Dans le Nigéria du Sud, spécialement aux jardins d’Olokomeji, d’Ebute-

Metta, de Old-Calabar, un grand nombre de noix de Kola ont été

ensemencées antérieurement à 1905, mais nous ne connaissons point le

résultat des essais poursuivis.

Nous ne sommes pas beaucoup plus renseignés sur les colonies françaises.

Dans le Jardin de Camayenne, nous avons observé une cinquantaine de

Kolatiers plantés, de 1898 à 1900, par TEISSONNIER. Quelques-uns avaient

déjà fructifié à l’âge de 7 ou 8 ans en 1907. Ce qui frappe dans ce

jardin, c’est l’irrégularité de développement de Kolatiers de même âge

et croissant dans le même terrain ; à côté des arbres bien développés,

il en existe de rabougris et qui demeureront probablement constamment

stériles. Il y aurait sûrement intérêt, dans les plantations de rapport,

à remplacer, dès les premières années, les arbres qui croissent mal, par

d’autres individus enterrés à un emplacement un peu différent.

Nous avons observé au Bas-Dahomey, spécialement au Jardin d’essai de

Porto-Novo et aux stations d’essai de Sakété et de Brouadou, de nombreux

Kolatiers plantés sous la direction de SAVARIAU. Ces arbres ont pris un

développement normal, et beaucoup, à Porto-Novo, ont fleuri dès la 5me

année ; mais Noury a constaté que la plupart des plants appartenant au

_Cola nitida_ ont leurs rameaux creusés de galeries par les larves du

_Phosphorus Jansoni_, coléoptère sur lequel nous reviendrons dans un

prochain chapitre.

Les plants de l’espèce _Cola acuminata_ sont ordinairement indemnes. Il

convient de signaler les méthodes de plantation pratiquées par le

Service d’Agriculture à Sakété et à Brouadou. En ces deux localités,

existent de petits bouquets de forêts où les indigènes ont l’habitude de

cultiver le _Cola acuminata_. On a ouvert, dans la forêt, des trouées

rectilignes distantes d’une quinzaine de mètres les uns des autres ;

chaque trouée est large de 3 ou 4 mètres et la végétation spontanée a

été enlevée sur toute la largeur. Les Kolatiers ont été plantés en

lignes droites au milieu de la tranchée et avec un écart de 6 m. à 8 m.

d’un pied à l’autre. Les jeunes arbustes, âgés de 2 ans environ, étaient

en bonne voie de croissance quand nous les avons vus en janvier 1910.

Pour terminer, nous devons dire que nous avons vu à San-Thomé, à travers

les cacaoyères, des Kolatiers très beaux appartenant à l’espèce _Cola

acuminata_. Ils ne sont l’objet d’aucun soin, mais le sol volcanique de

San-Thomé est si riche et la surface de la terre est si bien entretenue

que la grande production de ces arbres ne saurait nous étonner. Les

terres noires profondes, au bord de la mer, dans les endroits bien

abrités, semblent très favorables.

Au-dessus de 700 mètres d’altitude, le Kolatier, de même que le

Cacaoyer, réussit mal dans l’île.

=IV. — CULTURE RATIONNELLE.=

Il résulte donc, de ce qui a été dit, qu’aucune plantation européenne

n’est encore suffisamment étendue et assez ancienne pour que l’on puisse

en déduire des méthodes générales concernant les procédés de culture de

cet arbre intéressant.

C’est donc d’après la manière dont se comporte l’arbre dans la forêt à

l’état spontané, en nous basant sur son mode de vie et ses affinités

botaniques, que nous allons chercher à déduire quelques principes de

culture rationnelle.

Disons de suite que les diverses espèces de _Cola_ qui nous intéressent

s’accomodent très bien des terrains où prospèrent les Cacaoyers. C’est

aussi sous le climat approprié à ce végétal qu’elles trouvent pour leur

bon développement les conditions _optima_.

Par suite, nous tiendrons compte également de l’expérience acquise dans

la culture du Cacaoyer pour formuler les conseils qui suivent.

=1o Choix des graines.=

Ce choix a une très grande importance.

