IBID., FOL. 108, RECTO, AU CARDINAL BICHI, 12 SEPTEMBRE 1643.

«Monseigneur, Votre Eminence ne trouvera pas étrange la petite

nouveauté qui est arrivée en cette cour puisqu'elle a esté de

tout temps le théâtre de semblables aventures. Elle admirera

plustost le bonheur de la Reyne et la sagesse de sa conduite qui a

prévenu un mal lorsqu'il estoit sur le point d'esclater, et

dissipé en un moment et presque sans bruit un orage qui se formoit

de longue main, et qui ne pouvoit esclater qu'avec une grande

violence. Votre Éminence saura donc que cette princesse, ayant

inutilement employé la douceur et les bienfaits pour contenir

certains esprits dans leur devoir, a esté contrainte de se servir

d'une conduite plus forte pour les empescher d'achever la faute

qu'ils avoient fort avancée. Je laisse à penser à V. E. combien

cette princesse s'est fait violence en quittant le chemin de la

bonté qui lui est si naturelle pour entrer dans ceux de la

justice, et dans les moyens fâcheux d'une précaution nécessaire.

Pour moi, je suis venu dans le ministère avec cette ferme

résolution de n'y considérer jamais mes intérêts, et de n'y faire

point desplaisir à personne, et d'y faire plaisir à qui je

pourrai. J'avoue que ce m'a esté une très sensible douleur de

n'avoir pas peu, comme j'eusse désiré, m'opposer à un accident qui

ne m'est pas moins fâcheux qu'à ceux qui le souffrent. S'il n'eût

été question que de ma retraite pour guérir les esprits malades,

le remède m'eût été doux et facile, comme V. E. le pourra juger;

et avec un repos qui n'eût pas été sans honneur, j'eusse pu

retirer les autres des inquiétudes et des troubles qu'ils se sont

donnés; mais le commandement absolu de la Reyne, la confiance

qu'elle me fait l'honneur d'avoir en moi, et ce que je dois à la

bonté du feu Roi, dont vous estes en partie témoin, seront

toujours des motifs plus forts pour m'obliger à continuer dans le

service, quelque hasard qu'il y ait à courir, que la considération

de mon repos et de la sûreté même de ma personne pour me le faire

abandonner en un lieu où Sa Majesté croit que je lui suis utile et

en quelque façon nécessaire. Voilà mes véritables sentiments en

cette occurrence que vous ne condamnerez pas, à mon avis, estant

généreux et reconnoissant au point que vous estes. Au reste depuis

cet accident, tout jouit ici d'un calme parfait, et toute la

crainte et les alarmes qui agitoient les esprits, ont passé en un

estat incroyable d'assurance. Pour ce qui est de nos affaires,

elles sont partout florissantes, et nous espérons avec la grâce de

Dieu recueillir des fruits de la prise de Thionville, qui feront

que la fin de cette campagne ne démentira point le bonheur du

commencement. Je suis de toutes les forces de mon âme, etc., etc.»

IBID., A BERINGHEN, ALORS EN MISSION EN HOLLANDE AUPRÈS DU PRINCE

D'ORANGE, 10 AVRIL 1641.

«...On m'a donné avis que Brillet et Fouqueret (H. de Campion),

qui sont les deux personnes qui ont eu le plus de part dans la

confidence de M. de Beaufort, et auxquelles il s'est le plus

ouvert dans la conspiration qui avoit esté faite contre ma

personne, sont allés servir dans les troupes en Hollande, ayant

pris de grandes barbes qu'ils ont laissé croître afin de n'estre

pas connus, et ont changé de nom, Brillet se faisant appeler La

Ferrière. Je vous prie de faire toutes les diligences possibles

pour vérifier si cela est, et donner ordre, quand vous viendrez, à

quelque personne confidente pour veiller de près à leurs actions,

parce que nous songerions après au moyen de les avoir...»

IBID., LETTRE DU 15 AVRIL 1644, A LA FERTÉ-SENETERRE COMMANDANT DU CÔTÉ

DE LA LORRAINE.

«Je sais que c'est vous obliger que vous donner occasion de servir

la Reyne. On lui a donné advis que dans les troupes qui sont en

vos quartiers il y a un lieutenant d'une compagnie de cavalerie

nommé Vigé, si ami et despendant de Beaupuy qu'on a grande raison

de croire que toutes les menées et cabales de M. le duc de

Beaufort ne se sont pas faites sans sa participation et sa

connoissance. Sa Majesté désire donc qu'avec adresse vous essayez,

ou par vous-mesme ou par l'entremise de quelque personne affidée,

de le faire parler et lui tirer, s'il est possible, les vers du

nez, et si vous reconnoissez qu'il soit informé de ce qui s'est

passé dans lesdites cabales, que vous m'en donniez advis

secrètement, et je vous ferai envoyer les ordres du Roi de ce que

vous aurez à faire.»

IBID., LETTRE DU 16 SEPTEMBRE 1645 AU CHANCELIER SEGUIER, OU IL L'INVITE

A VEILLER SUR L'AFFAIRE DE BEAUFORT REMISE AU PARLEMENT, ET DE RESTER A

PARIS POUR LA BIEN SUIVRE.

LETTRES ITALIENNES, T. I, FOL. 226, VERSO, LETTRE A ONDEDEI DU 25 MARS

1645.

«Baupui essendo stato il principal confidente di M. di Beaufort

nell'assassinato ordito contro di me, si fa istanza d'haverlo

nelle mani perche possi finirsi qui il processo che se ne forma,

dove lui è più volte nominato; onde prego vostra signoria a voler,

occorrendo, fornire ragioni al signore de Gremonvilla, acciò non

possi il Papa difendersi di non consegnarlo.»

Madame de Chevreuse Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du 17e siècle · 第 84 / 119 题