rouges et de noix blanches sur les mêmes arbres et souvent dans les
mêmes follicules _chez la majorité des Kolatiers spontanés_ ou
_cultivés_ en Afrique occidentale, ainsi que l’hérédité constante de ce
caractère, mais nous n’avons pu trouver encore aucune explication de
cette curieuse particularité dont nous ne connaissons pas d’analogue
dans le règne végétal.
C’est cette considération qui nous a amené à diviser le _Cola nitida_ en
4 sous-espèces, se différenciant par des caractères minimes ; mais,
d’après les indigènes, ces caractères seraient constants et
héréditaires.
Une des sous-espèces, le _Cola pallida_, se différencie par des
caractères autres que la coloration des noix, mais les autres, _Cola
rubra_, _C. alba_, _C. mixta_, ne présentent pas de différence en dehors
de la coloration des noix ou des fleurs.
Ces Kolatiers peuvent se grouper, ainsi que nous l’avons déjà dit, de la
manière suivante :
1o Kolatiers produisant exclusivement des noix rouges : _C. rubra_,
(rares, sauf dans le pays Achanti) ;
2o Kolatiers produisant exclusivement des noix blanches : _C. alba_
(très rares) ;
3o Kolatiers produisant des fruits dont les uns renferment seulement des
noix rouges et les autres exclusivement des noix blanches, ou arbres
produisant des follicules dans lesquelles les noix rouges et les noix
blanches sont en mélange : _C. mixta_. Les Kolatiers de cette 3e
catégorie forment les 99 % des plantations.
Toujours les noix sont rouges, blanches ou rosées ; on trouve très
accidentellement des embryons ayant une coloration moitié rouge et
moitié blanche ou des marbrures des deux couleurs.
Nous avions pensé tout d’abord que les noix blanches étaient simplement
un _lusus_, un de ces cas d’albinisme qui sont si fréquents dans la
nature et qui ne sont ordinairement pas héréditaires. Mais comme les
noix blanches se reproduisent tous les ans chez les mêmes arbres et en
assez grande proportion, dans plusieurs régions à la fois, nous avons
cherché une autre explication.
On peut d’abord supposer que les deux sortes de graines sont destinées à
produire des arbres ayant des rôles physiologiques différents à remplir
au point de vue de la conservation de l’espèce : les unes, par exemple,
seraient destinées à la production du pollen fécond et les autres
destinées à produire plus particulièrement des arbres à fleurs femelles.
HUGO DE VRIES a cité des cas de différenciation sexuelle de ce genre.
Ce serait un cas de dimorphisme sexuel où les sexes pourraient se
différencier dès l’embryon qui aurait une coloration différente suivant
qu’il serait destiné à produire l’un ou l’autre sexe.
On peut aussi supposer que les Kolatiers produisant des noix blanches et
des noix rouges, sont des descendants de lignées d’origine hybride. On
ne connaît pas à l’état sauvage des Kolatiers à noix blanches, mais rien
ne s’oppose à ce qu’il en existe ou à ce qu’il en ait existé. Il a donc
pu se produire dans la nature ou dans les plantations des croisements
entre ces deux races.
Le _Cola mixta_ serait le résultat de cette hybridation et sa propriété
curieuse de produire des noix rouges (dans la proportion moyenne de 66 à
75 %) ainsi que des noix blanches et parfois aussi quelques noix de
teinte intermédiaire, l’aurait fait multiplier par les indigènes, à
l’exclusion des parents dont il serait issu.
Mais si ce _Cola_ a vraiment une origine hybride, on devrait, suivant la
loi de MENDEL, observer constamment dans les générations successives, le
retour partiel à l’un et l’autre des parents.
Si la loi de MENDEL était applicable aux Kolatiers, les choses devraient
se passer de la manière suivante :
La coloration rouge des noix étant sans aucun doute le _caractère
dominant_ par rapport à la coloration blanche, c’est ce caractère qui
persisterait au premier croisement, celui de l’autre sous-espèce serait
masqué ou _latent_. La première fécondation croisée donnerait donc
exclusivement des noix rouges. Dès la deuxième génération, suivant la
loi de MENDEL, notre hybride devrait fournir :
1o 1/4 de noix blanches qui, ensemencées, donneraient des Kolatiers
produisant ainsi que tous leurs descendants, exclusivement des noix
blanches.