Le planteur fera bien de récolter lui-même les semences sur des

Kolatiers vigoureux produisant des amandes de réelle valeur et aussi

fertiles que possible. Il ne sera jamais certain d’obtenir des arbres

réunissant les qualités des portes-graines, mais malgré tout, en

procédant ainsi, il aura de plus sérieuses possibilités d’obtenir des

Kolatiers à grand rendement que s’il se contente de semer des amandes

quelconques achetées au marché.

Sur les arbres ainsi choisis, on récoltera seulement les plus belles

cabosses, lorsqu’elles commenceront à brunir, mais, avant que les valves

commencent à s’entrouvrir si elles sont déhiscentes. On les mettra en

tas dans un endroit _ombragé, mais aéré et à l’abri de l’humidité_. On

ouvrira ces cabosses pour en retirer les graines seulement lorsqu’elles

seront parvenues à maturité très complète.

On ne retiendra pour la semence que les plus belles amandes situées au

milieu de chaque cabosse. Les noix rouges étant les plus demandées par

les caravaniers, on sèmera exclusivement celles-ci, car en faisant une

sélection en sens opposé, on risquerait d’avoir plus tard des Kolatiers

produisant avec prédominance des noix blanches.

On éliminera également les graines endommagées par le couteau en ouvrant

les cabosses ainsi que celles qui sont attaquées par les insectes.

Les noix germent facilement, qu’elles soient nues ou entourées de la

membrane blanche qui les enveloppe dans la cabosse et qui n’est autre

que le tégument de la graine. Nous conseillons de laisser cette

membranne sur les graines destinées à la semence, car elle met l’embryon

à l’abri des intempéries et des insectes aussi longtemps que la

germination n’est pas effectuée.

Dans le _Fasc. IV des Végétaux utiles_ (Chapitre VI, _Procédés de

culture du Cacaoyer à San-Thomé_), on trouvera beaucoup de

renseignements qui peuvent aussi s’appliquer aux Kolatiers.

On peut semer les noix en place. On peut aussi les placer en pépinière ;

mais, dans ce cas, il faudra les transplanter très peu de temps après

leur germination, car la jeune plante acquiert très rapidement un long

pivot et le sectionnement de ce pivot entraine presque toujours la mort

des Kolatiers.

Aussi, nous recommandons de semer les graines dans de petits paniers

tressés en feuilles de palmiers, paniers qu’on installe dans un endroit

ombragé et qu’on remplit de terre de première qualité. La

transplantation se fera en enterrant les paniers lorsque les arbustes

auront un centimètre ou deux de hauteur.

Quelle que soit la méthode adoptée, on enterrera les graines à 2 ou 3

centimètres de hauteur en les plaçant de telle sorte qu’elles soient

couchées sur le côté ou placées obliquement, les quatre lobules

cotylédonaires en bas. Le sol ainsi ensemencé sera maintenu constamment

ombragé et tenu toujours frais, sans exagérer toutefois les arrosages

qui pourraient entrainer la pourriture des noix enterrées.

La germination se fait beaucoup plus lentement que celle des graines de

Cacaoyer. On compte ordinairement qu’il faut 50 à 60 jours pour que la

tigelle commence à pointer. Nous avons même vu des noix de Kola, placées

en terre depuis 5 ou 6 mois, restées parfaitement saines et qui

n’avaient pas encore commencé à germer.

On a recommandé divers procédés pour activer la germination. Le meilleur

consiste à abandonner un lot de graines dans un endroit frais et ombragé

(par exemple dans une cave d’habitation), en les humectant de temps en

temps. Au bout de quelques semaines, les cotylédons commencent à

s’écarter et la radicule s’étale et se ramifie bientôt à

l’extérieur[260]. A ce moment, on enterre chaque noix en germination

dans un petit panier rempli de terreau, lequel sera lui-même transporté

à demeure lorsque la germination aura acquis quelques feuilles.

On peut aussi stratifier les graines dans des caisses remplies de

terreau ou de sable légèrement frais et tenu à l’ombre dans un endroit

aéré. La germination pour certaines graines s’effectue parfois au bout

de 3 ou 4 semaines, mais on nous a signalé, à Conakry, des noix

enterrées depuis 1 an 1/2 restées parfaitement saines et qui n’avaient

pas encore germé. Les cotylédons avaient seulement verdi (ce

verdissement précède toujours la germination). Au dire des indigènes,

les noix qui ont pris cette teinte sont toxiques.

