de la caféine est le phénomène qui attire le plus l’attention et qui a
été le plus étudié. Il semble qu’à l’heure actuelle le mécanisme de
l’augmentation du travail produit soit parfaitement élucidé. Les
dernières recherches de JOTEYKO sur la fatigue musculaire au moyen des
courbes ergographiques chez l’homme, montrent que l’action nerveuse est
surtout à considérer et qu’à doses modérées, physiologiques, l’action de
la caféine sur le muscle se limite à une simple augmentation de
l’énergie des contractions. Elle a surtout pour résultat de mettre les
muscles dans des conditions meilleures pour, sous l’influence du système
nerveux stimulé, passer facilement et rapidement de l’état de repos à
l’état d’activité. Elle permet, en outre, d’obtenir un rendement
meilleur, l’amélioration de la circulation locale du muscle en travail
favorisant à la fois une consommation plus considérable d’hydrocarbonés
et un enlèvement également plus rapide des matériaux de déchets,
produits de cette combustion.
Si, au point de vue pratique, l’action nerveuse est surtout importante à
envisager, il n’en est pas moins vrai que la caféine possède réellement
une électivité musculaire très nette se traduisant par action locale par
les modifications histologiques de la fibre lisse ou striée et par les
phénomènes de rigidité et de contracture qui apparaissent sous
l’influence des doses fortes et qui, comme l’ont démontré PASCHKIS et
PAL constituent la caractéristique pharmacodynamique du noyau xanthique.
_Action de la caféine sur l’appareil circulatoire._ — L’action exercée
par la caféine sur la circulation n’est que la conséquence de ses
actions toni-nervine et musculaire. Elle se rapproche de celle de la
digitaline à l’intensité près, déterminant, à doses thérapeutiques : du
ralentissement du poids et de l’augmentation de l’énergie de contraction
cardiaque et une augmentation de la tension sanguine ; à doses fortes et
toxiques, au contraire, de l’accélération et de l’affaiblissement des
contractions cardiaques, de l’arythemie, de la chute de la tension
sanguine et finalement l’arrêt systolique brusque par contracture
myocardique.
La caféine exerce à la fois une action excitante tonique sur le myocarde
et les appareils d’innervation centrale et périphérique du cœur,
prédominante surtout sur les appareils accélérateurs et à dose forte sur
les ganglions cardiaques.
Les vaso-moteurs sont diversement influencés par la caféine suivant les
organes considérés et les doses employées. G. SÉE avait montré que des
doses thérapeutiques déterminent de la vaso-dilatation des vaisseaux du
cerveau ; PLUMIER constate le même phénomène pour les vaisseaux du rein,
mais l’effet inverse se produit pour la circulation périphérique
générale et la caféine détermine au contraire, sauf à doses toxiques, de
la vaso-constriction des vaisseaux des membres.
L’action excito-sécrétoire de la caféine est essentiellement variable
suivant les individus. Son action diurétique provient certainement,
comme l’ont montré G. SÉE, SCHMIEDEBERG et ANTEN, de l’action directe de
la caféine sur les épithéliums des canalicules urinaires lors de son
élimination à l’état de monométhylxanthine par cette voie, mais elle est
favorisée également par l’augmentation de vitesse du sang et la vaso-
dilatation qui se produit dans cet organe.
_Action de la caféine sur l’appareil respiratoire._ — Les phénomènes
sont parallèles à ceux observés sur la circulation. Des doses
thérapeutiques de caféine déterminent du ralentissement et de la
régularisation des mouvements respiratoires dus surtout à l’action
bulbaire de la caféine. Cette influence est surtout nette sous
l’influence du travail, ou, comme l’avaient montré G. SÉE, LAPICQUE,
PARIZOT, l’essouflement ne se produit pas ou se produit plus tardivement
par suite de l’amélioration de l’hématose sous l’influence de
l’augmentation de la vitesse, du courant sanguin et de l’élévation de la
pression sanguine.
