P. 12: «Le bruit de Paris est que je fais partir la Reine parce
que Mme la Princesse acqueroit trop de crédit auprès de Sa
Majesté, que pour cet effet Mme de Montbazon vi è andata, che per
mezzo suo si tratta l'aggiustamento di Mma di Cheverosa per farla
ritornare e metterla contra la detta Principessa, la quale a me
medesimo ha parlato di questo, mà mostrando di ridersene.»
P. 28: «Trattare che il duca di Lorena, facendo dichiarare nullo
il matrimonio con la duchessa che è in Francia, alla quale si
potrebbe dar molti avantaggi per la sua vita durante sopra la
Lorena, et il detto Duca rinuntiando alla Lorena fosse per una
remissione juridica del Re d'oggi[449] e dalli popoli acclamato Re
di Portogallo, a conditione che il regno ritornerebbe al figlio,
il quale si potrebbe maritar con la figlia del detto Duca[450],
che sarebbe per la dissoluzione del primo matrimonio legitima. La
Francia potrebbe in questo caso obligarse non solamente a fornir
le cose necessarie per il tragetto del detto Duca, della sua casa
e sue truppe in Portogallo, mà ancora di fornire dell'altre, e
promettere una assistenza annua per la sussistenza e la
conservazione di esse.»
P. 33: «16 décembre 1647. Le marquis M., outre le discours qu'il
m'a tenu de la campagne passée, soutenant que l'Archiduc, contre
l'avis de tous les chefs de guerre, avoit attaqué Dixmude[451]
avec cinq mille hommes de pied et dix mille chevaux, sachant qu'il
y avoit près de trois mille hommes dans la place et les recrues
des régiments, et soutenant ledit marquis qu'on ne pouvoit pis
faire de nostre côté ni pour défendre la place ni pour la
secourir, et que cela a grandement servi à relever la réputation
dudit Archiduc en Flandre et à faire concevoir une mauvaise
opinion des François, c'est-à-dire de leur courage et de leurs
forces, il m'a dit en outre que la pensée de l'Archiduc étoit,
lorsqu'il alla à Landrecies, d'attaquer Saint-Quentin, et que cela
se fut fait s'il y eut eu moien pour les vivres. Il croit qu'il
songe à présent à la même chose pour la campagne prochaine, mais
surtout de faire des armées pour en faire entrer une en France du
côté de la Champagne, composée de cinq mille chevaux et six mille
hommes de pied; et c'est un ancien dessein auquel l'Archiduc a
ordre d'Espagne de songer, et en son particulier il est bien
persuadé qu'on ne peut rien faire de meilleur. Il aura deux mille
Espagnols d'Espagne où il envoie trois mille Vallons; il aura
infailliblement, à ce qu'il croit, quatre mille hommes
d'Allemagne, infanterie et cavalerie, et déjà a envoyé l'argent
pour en faire venir au plus tôt. Il dit que l'Archiduc est déjà
d'accord avec le duc de Lorraine qui promet de mettre ses troupes
à dix mille hommes; mais le marquis ne croit pas qu'il en puisse
venir à bout, non obstant gran nombre de prisonniers françois
qu'il tire des prisons pour les faire servir dans son corps. On
assure qu'il y a déjà la moitié des François dans les troupes de
Lorraine. Il dit que l'Archiduc aura ses places garnies, qu'on
songe aussi à Rocroy, et que sans l'attaquer on croit qu'une armée
entrant dans certain endroit de la Champagne peut aller sans
obstacle jusques à Soissons, et que Mme de Chevreuse et les
François qui donnent des advis de là assurent qu'avec cela tout
sera sens dessus dessous.»
P. 68: «Escrire une lettre du Roi à Saint-Ibar de venir ici rendre
compte de ses actions; la lui faire rendre par M. l'ambassadeur,
et passer outre en cas qu'il ne vienne pas.»
P. 73: «Moron (?) porta lettere di Mma di Cheverosa per la Regina
e per me. Saper dà S. M. se si devono ricevere, et, a mio parere,
non si devono.»
P. 92 et 93: «La Reyne pourra faire une réprimande à Brion. Il
reçoit des lettres de M. de Beaufort. Serlière, dans la maison
duquel ledit Beaufort a logé, vient ici et est entretenu de Brion.
Sa légèreté ne vaut rien en ce rencontre. Sa vieille affection
pour Mme de Nemours[452] agit en ce rencontre au préjudice de Sa
Majesté et de l'avantage du dit Brion, lequel mesme a oblié ce
qu'il doit à Sa Majesté et à moi. A parlé a S. Alt. R.
avantageusement pour M. de Beaufort... M. de Mesmes, M. d'Avaux et
M. de Chatonof se sont rencontrés à la maison de Bourdier. Il
semble un rendez-vous, et que quelqu'un ait travaglié pour les
faire voir ensemble.»
«A quoi peut estre bon pour moi le commandeur de Jars? Toute sa
passion est pour Chatonof. Après lui avoir fait donner deux
abbayes qui valent vingt mille livres de rente, et une commanderie
qui vaut autant, lui avoir fait donner des gratifications d'argent
assez considérables, l'avoir traité avec affection et familiarité,
je ne trouve pas qu'il m'ait jamais donné le moindre avis qui put
regarder mon service, quoique dans les compagnies où il s'est
trouvé il aye entendu des choses qui me regardoient, et
dernièrement à Petitbourg, s'étant apperçu que S. A. R. étoit
fâchée, il ne m'en dit rien comme fit Gersé. D'ailleurs il trouve
à redire à tout ce qui se fait. Les malheurs qui arrivent, à son
dire, on les pouvoit empescher, et M. de Chatonof l'eut fait sans
doute, et les avantages que nous remportons eussent été plus
grands si le susdit s'en fut meslé. Dans les occasions, donne ses
coups auprès de la Reyne pour l'eschauffer en certaines
rencontres. Enfin c'est une peste de la cour.»
P. 97: «Les caballes de dehors qui agissent dans le Parlement sont
celles de M. de Chatonof et de Beaufort. Beaufort avoit escrit une
lettre fort souple, et dans laquelle il demandoit protection à M.
le Prince, mais les Importants ont conseillé de ne la point
rendre, parce qu'elle auroit fait un méchant effet à l'égard de
S. A. R., et n'eut pu rien produire, M. le Prince ne devant
demeurer ici qu'un jour ou deux.»
[449] Le roi de Portugal, Jean IV, n'avait alors qu'un fils,
Alphonse VI, dit l'Impuissant, le prince don Pèdre, depuis roi,
n'étant né qu'en 1648, le 23 avril.
[450] Anne de Lorraine, fille de Charles IV et de Béatrix de
Cusance, née le 23 août 1639.
[451] Pris par Rantzaw le 13 Juillet 1647, repris par l'archiduc
peu de temps après.
[452] Voy. Retz, t. Ier, p. 45, édit. d'Amsterdam, 1731.