=2o Choix et préparation du terrain.=

La transplantation du jeune Kolatier se fera dans un endroit à _sol

profond, riche en humus_ et planté de quelques grands arbres donnant de

l’ombrage. La forêt équatoriale, là où elle offre des terrains riches en

humus, sans eau stagnante à la saison des pluies est évidemment le genre

de station le plus favorable. A défaut de forêt, on utilisera dans la

Guinée française, dans le nord de la Côte d’Ivoire et au Bas-Dahomey les

galeries forestières longeant les rivières et les bosquets forestiers

souvent assez importants qui avoisinent certains villages.

La forêt où doit s’effectuer une plantation de Kolatiers sera en grande

partie déboisée. On abattra toutes les broussailles et essences

secondaires qui constituent le sous-bois, ainsi qu’un certain nombre

d’arbres formant le peuplement du massif, de façon à ne laisser que le

nombre strictement nécessaire pour former au sol un abri léger, tamisant

les rayons directs du soleil et donnant aux végétaux qui constituent la

plantation un ombrage approprié.

On supprimera radicalement les arbres qui ont un feuillage trop épais et

des branches trop étendues pour laisser filtrer la lumière dans la

plantation ; on éliminera aussi ceux, comme les _Eriodendron_, les

_Mussanga_, les _Ficus_, qui ont des racines puissantes et épuisent

rapidement le sol.

On conservera de préférence les arbres donnant des produits utiles. S’il

existe déjà dans la forêt des Kolatiers donnant des amandes à deux

cotylédons, on les gardera quand bien même ils détruiraient la symétrie

de la plantation. Par contre, on éliminera (au Gabon par exemple), tous

les Kolatiers des espèces à quatre ou cinq cotylédons qui pourraient

donner lieu plus tard à des mélanges de graines préjudiciables à la

vente.

On pourrait, à la rigueur, conserver les jeunes plants de cette espèce

pour les greffer plus tard, mais nous ne le conseillons pas, car au bout

de quelque temps on pourrait confondre les arbustes appartenant à la

bonne espèce avec les autres.

De même on gardera les palmiers à huile (_Elæis_), les Nsafou

(_Pachylobus edulis_), les Owala (_Pentaclethra macrophylla_), etc. Les

arbres-abris recommandés pour le cacaoyer conviennent aussi pour le

Kolatier, mais il faut les choisir de plus grande dimension, afin qu’ils

ne gênent pas le Kolatier, cette essence atteignant, comme l’on sait,

une taille double ou triple du cacaoyer.

Par suite du grand développement que prend le Kolatier, nous estimons

qu’il faut planter les sujets avec un écart de 10 à 12 mètres en tous

sens.

A l’inverse de ce qui se pratique généralement pour le cacaoyer, on ne

plantera jamais qu’une seule plante par fosse. Ces dernières auront au

moins 1 m. de dimension en largeur et en profondeur et on les remplira

de matières fertilisantes sur lesquelles nous reviendrons.

L’écartement que nous préconisons est tel qu’on ne peut planter au

maximum que 80 à 100 Kolatiers à l’hectare.

Nous devons faire remarquer que tous les agronomes ne sont pourtant pas

partisans de plantations aussi espacées.

Ainsi, d’après SAUSSINE, aux Antilles, « la plantation définitive qui a

lieu au commencement de la saison des pluies, se fait en trous carrés de

30 cm. de largeur et 50 à 60 cm. de profondeur, à 7 m. 50 les uns des

autres. La méthode est toujours la même : préparer le trou un peu avant

la plantation et le remplir de terreau bien fait. Quand on y met les

jeunes plantes, on étale les racines avec soin et on tasse la terre

légèrement. Il est également nécessaire de mettre un fort tuteur. Comme

les jeunes plants doivent pousser à l’ombre, il est nécessaire, s’il

n’existe pas déjà d’ombrage naturel, de planter des bananiers quelques

mois auparavant.

On a ainsi l’avantage d’avoir des récoltes d’attente, mais les bananiers

épuisent le sol. On les plante à 3 m. ou 3 m. 50 les uns des autres.

Dans les endroits ombragés on supprime les bananiers au centre de chaque

carré ; on les retire d’ailleurs graduellement à mesure que les arbres

poussent. »[261].

L’auteur anonyme du rapport sur le Kolatier en Guinée[262], signale bien

comment les indigènes font leurs plantations, mais il ne donne pas son

avis sur la meilleure méthode.