2o environ 3/4 de noix rouges. Si on ensemence ces noix rouges et si on
empêche toute fécondation croisée, on devrait constater que les arbres
qui en proviendront renferment aussi 25 % d’arbres fournissant ainsi que
leurs descendants, exclusivement des noix rouges et 50 % conservant leur
nature hybride, c’est-à-dire produisant 1/4 de noix blanches et 3/4 de
noix rouges.
Ces proportions se répètent pendant les générations successives, de
sorte qu’après un certain nombre de générations la plupart des lignées
seraient retournées à l’un ou à l’autre parent, si bien que les
Kolatiers à noix rouges et les Kolatiers à noix blanches seraient en
très grande prédominance par rapport aux Kolatiers produisant à la fois
des noix rouges et des noix blanches.
Or, il n’en est pas ainsi dans la réalité.
Les formes donnant à la fois des noix rouges et des noix blanches,
c’est-à-dire appartenant au _Cola mixta_, sont en très grande
prédominance.
En Guinée française, on trouve à peine 1 % des arbres à noix toutes
rouges (_Cola rubra_). Quant aux arbres à noix toutes blanches (_Cola
alba_), ils font généralement défaut et même au Kissi il en existe à
peine 1 ‰.
Du reste, dans cette dernière sous-espèce, il existe un second caractère
différentiel combiné avec l’albinisme des embryons, c’est l’albinisme
complet du périanthe. Certains hybrides :
_Cola alba_ ♂ × _C. rubra_ ♀ ou _Cola rubra_ ♀ × _C. alba_ ♂
devraient aussi reproduire l’albinisme de la fleur, et nous n’avons
cependant jamais observé ce caractère quoique ayant examiné la fleur de
_Cola mixta_ sur des milliers d’arbres en chaque région où cette sous-
espèce existe.
Si le _Cola mixta_ est le résultat d’une ancienne hybridation, on se
trouve donc en présence d’un cas qui fait exception à la loi de MENDEL.
Ce n’est, en réalité, que par l’expérimentation qu’on arrivera à
élucider ces points qui ont un réel intérêt au point de vue de la
culture.
Bien qu’il s’agisse de groupes morphologiques plus éloignés,
l’hybridation du _Cola nitida_ avec l’une des espèces à trois, quatre ou
cinq cotylédons, ne nous paraît pas impossible et c’est probablement ce
croisement qui expliquerait des faits signalés par JOHNSON, ancien
directeur du Jardin d’Aburi (Gold-Coast), à M. le Dr STAPF, de l’Herbier
de Kew (duquel nous les tenons in litt. ad auct.). Il s’agirait d’un
« Cola vrai » qui produirait 68 % de graines à deux cotylédons, les
autres graines 32 %, étant à plus de deux cotylédons. Pour notre part,
nous n’avons jamais rencontré dans tous nos voyages que des Kolatiers
produisant toujours soit exclusivement des noix à deux cotylédons, soit
exclusivement des noix à plus de deux cotylédons. Le fait qui nous est
signalé par M. STAPF s’explique d’autant mieux par l’hypothèse de
l’hybridation, que nous savons qu’il existe à la Gold Coast des
Kolatiers produisant des noix à deux cotylédons (Kola Achanti) et des
Kolatiers produisant des noix à plus de deux cotylédons.
En résumé, les Kolatiers sont des arbres dont l’homme s’est occupé
probablement depuis des époques très reculées, mais qui n’ont pas été
améliorés avec autant d’habileté que les arbres fruitiers des pays
tempérés. La culture rationnelle appliquée à ces arbres pourrait donc
les transformer considérablement dans un sens avantageux.
[Illustration : Aug. CHEVALIER et Ém. PERROT.
=Les Kolatiers.=
FIG. 35. — Philogénie des _Cola_ de la section _Eucola_.]
