_Cola nitida_ est d’introduction récente. Les noix à plus de deux
cotylédons produites dans tout le delta du Niger et sur une bande
littorale s’étendant à environ 100 kilomètres au N. de Lagos, ne
suffisent pas à la consommation locale des grands centres comme Lagos,
Abeokouta, Ibadan. Le bas Dahomey expédie à Lagos chaque année pour
environ soixante mille francs de noix de _Cola acuminata_. Mais ce sont
surtout les colonies anglaises de Sierra-Léone et de la Gold-Coast qui
envoient à Lagos des quantités considérables de Kolas, ceux-ci
appartenant à la bonne espèce _Cola nitida_. Nous manquons de
renseignements précis sur les chiffres de ces importations, mais ils
paraissent considérablement élevés.
Mais c’est surtout la Nigéria du Nord, avec ses 10 millions d’habitants
et de grands centres comme Kano, Sokoto, Yola, qui absorbe une très
grande quantité d’amandes de Kola. La province de Noupé et peut-être le
sud de la province de Yola en produisent de petites quantités fournies
surtout par le _Cola acuminata_ (_Abata Kola_), mais la Northern Nigéria
s’approvisionne surtout par des importations de noix de la Gold Coast
(_Ganbja Kola_), arrivant par les voies les plus diverses.
Chaque année, les caravanes haoussas vont s’approvisionner de Kolas au
Pays Achanti en suivant la route signalée autrefois par BARTH. La
plupart passent par le N. du Togo et du Dahomey et se dirigent ensuite
sur Kano. Nous avons déjà dit que 800 tonnes de Kolas pour cette
destination transitaient par la région de Djougou (Dahomey). D’autres
caravanes suivent des routes plus septentrionales ; elles traversent le
sud du Mossi et par la Gourma ou par la région de Dori, elles viennent
tomber au Niger et de là elles se dirigent soit sur Sokoto, soit sur
Kano. Enfin, d’autres caravaniers vont chercher des Kolas jusqu’en plein
cœur du Cameroun ou même dans la Haute-Sangha (Afrique équatoriale
française) ; ils traversent l’Adamaoua et reviennent à Yola. Des villes
que nous venons de citer, certaines charges de Kolas sont portées encore
bien plus à l’est, au cœur du Bornou, à Kouka et à Dikoua, ou même
jusque dans le Baguirmi et dans l’Ouadaï ; l’un de nous en a même vu en
1903, à Corbol, dans le moyen Chari où le sultan du Baguirmi était de
passage.
Kano, « la grande cité haoussa, le plus grand foyer industriel et
commercial du centre africain »[348], ville comptant 70.000 âmes, chef-
lieu d’un Etat peuplé de 3 millions d’habitants, avait reçu jusqu’à ces
dernières années tous les Kolas qu’elle consommait par les caravanes
allant au pays Achanti. A l’époque du voyage de BARTH (1852), Kano
recevait par cette voie pour 100 millions de cauris[349] de noix,
chiffre correspondant à environ 40.000 fr. et vraisemblablement à
300.000 noix. Ce chiffre a été en s’accroissant d’année en année ; mais,
en même temps, de nouvelles voies de pénétration ont été créées.
Aujourd’hui la plus grande partie des noix destinées à l’Etat de Kano
sont importées par mer soit à Lagos, soit par le Bas Niger (viâ
Forcados, Bouroutou, Baro).
Les premières prennent ensuite le chemin de fer Lagos-Ibadan-Ilorin et
le deuxième jour elles parviennent à Djebba, sur le Niger.
Prochainement le railway arrivera à Kano et cette ville ne sera plus
qu’à quatre jours de Lagos. Les Kolas de l’Achanti ne seront plus qu’à
neuf jours de Kano, comme le montre le tableau suivant :
Koumassie à Sekondee 2 jours (par chemin de fer).
Sekondee à Lagos 3 jours (par mer).
Lagos à Kano (viâ Djebba) 4 jours (par chemin de fer).
Les caravaniers qui effectuent ce trajet par l’intérieur de l’Afrique
mettent environ 6 mois pour faire le voyage aller et retour. Aussi la
grande route de Kano-Djougou-Salaga est-elle appelée à être abandonnée
des caravanes.
