On remarquera combien cette disposition est favorable au mouvement de

haut en bas que subit cette portion du pétiole. La masse inférieure

résistante, forme un cordon rigide, mais élastique et la dislocation du

reste de l’anneau libéro-ligneux en amas séparés par de larges espaces

parenchymateux rendent les oscillations du pétiole faciles à

s’effectuer. Grâce à ces modifications dans la structure fasciculaire,

la feuille possède un dispositif mécanique, sorte de véritable

articulation, des mieux adaptées aux nécessités physiologiques de

l’organe.

Le renflement se prolonge presque dans la nervure médiane du limbe et la

figure 6 accuse déjà une disposition nouvelle des différents tissus qui

fait pressentir celle qui se rencontre plus tard dans la nervure

médiane, c’est-à-dire groupements des fragments libéro-ligneux, en deux

arcs, l’un volumineux et inférieur, l’autre plus réduit et supérieur. De

chaque côté se détache un petit faisceau se rendant aux nervures

latérales. A cette hauteur, la coupe ne présente pas encore de tissu

fibreux périlibérien, mais une deuxième poche à mucilage a pris

naissance. Un peu plus loin, la disposition est celle de la nervure ;

l’anneau de tissu de soutien est de nouveau entièrement sclérifié ;

plusieurs faisceaux péridesmiques ont repris leur rang et le nombre des

poches à mucilage est redevenu ce qu’il était avant le renflement.

Telles sont les intéressantes transformations histologiques subies par

les diverses régions constitutives de l’anatomie du pétiole. Dans les

différentes espèces, elles sont du même ordre, c’est ce que l’on

constate, par exemple, dans l’espèce sauvage de la Côte d’Ivoire et dans

le _C. Ballayi_, sur lequel a porté plus spécialement l’étude de ces

particularités ; la complication est parfois plus grande par suite de

l’augmentation du nombre des faisceaux péridesmiques et des variations

dans leur répartition et leur forme. Une étude de chacune des espèces de

Kolatiers dépasserait le cadre de cet ouvrage et ne présenterait sans

doute qu’un intérêt systématique médiocre, nous aurons sans doute

l’occasion de la reprendre ailleurs à bref délai.

_Limbe._ — Il est à noter tout d’abord que les jeunes feuilles du

bourgeon sont recouvertes d’un tomentum apparent formé de nombreux poils

étoilés à la face supérieure, rares à la face inférieure où abondent au

contraire les poils glanduleux. Ce revêtement est comparable à ce que

l’on observe sur les pièces du périanthe floral (Fig. 19).

[Illustration : FIG. 18. — _1_, coupe transversale du limbe de _C.

Ballayi_ : _cm_, cellule à mucilage ; _2_, épiderme inférieur vu de face

avec stomate _sf_ légèrement enfoncé ; _3_, coupe schématique de la

nervure médiane vers le tiers supérieur du limbe chez _C. acuminata_.]

Dans la feuille adulte, le limbe foliaire possède une structure

bifaciale très nette. L’épiderme supérieur à cellules allongées dans le

sens perpendiculaire à l’axe, assez fortement cuticularisées, est

interrompu çà et là par de larges cellules ovoïdes, hypertrophiées

remplies de mucilage (_cm_, Fig. 20) ; il est dépourvu de stomates et de

poils.

Le parenchyme chlorophyllien comprend deux assises, dont la première est

formée d’éléments allongés assez serrés et la deuxième, au contraire, de

cellules à angles plus arrondis et laissant entre elles d’assez larges

méats. Le mésophylle lacuneux se compose de cellules rameuses groupées

en un tissu lâche qui repose à la face inférieure sur un épiderme à

cellules à peu près isodiamétriques, avec parois rectilignes, pourvues

d’une cuticule assez mince ; les stomates sont nombreux, enfoncés, avec

des cellules annexes dont les plus proches s’orientent dans le sens de

l’ostiole (2, Fig. 18) ; les poils glanduleux répartis sans ordre,

paraissent cependant plus nombreux en face des nervures. Les plus

grosses de ces dernières possèdent encore des faisceaux péridesmiques

qui disparaissent dans les plus petites, en même temps que se réduit

beaucoup l’arc supérieur libéro-ligneux ; il en est de même des poches à

mucilage, mais les cellules remplies de cette substance sont nombreuses

et les cellules épidermiques se colorent facilement par l’hématoxyline.