_Dissémination et multiplication._ — Les Kolatiers spontanés en forêt ne
produisent que rarement des fruits. A maturité, ceux-ci tombent,
entraînés par leur propre poids et les graines sont mises en liberté,
soit par suite de la déhiscence du follicule, soit par la destruction
lente du péricarpe.
Les graines germent sur place, à moins qu’elles ne soient entraînées à
quelque distance, soit par le charriage des eaux, soit par les animaux.
En diverses régions, les indigènes nous ont affirmé que toutes les noix,
même très fraîches, n’étaient pas susceptibles de germer. Par contre,
nous avons vu parfois des charges entières de Kolas renfermés dans des
couffins tenus trop humides, dont presque toutes les noix entraient
simultanément en germination.
Dans les plantations indigènes on cueille presque toujours les cabosses
sur l’arbre avant complète maturité. Quelques fruits cachés dans les
feuilles échappent parfois aux récolteurs et les graines qu’ils
renferment, en se semant d’elles-mêmes, contribuent à l’extension de la
plantation.
_Philogénie des Kolatiers._ — Il est bien difficile dans l’état actuel
de la science, de présenter le phyllum des espèces du genre _Cola_ et
leurs rapports avec les Sterculiacées voisines. Le tableau ci-contre
(Fig. 35) est un essai dans ce sens.
Il est assurément très hypothétique, mais il a l’avantage de résumer
sous forme de schéma, les faits présentés dans les chapitres précédents.
* * * * *
[Note 150 : C. FLAHAULT. — Les progrès de la géogr. bot. depuis 1884,
_Progress. rei botan._, I, p. 244.]
[Note 151 : HUGO DE VRIES (trad. L. BLARINGHEM). — Espèces et variétés,
leur naissance par mutation, p. 49.]
[Note 152 : R. CHODAT. — Principes de Botanique, Genève, 1911, p. 659.]
TROISIÈME PARTIE.
* * * * *
=Étude chimique et pharmacologique de la noix de Kola=
* * * * *
CHAPITRE XI.
* * * * *
=Composition chimique des noix de Kola.=
* * * * *
La noix de Kola ne fut vraiment utilisée d’une façon courante en
médecine européenne que depuis la communication de HECKEL et
SCHLAGDENHAUFFEN[153] en 1883.
Les recherches chimiques concernant cette drogue sont donc relativement
récentes, quoique très nombreuses. Jusqu’à ces dernières années, la
composition du Kola fut l’objet de maintes dissertations scientifiques
et même de discussions qui attestaient que cette question restait somme
toute, fort mal connue.
La faute initiale en revient entièrement à KNEBEL[154], qui en donnant
le nom de _Kolanine_ à un produit extractif, amorphe et nullement
défini, a faussé les connaissances de ses contemporains et paralysé
l’effort de ceux que l’attrait de la recherche des composés actifs du
Kola aurait poussés dans cette voie. Le travail si intéressant de KNOX
et PRESCOTT[155] n’est pas même arrivé à détruire, dans l’esprit des
pharmacologistes, l’impression causée par l’opinion si légèrement
avancée par le chimiste allemand[156]. Il importe donc d’exposer
rigoureusement l’histoire analytique des recherches chimiques publiées
par les divers auteurs.
*
* *
L’action physiologique de la noix de Kola, présentant quelques analogies
avec celle du thé et du café, amena F. DANIELL[157] à y rechercher la
caféine et, le premier, il y caractérisa la présence de ce composé
xanthique. Il put l’isoler par les procédés employés à cette époque,
c’est-à-dire par décoction, précipitation des composés tanniques par
l’acétate de plomb et élimination du plomb par l’hydrogène sulfuré. La
solution obtenue évaporée donna des cristaux de caféine dont la présence
fut confirmée peu après par LIEBIG[158].
DANIELL remit, pour recherches analytiques plus complètes, des matériaux
à J. ATTFIELD[159], qui fit une analyse détaillée (voir tableau) des
noix de Kola sèches, _tout en regrettant de ne pouvoir étudier les noix
fraiches dont la composition serait, dit-il, des plus intéressantes_.