Les transports par animaux à travers la Nigéria se faisant à très bon
compte, beaucoup d’Haoussas renoncent cependant à employer le chemin de
fer et viennent chercher les Kolas et les autres marchandises dont ils
ont besoin à Lokodja ou à Lagos.
En 1904, les importations, par mer, des Kolas dans la Nigéria du Sud
atteignent le total de 1.033 tonnes, évaluées 1.026.600 francs, et la
Gold-Coast, à elle seule, en avait fourni 1.024 tonnes. En 1905, les
importations de Kolas à Lagos s’élevaient à 1.139.175 francs. Les
importations par mer se font surtout de novembre à avril. Il n’est pas
fait mention des Kolas importés dans la Northern Nigéria en cette même
année.
Pour la période 1906-1907, on estime les importations de cette dernière
colonie à 21.924 livres-sterling, soit 548.100 francs. Ce chiffre
représente sans doute les importations faites par Forcados-Bouroutou.
Les importations par mer de ces deux colonies réunies, en 1906, étaient
donc d’environ 1.600 tonnes.
Il est bien certain qu’au fur et à mesure que se développera la
prospérité de la Nigéria, appelée à un très grand avenir, la
consommation des Kolas ira en s’accroissant, et la production de la
Gold-Coast ne suffira plus pour alimenter en Kolas les pays que nous
venons de passer en revue.
La ville de Lagos est un des plus gros entrepôts de Kolas de toute
l’Afrique. On y trouve à la fois les petits Kolas indigènes à 4 ou 5
cotylédons, et les gros Kolas rouges de l’Achanti importés par mer.
Ceux-ci se vendent à un prix très abordable. D’une valeur de 50 francs
les 50 kilog. à leur embarquement à Cape-Coast-Castle, la même charge
vendue à Lagos revient à 57 fr. 50, et le prix de vente en gros ne
dépasse guère 1 fr. 25 le kilog. Seuls, les Yorubas consomment encore
des Kolas indigènes.
=IMPORTATION ET CONSOMMATION DES KOLAS EN EUROPE.=
L’Europe ne reçoit encore presque exclusivement que des Kolas secs. On
les divise en _Kolas-demis_ ou Kolas à deux cotylédons produits par le
_Cola nitida_ et en _Kolas-quarts_ ou Kolas à quatre ou cinq cotylédons
produits par les autres espèces. Leur prix varie de 0 fr. 75 à 1 fr. 15
le kilog. pour les noix à deux cotylédons et de 0 fr. 40 à 0 fr. 75 pour
les noix à quatre cotylédons.
La première importation remonte à une époque très reculée, puisque,
d’après le Bulletin de Kew, 1880[350], les importations, en Angleterre,
étaient déjà :
En 1860 environ 55.960 kil.
En 1870 145.168
En 1879 378.625
Nous ne possédons que des renseignements très incomplets sur l’étendue
actuelle de ce commerce.
Nous pensons, toutefois, que les importations de Kola sec en Europe et
aux Etats-Unis s’élèvent annuellement à environ 1.000 tonnes.
Ces noix sont utilisées soit dans la droguerie pharmaceutique pour la
préparation d’extraits, soit en liquorerie dans la fabrication de vins
toniques, liqueurs variées, apéritifs spéciaux. Le commerce apprécie
surtout les noix faiblement mucilagineuses, donnant des extraits
homogènes et bien solubles.
Les exigences de la Pharmacopée française ont entraîné les industriels à
acheter les Kolas sur leur teneur en caféine qui ne doit pas être
inférieure à 1,25 %, l’extrait obtenu devant, d’après le Codex 1908,
renfermer 10 % de caféine.
La France, l’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal sont les seuls pays
qui font l’importation directe.
En France, ce produit entre par les ports de Marseille et du Hâvre, mais
comme il est exempt de droits de douane et qu’il ne figure pas sur les
statistiques, il est impossible d’évaluer les quantités introduites.
