Follicules jeunes presque toujours entièrement couverts d’une

pulvérulence blanchâtre disparaissant rapidement ou persistant presque

jusqu’à maturité. Follicules adultes d’un vert jaunâtre, de 8 cm. à 10

cm. de long sur 5 cm. à 7 cm. de large, ovoïdes ou oblongs, terminés par

un appendice en bec d’oiseau. Les follicules sont ordinairement

ascendants et constituent dans leur ensemble un groupe concave en-

dessus. Suture dorsale formant une crête faisant saillie de 2 mm. à 5

mm., souvent sillonnée au milieu ; suture ventrale plus ou moins

profondément sillonnée au milieu, le sillon étant fréquemment bordé de

deux bourrelets peu proéminents et plus ou moins ondulés et mamelonnés.

En outre, les bords et la face inférieure présentent des tubercules

scoriacés très saillants, réunis les uns aux autres et donnent au

follicule un aspect très spécial. Graines, 1 à 12 par follicule et

parfois jusqu’à 20, d’après des renseignements d’indigènes (le plus

souvent 5 ou 7), à amandes ordinairement d’un rose pâle, parfois rouges

comme dans _Cola rubra_, mais constamment plus petites et dans ce cas

ayant une teinte d’un rose-vif avant maturité ; la chair est également

d’un rose-vif ou d’un rouge-foncé ; enfin on trouve parfois en mélange

de petites noix blanches ou plutôt d’un jaune-verdâtre à l’état frais.

Les noix prennent une teinte jaune-safran dès qu’elles sont brisées ;

elles pèsent le plus souvent de 3 à 12 grammes. Leur saveur est

agréable, mais elles sont pourtant peu estimées par les soudanais.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Em. PERROT. — =Les Kolatiers.=

128 _bis_.

FIG. 28. — =Cola mixta= A. Chev.

_1_, _forma latifolia_ A. Chev. avec de jeunes fruits ; _2_, _forma

angustifolia_ A. Chev. en fleurs. _3_, Fleur femelle du précédent

grossie.]

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Côte d’Ivoire : Assez commun dans la forêt,

spécialement dans le moyen Sassandra et le moyen Cavally, dans le Pays

Abé, le Morénou et dans la région d’Akouakoumékrou sur le moyen Comoë.

NOM VERNAC. — _Oua na_ (Abé) m. à m. _Kola du sanglier_ (ou du

potamochère), à cause de la couleur des noix.

=Figures et Planches relatives à cette sous-espèce= : Fig. 31 dessins 3

et 4, Planche XII.

2. _Cola acuminata_ (Pal. Beauv.) Schott et Endl.

_Sterculia acuminata_ Pal. Beauv. ! Fl. Oware et Bénin, I (1804), 41,

Pl. XXIV.

_Sterculia acuminata_ mult. auct. _pro parte_, BAILLON ! _Adansonia_, X,

p. 69, Hist., Pl. IV, MASTERS !

_Sterculia macrocarpa_ G. Don, Syst. I (1831), p. 515-516.

_Cola acuminata_ Schott et Endlicher, Meletemata bot. (1832), p. 33.

_Cola acuminata_ R. Brown., _pro parte_, in BENNETT, Pl. Jav. rar., p.

237[99].

K. Schum. ! (inclus. var. _Ballayi_, _grandiflora_, _trichandra_), in

ENGLER, Monograph. Afrik. Pflanz. Sterculiacæ, p. 125.

_Cola Ballayi_ Heckel, _pro parte_, _l. c._, p. 33, 101 et 104 et Pl.

III.

_Bichea sulcata_ Pierre, Mss. in Herb. Mus. Paris.

_Cola sublobata_ ! et _Cola astrophora_ Warb., _pro parte_ !

_Tropenpflanz._

_Cola Supfiana_ W. BUSSE ! Beiheste _Tropenpflanz._, 1906, no 4 et 5, p.

63 et fig. 5.

_C. thomensis_ A. Chev. in ALMADA NEGREIROS. Colonies portugaises,

études documentaires, Paris, 1906, p. 207.

Arbre de 6 m. à 12 m. de haut, atteignant très exceptionnellement 15 m.