_Action de la caféine sur les échanges nutritifs._ — Depuis longtemps on
a reconnu que la caféine modifiait les échanges organiques, mais par
suite de la diversité des conditions expérimentales et des doses
employées, quelques pharmacologues se sont mépris sur le sens de cette
action et ont voulu la considérer comme un _aliment d’épargne_,
comprenant par là qu’elle avait le pouvoir de suppléer à une
alimentation insuffisante en modérant les dépenses organiques. Ils
avaient cru que, tout en possédant la propriété de stimuler l’organisme
et de faciliter le travail nerveux et musculaire, elle réduisait les
échanges nutritifs au point d’empêcher les effets fâcheux du jeûne.
Cette contradiction si choquante avec les propriétés générales de la
caféine est à l’heure actuelle absolument abandonnée et l’on a reconnu,
au contraire, que si la caféine permet d’exécuter un travail plus
considérable et plus prolongé, augmentant la résistance à la fatigue,
c’est qu’elle permet à l’organisme de brûler plus facilement ses
réserves hydrocarbonées, économisant en partie ses albuminoïdes lorsque
l’individu est suffisamment alimenté. Dans le cas contraire, lorsque
l’albumine doit être consommée, elle lui permet encore de brûler ses
albuminoïdes de réserve et même tissulaires ; mais, dans ce dernier cas,
l’amaigrissement est rapide et la période de déchéance organique se
manifeste avec une intensité beaucoup plus grande qu’à l’état normal.
Loin d’être un aliment d’épargne, c’est donc un médicament qui facilite
la désassimilation.
Les expériences très précises de RIBAUT ont, en effet, montré que, sous
l’influence de doses faibles, il se produit toujours une augmentation
dans la production de chaleur.
Lorsque l’organisme ne doit pas faire face à ses dépenses uniquement au
moyen des albuminoïdes de ses tissus, la caféine abaisse le chiffre de
l’urée ; à doses fortes, elle l’augmente, au contraire. L’équilibre
azoté normal peut être rompu par la caféine et la durée de la période
d’établissement peut être modifié par elle ; le besoin absolu de
destruction de l’albumine à l’état normal peut être diminué.
Les pertes en hydrates de carbone sont plus élevées et les pertes en
graisses plus faibles. Ces faits expliquent l’augmentation de la
production d’acide carbonique exhalé.
En ce qui concerne les éléments minéraux : l’excrétion du phosphore est
augmenté par de fortes doses et diminué par des doses faibles ; la
quantité de chlorure diminué est généralement moindre[232].
Il faut donc se souvenir que, dans aucun cas, les caféiques ne réparent
les pertes de l’organisme ; ils permettent seulement l’utilisation de
réserves, lorsqu’on les emploie en temps voulu ; ils conservent
l’aptitude à la réintégration et à la reconstitution rapide des
réserves, mais cela à une condition indispensable, c’est que l’individu
soit suffisamment alimenté, car, dans l’hypothèse contraire, loin de
reconstituer ses réserves et de permettre de faire face à un travail
déterminé, la caféine amènera, après une phase d’énergie factice, une
véritable incapacité de travail, une impotence générale du sujet et en
même temps une véritable combustion de l’organisme. L’individu, non
alimenté, se consume, sous l’influence de la caféine, beaucoup plus
rapidement qu’il ne le ferait dans le cas d’inanition simple.
*
* *
Mais les recherches de GORIS ont montré que la caféine dans les noix
fraîches existait à l’état de combinaison avec des corps du groupe des
tanins et il a pu isoler deux de ces derniers, la Kolatine et la
Kolatéine, tous deux se rapprochant des Catéchines. Il était donc utile
de savoir si ces substances étaient douées d’une action
pharmacodynamique propre et l’étude en a été faite par l’auteur en
collaboration avec le Dr J. CHEVALIER au moins pour l’un des deux, la
kolatine.
Le deuxième, isolé à l’état cristallisé, il y a quelques semaines à
peine, n’a pas été encore soumis à cette série d’investigations ; il
nous est donc impossible de rien préjuger, mais nous retiendrons
toutefois ce qui a été publié au sujet de la kolatine.
_Action physiologique de la Kolatine_[233]. — La kolatine est un corps
peu toxique, et elle peut être injectée par voie intraveineuse, à la
dose de 1 gr. par kilogr. d’animal, sans déterminer d’accidents graves.
Contrairement à la caféine, son action est nulle sur la contractilité
musculaire, et la courbe de contraction n’est modifiée ni dans sa forme,
ni dans sa grandeur, sous l’influence de doses même fortes, susceptibles
de déterminer tardivement la mort de l’animal (injection de 0.02 gr. à
une grenouille de 20 gr.).