En Angleterre, on n’est pas plus documenté. L’entrée dans les ports est
également libre. On l’annonce dans les listes de cargaisons, quelquefois
comme noix de Kola, quelquefois comme droguerie ou épicerie ; parfois on
indique le poids, parfois simplement la valeur. Certaines statistiques
annoncent qu’il entre environ 300 tonnes de Kola sec par an dans le port
de Liverpool ; par contre, les renseignements qui nous ont été
communiqués par la maison SUTELIFF et GOSDEN, de Londres, l’évaluent à
150 ou 200 tonnes par an pour toute la Grande-Bretagne, mais ils disent
que c’est seulement une estimation et il n’est pas tenu compte des
arrivages directs au consommateur. « En outre, ajoutent-ils, les
arrivages de Ceylan pèsent ordinairement 50 kilog. environ chacun,
tandis que les arrivages de Barbades, de Grenade, de la Jamaïque, pèsent
environ 87 à 100 kilog. chacun. On les déclare comme colis. Aussi, nos
renseignements auraient seulement pour résultat de dérouter, au lieu de
donner l’information qui pourrait être utile. »
D’après une note manuscrite de M. DE LA VAISSIÈRE, l’importation des
noix fraîches à Liverpool ne doit pas dépasser une ou deux tonnes par
an ; elles proviennent de Sierra-Léone. Leur prix varie de 5 pence à 10
pence par livre (453 grammes) suivant leur état, car la plupart du temps
les amandes arrivent avariées ou piquées.
Pour les noix sèches, les paiements se font à la livraison de la
marchandise, avec escompte de 2,5 %.
Suivant la même note, le marché de Hambourg offre d’assez grands
débouchés aux Kolas provenant de la Côte Occidentale d’Afrique, mais il
est absolument impossible d’évaluer la quantité exacte importée chaque
année, de même que les pays de provenance, les statistiques de Hambourg
ne contenant aucune rubrique spéciale pour cet article. Toutefois, on ne
pense pas qu’il soit exagéré de dire que la quantité importée chaque
année s’élève à plusieurs centaines de tonnes.
Les cours varient, pour les Kolas secs, de 70 francs à 90 francs les 100
kilog. franco Hambourg. Les ventes, en général, ont lieu aux 100 kilog.
net, paiement comptant moins 2 % d’escompte ou à 1 mois net.
Les quantités de noix de Kola qui entrent en Belgique sont très minimes.
Il n’est pas possible d’évaluer les petits stocks qui entrent dans le
port d’Anvers, aucune spécification n’étant faite pour cet article dans
les documents statistiques des douanes belges. Cette importation est à
coup sûr sans importance, car une cote officieuse de tous les produits
africains est établie chaque jour, à Anvers, par les courtiers de la
Bourse, et la noix de Kola n’y est pas mentionnée.
Au Portugal, Lisbonne reçoit quelques tonnes à peine, par an, de Kolas
secs provenant de l’Angola, du Congo portugais et de San-Thomé.
Les arrivages de Kola sec dans la plupart des ports d’Europe paraissent
avoir plutôt tendance à diminuer. Par contre, les Kolas frais, en France
du moins, sont importés en plus grande quantité depuis quelques années.
Les arrivages se font par Marseille, par Bordeaux et par La Palice.
Les principaux importateurs sont quelques Pharmacies et une ou deux
maisons spécialisées dans le commerce des fruits tropicaux.
Grâce à leurs arrivages, on peut actuellement trouver à Paris, pendant
presque toute l’année, des Kolas frais vendus au détail de 0 fr. 10 à 0
fr. 30 pièce, suivant la taille, soit de 8 francs à 20 francs le kilog.
Ce prix pourra être considérablement abaissé le jour où la consommation
des Kolas deviendra plus régulière, et où il y aura moins de déchets par
suite d’emballages mieux conditionnés.
Nous avons vu, en effet, que le prix de revient des Kolas dans les ports
d’embarquement des pays producteurs, oscille entre 1 fr. 25 et 2 fr. 50
le kilog., suivant les saisons et suivant les localités.