à 20 m., à tronc de 15 cm. à 40 cm. de diamètre, souvent fourchu à 1 m.

ou 2 m. au-dessus du sol ; rameaux étalés irrégulièrement de sorte que

le port n’est pas uniforme ; parfois les branches sont en partie

retombantes. L’aspect rappelle _C. nitida_, mais le feuillage est

beaucoup plus clairsemé ; jeunes rameaux verts ou parfois glauques,

glabres, à entrenœuds courts. Feuilles alternes (ou rarement quelques-

unes subopposées), à limbe subcoriace, oblong, ou parfois oblong-

linéaire ou elliptique, mesurant 7 cm. à 22 cm. de long et 3 cm. à 10

cm. de large ; base tantôt arrondie, tantôt cunéiforme, parfois très

aiguë ; extrémité plus ou moins longuement acuminée (à acumen étroit,

obtusiuscule, long de 8 à 15 mm., presque toujours déjeté d’un côté) ;

surface supérieure vert-sombre, luisante, l’inférieure vert-pâle ou

vert-jaunâtre, également un peu luisante. Nervure médiane saillante des

deux côtés ; nervures latérales I, 6 à 10 paires moyennement ou très

ascendantes, peu en relief, souvent entremêlées avec des nervures

latérales II, _non régulièrement arquées_, mais souvent en zig-zag à

leur extrémité ; réticules assez larges, peu apparents. Inflorescences

débutant par des gemmules globuleuses, enveloppées à l’extérieur par de

nombreuses bractées ovales-concaves, très imbriquées, promptement

caduques ; gemmules disposées à l’aisselle de feuilles inférieures ou

des cicatrices foliaires ou insérées sans ordre le long des entre-nœuds.

Inflorescences épanouies formant de petits racèmes très rameux dès la

base, longs de 4 cm. à 7 cm., à rachis couverts de petits poils blancs

très apprimés. Pédicelles de 4 mm. à 10 mm.

Fleurs ordinairement assez petites, d’un _blanc-jaunâtre, légèrement

verdâtre_, à calice rotacé ou subcampanulé, de 12 à 15 mm. de diamètre

quand il est épanoui, mais pouvant atteindre une taille beaucoup plus

grande, surtout pour les fleurs hermaphrodites, divisé en _5 ou 6 lobes_

profonds, lancéolés, à bords relevés et très amincis vers le dessus,

longs de 5 à 7 mm. portant 3 stries d’un pourpre-noirâtre à la base ;

surface externe couverte de fins poils étoilés, l’interne glabrescente

ou avec quelques poils blancs entremêlés avec des poils étoilés.

Fleurs ♂ à calice rotacé ; stipe staminal adulte long de 1 mm. à 2 mm.,

finement pubescent. Androcée d’abord urcéolé, les dix loges supérieures

groupées 2 à 2 et incurvées en-dessus de manière à limiter une cupule de

2 mm. de diamètre ; après leur déhiscence, les loges supérieures

s’étalent en un disque légèrement concave formé de cinq branches bifides

un peu relevées et limitant un connectif commun orbicuforme, pubérulent,

au centre duquel se trouvent les cinq pistils rudimentaires.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Ém. PERROT.

=Les Kolatiers.=

FIG. 29. — =Cola acuminata= Schott et Endl.

_1_ à _4_, androcée d’une fleur mâle ; _1_ et _2_, à l’état jeune ; _3_

et _4_ quand la fleur est épanouie ; _5_ et _6_, fleur femelle ; _7_,

disposition des ovules dans une loge carpellaire ; _8_, un carpelle

isolé ; _9_, carpelles ascendants commençant à se développer après la

fécondation d’une fleur ; _10_, un carpelle coupé transversalement ;

_11_, carpelles étalés normalement au pédoncule floral et commençant

aussi à se développer.]

Fleurs hermaphrodites à calice _plus ou moins campanulé_, pouvant

atteindre jusqu’à 25 mm. de diamètre, à 5 (parfois 4) carpelles

pubescents-blanchâtres, surmontés de stigmates recourbés, non adnés,

étroits, aigus, l’ensemble du gynécée formant une masse ovoïde-tronquée.

Etamines composées de 20 loges, à raison de 4 à la base de chaque

carpelle, superposées 2 à 2.