Quant à l’oxalate de calcium, il est particulièrement abondant dans le

tissu chlorophyllien. Ajoutons enfin que le système fasciculaire est

protégé par une bande épaisse de tissu mécanique scléro-fibreux.

=ORGANES FLORAUX=

_Calice._ — L’organogénie et la structure histologique des organes

floraux ont été particulièrement bien étudiés par TSCHIRCH et

ŒSTERLÉ[86]. Toutefois, il restait encore à décrire quelques détails

d’organisation de la fleur mâle et à fixer certains points du

développement du tégument séminal.

L’histologie du verticelle externe (calice) n’a rien de bien saillant.

Les épidermes à cuticule très mince présentent d’assez nombreux poils

étoilés aux deux faces, surtout en face des nervures, et de rares poils

capités. Le mésophylle homogène est rempli de cellules et poches courtes

à mucilage et les faisceaux des nervures sont réduits à quelques amas

libéro-ligneux sans trace de tissu de soutien. Trois nervures sont

toujours très volumineuses et sont fortement apparentes ; entre elles le

limbe forme une sinuosité très accentuée. Le système fasciculaire de ces

grosses nervures est réduit à un cercle de petites lames vasculaires

avec îlots criblés correspondants et sans lignification du parenchyme.

Il n’existe point non plus de tissu mécanique périlibérien.

[Illustration : FIG. 19. — _1_ et _2_, poils étoilés du calice et d’une

feuille prise sur un bourgeon ; _3_, poils glanduleux vus de face ; _4_,

poils glanduleux vus de profil.]

La structure de l’appareil sexuel est un peu variable suivant que l’on

s’adresse aux fleurs mâles ou aux fleurs femelles. Dans les échantillons

que nous avons examinés, ces fleurs ne présentent, en réalité, d’autre

différence qu’un avortement plus ou moins complet des étamines ou des

carpelles, suivant que la fleur donnera ou non des fruits (1, 2, Fig.

24).

Une coupe transversale de la colonne staminale d’une fleur mâle se

présente comme un disque, composé de 5 pièces, rayonnant régulièrement

autour d’une colonne centrale formée des 5 carpelles réduits. Chaque

pièce staminale est divisée plus ou moins profondément en deux loges

renfermant chacune 2 sacs polliniques (thèques) (4, Fig. 24).

La coupe longitudinale montre que l’anthère supérieure est reliée à

l’anthère inférieure par une masse parenchymateuse (connectif),

dépassant à peine la surface de l’organe, et de l’examen de coupes en

série il semble que l’on puisse conclure au groupement de ces anthères

au nombre de 4 par groupe staminal.

[Illustration : FIG. 20. — =Schéma de la coupe transversale de l’ovaire

de= _C nitida_.]

Il s’ensuit que l’androcée pourrait en somme être considéré comme

composé de 5 étamines bifurquées, dont chaque ramification porterait 2

anthères superposées à déhiscence longitudinale.

Dans les fleurs femelles, les anthères persistent, mais sont le plus

souvent de dimension très réduite. Quant au pollen, il est presque

toujours petit, formé de grains d’apparence ridée et il peut même

manquer dans les loges plus ou moins avortées des anthères de la rangée

inférieure. De plus, le groupement par 4 est d’ordinaire très apparent :

les anthères, au lieu d’être parallèles, se rapprochent plus ou moins en

forme d’X.

La coupe demi-schématique (2, Fig. 24), montre un ovaire à carpelles

volumineux avec ovales assez nombreux et au-dessous, des anthères

groupées et de volume réduit.

[Illustration : FIG. 21. — =Coupe d’un ovule et du placenta= ; _pl_,

zone placentaire avec poche à mucilage ; _pm_, poche à mucilage ; _te,

ti_, téguments ovulaires ; _mi_, micropyle ; _eo_, épiderme de l’ovule ;

_E_, épiderme interne de l’ovaire. G = 120 d. environ.]

L’axe de l’inflorescence est occupé par une longue poche sécrétrice

formée de cellules larges, hypertrophiées et fusionnées en un organe

continu de formation lysigène.

L’épiderme externe de tous ces organes est couvert de nombreux poils

étoilés.

_Ovaire._ — L’ovaire est composé généralement de 5 carpelles

indépendants régulièrement rangés autour de l’axe et surmontés chacun

d’un stigmate épais s’insérant le long de la ligne de soudure de la

feuille carpellaire. Ces lames stigmatiques, recourbées sur l’ovaire,

disparaissent de bonne heure.

