Bibliothèque Mazarine, 5 vol. in-fol. aux armes de Colbert.
_Affaire de Beaufort._
LETTRES ITALIENNES, T. IV, 188, AL SIGNORE CARDINALE BICHI, 24 AGOSTO
1643.
«...Vostra Eminenza apprenderà dà molte parti lo stato mio in
questa corte, onde li dirò solamente che ricevo ogni giorno grazie
maggiori della Maestà della Regina e dal signore duca d'Orleans; e
per il medesimo caso gl'invidiosi del posto che io tengo si
animano sempre più, e non lasciano indietro diligenza alcuna per
precipitarmi. Si io potessi sodisfare tutti, lo farei volontieri,
mà il mio delito consistendo in servire bene et in havere la buona
gratia di sua Maestà, sono obligato di procurare, per quanto
potrò, di render mi ogni giorno più criminale. Conosco la grandeza
del posto nel quale mi trovo, mà conosco ancora che non essendo
tentato dà alcun interesse particolare, questo posto non serve che
a togliermi ogni riposo. Iddio l'ha voluto cosi, e nel conformarmi
alla sua volontà so di non poter errare, mà vorrei bene che
piacesse a sua divina Maestà di restituirmi alla quiete...»
LETTRES FRANÇOISES, T. Ier, FOL. 106, VERSO, LETTRE DE 9 SEPTEMBRE 1643,
AU MARÉCHAL DE LA MEILLERAIE.
«Je trouve dans celle que vous m'avez fait la faveur de m'escrire
du 6 de ce mois, tant de marques d'affection et de tendresse que
je serois insensible si je n'en estois touché jusques au fond de
l'âme. Après cette véritable protestation, permettez-moi de vous
dire que, bien que j'estime comme je dois votre conseil, et que,
voulant user des autres précautions que la prudence me conseillera
pour ma conservation, je ne puis condescendre à celle-là, qui
n'est, à mon avis, conforme ni à mon humeur ni à la situation des
temps et à la disposition des esprits. Quand même je me tromperois
en ceci, le désintéressement de ma conduite, dont nulle
considération du monde ne me fera départir, et la pureté de
l'intention avec laquelle je regarde le bien de l'Estat, la
résolution ferme et inébranlable que j'ai de faire plaisir à qui
je pourrai et de ne faire desplaisir à personne, me mettent en
estat de ne rien craindre, et d'attendre sans émotion tout ce
qu'il plaira à la divine Providence de permettre qu'il m'arrive.
Si je voulois pourvoir à mon repos et à ma sûreté, j'en saurois
trouver le chemin infaillible sans abandonner même le service de
la France; mais je suis trop obligé à la bonté du feu Roy, je dois
trop à la confiance que la Reyne me fait l'honneur d'avoir en moi,
et je cheris trop la France qui seule me tient aujourd'hui lieu de
patrie, pour considérer ni mon repos ni ma vie, tant que je lui
serai utile et jusqu'à ce que le vaisseau soit au port; ou je
périrai dans la tourmente, et j'aurai cette satisfaction de
n'avoir rien espargné pour aider à l'y conduire. Ce sont mes
véritables sentiments que je veux croire que vous ne condamnerez
point, comme je me promets aussi que vous agréerez la résolution
que j'ai d'estre toute ma vie, etc.»