Jeunes fruits composés de 3 à 5 carpelles oblongs-linéaires,

ordinairement redressés et limitant une sorte d’urcéole ; parfois aussi

ils sont étalés dans un plan normal au pédoncule et ils forment ainsi

une étoile à 3 ou 5 branches, mais jamais ils ne sont décombants comme

dans certaines formes de _C. nitida_. Follicules jeunes (longs de 6 cm.

sur 1 cm. 8 de diamètre) étroitement oblongs, non stipités à la base,

plus ou moins atténués au sommet en bec obtus, comprimé, droit, occupant

environ le tiers de la longueur totale du follicule. Face supérieure

munie d’une crête supérieure peu saillante, un peu sillonnée ; face

ventrale avec un sillon évasé peu profond ; faces latérales sans

tubercules, plus ou moins lisses, couvertes jusqu’à un âge avancé d’une

pulvérulence roussâtre ou cendrée formée de petits poils étoilés.

Follicule adulte ovoïde-oblong, pouvant avoir 12 cm. à 20 cm. de long

sur 6 cm. à 8 cm. de large au milieu, étalé ou ascendant, stipité à la

base, terminé au sommet par un bec très allongé, subtriquêtre, pouvant

atteindre 2 cm. à 4 cm. à l’état adulte, d’un vert pâle souvent parsemé

de plaques roussâtres à maturité. Face supérieure et face inférieure

presque toujours profondément sillonnées (d’où le nom _Bichea sulcata_

Pierre Mss.). Faces latérales à peine bosselées, non verruqueuses,

scoriacées. Péricarpe épais de 3 à 5 mm., lisse et d’un blanc légèrement

jaunâtre à l’intérieur.

Graines 1 à 9 (le plus souvent 5 à 8) par follicule, insérées sur deux

rangs par un hile pouvant atteindre 5 cm. de large, les plus grosses

mesurant 5 cm. 5 de long sur 4 cm. de diamètre et pouvant peser de 40 à

60 grammes (tégument compris).

Tégument blanc-jaunâtre à l’extérieur, épais de 3 mm., spongieux.

Amandes ovoïdes, polyédriques par compression, pouvant atteindre 3 cm. à

4 cm. de diamètre et un poids de 5 grammes à 50 grammes, _roses ou d’un

blanc légèrement rosé_ (dans ce cas, la teinte rose est plus accusée à

l’extrémité des cotylédons à l’opposé du hile), les blanches plus ou

moins lavées de vert lorsque les graines sont cueillies depuis longtemps

ou en voie de germination, ayant toutes 4 à 5 cotylédons avec une fente

à leur base de 4 à 8 mm. _Chair rose ou d’un blanc très légèrement rosé_

dans les noix blanches, prenant une teinte violacée quand on les brise

puis tournant au brun ferrugineux. Noix à saveur agréable, mais un peu

mucilagineuses, beaucoup moins appréciées que les noix de _Cola nitida_.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Côte d’Ivoire : cultivé sur la côte de Krou

dans le Bas-Cavally, depuis la mer jusqu’à Taté et Grabo ! (L’espèce a

été introduite depuis quelques années seulement par les Kroumen, retour

de San-Thomé et de Fernando-Pô ; mais dans tout le Bas-Cavally le _Cola

nitida_ prédomine). — Togo (Comte Zech, W. Busse), — Bas-Dahomey :

quelques exemplaires plantés dans la plupart des villages depuis la côte

jusqu’au septième parallèle. — Nigéria anglaise : cultivé autour des

villages depuis Lagos jusqu’à Ibadan. Bénin (Palisot de Beauvois).

Commun depuis le delta du Niger jusqu’à la province de Nupé (Barter !),

Old-Calabar ! — Cameroun : A. C. à travers la forêt, parfois planté. —

Afrique équatoriale française : C. dans presque tout le Gabon :

Libreville ! Mayumbe ! Forme en certains endroits l’essence dominante de

la forêt. Fernando-Pô (Barter !) — Ile de San-Thomé, çà et là dans les

plantations depuis le niveau de la mer jusqu’à 800 mètres d’altitude. Y

semble cultivé et naturalisé plutôt que spontané. — Angola

(Welwitsch !).