TEISSONNIER n’indique pas l’écart à adopter pour les plantations

définitives. Il insiste seulement sur la nécessité de semer les noix en

place ou bien de les semer en pépinière et de les transplanter très

jeunes et au début de la saison des pluies.

En Guinée française, en semant fin février, les Kolatiers lèvent dans la

deuxième quinzaine d’avril et on peut procéder à la mise en place dans

la première quinzaine de mai[263].

VUILLET donne les renseignements suivants qui concordent avec les

nôtres :

La transplantation étant très délicate, on devra semer à demeure en une

place soigneusement ameublie et amendée, sur un mètre de diamètre et de

profondeur.

« On pourra aussi le semer en pépinière ombragée et le transplanter en

grosses mottes au bout de quelques mois, avant que sa racine ait pu

prendre un développement important, dans des trous préparés dans les

mêmes conditions.

« Il demande un ombrage modéré qu’on peut lui procurer facilement en

plantant avec lui des _Albizzia Lebbeck_ et des bananiers de la façon

suivante : les Kolatiers à 10 m. en tous sens, à raison de un _Albizzia_

pour quatre Kolatiers, et les bananiers sur les lignes des Kolatiers à 1

m. 50 environ des arbres qu’ils devront protéger. Les touffes de

bananiers devront être émondées soigneusement et souvent, pour permettre

aux Kolatiers de recevoir la lumière nécessaire : ils seront arrachés

complètement dès que l’ombrage des _Albizzia Lebbeck_ dont la croissance

est rapide sera suffisant. Les bananes seront un appoint sérieux pour la

nourriture des ouvriers[264] ».

Au Togo, d’après BERNEGAU, les Kolatiers sont plantés dans la forêt dans

le but d’éviter les frais de déboisement. Cette forêt est plutôt

buissonnante ; on y trace tous les 7 m. des sortes de tranchées

parallèles de 1 m. de largeur. Dans ces tranchées, on fait tous les 7 m.

des trous dans lesquels la terre est enlevée sur 50 c. de largeur et de

profondeur. De cette façon, la plante a suffisamment d’ombre, et, au fur

et à mesure de sa croissance, on enlève d’autres arbres jusqu’à ce que

le fourré primitif soit remplacé par une forêt de Kolatiers.

L’expérience a appris qu’il vaut mieux planter les arbres à une distance

de 30 pieds[265].

Plus loin, le même auteur conseille de faire des plantations

intercalaires entre les Kolatiers et il conseille de planter parmi les

Kolatiers, du coton, des ignames, du maïs, des patates douces, des

ananas et comme arbres d’ombrage des bananiers et des papayers. M.

BERNEGAU montre qu’il n’est ni biologiste ni agronome. Il est impossible

que toutes ces plantes vivent sous l’ombrage épais du Kolatier et si on

les plante pendant la jeunesse de l’arbre, il en est comme le coton, le

sésame, les ananas, qui gêneront sa croissance.

Ce sont des cultures incompatibles.

E. DE WILDEMAN pense aussi qu’on peut faire de la culture intercalaire

avec le Kolatier, « celle du caoutchoutier _Funtumia elastica_ est

particulièrement recommandable[266] ».

Nous ne voyons pas bien l’utilité de l’association _Cola_ et _Funtumia_.

Ces deux arbres ont un port et une taille à peu près identiques. Si on

plante le _Funtumia_ entre deux plants de _Cola_ d’écartement normal, il

les gênera et pour éviter qu’il leur porte préjudice, il faudrait

écarter les _Cola_ de 20 ou 25 m.

Il n’y a, croyons-nous, aucun intérêt à procéder ainsi et mieux vaut

cultiver les Kolatiers et les _Funtumia_ sur des emplacements distincts.

WARBURG conseille l’emploi comme arbres d’ombrage des mêmes légumineuses

que pour le cacaoyer, c’est-à-dire les _Erythrina_ (Dadap ou

Immortelle), les _Inga_, les _Albizzia_[267].

On devra donc utiliser le sous-bois du Kolatier pour faire une culture,

et celle qui nous paraît la plus appropriée est la culture du Cacaoyer.