La coupe transversale d’un _jeune ovaire_ montre un épiderme à cuticule

mince, couvert de poils tecteurs ressemblant à ceux du calice et formés

de cellules en général très allongées, onduleuses et groupées par 3 à 8

en massifs étoilés (Fig. 20). Le tissu du carpelle est parenchymateux,

homogène et parcouru par une rangée de faisceaux conducteurs, dont trois

plus volumineux, correspondant à la nervure dorsale et à la région

placentaire ; on y trouve également quelques poches à mucilage.

L’épiderme interne est normal. La soudure des bords carpellaires est

intime et les cellules des deux épidermes restent accolées, même dans la

suite du développement.

Les ovules, anatropes, bitégumentés, naissent sur un mamelon placentaire

développé normalement sur la ligne de bordure des bords carpellaires et

sont insérés perpendiculairement sur 2 rangs, les raphés dos à dos et en

alternance assez régulière.

Le tégument interne ne recouvre pas entièrement le nucelle ; dans la

région micropylaire ; une assez large surface de ce tissu n’est protégée

que par le tégument externe, plus épais et même encore renflé à cet

endroit (Fig. 21).

Les faisceaux conducteurs du raphé viennent s’épanouir à la chalaze pour

envoyer les ramifications dans tout le tégument.

Quant le fruit mûrit, la paroi ovarienne s’épaissit considérablement,

reste charnue et il s’y développe de vastes poches à mucilage, quelques-

unes visibles à l’œil nu, plusieurs devenant souvent confluentes (Fig.

20). Quant à l’endocarpe, il ne se sclérifie point et bon nombre de ses

cellules se transforment en poils capités ne formant pas toutefois de

revêtement tomenteux, apparent ; ces poils sont de forme identique à

ceux de l’épiderme inférieur des feuilles ou des pétioles antérieurement

décrits. Ces poils ne sont pas indiqués sur les figures données par

ZOHLENHOFER[87] et par PLANCHON et COLLIN[88].

[Illustration : FIG. 22. — =Portion du tégument de la graine de= _Cola

nitida_. — _te, ti_, téguments externe et interne ; _nuc, alb_, tissus

en voie de résorption qui formeront la pellicule papyracée enveloppant

l’embryon. G = 160 d.]

_Graine._ — Une très jeune graine ne mesurant encore que quelques

millimètres de diamètre se montre recouverte d’un tégument charnu assez

épais, avec faisceaux libéro-ligneux et poches à mucilage et enveloppant

entièrement la graine. Il est ici extrêmement difficile de déterminer

même à cet âge, la part qui revient dans cette enveloppe séminale aux

deux téguments et MM. TSCHIRCH et ŒSTERLÉ ont déjà attiré l’attention

sur ce point.

[Illustration : FIG. 23. — =Coupe transversale d’une jeune graine de=

_C. nitida_, passant au-dessus du point d’insertion des cotylédons ;

_pm_, poche à mucilage ; _fll_, faisceaux libéro-ligneux ; _cot_,

cotylédon ; _E_, embryon ; _H_, hile.]

L’examen de nombreuses préparations faites sur des graines à des âges

différents nous permet de corroborer l’opinion de ces observateurs au

sujet de la disparition rapide par résorption directe du tégument

interne.

Toutefois, nous croyons pouvoir affirmer que ce tégument interne est

représenté dans les jeunes fruits par des fragments de tissu imprégné

d’une matière colorante brune, visible à l’œil nu quand on sépare avec

soin l’enveloppe externe charnue, de la membrane translucide incolore

qui recouvre immédiatement les cotylédons (10, Fig. 24).

La coupe ci-contre (Fig. 22), montre en effet que le tégument externe se

termine par une assise épidermique qui, par endroits, se sclérifie et

donne même jusqu’à 3 épaisseurs de cellules scléreuses. Dans les espaces

situés entre ces plages sclérifiées, les cellules de ce tégument sont

intimement soudées à celles du tissu sous-jacent et il reste une lame de

tissu parenchymateux qu’on ne saurait rapporter à autre chose qu’au

tégument interne.