NOMS INDIGÈNES. — Kola à 4-5 lobes, Petit Kola du Dahomey, _Kola du

Gabon_ (colons), _Hobi_ (nago), _Guiti_ (dahoméen), _Kola mâle_

(indigènes du Dahomey), _Abata Kola_ (Lagos), _Fatak_ (Nigéria, d’après

BARTER), _Ombéné_ (mpongoué), _Abel_ (pahouin).

=Figures et Planches relatives à cette espèce= : Figures 13 (hors

texte), 25, 26, 29, 30 ; Planches VI, IX, XIV.

OBSERVATIONS. — La plus répandue de toutes les espèces de la section

_Eucola_, elle se rencontre à l’état spontané ou cultivé depuis le 7° de

latitude Nord (au Dahomey et au Togo) jusqu’au 4° de latitude Sud

(Angola). Dans ces régions, elle présente vraisemblablement les races

analogues à celles que nous avons décrites pour le _C. nitida_, mais

elles nous sont encore trop imparfaitement connues pour que nous

cherchions à les différencier ici. Au Dahomey, les arbres produisant

exclusivement des noix d’un rouge vineux sont les plus abondants, mais

on rencontre aussi des Kolatiers dont les follicules renferment des noix

rouges et des noix blanches ou d’un rose très pâle. Nous avons observé à

San-Thomé, à la roça de San-Miguel, un Kolatier, du groupe _C.

acuminata_, produisant exclusivement de grosses noix blanches à peine

rosées. Nous avons figuré deux follicules de cette race (Fig. 30).

D’après le P. KLAINE, il n’y a pas de Kolas blancs à Libreville, mais il

en existe à 15 heures au Nord-Ouest, ainsi que dans le Haut Ogoué (in

litt. ad L. PIERRE).

[Illustration : FIG. 30. — =Cola acuminata= Schott et Endl. Forme de

San-Thomé.

Follicules à deux états de développement vus par la face ventrale ;

celui de gauche est encore jeune, celui de droite est presque mûr.]

3. _Cola verticillata_ STAPF Mss. (comb. nov.).

_Sterculia verticillata_ Thonning in SCHUM. Beskr. Guin., II, 1827, p.

14.

_Cola Johnsoni_ Stapf Mss. in Herb. Kew. (olim).

_Cola anomala_ K. Schum. in ENGLER. Monograph. afrik. Pflanz. v.

Stercul. (1901), p. 134 et pl. XVI, fig. B.

Arbre atteignant une _grande taille_ (jusqu’à 25 m. de hauteur), à tronc

droit, régulier, de 4 m. à 8 m. de hauteur sans branches et de 30 cm. à

50 cm. de diam. ; branches formant une tête arrondie ; rameaux la

plupart pendants. Ramules dressées, vertes, glabres ou présentant de

très rares poils étoilés roussâtres ; entre-nœuds longs de 2 cm. à 12

cm. _Feuilles verticillées, par 3 ou plus souvent par 4_, parfois

opposées aux nœuds inférieurs, à limbe subcoriace, oblong ou oblancéolé,

parfois obovale elliptique, ordinairement très aigu à la base, terminé

au sommet par un acumen très étroit aigu ou rarement obtusiuscule, de 6

à 10 mm. de long, à bords légèrement incurvés en dessous, long de 12 à

25 c., large de 4 cm. 5 à 12 cm., glabre sur les deux faces, à surface

supérieure vert-sombre, luisante, l’inférieure d’un vert-jaunâtre, à

nervure médiane saillante des deux côtés ; nervures latérales I : 5 à 8

paires, saillantes sur les deux faces, _très ascendantes, à courbes

régulières_, en arceaux à l’extrémité, passant tout près des bords ;

nervures latérales II ordinairement absentes ; réticules des nervilles

étroits, très apparents en dessous. Pétioles étalés presque

horizontalement aux nœuds inférieurs, très grêles, longs de 2 cm. à 5

cm. 5, renflés aux deux extrémités formant un angle très obtus avec le

plan du limbe. Stipules linéaires très aiguës, de 5 mm. de long, formant

un bourgeon pointu à l’extrémité des rameaux.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Em. PERROT. — =Les Kolatiers.=

136 _bis_.

FIG. 31. — =Cola nitida= A. Chev.

_1_, Un follicule de la sous-espèce _C. mixta_ encore fixé à son

pédoncule. _2_, Autre follicule parvenu à maturité et à valves inégales.