Quand le grand public connaîtra mieux les propriétés remarquables de ce
produit, quand les médecins seront plus expérimentés dans son
application, enfin quand la noix sera à un prix plus abordable, ce qui
sera facile à obtenir en faisant des emballages soignés dans la tourbe,
on peut espérer que le Kola frais trouvera dans les pays civilisés,
sinon une vogue comparable à celle qu’il a dans le Soudan, au moins des
débouchés très étendus.
* * * * *
[Note 300 : M. LIURETTE raconte, dans ces termes, l’origine des
peuplades habitant la région de Beyla :
« Entre le VIIe et le XIe siècle de notre ère, la race _Sérère_ aurait
été disloquée et les _Tômas_ en seraient une fraction.
« Quant aux _Mandés_ originaires du Niger, ils vinrent au XIIIe siècle
se fixer dans le pays des Kolas. Toumané Kouroula, originaire des pays
mandingues, quitta son village vers 1320, accompagné de ses deux frères.
Ils se livrèrent pendant deux années au commerce des Kolas, puis ils
s’installèrent dans un petit village abandonné qu’ils nommèrent
Tomandougou (village Tôma), où ils appelèrent d’autres compatriotes qui
vinrent grossir le village situé sur le versant ouest de la montagne
Tourou, près de la rivière Milo. Le plus jeune des trois frères fut
envoyé par son aîné à la recherche d’une nouvelle terre et fonda le
village de Tina, situé dans le Ouorodougou et dont Kérouané est la
capitale.
« Un poste français fut installé à Kérouané en 1892 et devint chef-lieu
de ce Cercle. Le Cercle de Beyla fut créé en 1894, mais ce n’est qu’en
1898 que nos troupes, poursuivant les hordes de Samory, parvinrent sur
les confins Sud du Cercle, dans le pays produisant les Kolas. »
(LIURETTE, Archives de Beyla. _Mss._, 1908).]
[Note 301 : Ce chiffre ne comprend pas les Kolas du district de Tibati,
exportés dans l’Adamaoua.
L’Afrique équatoriale française, qui exporte une assez grande quantité
de Kolas par la Haute-Sangha, n’est pas mentionnée dans ce tableau.
D’autre part, le Togo produit moins de Kolas que ne l’indique ce
tableau.]
[Note 302 : Henry FILLOT. — La noix de Kola. _Bull. Soc. Acclim._, LIII,
1906, p. 257.]
[Note 303 : BINGER. — L. c., I, p. 313.]
[Note 304 : CHUDEAU. — Le grand commerce indigène de l’Afrique
occidentale. _Bull. Soc. Géogr. commerc._, XXXII, 1910, p. 404.]
[Note 305 : CHUDEAU. — _L. c._, p. 412.]
[Note 306 : Se nomment encore suivant les régions : Koris, Kouris,
Kourdis.]
[Note 307 : Voir MARAVAL. — _La Géographie_, XXI, 1910, 1er sem., p.
209.]
[Note 308 : Ce chiffre paraît anormal et excède les exportations
habituelles de la Guinée.]
[Note 309 : Les statistiques officielles de la Guinée, pour 1909,
accusent une importation totale de 63.663 kilog. des provenances
suivantes :
Libéria : 48.583 kilog., Sierra-Léone : 14.362 kilog. ; autres pays :
718 kilog.]
[Note 310 : D’après FAMÉCHON, les populations Baga et Mandenyi, qui
habitaient la contrée avant l’invasion soussou, avaient probablement
répandu autrefois le Kolatier dans la région et elles devaient s’adonner
à sa culture, beaucoup plus activement que ne le font aujourd’hui les
Soussous.]
[Note 311 : Ces renseignements remontent à 1906 ou 1907. La valeur du
caoutchouc sur place oscille aujourd’hui dans de larges limites, à
Kouroussa même, suivant les cours d’Europe.]
[Note 312 : Le vendeur n’apporte ordinairement que 50 à 150 noix par
marché. Il est rare qu’il en apporte 200 ou 300 à la fois ; moins
fréquemment encore il met en vente des lots de 8 à 10 kilogs.]
[Note 313 : A la fin de la saison sèche, les noix sont plus petites et
il en faut parfois jusqu’à 120 pour peser un kilog.]