[Illustration : FIG. 37 _bis_. — Grenouille 20 gr. Injection de 0,01 gr.
de kolatine sous la peau de la cuisse. Arrêt du cœur au bout de 17
heures. Cardiographe Verdin-Vibert.]
Chez les animaux à sang froid (grenouille), l’injection de la kolatine
dans les sacs lymphatiques dorsaux (0,01 gr. pour un animal de 15 gr.)
détermine rapidement une augmentation de l’énergie systolique et une
légère accélération des mouvements cardiaques ; puis, au bout de peu de
temps, l’énergie des contractions cardiaques augmente encore, mais leur
nombre diminue, la diastole se faisant d’ailleurs plus lente.
Ultérieurement surviennent des pauses diastoliques de plus en plus
prolongées et le cœur finit par s’arrêter sans avoir présenté
d’irrégularités de rythme, la systole s’effectuant avec une énergie
considérable jusqu’à la fin.
Le cœur s’arrête en diastole, il est encore excitable, comme du reste
les autres muscles, mais, par contre, les nerfs sont complètement
paralysés et ne répondent plus aux excitations électriques.
[Illustration : FIG. 38. — Chien 5 kg. chloralosé. Pression fémorale
avec le Kymographion de Ludwig. Injection intraveineuse d’une solution
de kolatine dans le sérum physiologique à 37°, 5 gr. de kolatine à
intervalle de 40 minutes. Survie du chien.]
Chez les animaux à sang chaud, l’injection intraveineuse de la kolatine
détermine un léger ralentissement des contractions cardiaques, une
augmentation de leur énergie et une légère augmentation de la pression
sanguine. Ces divers phénomènes persistent plus ou moins longtemps
suivant la dose injectée et, sous l’influence de fortes doses (0,60 gr.
à 0,70 gr. par kilogramme d’animal), on voit se produire une chute
progressive de la pression sanguine ; le ralentissement des contractions
cardiaques s’accentue encore à cette période, mais l’énergie cardiaque
reste encore supérieure à la normale.
Il est important de remarquer l’espèce d’antagonisme partiel qui existe
entre l’action de la caféine et celle de la kolatine, aussi bien sur les
muscles que sur le système nerveux central, antagonisme probablement
susceptible d’empêcher l’action contracturante des fortes doses de
caféine sur les muscles et, en particulier, sur le myocarde, qui
constitue l’une des principales contre-indications de son emploi en
thérapeutique.
Cette étude montre donc que les composés taniques existant dans la noix
de Kola fraîche jouissent d’une activité physiologique réelle et
spéciale dont on n’a pas toujours assez tenu compte. Elle apporte aux
auteurs qui préconisent l’emploi de la noix fraîche, un précieux appoint
en faveur de leur manière de voir.
L’usage qu’en font les nègres qui méprisent la noix sèche est donc tout
à fait rationnel au point de vue scientifique.
Ajoutons, pour terminer que MM. J. CHEVALIER et ALQUIER[234] se sont
occupés de l’action du Kola frais sur le travail et leurs expériences
paraissent probantes.
« Des observations empiriques, écrivent ces auteurs, avaient permis de
constater que, chez le cheval à l’entraînement, on pouvait sous
l’influence de la noix de Kola fraîche augmenter sensiblement le
rendement de l’animal et obtenir à la fois une accélération de la
vitesse et une augmentation de la résistance à la fatigue et à
l’essoufflement. Nous avons repris ces essais et pu constater que, sous
l’influence de 100 à 200 gr. de farine de noix de Kola fraîche (préparée
par le procédé de VIGNE et CHEVROTTIER) soit seule, soit additionnée
d’une certaine quantité de sucre, on obtenait une accélération de la
vitesse et par conséquent une augmentation du travail fourni dans
l’unité de temps sans voir se produire une augmentation proportionnelle
des mouvements respiratoires et des battements cardiaques :
« Chez un cheval nivernais, demi-sang, bon trotteur, attelé, à l’état
normal, on note au repos par minute 37 pulsations, 10 respirations et
une température de 37°,8. Après une course de 4 km. en 13 minutes (soit
333 m. à la minute, 20 km. à l’heure), on note à l’arrivée 87
pulsations, 52 respirations et une température de 39°,2 ; 5 minutes
après, 70 pulsations et 40 respirations.