D’autres chimistes se sont également occupés de la composition
centésimale de la noix de Kola ; ce sont tout d’abord HECKEL et
SCHLAGDENHAUFFEN[160] (1884), puis LASCELLES-SCOTT[161] (1886), CHODAT
et CHUIT[162] (1888), UFFELMANN et BÖMER[163], KNOX et
SCHLOTTERBECK[164] (1895), KŒNIG[165] (1904).
Mais ces recherches ont eu surtout pour objectif une détermination
_quantitative_ des divers éléments signalés dans la noix de Kola sèche
et malheureusement elles laissent beaucoup à désirer au point de vue de
la détermination de la nature chronique de ces divers principes.
Par la seule inspection des tableaux ci-contre, on pourra se rendre
compte des différences énormes qui existent entre les dosages effectués
par les auteurs cités. C’est ainsi que des divergences très grandes
peuvent être constatées dans la proportion des substances classées sous
la rubrique _gomme, sucre_, etc. Il en est de même pour celles que ces
chimistes ont désignées sous le nom de _tanin, rouge de Kola, acide
kolatannique_.
Peut-être eût-il été préférable d’effectuer seulement des analyses
_qualitatives_, qui eussent sans doute permis de connaître la nature
exacte des composés avant de les doser en bloc sous une dénomination
n’ayant aucune valeur scientifique.
Ces tableaux analytiques ne peuvent donc pas en général servir à établir
des comparaisons réelles des résultats trouvés par les différents
auteurs. En un mot, ils doivent se lire de haut en bas et non
horizontalement, chaque analyse n’étant intéressante
qu’individuellement. MM. PERROT et GORIS ne les avaient groupées ainsi
que pour mieux faire ressortir la nécessité d’études nouvelles en vue
d’une meilleure connaissance des constituants chimiques complexes de la
noix de Kola fraîche.
+---------------------+--------+---------------------+---------------+
| SUBSTANCES |ATTFIELD|HECKEL et SCHLAGDENH.|LASCELLES-SCOTT|
| | (1864) | (1884) | (1886) |
+---------------------+--------+---------------------+---------------+
|Eau | 13,65 | 11,919 } | 9,722 |
| | | } | |
|Cellulose | 20, » | 19,831 } | 27,395 |
| | | } | |
|Cendres | 3,20 | 3,395 } | 4,718 |
| | | } | |
|Amidon | 42,50 | 33,754 } | 28,990 |
| | | } | (amidon), |
| | | } Soluble | 2,130 (mat. |
| | | } dans | amylacée se |
| | | } l’eau. | colorant par |
| | | } | l’iode.) |
| | | } | |
|Gomme | » | 3,040 } | 4,876 |
| | | } | |
|Matières protéiques | 6,33 | 6,760 } | 8,642 |
| | | } | |
|Matières colorantes | » | 2,565 } | 3,670 |
| | | | |
|Glucose, gomme, | 10,65 | 2,875 } | 3,312 |
|sucre et autres | | } | |
|matières organiques | | } | |
| | | } | |
|Saccharose | » | » } Soluble | 0,612 |
| | | } dans | |
|Tanin | » | 1,620 } l’alcool.| 1,204 (ac. |
| | | } |kolatannique). |
| | | } | |
|Rouge de Kola | » | 1,290 } | » |
| | | | |
|Huile fixe | | 0,585 } | 0,734 |
| | | } | |
|Huile volatile | 1,52 | » } Soluble | 0,612 |
| | | } dans le | |
|Caféine | 2,13 | 2,346 } CHCI³ | 2,710 |
| | | } | |
|Théobromine | » | 0,023 } | 0,084 |
| | | | |
|Azote total | » | » | » |
| | | | |
|Matières extractives | » | » | » |
|sans azote | | | |
| | | | |
|Matières azotées | » | » | » |
+---------------------+--------+---------------------+---------------+
+---------------------------------+------+---------+--------+--------+