Très rapidement, ce dernier se résorbe, sauf en certains endroits,

correspondant généralement aux plages scléreuses, où les cellules qui le

composent épaississent quelque peu leurs parois, s’imprègnent de matière

colorante brune : c’est ainsi que se constituent ces écailles

roussâtres, dont nous avons parlé. Ce sont ces cellules qu’a également

figurées TSCHIRCH (5, Fig. 35 et 37, Pl. 80 _b_). L’épiderme du

parenchyme nucellaire (_nuc_, Fig. 22), est indiqué seulement par la

disposition régulière de ses éléments et les granulations nombreuses

qu’ils renferment ; il se termine à son tour par une zone de cellules

écrasées, puis par quelques autres de forme encore bien déterminées,

qu’il faut sans doute rapporter à l’albumen[89].

Chez les graines âgées, l’enveloppe séminale externe, blanchâtre,

parenchymateuse, s’épaissit sans changer de caractère et se sépare

facilement de la tunique interne toujours très mince qui enveloppe

intimement l’embryon, auquel elle n’est cependant pas soudée. Cette

tunique représente les restes des tissus nutritifs, nucelle et albumen.

La partie comestible, connue sous le nom de noix ou semence de Kola dans

le commerce, est donc uniquement constituée par un très petit embryon

pourvu de deux ou plus de deux cotylédons relativement énormes.

Même dans le Kola à deux cotylédons seulement, ceux-ci présentent une

fente basale souvent très accentuée.

C’est pourquoi, si l’on fait une coupe transversale dans un plan

perpendiculaire à l’embryon, dans la région de la radicule, on trouve

alors, dans le _C. nitida_, 4 fragments cotylédonaires séparés (Fig.

23).

L’examen d’une germination montre que les feuilles cotylédonaires

d’abord sessiles, ne tardent pas à développer leur pétiole (13, Fig. 24)

et la fente basale se prolonge précisément jusqu’au point d’insertion de

ce dernier. La feuille cotylédonaire présente ainsi l’aspect d’une

feuille cordée ou plutôt hastée.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Ém. PERROT.

=Les Kolatiers.=

FIG. 24. — =Fleur, fruits et graine de Kola= ; les numéros 2, 3, 5, 6,

7, 8, 10, 11, 12 d’après TSCHIRCH, les autres d’après des dessins

originaux ; _1_, coupe longitudinale de la fleur mâle ; _2_, et _3_,

fleur femelle ; _4_, coupe schématique transversale dans la partie-

supérieure de la colonne staminale d’une fleur mâle ; _5_, ovule ; _6,

7_, embryon privé de ses cotylédons ; _8_, un cotylédon avec son

embryon ; _9_, follicule ouvert montrant les graines coupées, l’embryon

de l’une d’entre elles a été enlevé ; _10_, jeune graine : la membrane

papyracée interne du tégument a été enlevée pour montrer les écailles

brunes restes du tégument interne appliqués au tégument externe épais ;

_11_, graine privée de ses téguments ; _12_, id. en germination ; _13_,

jeune plantule de _Cola nitida_ ; _14_, _C. acuminata_ ; _15_, poils

glanduleux de l’épiderme embryonnaire.]

Le long des fentes, le tissu extérieur du cotylédon se subérifie et ce

fait a été étudié particulièrement par HARTWICH[90]. Les cellules

parenchymenteuses de cet organe sont gorgées de substances de réserve et

surtout d’amidon. L’épiderme de l’embryon est garni de poils étoilés et

porte aussi d’assez nombreux poils sécréteurs unisériés, analogues à

ceux que MITSCHERLICH a signalés le premier sur l’embryon du Cacao (15,

Fig. 24).

Chez le _Cola Ballayi_, ainsi que chez _C. acuminata_ et _C.

verticillata_, les cotylédons sont nombreux, ou mieux fragmentés et

chaque fragment, de forme très irrégulière, est pourvu de son pétiole.

Dans ce cas, la disposition hastée est disparue ; il n’y a plus de fente

basale, mais le pétiole s’insère toujours vers le 1/3 de la longueur du

fragment cotylédonaire (14, fig. 24).

Dans le Kola à 2 cotylédons, nous avons pu observer plusieurs fois la

formation de 3 feuilles cotylédonnaires.

Il ne serait pas téméraire de voir, dans cette disposition à la

fragmentation chez le cotylédon, une disposition spéciale tendant à

donner un verticille, et il faudrait alors admettre que la disposition

verticillée des feuilles chez les Kolatiers est un caractère ancestral.