« Deux jours après, le même parcours fut effectué après addition de 150
gr. de farine de Kola à sa ration alimentaire. Les 4 km. furent couverts
en 11 minutes (soit 360 m. à la minute, 21 km. 500 à l’heure). On note à
l’arrivée 80 pulsations, 46 respirations et une température de 39°,4 ; 5
minutes après, 60 pulsations, 35 respirations. Voulant nous rendre
compte nettement de l’augmentation du travail et des conditions dans
lesquelles elle s’obtient sous l’influence de cet aliment, nous avons
opéré sur des chevaux de trait léger, notablement déprimés, qui
exécutaient régulièrement, tous les jours, un travail auxquels ils
étaient habitués de longue date. Ils traînaient une certaine charge, au
trot, sans que le conducteur intervint pour exciter leur allure,
toujours sur la même piste, et pendant exactement 16 km. 500, avec un
arrêt de 3 heures environ à la moitié du parcours.
« Ils reçurent durant les essais un mélange alimentaire homogène dont
ils consommaient ce qu’ils voulaient et auquel on ajouta à certaines
périodes par 24 heures tantôt 100 gr., tantôt 200 gr. de farine de noix
de Kola fraîche (2,57 pour 100 de caféine, 48,20 pour 100 d’amidon et de
glucose). Ces doses distribuées par moitié au cours de chacun des repas
précédant les deux séances quotidiennes de travail ont toujours été
intégralement absorbées.
Ces expériences amènent MM. J. CHEVALIER et ALQUIER à formuler les
conclusions suivantes :
« Sous la seule influence de la noix de Kola fraîche, le travail produit
dans l’unité de temps par le cheval, fatigué ou non, augmente, mais ce
surcroît de travail se produit aux dépens des réserves de l’organisme
(abaissement du poids vif et perte de poids plus élevée pendant le
travail lors du régime à la Kola). Cet aliment n’a aucune influence sur
la diminution classique d’appétit des organismes fatigués chez lesquels
l’apport alimentaire pris volontairement couvre rarement les dépenses
nécessitées par le travail produit ; par contre, il augmente la tonicité
intestinale. Les moteurs animés soumis au régime du kola travaillent en
outre d’une façon moins économique. Chez eux, l’accomplissement d’un
travail déterminé s’accompagne d’une plus forte production de chaleur et
d’une augmentation de l’évaporation d’eau cutanée et pulmonaire
(accroissement de la quantité d’eau de boisson) ; par conséquent,
l’énergie disponible de la ration alimentaire se transforme en travail
mécanique utile dans une plus faible proportion, et, pour obtenir des
résultats réellement utiles, la noix de Kola fraîche ne doit être
employée que sur les sujets ingérant une ration appropriée et
proportionnée au travail qu’ils effectuent et seulement pendant les
périodes courtes de travail forcé ».
« De tous les caféiques, dit le Prof. POUCHET[235], celui qui
justifierait le mieux l’appellation d’_antidéperditeur_, c’est la _Noix
de Kola fraîche_. Sa composition chimique nous montre qu’elle renferme
plus de la moitié de son poids de matériaux nutritifs, dont la valeur
est d’autant moins négligeable qu’ils sont associés à la caféine et à la
théobromine. Chez les indigènes, la noix de Kola est regardée comme un
vivre de réserve, un excitant de la marche et un aliment permettant de
résister à la fatigue. Les graines fraîches mâchées préservent de la
faim et de la soif. On peut, grâce à leur emploi, utiliser les eaux
saumâtres pour la boisson. Elles permettent, sous l’influence de
l’alimentation et du repos, une prompte et facile réparation de
l’organisme ; de plus, tandis qu’un individu, à jeun depuis un certain
temps ne peut ingérer sans inconvénient qu’une faible quantité de
matières alimentaires, un sujet qui aura fait usage de noix de Kola
fraîches pendant la durée de son jeûne, pourra ingérer d’énormes
quantités d’aliments sans éprouver la moindre gêne.