La plantation donnera ainsi deux produits qui ne se concurrenceront pas

et quand l’une des récoltes sera compromise, on pourra encore espérer

retirer de la seconde culture un rendement rémunérateur.

Dans les plantations indigènes, nous conseillerons même l’apport d’une

troisième essence utile : le palmier _Elæis_, dont le rendement en

palmistes et huile de palme est des plus appréciables. La culture en

association de ces trois plantes : _Kolatier, Elæis, Cacaoyer_, se

recommande particulièrement à la Côte d’Ivoire.

Enfin dans d’autres régions on pourrait essayer l’association :

_Kolatier, Caféier Libéria_ ou encore _Kolatier, Elæis, Caféier

Libéria_.

Le revenu du terrain sera par conséquent relativement minime, si l’on

tient compte de l’amortissement du capital indispensable pour le

déboisement préliminaire et l’établissement de la plantation. Ce que

nous disions récemment pour le Cacaoyer dans nos colonies de l’Ouest

africain est vrai aussi pour la culture qui nous occupe : pour la mise

en valeur d’un terrain vierge, il n’est pas exagéré de compter l’emploi

d’un capital de 2.000 francs par hectare, avant que ce terrain soit en

état de rapporter si la plantation est faite par une entreprise

européenne[268].

Nous insistons sur la nécessité de donner aux Kolatiers un écartement de

10 m. au moins en disposant autant que possible les trous en quinconce.

Que le semis se fasse à demeure ou qu’on effectue la transplantation au

début de l’hivernage, il faudra dans les deux cas avoir planté des

bananiers 6 mois à l’avance.

Il est également indispensable dans tous les cas de creuser des fosses

ayant au minimum un mètre de diamètre dans tous les sens. Ces fosses

seront remplies de débris végétaux de toutes sortes, de terreau

rapporté, de cabosses de Kolatiers ou de Cacaoyers ; à la partie

supérieure de la fosse, où s’étaleront d’abord les racines du jeune

arbre, on fera bien de placer du fumier de ferme si on peut s’en

procurer.

Les indigènes remplaceront cet engrais par les immondices de toutes

sortes accumulées autour des villages. Dans les pays où les noirs

pratiquent l’élevage, on leur conseillera aussi de recueillir les bouses

de vaches desséchées qui se perdent à travers la brousse.

Le choix du terrain a aussi une grande importance. On doit rechercher

les sols présentant un couvert forestier imposant qui sont profonds,

perméables et recouverts d’une épaisse couche d’humus.

=3o Soins à donner aux Kolatiers pendant leur croissance.=

Dès les débuts de la plantation, il sera nécessaire, en Guinée française

notamment, d’arroser les Kolatiers pendant la saison sèche au moins une

fois par semaine. Si on dispose d’une rivière voisine, un filet d’eau

amené à travers la plantation serait de la plus grande utilité.

On doit supprimer les troncs des bananiers à mesure qu’ils deviennent

gênants. Lorsqu’il aura une certaine taille, le Kolatier parviendra du

reste à les éliminer lui-même.

On fera sarcler deux fois par an le terrain de la plantation et les

débris végétaux provenant de cette opération seront accumulés aux pieds

des jeunes arbres.

A partir de 5 ou 6 ans, le Kolatier ne demande presque plus de soins.

Nous sommes toutefois convaincus qu’en bêchant la terre une fois par an

autour de l’arbre sur un rayon de un mètre et en accumulant, autour, des

brindilles de bois qui facilitent l’aération du sol, on n’aura pas à le

regretter.

On aura soin de supprimer les épiphytes, les lianes qui pourraient

s’étaler sur l’arbre, enfin les _Loranthus_ et les _Balais de sorcières_

qui apparaissent fréquemment sur les rameaux du Kolatier et dont il sera

question plus loin.

Il est enfin deux opérations culturales sur lesquelles nous ne possédons

encore aucune donnée et qui pourraient cependant avoir la plus haute

importance pour accroître le rendement en fruits et la dimension des

noix.

Nous voulons parler de la taille et du greffage.

On ne doit pas hésiter à supprimer les gourmands qui se développent sur

le tronc ou au pied de l’arbre.