* * * * *

[Note 77 : CHODAT et CHUIT. — _Loc. cit._]

[Note 78 : HECKEL. — Les Kolas africains, _loc. cit._]

[Note 79 : ZOHLENHOFER. — Die Kolanuss, _Arch. d. Pharm._, 1884, 3e s.,

XXII, p. 344.]

[Note 80 : HARTWICH. — Einige Bernerkunger über die Kolanüsse. _Zeitsch.

d. allg. œst. Apot. Verein_, 1906, XLIV, pp. 119-131.]

[Note 81 : TSCHIRCH et ŒSTERLÉ. — _Anat. Atlas d. Pharmacognosie_.

Leipsig, 1900, 2e partie, p. 347, Pl. 80 a et 80 b.]

[Note 82 : SOLEREDER. — _Syst. Anat. d. Dicotyledonen_. Stuttgart, 1899,

p. 173.]

[Note 83 : J. DOUSSOT. — Contribution à l’étude de l’appareil gommifère

des Sterculiacées. _Thèse Doct. Un. Pharmacie_, Paris, 1902.]

[Note 84 : Voir Chapitre X, _Biologie des Kolatiers_.]

[Note 85 : Em. PERROT. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. _J. de

Bot._, XI, 1897, pp. 374-390.]

[Note 86 : Loc. cit., pp. 347-351. Pl. 80 a et 80 b.]

[Note 87 : ZOHLENHOFER. — _Arch. de Pharm._, 1884, 3e série, XXII, p.

314.]

[Note 88 : PLANCHON et COLLIN. — _Hist. nat. des Drogues simples_,

Paris, 1896, p. 717.]

[Note 89 : Les phénomènes de résorption et de transformation qui

s’opèrent dans le tégument séminal sont très rapides et nous nous

réservons de fixer définitivement leur marche quand nous serons en

possession de très jeunes fruits frais.]

[Note 90 : Loc. cit., p. 120.]

CHAPITRE VII.

* * * * *

=Révision des anciennes espèces de la section _Eucola_ d’après les types

conservés dans les Herbiers.=

* * * * *

En exposant, au Chapitre III, l’histoire de la découverte des plus

anciennes espèces de Cola et en présentant un résumé ou une traduction

des descriptions botaniques consacrées à ces espèces par leurs auteurs,

il est apparu qu’il n’était pas toujours possible à l’aide de ces seuls

documents de dire quelles plantes avaient eu en vue les premiers

descripteurs. Il nous a donc semblé indispensable d’examiner en détail

non seulement les descriptions originales publiées, mais aussi chaque

fois que cela était possible les spécimens-types à l’aide desquels ces

descriptions furent élaborées. Nous avons été ainsi amenés à étudier les

matériaux relatifs aux _Cola_ de la section _Eucola_ conservés dans les

principaux herbiers d’Europe.

Au Muséum de Paris, l’Herbier général, l’Herbier de LAMARCK, l’Herbier

de JUSSIEU, l’Herbier du Gabon formé par PIERRE, nous ont fourni de

précieux documents. Dans les serres même du Muséum, nous avons trouvé

les jeunes plantes encore vivantes pour lesquelles Maxime CORNU a créé

l’appellation _Cola Ballayi_. A l’Herbier des Jardins royaux de Kew,

nous avons passé en revue les échantillons étudiés autrefois par MASTERS

pour la _Flora of tropical Africa_ et les annotations inédites récentes

de M. le Dr STAPF, annotations qui nous ont été très aimablement

communiquées. Ce dernier botaniste a bien voulu aussi nous envoyer des

renseignements sur les _Cola_ de PALISOT DE BEAUVOIS et de Georg DON

conservés au British Museum.

M. le professeur A. ENGLER, directeur du Muséum botanique de Dahlem-

Steglitz (Berlin), a eu aussi l’obligeance de nous envoyer en

communication les types des espèces récemment créées par les botanistes

de cet établissement, ce qui nous a permis de voir qu’elles étaient

synonymes d’espèces déjà connues.

Que M. J. BRIQUET, directeur de l’Herbier de Genève et son assistant M.

HOCHREUTINER veuillent bien agréer nos remerciements pour l’empressement

qu’ils ont mis à nous confier les précieux types de VENTENAT et de

PALISOT DE BEAUVOIS conservés dans l’Herbier DELESSERT, propriété de la

ville de Genève.

Enfin nous devons aussi une particulière gratitude à M. le Professeur E.