« Les expériences de HECKEL, R. DUBOIS et MARIE, de FÉRÉ, ont de plus
montré que le travail, sous l’influence du rouge de Kola et _bien plus
encore sous l’influence de la noix fraîche_, était augmenté dans une
proportion beaucoup plus considérable et d’une manière plus durable que
sous l’influence de la caféine seule, le dédoublement lent du tanno-
glucoside maintenant plus longtemps l’organisme sous l’influence de la
caféïne.
« On constate également, avec la noix de Kola fraîche, que l’action
excitante commence à se faire sentir plus rapidement qu’avec les autres
préparations de caféïques. _En définitive_, au point de vue pratique,
_c’est le caféique de choix_ ».
Sous la réserve d’une interprétation une peu différente en ce qui
concerne la composition chimique mieux connue aujourd’hui, nous ne
saurions mieux faire, en matière de conclusion, que de souscrire
entièrement aux déductions du savant professeur de la Faculté de
Médecine de Paris.
Il en résulte que, si l’on veut obtenir la véritable action du Kola,
l’on devrait voir disparaître à jamais ou tout au moins restreindre de
plus en plus toutes les préparations à base de noix sèches. La
thérapeutique ne devrait employer que les noix fraîches ou les remplacer
par des noix fraîches stérilisées à l’aide des procédés antérieurement
indiqués, puis séchées ensuite convenablement. La preuve semble faite
par les études entreprises sur les Kolas frais stérilisés que ceux-ci
conservent à peu près intégralement les propriétés des noix fraîches.
* * * * *
[Note 218 : BINGER. — Loc. cit.]
[Note 219 : MONNET. — De la Kola, étude physiologique et thérapeutique.
_Thèse Fac. Méd._, Paris, 1885.]
[Note 220 : PARISOT. — Etude de la Caféine sur les fonctions motrices.
_Th. Fac. méd._, Paris, 1890.]
[Note 221 : DUJARDIN-BEAUMETZ, dans sa _Leçon d’introduction_ de 1886,
passant en revue les médicaments caféiques, signale plus spécialement le
Kola, qui renfermant de la caféine et de la théobromine, lui paraît
présenter de réels avantages. Ses essais ont été faits avec des _noix
fraîches_ envoyées de Dakar par le Dr GUILLET. C’est la première mention
médicale de l’emploi du Kola frais qui soit à notre connaissance.]
[Note 222 : E. HECKEL. — Sur l’action du Kola à propos des effets de la
caféine. _Bull. gen. thérap._, 1890, CXVIII, p. 345. — Expériences
comparatives concernant l’action du Kola et de la caféine sur la fatigue
et l’essouflement déterminé par les grandes marches. _Marseille
médical_, 1890. — Voir aussi les communications à l’Ac. de Médecine,
séances des 8 et 22 avril 1890.]
[Note 223 : R. DUBOIS. — Action physiologique comparée de la caféine, du
Kola et du _rouge de Kola_ sur la contraction musculaire. _Ass. Fr. pour
Av. Sc._, Marseille, 1891.]
[Note 224 : MONNAVON et PERROUD. — Nouvelles expériences comparatives
entre la caféine, la poudre, le rouge et l’extrait complet de Kola.
_Lyon médical_, 1891.]
[Note 225 : MARIE. — Etude expérimentale comparée du rouge de Kola, de
la caféine et de la poudre de Kola sur la contraction musculaire. _Th.
Fac. Méd._, Lyon, 1892.]
[Note 226 : KOTLAR. — L’action physiologique de la noix de Kola. _Th.
Université, Saint-Pétersbourg_, 1891.]
[Note 227 : P. RODET. — De l’action comparée du Kola et de la caféine.
_Soc. méd. pr._, Paris, 1891, pp. 468-478.]
[Note 228 : G. WALTER BARR. — The physiological action of Kola. _Ther.
Gazette_, 1896, XX, p. 221.]
[Note 229 : En réalité, l’influx nerveux moteur volontaire part du
cerveau avec une plus grande énergie et exerce son action maximum sur
les centres moteurs médullaires plus excitables.]
[Note 230 : Les travaux récents semblent démontrer qu’il y a non
seulement une augmentation de résistance à la fatigue, mais également
une augmentation du travail produit dans l’unité de temps, ce qui n’est
pas tout à fait d’accord avec cette affirmation de W. BARR.]
