nouveau testament vient de Jésus.
C'est comme une belle voûte qui monte des deux côtés vers la clef de
voûte.
Et Jésus est la clef de voûte. Ainsi est la voûte de cette nef.
Et la pierre qui monte suivant la courbe de cette nef,
Décidant, dessinant, d'avance et à mesure, la courbe de cette voûte,
Formant la courbe de cette voûte,
La pierre qui monte du bas s'avance hardiment,
Et fidèlement et sûrement,
En toute sécurité sans aucune inquiétude,
Parce que montante elle sait très bien
Qu'elle trouvera la clef de voûte exacte au rendez-vous,
A la juste intersection, au sacré croisement et la clef de voûte,
c'est Jésus.
Et ensemble toute la voûte soutient et porte et hausse et maintient
la clef
Comme une énorme épaule ronde qui sans cou soutiendrait une seule
tête mais la clef seule,
La clef qui parachève,
Seule aussi ensemble est ce qui soutient seule la voûte et le tout.
Et la dernière pierre avant la clef est Jean le Baptiste.
Mais la première pierre après la clef est Pierre le fondateur.
_Tu es Pierre et sur cette pierre._
Et il fut crucifié la tête en bas,
C'est-à-dire en redescendant.
Et comme la pierre est quadrangulaire,
Il y a les quatre angles et les quatre lignes du carré.
Et l'on dit _selon Matthieu, selon Marc, selon Luc, selon Jean,_
C'est-à-dire _en suivant la ligne de Matthieu, en suivant la ligne de
Marc, en suivant la ligne de Luc,_
Et _en suivant la ligne de Jean._
Et aux quatre coins sont assis le jeune homme, le lion, le taureau et
l'aigle.
Car l'Église est quadrangulaire,
Comme elle est lapidaire étant fondée sur la quadrangulaire
Pierre.
Et encore l'ancien testament est tout linéaire.
C'est une longue, c'est une grêle ligne des prophètes.
Et les prophètes y viennent l'un après l'autre
Comme les peupliers viennent l'un après l'autre dans cette belle
lignée.
Dans cette belle avenue de peupliers.
Et tout l'ancien testament c'est cette belle, cette longue avenue de
peupliers.
Venue des profondeurs de la plaine et marchant droit sur la plaine.
Cette longue avenue, cette longue lignée fidèle
(Sans largeur).
Les peupliers y sont placés l'un après l'autre, les prophètes y sont
placés l'un après l'autre.
Sur la rangée double.
Venante, sortie, venue des profondeurs de l'horizon la noble allée,
La fidèle, la directe allée droite linéaire
Droite l'avenue s'avance sur la plaine droite.
Car elle sait où elle va.
Et elle ne va pas moins que.
Directement elle va droit au seuil du château.
Et elle conduit, et elle amène, et elle introduit le regard et le pas.
Elle seule conduit au seuil mais elle ne franchit pas le seuil, elle
ne passe pas le pas de la porte.
Elle ne se prolonge pas à l'intérieur du château.
Mais le quadrangulaire château du nouveau testament
S'ouvre à ce seuil et la longue allée de peupliers ne s'y continue
pas.
Mais la cour d'honneur s'y ouvre, et les bâtiments du château.
Et le beau perron pour monter et les quadrangulaires murailles.
Et ainsi le nouveau testament a une dimension de plus.
Car l'ancien testament est une ligne
Mais le nouveau couvre une surface.
Ou encore l'ancien testament est cette fine, cette grêle
Cette uniquement fidèle allée de peupliers,
Perdue dans la plaine rase
Mais le nouveau testament est le solide parc du château.
Le robuste bois de chênes, carré,
Bien clos derrière ses quadrangulaires murailles,
Et qui couvre toute la surface.
Ou encore l'ancien testament est cette voûte qui monte en une seule
arête,
En une seule nervure et le nouveau testament
C'est la même voûte qui retombe,
Qui redescend en toute une nappe.
Et l'arête qui monte part de la terre et c'est une arête charnelle.
Mais cette nappe qui redescend vient de l'esprit
Et c'est une nappe spirituelle.
Et l'arête et la nervure qui monte part du temps et est une
temporelle arête.
Mais la nappe qui redescend vient de l'éternité et c'est
Une éternelle nappe.
Et la clef de cette mystique voûte.
La clef elle-même
Charnelle, spirituelle,
Temporelle, éternelle,
C'est Jésus,
Homme,
Dieu.
Et la création fut une sorte d'ouverture du temps et de fermeture en
quelque sorte de l'éternité.
Or le jugement sera proprement la fermeture du temps
Et la totale et la définitive
Réouverture de l'éternité.
Ou encore l'ancien testament est le lac profond qui reflète la haute
forêt.
Et la forêt est toute dans le lac mais elle n'y est pas.
Et le lac sombre et le lac profond est enfoncé dans la terre.
Et dans le lac le ciel est au fond.
Mais vers le haut la haute forêt.
Partant du bord du lac. La haute forêt réelle.
Hausse une tête réelle.
Fait monter une sève réelle.
Vers le seul profond ciel réel.
On envoie les enfants à l'école, dit Dieu.
Je pense que c'est pour oublier le peu qu'ils savent.
On ferait mieux d'envoyer les parents à l'école.
C'est eux qui en ont besoin.
Mais naturellement il faudrait une école de moi.
Et non pas une école d'hommes.
On croit que les enfants ne savent rien.
Et que les parents et que les grandes personnes savent quelque chose.
Or je vous le dis, c'est le contraire.
(C'est toujours le contraire).
Ce sont les parents, ce sont les grandes personnes qui ne savent rien.
Et ce sont les enfants qui savent
Tout.
Car ils savent l'innocence première.
Qui est tout.
Le monde est toujours à l'envers, dit Dieu.
Et dans le sens contraire.
Heureux celui qui resterait comme un enfant
Et qui comme un enfant garderait
Cette innocence première.