| |CHODAT|UFFELMANN|KNOX et | KŒNIG |
| SUBSTANCES | et |et BÖMER |SHLOTTER| (1904) |
| |CHUIT | (1895) | (1904) | |
| |(1888)| | | |
+---------------------------------+------+---------+--------+--------+
|Eau |11,59 | 13,35 | 6,30 | 12,22 |
| | | | | |
|Cellulose | 8,67 | 7,01 | » | 7,85 |
| | | | | |
|Cendres | 3,31 | 2,90 | 3,35 | 3,05 |
| | | | | |
|Amidon |46,73 | 45,44 | 35,26 | 43,83 |
| | | | | |
|Gomme | » | » | » | » |
| | | | | |
|Matières protéiques |10,12 | 5,91 | 7,225 | » |
| | | | | |
|Matières colorantes | » | » | » | » |
| | | | | |
|Glucose, gomme, sucre et autres | » | traces | 3,872 | 2,75 |
|matières organiques | | | | |
| | | | | |
|Saccharose | » | traces | | » |
| | | | | |
|Tanin | » | » | 3,15 | 3,42 |
| | | | | |
|Rouge de Kola | » | » | » | 1,25 |
| | | | | |
|Huile fixe | 0,17 | 1,35 | 0,735 | 1,35 |
| | |(extrait | |(extrait|
| | |éthéré). | |éthéré) |
| | | | | |
|Huile volatile | » | | 0,09 | |
| | | | | |
|Caféine | 1,69 } | 1,83 | 2,16 |
| |à 2,34} | | |
| | } 2,08 | | |
|Théobromine | » } | 0,0357 | 0,0503 |
| | | | | |
|Azote total | 2,19 | 1,53 | 1,675 | » |
| | | | | |
|Matières extractives sans azote | » | 18,21 | » | 15,06 |
| | | | | |
|Matières azotées | » | 9,56 | » | 9,22 |
+---------------------------------+------+---------+--------+--------+
L’examen de ces tableaux est très instructif, car les chiffres trouvés
par ces différents auteurs variant dans d’assez grandes proportions en
ce qui concerne les matières peu actives, telles que la cellulose,
l’amidon ; sont, en revanche, sensiblement d’accord quant à la teneur en
caféine et théobromine. Ces différences peuvent s’expliquer par l’emploi
de méthodes de dosage variant avec les auteurs. La teneur en caféine et
en théobromine ne varie jamais d’ailleurs dans de bien grandes limites,
ainsi que le prouve cette série d’analyses de J. JEAN[166] portant sur
des semences d’origines différentes :
Caféine et Kolanine
théobromine de Knebel
--- ---
Noix de l’Inde 1,635 1,640
— du Congo 1,485 1,040
— du Congo A 1,170 1,250
— du Congo B 1,482 0,987
— fraîches (eau 57,35 %) 0,624 0,294
— séchées C 1,464 0,609
— — du Soudan 1,330 1,200
— — du Niger A 1,230 1,006
— — du Niger B 0,902 0,650
— — de Sierra-Léone A 2,273 1,175
— — de Sierra-Léone B 2,410 1,209
— avariées 2,170 0,435
— moisies 1,210 0,067
— moisies 2,029 0,131
— de la Côte d’Ivoire 1,864 1,300
DOHME et ENGELHART[167] trouvent des résultats identiques en s’adressant
à des noix de Kola d’Afrique et à des noix provenant d’arbres cultivés à
la Jamaïque : 2,04 et 2,25 de caféine pour les noix d’Afrique ; 1,75 et
1,95 pour celles de la Jamaïque.
THOMSON[168], à son tour, donne les résultats suivants :
___ Caféine par ___
/ \
H²O Tanin Cendres Chloro- Ether Méthode
forme Lloyd
Noix sèche 7,55 1,87 3,19 1,22 1,62 »
— sèche 6,95 1,86 3,20 1,84 1,96 1,73
— fraîche 56,65 2,85 3,66 0,59 0,80 »
— en partie sèche 38,50 2,47 3,66 1,08 1,46 1,46
Il n’en est pas de même de BERNEGAU[169] dont les analyses accusent des
écarts assez forts :
Caféine
---
Botika 1,374
Mayumba Uyanga 1,724
Togo 2,16
Gold-Coast 1,60
Cameroun 0,70
La dessiccation et même la torréfaction amènent peu de changement dans
la teneur en caféine, ainsi que le montre le tableau suivant extrait des
recherches de DIETERICH[170].