[Note 314 : En 1909, les autochtones de la forêt : Tômas, Guerzés,
Manons, commençaient à accepter les pièces françaises en argent avec
lesquelles ils faisaient ensuite des achats aux dioulas.
Les Musulmans apportent aussi dans le pays des vaches et des moutons
qu’ils échangent contre des Kolas.]
[Note 315 : On a conservé, dans le Soudan Nigérien, le nom d’_oussourou_
pour désigner le droit de place que payaient les caravaniers arrivant
dans les centres importants, soit comme droit de transit, soit comme
droit de place.]
[Note 316 : En admettant que ce chiffre de 156.157 fr. 40 ait été
prélevé exclusivement sur des Kolas, ce qui est peu éloigné de la
vérité, on aurait introduit cette année-là, par Boola, 208.210 kilog. de
Kolas, soit environ 8.328 charges ou 160 charges par semaine. Le produit
le plus important après les Kolas, importé du Libéria dans la Haute-
Guinée, est l’huile de palme qui acquitte une taxe de 0 fr. 04 par
litre. Cette taxe est normale, l’huile de palme valant, dans le pays, de
0 fr. 50 à 1 franc le litre.
Nous avons le poids officiel des Kolas, entrés en Guinée par la
frontière libérienne en 1906 ; il est de 48.583 kilog. Une quantité au
moins dix fois plus élevée a dû passer en fraude.]
[Note 317 : D’après ARCEN, il n’était pas rare de trouver au marché de
Boola, il y a quelques années, 3.000 à 4.000 indigènes par marché.]
[Note 318 : Quatre grandes maisons françaises étaient installées à Beyla
en 1909. La plus ancienne, la maison Gobinet frères, y est depuis 1904.]
[Note 319 : Jusqu’à ces derniers temps, les colporteurs indigènes
(dioulas) de l’Afrique Occidentale devaient acquitter une patente de 3
fr. par charge, patente renouvelable tous les trois mois.
Pour encourager le développement du commerce indigène, le Gouvernement
général de l’A. O. F. a supprimé récemment ces patentes.]
[Note 320 : D’après M. LIURETTE, une charge complète de 30 kilog. de
noix de Kolas vendues au détail doit produire : 62 fr. à Beyla ; 110 fr.
à Kankan ; 150 fr. à Bamako ; 200 fr. à Médine ; 210 fr. à Kayes. Mais
M. LIURETTE suppose que les noix arrivent _toutes en bon état_ et se
vendent toutes au cours le plus élevé. En réalité, il n’en est jamais
ainsi.]
[Note 321 : D’après le _Journal officiel de la Côte d’Ivoire_, 15 mai
1909, p. 229.
Les chiffres donnés plus haut sont certainement très exagérés. La charge
de Kolas rendue à Séguéla vaut à peine 60 fr. Nous estimons que le prix
d’achat de la charge à Daloa doit être de 20 à 30 francs au maximum, et
beaucoup moins si les achats se font contre des sombés apportés de
Séguéla. A Daloa, un sombé vaut 0 fr. 05.]
[Note 322 : Il doit y avoir un lapsus. Le prix d’un bœuf équivaut
vraisemblablement à 2.000 à 5.000 Kolas. A Ngaoundéré, un bœuf de
moyenne taille vaut 8 à 15 thalers (pièce d’argent à l’effigie de Marie-
Thérèse, valant environ 3 francs).]
[Note 323 : P. CHARREAU. — Loc. cit., in _Mém. Soc. Sc. Cherbourg_,
XXXV, 1905-1906, p. 167.]
[Note 324 : P. CHARREAU. — Loc. cit., p. 182.]
[Note 325 : P. CHARREAU. — Loc. cit., p. 185.]
[Note 326 : Il est possible que les Kolas exportés par le nord
représentent une valeur de 80.000 livres sterling ou 2 millions de
francs, mais en les estimant à 0 fr. 25 le kilog., on arrive à un poids
de 8.000 tonnes correspondant à plus de 300.000 charges.