_3_ et _4_, Un fruit jeune de _Cola pallida_, vu de profil et vu en-

dessus.]

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Em. PERROT. — =Les Kolatiers.=

137 _bis_.

FIG. 32. — =Cola nitida= A. Chev. s. sp. ; =C. mixta= A. Chev., forme

des Iles Scherbro (Sierra-Léone).

(Follicules presque mûrs communiqués par M. H. FILLOT).]

Grappes courtes (de 1 cm. à 3 cm. de long), insérées à l’aisselle des

feuilles, isolées ou groupées par deux ou trois, à rachis couvert d’un

tomentum fauve ; fleurs accompagnées jusqu’à un âge avancé de bractées

ovales, aiguës, très concaves ; calice de 12 mm. à 18 mm. de diamètre, à

5 divisions deltoïdes, aiguës, pubescentes des deux côtés. Fleurs mâles

à périanthe formant un bouton subglobuleux avant l’épanouissement ;

androcée subsessile portant deux rangs de 10 anthères, celles du rang

supérieur faisant un peu saillie au dessus du disque en formant 10

petits créneaux. Fleurs femelles à gynécée subglobuleux, pubescent,

formé le plus souvent de 5 carpelles ; jeunes carpelles longs de 11 cm.

sur 5 cm. de large au milieu, finement rugueux et _blanchâtres à la

surface_ par la présence d’un tomentum aranéeux.

Fruits adultes, portés sur des pédoncules de 3 cm. à 4 cm. de long sur

10 mm. de diamètre. Carpelles, 3 à 5, étalés normalement au pédoncule,

_obovoïdes_, ventrus sur les bords, _non tuberculeux-scoriacés à la

surface_, longs de 10 cm. à 14 cm. sur 6 cm. 5 à 8 cm. de large, à peine

stipités à la base, terminés au sommet par un bec comprimé obtus de 15

mm. de long. Chaque carpelle à maturité porte _sur la face supérieure un

sillon très évasé_ ; la face inférieure est aplatie ou légèrement

sillonnée au milieu. Graines 4 à 9 par carpelles, disposées sur deux

rangs, ovoïdes-comprimées, ordinairement plus grosses à l’état adulte

que les graines de _C. acuminata_, croissant dans les mêmes conditions ;

surface externe du tégument luisante, _blanche, marbrée de rose clair.

Amandes d’un rouge-vineux, comprenant 3 à 5 cotylédons_, dont un

cotylédon souvent beaucoup plus court que les autres (parfois atteignant

à peine la moitié de la hauteur de l’amande). Chair d’abord rouge-vif,

puis devenant violacée aussitôt qu’on la brise, enfin prenant à la

longue une teinte d’un brun-ocracé, présentant un liséré blanc sur le

bord externe des cotylédons.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Gold-Coast : dans l’Aquapim (THONNING !),

environs d’Aburi (JOHNSON, no 1051 !). Bas Dahomey : environs de la gare

de Sakété, dans un îlot de forêt vierge où quelques plantes ont été

observées par M. Noury qui nous les a montrées. Forêts de Brouadou et de

Saouro dans la même région ! Au dire des indigènes, la plante existerait

encore dans les forêts du Mono et des environs d’Allada. Cette espèce se

rencontrerait aussi dans la Nigéria du Sud, entre Lagos et la frontière

du Dahomey (renseignements d’indigènes). Au Dahomey, la plante croît à

l’état spontané le long des cours d’eau et dans les parties marécageuses

des forêts. Parfois on rencontre quelques exemplaires plantés par

mégarde au milieu des _Cola acuminata_ ; les indigènes les abattent

fréquemment.

Enfin nous pensons que c’est à cette espèce que se rapporte la plante

nommée par K. SCHUMANN _Cola anomala_, découverte par CONRAU au

Cameroun, station de Bangoué ; l’aire serait donc assez étendue.

NOMS VERNAC. — _Kola d’eau_ (colons). C’est probablement le _Wasser

Kola_ du Togo. _Abidan_ (nago). Ne pas confondre avec _Abidoum_ qui est

le nom de l’amande du _Carapa procera_ au Dahomey. _Holovi_ (dahoméen),

mot à mot _Kola mucilagineux_.

=Figures relatives à cette espèce= : Figures 3 (hors texte) et 4.