WARMING, de Copenhague, qui nous a communiqué, par l’intermédiaire de M.

GUIGNARD, de Paris, le type du _Sterculia verticillata_ de SCHUMACHER,

conservé à l’Herbier de l’Université de Copenhague.

Presque toujours les matériaux qui ont servi aux descriptions originales

sont extrêmement incomplets et parfois en mauvais état. En outre, les

organes les plus importants pour distinguer les espèces du genre _Cola_,

c’est-à-dire les fruits développés et les graines, font presque

constamment défaut dans les collections. Mais la très grande quantité de

matériaux en bon état que nous avons recueillis dans les diverses

régions de l’Afrique tropicale, nous ont permis très souvent de

différencier les diverses espèces de Kolatiers par le seul examen des

feuilles. C’est pourquoi nous avons pu, néanmoins, faire

l’identification précise de la plupart des types anciens.

Il nous a semblé utile de publier à la fin de cet ouvrage un atlas

photographique des types les plus intéressants, afin de permettre au

lecteur d’examiner lui-même les documents sur lesquels ont porté nos

études.

=TYPES DES ESPÈCES DE VENTENAT.=

1o =Sterculia nitida= Vent. — L’auteur signale que cette espèce est

cultivée à l’île Maurice ; de beaux spécimens lui ont été envoyés par

MICHAUX. Ce collecteur, connu surtout par son exploration des forêts de

l’Amérique du Nord, visita en effet l’île Maurice. Il faisait partie de

l’Expédition Baudin envoyée à la Nouvelle-Hollande en 1901. MICHAUX

séjourna 6 mois à Maurice et mourut à Madagascar fin 1901[91].

a) _La plante de Michaux_ manque dans les Herbiers de Paris, mais il

existe dans l’Herbier VENTENAT, à Genève, un échantillon très incomplet

(Planche I), portant l’étiquette suivante de l’écriture de VENTENAT :

_Les feuilles sont 2 fois plus

longues dans l’herb. de Mr.

De La Mark_

laurifolia

_à emprunter pour figurer

sous le no 572_

Isle de France. Michaux. HERBIER DE VENTENAT.

Il n’est pas douteux que c’est là le type du _Sterculia nitida_ Vent. ;

la provenance et le nom du collecteur correspondent à ceux mentionnés

dans le _Jardin de la Malmaison_.

D’après le nom porté sur l’étiquette, il semble que VENTENAT ait voulu

nommer la plante _Sterculia laurifolia_. Dans sa publication, il a

changé le nom spécifique en « _nitida_ », et c’est ce nom publié qui

doit être maintenu.

Bien que l’échantillon en mauvais état soit une extrémité de rameau

stérile réduite à 5 feuilles, l’inférieure portant une gemmule à son

aisselle, il est possible de reconnaître, d’après la forme, la nervation

et la consistance des feuilles, que ce rameau appartient à l’espèce

produisant les noix comestibles à 2 cotylédons, nommée plus tard _Cola

vera_ par K. SCHUMANN.

C’est d’ailleurs cette espèce qui est cultivée aujourd’hui encore dans

les îles de l’Océan Indien, notamment à Java (TSCHIRCH).

b) _L’échantillon de l’herbier de Lamarck_, à feuilles deux fois plus

longues, auquel il est fait allusion sur l’étiquette précédente, est

probablement celui dont nous publions la photographie (Planche II).

Il est étiqueté comme provenant des Indes Orientales, mais on sait qu’on

désignait sous ce nom tous les pays tropicaux situés à l’est de

l’Afrique, par opposition à l’appelation « Indes Occidentales », qu’on

appliquait à l’Amérique tropicale et spécialement à l’archipel des

Antilles.

Sur une petite étiquette qui semble être de l’écriture de LAMARCK, on

lit :

_Arbor foliis alternis_

Indes orient. S.

Cette petite étiquette est fixée sur une autre beaucoup plus grande

portant les inscriptions suivantes en trois écritures différentes :

1o _Gynandria decandria-_

Helicteres ?

_Pentagyna, cal. nullus, corolla quinquefida,

nectar. nulla, fructus ?_

2o Sterculia.

3o _C’est le collier du Sénégal_,

le fruit est curieux, mais ne se mange pas ».

_Sterculia_ seul paraît avoir été écrit par LAMARCK.

Les kolatiers & les noix de kola · 第 8 / 40 段