24 JUILLET 1638. LE CARDINAL A Mme DE CHEVREUSE[411].

«Madame, le roy a volontiers consenti à ce que vous avez désiré.

Puisque vous ne vous sentez coupable que de votre sortie du

royaume, il m'a commandé de vous mander qu'il vous en donne de bon

cœur l'abolition, comme il eût fait de toute autre chose que vous

eussiez tesmoigné avoir sur votre conscience. Quand le sieur de

Boispille vous alla trouver, je lui dis ce que j'estimois pour

votre service et pour votre sûreté, qui consistoit, à mon avis, à

ne tenir rien de caché; ce à quoi j'estimois que vous vous dussiez

porter d'autant plus facilement que l'expérience vous a fait

connoistre, par ce qui s'est passé au fait de Monsieur de

Chasteauneuf, qu'en ce qui vous intéresse ce dont vos amis ont la

preuve en main est plus secret que s'ils ne l'avoient point. Je

vous puis bien assurer que je n'ai pas moins d'intention de vous

servir aux occasions présentes qu'en celle-là, et que tant s'en

faut qu'on ait voulu vous faire avouer une chose qu'on ne sçût

pas, qu'on voudroit ne savoir pas ce qu'on sçait pour ne vous

obliger à le dire. Tant y a qu'on vous envoie les sûretés que vous

avez désirées. Que si vous avez besoin de plus grandes, je vous y

servirai volontiers, comme je vous l'ai desjà mandé, vous assurant

que je serai toujours, etc.»

[411] Manuscrits de Colbert, fol. 11. Manque dans le _Suppl.

franç._

Madame de Chevreuse Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du 17e siècle · 第 40 / 119 题