OBSERVATIONS. — L’amande fraîche et non complètement mûre a une saveur

qui rappelle la noix de _Cola nitida_ non mûre. Elle est un peu amère,

mais laisse une saveur agréable dans la bouche, de sorte qu’elle

contient sûrement de la _caféine_[100]. D’ailleurs quelques dahoméens

mangent la noix quand ils la rencontrent, mais elle est considérée comme

ayant très peu de valeur et ne se vend pas sur les marchés.

La jeune noix ne paraît pas plus mucilagineuse que les autres sortes de

Kolas.

L’arbre même, dépourvu de fleurs et de fruits, se différencie facilement

de _Cola acuminata_, avec lequel il croît souvent, par les feuilles

verticillées, les nervures secondaires plus ascendantes et mieux

marquées en dessous, à arceaux plus réguliers et plus rapprochés des

bords, les réticules plus fins et beaucoup plus apparents.

4. _Cola Ballayi_ CORNU.

_Cola Ballayi_ M. Cornu ! Mss. in Hort. Mus. Paris ; A. Tschirch et O.

Œsterlé, Anatomisch Atlas der pharmacog. (1900), p. 347.

_Cola Ballayi_ Heckel, _pro parte_, l. c., p. 101, fig. 8 et 9 !

_Cola acuminata_ var. _kamerunensis_ K. Schum., l. c., 1901 ! p. 127.

_Cola subverticillata_ De Wild., Etud. fl. Bas et Moy. Congo, II (1908),

p. 306 et Pl. XXXI et XXXII.

Arbre de 8 m. à 20 m. de haut, avec tronc de 3 m. à 5 m. sans

ramifications, à branches étalées, à rameaux terminaux ascendants,

légèrement pubescents à l’état jeune.

Feuilles _très grandes_, (atteignant de 20 cm. à 50 cm. de long),

_subverticillées, à faux verticilles composés de 6 à 15 feuilles et

souvent rapprochés par deux et alternant avec de longs entrenœuds

dénudés_.

Limbe trinervié à la base, très _coriace_, oblong ou oblancéolé,

cunéiforme à la base, brusquement acuminé au sommet (à acumen long de 10

à 15 mm., très étroit et aigu), mesurant habituellement 20 cm. à 30 cm.

de long sur 7 cm. 5 à 15 cm. de large. Nervure médiane saillante sur les

deux faces ; nervures latérales, 7 à 9 paires, assez régulières,

ascendantes et formant des arceaux passant près des bords. Réticules

très fins, visibles sur les deux faces. Pétioles robustes, très inégaux

comme longueur, les uns mesurant 1 cm. à 4 cm., les autres atteignant 10

cm. à 20 cm.

Inflorescences en grappes axillaires robustes, longues de 5 cm. à 12

cm., moyennement florifères, parsemés de poils étoilés roussâtres ;

pédicelles grêles pubescents, longs de 5 à 10 mm. Fleurs grandes, à

parfum nauséeux, à calice campanulé, de 3 cm. à 4 cm. de diamètre à

l’état frais, assez profondément divisé en 5 à 8 lobes, parsemé en

dedans et en dehors de petits poils étoilés roussâtres, d’un _rose clair

en dehors_, plus pâle en dedans, avec une tache pourpre-noirâtre au

fond, s’étendant sur les 3 crêtes très saillantes de chaque lobe du

calice. Fleurs mâles à androcée porté sur un stipe pourpre, grêle et

court portant au centre les rudiments de la fleur femelle composés de 5

petites pointes, les loges des anthères divergentes formant, vues par le

haut, une sorte de _cupule rosée_ à 10 pointes émoussées. Fleurs

hermaphrodites à calice ordinairement plus grand que dans les fleurs

mâles, à ovaire tomenteux subglobuleux, _composé de 5 à 8 carpelles_

(ordinairement 6) surmontés de stigmates linéaires aigus, recourbés en

hameçon.

Fruits _composés de 5 à 7 follicules_ étalés en étoile, non ascendants,

pubescents à l’état jeune, plus tard glabres, dépourvus de revêtement

blanc ou de revêtement ferrugineux, ovoïdes-allongés et de la grosseur

du poing à maturité, mesurant alors 8 cm. à 14 cm. de long, sur 5 cm. à

8 cm. de largeur et 4 cm. à 5 cm. de hauteur. A complète maturité, ils

sont extérieurement verdâtres, plus ou moins teintés de brun-pourpré.