On ne peut pas songer à tailler le Kolatier lorsqu’il est adulte, mais

quand il est jeune on peut fort bien diriger la formation de sa

ramification pour l’empêcher de s’élever trop haut ou pour l’amener à

avoir les branches principales suffisamment écartées les unes des

autres, afin que la lumière tamisée vienne baigner les petites branches

médiocrement feuillées situées en dedans de la voûte formée par les

rameaux terminaux. On sait que c’est sur ces branches enfouies dans

l’épaisseur des ramifications que se développent presque toujours les

fruits, souvent très loin les uns des autres.

=4o Problèmes à résoudre. — Rôle des Jardins d’essai.=

Nous montrerons, dans le prochain chapitre, qu’il n’est pas possible,

dans l’état actuel, à une entreprise européenne de trouver des bénéfices

dans la culture exclusive du Kolatier. Cet arbre n’ayant jamais été

soumis à une culture attentive et intensive ne produit qu’à un âge

avancé et d’une manière irrégulière. Aussi, les Jardins d’essais situés

dans la zône où prospère le Kolatier devraient-ils se mettre sans retard

à l’étude des problèmes nombreux de la solution desquels dépend le

perfectionnement de la culture du Kolatier, perfectionnement qui

permettra peut-être d’en faire un jour une culture rémunératrice pour

des Européens et dont les indigènes, en tout cas, tireront toujours

profit. Au milieu des milliers de Kolatiers existant dans les

plantations indigènes, on observe parfois quelques individus que

l’indigène ne songe pas à sélectionner, mais qui présentent des qualités

spéciales. Certains pieds produisent des noix beaucoup plus grosses ou

sont plus fertiles, ou mûrissent leurs fruits à des époques plus

favorables à la vente. Il en est qui donnent des noix plus recherchées

des indigènes par le goût ou par la couleur ou encore qui contiennent

plus de caféine. Il en existe aussi dont les noix ne sont presque jamais

attaquées par le ver du Kola, alors que d’autres ont leurs graines

envahies sur l’arbre même. Enfin, ainsi que nous l’avons vu, certains

pieds produisent quelques fruits dès la cinquième année, alors que

d’autres restent stériles jusqu’à la 25me année. Il est très

vraisemblable que toutes les bonnes sortes pourraient être multipliées

par la greffe, le bouturage ou le marcottage et elles conserveraient

ainsi, au moins en partie, les avantages acquis. Mais la greffe, le

bouturage et le marcottage sont-elles des opérations pratiques pour le

Kolatier ? Dans quelles conditions peut-on faire ces opérations pour

réussir ? Personne ne peut encore répondre à ces questions.

Par des sélections de graines bien choisies sur les arbres bons

producteurs, par des hybridations artificielles faites avec méthode, on

pourrait aussi sans doute améliorer le Kolatier, mais dans cette voie

rien encore n’a été tenté.

Qui peut dire aussi de quelle manière il faut tailler le Kolatier, à

quel âge il faut pratiquer cette opération, et si même elle est toujours

utile ?

Nous ignorons enfin s’il faut pratiquer la fumure du précieux arbre et,

dans ce cas, les sortes et les proportions d’engrais qui conviennent.

Des expériences de longue haleine, méthodiquement conduites, peuvent

seules résoudre tous ces problèmes. C’est le rôle des Jardins d’essais

de les entreprendre.

* * * * *

[Note 245 : Article traduit en français : O. WARBURG. — La culture du

Kolatier, _Rev. Cult. col._, VI, 1900, 1er sem., p. 270.]

[Note 246 : Rapport. _Agr. Pays Chauds_, 1907, 1er sem., p. 405.]

[Note 247 : _Ibid._, p. 406.]

[Note 248 : _Ibid._, p. 407.]

[Note 249 : Appartenant probablement à l’espèce _R. sudanica_ A. Chev.]

[Note 250 : L’abondance des _Raphia_ devrait alors amener le pullulement

des _Sciurus_ qui finiraient par attaquer les Kolas. Il est plus

probable que le _Raphia_ est cultivé pour le vin de palme qu’il fournit,

ainsi que pour les rachis de ses feuilles utilisés pour faire la

charpente des toitures de cases.]

[Note 251 : SAVARIAU. — Le Kolatier au Dahomey. _Agr. Pays Chauds_,

1906, 2me sem., p. 211.]

[Note 252 : ZECH. — _Rev. cult. col._, VIII, 1901, 1er sem., p. 367.]

Les kolatiers & les noix de kola · 第 25 / 40 段