[Note 231 : Cela n’a rien d’étonnant étant donné que les phénomènes
toxiques déterminés par la noix de Kola se traduisent surtout par de la
paralysie bulbo-médullaire.]
[Note 232 : POUCHET. — Précis de pharmacologie et de matière médicale,
Paris, 1907.]
[Note 233 : J. CHEVALIER et A. GORIS. — Action pharmacologique de la
Kolatine. _C. R. Ac. Sc._, 1907, CXLV, p. 354 et _Bull. Sc. pharmacol._,
1907, XIV, p. 645.]
[Note 234 : J. CHEVALIER et ALQUIER. — Action de la noix de Kola fraîche
sur le travail. _C. R. Ac. Sc._, 13 janvier 1908.]
[Note 235 : _Loc. cit._, p. 389.]
CHAPITRE XIII.
* * * * *
=Usages du Kola. — Formes pharmaceutiques.=
* * * * *
Connaissant maintenant quels effets physiologiques produit la noix de
Kola sur l’organisme ; il reste à passer en revue les emplois de la
drogue dans l’alimentation et la thérapeutique soit chez l’homme, soit
chez les animaux.
Walter BARR, à la suite de son remarquable exposé clinique, n’a pas
négligé d’émettre son opinion sur l’usage thérapeutique qu’on en peut
faire.
Ce n’est pas seulement, dit-il, un tonique musculaire ; le Kola peut
rendre des services dans de nombreux cas pathologiques. D’abord chez les
alcooliques, employé à dose normale, il fait disparaître les signes et
les symptômes de l’intoxication, et cela plus vite que tous les autres
agents préconisés jusqu’alors.
Dans la dipsomanie (satisfaction d’une sensation anormale de soif), il
agit utilement par la sensation de bien-être qu’il procure, et aussi par
son action bienfaisante sur le pouvoir digestif.
Contre l’abus du tabac, il sera prescrit avec chances de succès, grâce à
l’euphorie qui suit son ingestion et qui facilite au patient la perte de
sa fâcheuse habitude.
Les crises, dans certains cas de folie, sont vaincues par
l’administration du Kola à haute dose qui paralyse les réflexes, mais
c’est surtout son action tonique sur le système nerveux qui fait dans ce
cas, la grande valeur de ce médicament.
On en fera également usage avec succès dans le traitement de la
mélancolie, de la neurasthénie, contre les névralgies, pour combattre
les insomnies, en ayant soin de ne pas atteindre la dose qui produit le
sommeil comateux dont il a été question dans le chapitre précédent.
Pendant la convalescence de maladies aiguës, l’emploi de la noix de Kola
est de réelle valeur, à doses convenables et surtout si on l’associe à
la strychnine.
Dans la grippe, administrée avec précaution et en observant la
sensibilité du sujet à ce médicament, elle combat utilement la sensation
de faiblesse qui est un des symptômes constants de la maladie.
Dans les cas de dyspepsie atonique, c’est, dit cet auteur, « la
meilleure drogue simple que l’on possède actuellement : elle accroît la
sécrétion et les mouvements péristaltiques, elle relâche l’intestin,
fortifie la couche nerveuse de l’appareil digestif ; bref, c’est un
médicament parfait ».
Quand elle est bien administrée, la noix de Kola produit des effets des
plus heureux dans les cas de fatigue nerveuse profonde issue du
surmenage. Prise à petites doses pendant une ou deux semaines, elle fait
disparaître, avec tout symptôme nerveux, l’insomnie et l’irritabilité
auxquelles fait place une réelle sensation de bien-être en même temps
que l’aptitude au travail redevient normale, mais un léger excès ferait
du mal, et l’auteur conseille encore l’emploi simultané de la noix
vomique ou de la strychnine.
Le savant américain ajoute à cette liste quelques cas dans lesquels
l’administration du Kola peut être conseillée avec chances de succès :
dans l’état asthénique de la pneumonie, contre certaines diarrhées ou
troubles digestifs et termine par quelques considérations sur l’usage
qui en est fait abusivement de temps à autre ou tout au moins
inconsidérément par les individus faisant profession de l’exercice de
sports athlétiques ; il rappelle que si l’usage bien compris du Kola
permet incontestablement un effort physique plus considérable, il ne
faut pas oublier que, pris inconsidérément, il peut en découler des
résultats inverses désastreux.