Ils présentent sur la face dorsale une large crête peu saillante et sur

la face ventrale un léger sillon ; faces latérales dépourvues de verrues

ou de tubercules et présentant seulement quelques rides obliques ;

sommet terminé par un bec court formé par le prolongement de la crête

dorsale, non courbé mais brusquement tronqué suivant toute la hauteur du

follicule. Péricarpe vu en section blanc, spongieux, épais de 4 mm. à 12

mm., lisse et d’un blanc légèrement rosé sur la face interne. Chaque

follicule renferme 5 à 15 graines (le plus souvent 10 à 13 dans les

follicules de belle taille). Graines entourées d’un tégument spongieux,

lisse et légèrement jaunâtre (couleur crême) à l’extérieur, avec des

plages rosées, moucheté de points noirs sur la face interne, attachées à

l’endocarpe par un hile très large, pouvant atteindre 3 cm. de long et 2

cm. 5 de large, blanc avec un liseré rose sur le pourtour de

l’insertion. Noix roses à l’extérieur (couleur de radis rose) avec un

liseré blanc sur les bords des cotylédons visible à l’extérieur,

largement ovoïdes, atteignant dans les beaux spécimens 3 cm. 5 de long

sur 2 cm. 5 de diamètre transversal, comprenant 4 à 6 cotylédons un peu

inégaux, ayant chacun une fente médiane dans le tiers inférieur.

Chair des cotylédons rose, à saveur agréable, devenant violacée aussitôt

qu’on la coupe, puis environ deux minutes plus tard prenant une teinte

d’un brun-roussâtre, teinte plus claire (lavée de jaune-roux) près des

faces de contact des cotylédons. Parfois les graines sont avortées et le

tégument ne renferme plus qu’une masse uniforme brune, plus ou moins

sclérifiée.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Afrique équatoriale française : Gabon

(BELLAY !) Région de Libreville (R. P. KLAINE !), mais beaucoup plus

rare que le _C. acuminata_. Pays Batéké (THOLLON ! in Herb. Mus. Paris).

Youmba, sur les rives de l’Oubangui, près du confluent du Congo par 0°

30′ de latitude N. ! Impfondo, sur les rives de l’Oubangui, par 1° 40′

de lat. N., très commun sur les rives du fleuve et au milieu de la

forêt, août 1902 ! Revu en 1910 par M. A. BAUDON, qui nous a fait

parvenir de là des graines et des échantillons botaniques. — Isasa, sur

l’Oubangui par 3° 30′ de lat. N. ! — Bangui, dans le moyen Oubangui, par

4° 20′ et çà et là dans les bouquets de forêts ! Dans les galeries au

sud des Sultanats, près du confluent de la Kotto et du Mbomou (par

renseignements).

Congo belge : Lindende (sur les rives du moyen Congo ?) (BUTAYE in

GILLET sec. DE WILDEMAN !) C’est vraisemblablement aussi cette espèce

qui produit les noix vues par SCHWEINFURTH dans le Haut Ouellé et par

STANLEY, à l’intérieur de la grande forêt congolaise.

NOMS VERNAC. — Kola de l’Oubangui (colons), _Mabérou_ (Basindji

d’Impfondo, d’après BAUDON).

=Figures et Planches relatives à cette espèce= : Figures 6, 7 et 33

(hors texte). Planche VIII et Planche XVI, Figure 2.

OBSERVATIONS. — Les noix ont une saveur assez agréable ; elles sont

cependant moins appréciées que les noix de _C. nitida_ par les

Sénégalais de nos postes du moyen Congo qui les achètent à défaut

d’autres aux Mangala et aux Bondjo. Les Basindji consomment aussi ces

noix (BAUDON).

5. _Cola sphærocarpa_ A. Chev. (_sp. nov._).

_Arbor elata..., folliculis subglobosis breviter acuminatis ; seminibus

2-6 pro folliculo, magnis, subrotundis vel oviformibus, cotyledonis 4-5

perfecte discretis munitis ; nucleis albidis._

Les kolatiers & les noix de kola · 第 11 / 40 段