Fraiches Séchées Torréfiées
--- --- ---
Caféine par éther 1,43 1,777 1,04
— chloroforme 1,15 1,76 1,35
Eau 57,29 13,86 4,42
Matières grasses 3,33 1,67 0,63
Cendres 1,56 2,50 3,86
Carbonate de potasse des cendres 47,55 % 45,55 % 49,16 %
M. BALLAND[171], pharmacien principal de l’armée, dont les travaux
analytiques concernant de nombreuses denrées alimentaires sont bien
connus, donne aussi une analyse du Kola, effectuée sur des noix
provenant d’Alépé (Côte d’Ivoire) :
Etat normal Etat sec
--- ---
Eau 11,70 0,00
Matières azotées 10,25 11,61
— grasses 1,25 1,41
— amylacées 64,60 73,16
Cellulose 8,90 10,08
Cendres 3,30 3,74
------ ------
100, » 100, »
Teneur en caféine 2,75 3,11
Cet auteur, avec MM. KNOX et PRESCOTT, comme on le verra plus loin,
signale une proportion de caféine considérable et dépassant de beaucoup
les chiffres obtenus par tous les chimistes qui se sont occupés de cette
question ; il est impossible de fournir une explication satisfaisante de
cette divergence. Nous nous contentons d’exposer les faits.
Cette teneur en caféine, théobromine et tanin dans les diverses espèces
de Kola arrivant sur les marchés, _C. acuminata_ R. Br., et _C. Ballayi_
Cornu[172], a été étudiée par O. TOPPING[173], qui résume ses recherches
dans le tableau suivant :
Alcaloïde Caféine Théobromine Tanin
total
--- --- --- ---
{ 2 cotylédons 1,424 1,384 0,0354 1,226
_C. acuminata_ {
{ 2 cotylédons 1,123 1,094 0,02805 0,817
{ 5 cotylédons 1,240 1,0208 0,0309 3,26
{
_C. Ballayi_ { 5 cotylédons 0,841 0,8205 0,0209 4,07
{
{ 5 cotylédons 1,305 1,3508 0,0346 3,27
Des recherches identiques de KNOX et PRESCOTT[174] sur la teneur des
Kolas frais en caféine libre et combinée ont donné les résultats
suivants :
Eau Alcaloïde Alcaloïde Total
libre combiné
--- --- --- ---
Kola sec 6,16 1,84 1,82 3,66
Kolas frais, rouges et blancs 53,90 1,158 1,920 3,078
Kolas frais blancs 51,20 1,180 2,085 3,265
Kolas frais rouges 57,20 1,120 1,625 2,745
Kolas frais, blancs et rouges, 53,90 1,235 1,854 3,089
mais moisis
L’un de nous a également, depuis quelques années, effectué dans son
Laboratoire un certain nombre de dosages de caféine sur des échantillons
frais ou secs, d’origines les plus diverses ; en voici les principaux
résultats :
=Dosages de caféine dans les noix de Kola=
(Laboratoire de Pharmacognosie de l’Ecole supérieure de Pharmacie).
Caféine
p.
100.
de
noix
sèche
---
{_Kola sauvage de la Côte d’Ivoire_ (_C.rubra_) 2,285
{ (Envoi Aug. CHEVALIER)
{
{_Kola rose du Sassandra_ (_C. { 1er échantillon 1,46
{pallida_). {
{ (Envoi SCHIFFER). { 2e — 1,53
=Noix {
à deux {_Kola de Madagascar_ (en moyenne) 1,70
cotylédons= {
(_C. { { 1er échantillon 1,70
nitida_ et { {
variétés). {_Kola de Java_ { 2e — 1,55
{ {
{ { 3e — 1,59
{
{_Kola de la Guadeloupe_ 1,75
{
{_Kola de la Jamaïque_ 1,58
{_Kola du Congo_ (Impfondo) (_C. { 1er échantillon 1,53
{Ballayi_). {
{ (Envoi BAUDON). { 2e — 1,21
=Noix {
à plus {_Kola du Dahomey_ (_C. acuminata_) 1,42
de deux { (Envoi du cap. COURTET).