Ce chiffre doit être considérablement réduit. Nous ne pensons pas que
l’exportation par l’hinterland dépasse 2.000 tonnes, soit environ 70.000
charges.
La valeur des Kolas serait alors de 1 fr. le kilog. à la sortie, ce qui
correspond en effet à la réalité.]
[Note 327 : Ce chiffre correspondrait à un poids de 4.420.815 livres
anglaises ou 2.002 tonnes 629. Les noix sont donc estimées à 1 fr. le
kilog. environ.]
[Note 328 : Comte ZECH. — L. c. Voir _Revue Cult. col._, VIII, 1901, 1er
sem., p. 367.]
[Note 329 : DE ALMADA NEGREIROS. — Ile de San Thomé, Paris 1900, p. 81.]
[Note 330 : DE ALMADA NEGREIROS. — Les Colonies portugaises. Etudes
documentaires, produits d’exportation, 1907, p. 207.]
[Note 331 : Gonvan est probablement un des noms de Kong, encore désigné
par les anciens auteurs sous les noms de Gonja (BEAUFOI), Gongé
(DELISLE), Conché (DANVILLE).]
[Note 332 : CUNY. — Découvertes en Afrique, 1809, I, p. 204.]
[Note 333 : _La Géographie_, II, 1900, 2e sem., p. 9, et : Sur les
routes du Soudan. Toulouse, 1902.]
[Note 334 : Ce chiffre correspond à 300 ou 350 tonnes. Il est bien
certain que la quantité de noix de Kola importées chaque année au Haut
Sénégal et Niger est beaucoup plus considérable.]
[Note 335 : E. BAILLAUD. — L. c., p. 260.]
[Note 336 : E. BAILLAUD. — L. c., p. 240-242.]
[Note 337 : Si l’on demande à un Yarsé à quoi lui serviront les gros
rouleaux de toile qu’il emporte, il répond invariablement : « C’est pour
manger ».]
[Note 338 : MARC. — Le Pays Mossi, 1909, p. 170-175.]
[Note 339 : Pour plus de renseignements sur ces points, consulter : W.
PONTY, _Instructions à l’usage des administrateurs du Haut-Sénégal-
Niger_, Imprimerie du Gouvernement, Kayes, 1906 : p, 86, oussourou ; p.
90, marchés ; p. 83, patentes de colportage.]
[Note 340 : L’administration se montre en outre très tolérante pour la
perception de ces taxes. On estime que les 2/3 des Kolas passent sans
acquitter de droits.]
[Note 341 : En 1900, le capitaine SCAR écrivait dans un rapport
officiel : « Il importe de ne pas se presser d’établir une taxe
douanière qui détournerait un mouvement commercial qui doit logiquement
passer par le Mossi ».]
[Note 342 : Ouahigouya est le chef lieu du Yatenga, province rattachée
aussi au Mossi et en constituant la partie N.]
[Note 343 : R. CHUDEAU. — Le marché indigène de Sofara, _Ann. de
Géograph._, XIX, no 103, 15 Janv. 1910, p. 47-48.]
[Note 344 : CHUDEAU. — _Bull. Soc. géogr. commerc._, 1910, p. 407.]
[Note 345 : E. BAILLAUD. — Loc. cit., p. 138.]
[Note 346 : E. BAILLAUD. — Loc. cit., p. 241.]
[Note 347 : Ce chiffre ne concorde pas avec celui fourni par les
statistiques de Sierra-Léone qui mentionnent, pour 1907, 515 tonnes de
Kolas destinées à la Gambie.]
[Note 348 : J. MENIAUD. — _Dépêche coloniale illustrée_, IX, 15 sept.
1909, p. 217.]
[Note 349 : H. BARTH. — Voyages et découvertes, _trad. franç._, II,
1860, p. 26.]
[Note 350 : D’après HECKEL, Loc. cit., p. 67.]
CHAPITRE XIX.
* * * * *
=Amandes considérées à tort comme remplaçant les Kolas. — Substitutions
frauduleuses. — Succédanés.=
* * * * *
Dans sa monographie, E. HECKEL cite un assez grand nombre de plantes
dont les graines seraient substituées dans diverses régions aux noix de
Kola.
