IBID., FOL. 107, A M. LE MARÉCHAL DUC DE BRÉZÉ, 11 SEPTEMBRE 1643.

«Bien que je n'eusse pas besoin pour vous croire mon ami des

offres que vous me faites de votre affection, elles ne laissent

pas de m'estre fort chères. Vous croirez aussi que je les ai

reçues avec tout le ressentiment et tout le désir de m'en

revancher, dont l'âme d'un homme de bien est capable. Le sujet qui

vous a excité à m'escrire a véritablement quelque chose de

fâcheux. Je vous dirai pourtant comme à mon ami que, dans la

certitude que j'ai de n'avoir jamais mêlé mon intérêt particulier

avec le service que je rends au Roi et de n'avoir jamais perdu

l'occasion d'obliger ceux que j'ai pu sans avoir jamais nui à

personne, je me trouve une telle assurance contre tous les mauvais

desseins qu'on pourroit faire contre moi, que rien n'est capable

de l'ébranler. Si ce que je dois à la bonne volonté du feu Roi et

à la confiance que la Reine me fait l'honneur d'avoir en moi, ne

m'estoit pas plus cher que mon repos et la sûreté même de ma

personne, il me seroit fort aisé de m'ôter des occasions de

l'envie et de la haine; mais mon devoir l'emportera toujours en

moi sur mon repos et la sûreté de ma personne. Ce sont mes

véritables sentiments que je m'assure que vous approuverez, aussi

bien que la résolution que j'ai faite d'estre toute ma vie et plus

que personne du monde, etc., etc.»

Madame de Chevreuse Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du 17e siècle · 第 83 / 119 题