cotylédons= {
{_Kola mucilagineux du Dahomey_ { 1er échantillon 1,10
{(_C. verticillata_). {
{ (Envois SAVARIAU et NOURY). { 2e — 1,13
Les cendres n’ont été analysées que par HECKEL et SCHLAGDENHAUFFEN[175]
et par CHODAT et CHUIT[176] ; les résultats sont peu concordants en ce
qui concerne la teneur en base alcaline et alcalino-terreuse.
Analyse des Cendres (HECKEL et SCHLAGDENHAUFFEN.)
{ Acide phosphorique 0,386
{
{ — sulfurique 0,175
{
{ Chlore 0,165
{
_Cendres solubles_ : 2,720 { CO² 0,014
{
{ Potassium 0,008
{
{ Sodium 1,972
{ -----
{ Total 2,720
{ Acide phosphorique 0,015
{
{ — sulfurique 0,002
{
{ Silice 0,004
_Cendres insolubles_ : 0,605 {
{ CO² 0,282
{
{ Calcium 0,302
{ -----
Total : 3,325 Total 0,605
Ce qui fait en ramenant à 100 :
Acide phosphorique 12,05
— sulfurique 5,30
Chlore 4,90
CO² 8,90
Potassium 0,24
Silice 0,12
Calcium 9,10
Sodium 59,40
------
Total 100,01
Analyses de MM. CHODAT et CHUIT :
Acide phosphorique 14,62
— sulfurique 8,50
Chlore 1,30
CO² 8,75
Potassium 54,96
Silice 1,07
Calcium traces
Sodium 0
Magnésie 8,54
Oxyde de manganèse 1,29
Oxyde de fer 1,38
------
Total 100,41
Dans la plupart des travaux, les auteurs ont eu surtout en vue la
composition centésimale de la noix de Kola, sans se préoccuper de la
recherche des principes actifs autres que les composés caféiniques. En
effet, alors que chacun de ces auteurs reconnaît que les noix fraîches
ont une activité physiologique différente de celle des noix sèches,
presque tous attribuent cette action à la Kolanine (rouge de Kola), qui
cependant est un principe, non défini, extrait des noix sèches.
Dans les travaux de WAAGE[177], KILMER[178], POSKIN[179],
DIETERICH[180], O. SCHUMM[181], THOMS[182], SCHURMAYER[183], WARIN[184],
nous n’avons guère à relever de faits intéressant la composition
chimique du Kola. Notons cependant l’opinion de WAAGE, qui dit, sans le
prouver toutefois, que les noix cultivées seraient meilleures que les
noix sauvages, et celle de POSKIN prétendant que le goût des noix de
Kola fraîches est plus agréable lorsque les nègres les ont enterrées
trois semaines à la façon du cacao.
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Après avoir ainsi passé en revue tous les travaux analytiques concernant
la noix de Kola, examinons plus spécialement les recherches qui ont eu
pour but l’extraction des principes actifs de cette drogue.
ATTFIELD fut donc le premier qui en isola la caféine ; HECKEL et
SCHLAGDENHAUFFEN, dans leur analyse centésimale, signalent la présence
de théobromine. Ce sont les deux seuls corps cristallisés dont la
présence fut affirmée jusqu’en 1906.
Il est toutefois à noter que la présence des bases xanthiques a été
également signalée dans les feuilles par J. DEKKER[185], contrairement à
l’opinion émise par HECKEL et SCHLAGDENHAUFFEN (_loc. cit._, p. 294). Le
savant allemand trouve 0,049 % de caféine et 0,101 % de théobromine dans
les feuilles jeunes, c’est-à-dire une plus grande proportion de cette
dernière base que celle trouvée dans les cotylédons.
Les feuilles âgées ne renferment que des traces de bases xanthiques.