« Il est très probable, écrit cet auteur, si l’on s’en rapporte aux
données fournies sur les espèces connues par H. BAILLON, que les plantes
africaines, capables de donner des graines similaires de celles du vrai
Kola sont _Cola Duparquetiana_ Baillon, _Cola ficifolia_ Mast., _Cola
heterophylla_ Mast., _Cola cordifolia_ R. Br. et peut-être le _Sterculia
tomentosa_ Guil. et Perr.[351]. »
Le _Cola Duparquetiana_ Bn. qui vit au Gabon ne nous est pas connu, mais
nous savons qu’il appartient à la section _Cheirocola_. Il se rapproche
beaucoup du _Cola Trillesii_ Pierre et du _Cola dasycarpa_ Pierre,
espèces non encore décrites de l’Herbier du Muséum. Le spécimen de _Cola
Trillesii_ de cet Herbier est accompagné d’une note manuscrite du P.
TRILLES, indiquant que les fruits insérés sur le tronc sont
comestibles[352], mais il nous parait probable que c’est le tégument
seul qui peut être mangé.
Le _Cola ficifolia_ Mast., petit arbre de Fernando-Pô, appartient à la
section _Haplocola_. Il est fort douteux qu’il donne des graines
utilisables.
Le _Cola heterophylla_ (P. Beauv.) Schott et Endl. est aussi un petit
arbre assez répandu depuis la Guinée française jusqu’au Delta du Niger.
Nous avons eu fréquemment l’occasion de l’observer. Chaque follicule
renferme de 7 à 11 graines ovoïdes-polyédriques, de 20 à 26 mm. de long
sur 15 mm. à 18 mm. de large. L’amande n’est pas comestible, mais la
graine a un tégument qui comprend une couche externe, blanche-charnue,
sucrée, légèrement acidulée, que les enfants sucent parfois.
De même, la graine de _Cola cordifolia_ R. Br. (nommé _Ntaba_ au
Soudan), que nous avons eu fréquemment l’occasion d’examiner, comprend
une amande rose de 20 mm. à 25 mm. de long sur 12 mm. à 15 mm. de large,
formée de 2 (parfois 3) cotylédons, bifides dans le quart inférieur, et
d’un blanc-rosé. On ne les mange pas, mais le tégument, épais de 3 mm. à
4 mm., devient à maturité très pulpeux et très sucré et les enfants en
sont friands.
Enfin, le _Sterculia tomentosa_ Guil. et Perr., ainsi que nous avons eu
déjà l’occasion de le signaler, produit des graines tout à fait
inutilisables.
Dans ces dernières années le _Bulletin de Kew_ a appelé l’attention sur
un autre _Sterculia_, le _S. rhinopetala_ K. Schum., connu au Lagos sous
les noms de _Orodu_ et _Oro_, d’après PUNCH, et dont les graines,
d’après ZENKER[353], seraient employées en guise de Kola à Yaunde au
Cameroun. K. SCHUMANN a montré combien une telle assertion était peu
vraisemblable, mais le _Bulletin de Kew_ rappelle que les _Sterculia
fœtida_, _S. guttata_, _S. urens_ de l’Inde produisent des graines qu’on
mange rôties comme des châtaignes et le Dr HOCHREUTINER a mangé à
Buitenzorg les fruits de plusieurs _Sterculia_ vrais et les a trouvés
excellents[354]. Nous croyons pour notre part que, quand bien même les
graines de _Sterculia rhinopetala_ K. Schum. seraient comestibles (ce
qui est douteux), il est très peu vraisemblable qu’elles aient des
propriétés analogues à la noix de Kola.
E. HECKEL a appelé aussi l’attention sur diverses autres espèces de
_Cola_ du Gabon.
L’une est vraisemblablement le _Cola gabonensis_ Masters et appartient à
la section _Haplocola_. Elle est connue au Gabon sous les noms d’_Ereré_
ou d’_Orindé_ rouge[355]. Les follicules, d’un beau rouge à l’état
frais, renferment environ 6 à 8 graines ayant chacune deux cotylédons.