_Déhiscence des fruits._ — Tous les Kolatiers de la section _Eucola_ que

nous avons observés en Afrique tropicale, soit dans les plantations,

soit dans la forêt vierge, produisent des fruits qui nous ont paru

toujours indéhiscents. Les indigènes reconnaissent que les noix sont

mûres quand l’exocarpe prend une teinte vert-jaunâtre ou gris-terreux

dans certaines formes de _C. acuminata_. Ils les cueillent dans cet état

et les ouvrent avec un couteau pour retirer les noix. Les fruits qui ont

passé la maturité restent adhérents à l’arbre, les fourmis creusent

souvent des galeries dans le péricarpe pour se nourrir du mucilage qui

en découle, elles attaquent même le tégument des graines et mettent les

noix à nu ; mais, dans ce cas encore, nous n’avons jamais vu le

follicule s’ouvrir en deux valves, comme cela se produit dans les

espèces de la section _Macrocola_.

Tous les colons et agents de culture que nous avons questionnés nous ont

eux aussi assuré que les fruits des Kolatiers ne s’ouvraient pas à

maturité pour mettre les graines en liberté.

Cependant, d’après d’autres témoignages, la déhiscence peut s’opérer

soit dans certaines races encore mal connues, soit dans des conditions

spéciales que pour notre part nous n’avons pas observées. Pour

l’_Ombéné_ du Gabon, qui n’est autre que _Cola acuminata_, H. BAILLON

rapporte, d’après GRIFFON DU BELLAY, que les follicules s’ouvrent

longitudinalement suivant leur bord interne ou supérieur. Cette

affirmation aurait besoin d’être contrôlée, car l’un de nous a observé,

soit à San-Thomé, soit au Dahomey, des follicules mûrs de cette espèce

qui n’étaient pas ouverts et du reste, dans tous les _Cola_ d’autres

sections à fruits connus, c’est par la suture ventrale que s’opère la

déhiscence.

Enfin, E. HECKEL a publié, en 1898[75], une très belle photographie de

M. GUESDE, montrant une négresse qui vend des Kolas à la Guadeloupe.

Elle tient dans ses mains une corbeille remplie de cabosses (ou

follicules) de Kolatier dont la face ventrale est entrouverte, de sorte

qu’on aperçoit par l’entrebaillement les noix contenues à l’intérieur.

Ces fruits, qui paraissent appartenir à une variété du _Cola nitida_,

sont donc incontestablement déhiscents. Nous n’avons jamais rien vu de

semblable en Afrique, où, même sur les lieux de production, on vend les

noix de Kola sorties de la cabosse et même débarrassées de leur

tégument.

[Illustration : FIG. 10. — _Cola nitida_ A. Chev.

Rameau en fleurs, follicules coupés longitudinalement, inflorescences.]

Dans le _C. sphærocarpa_, la déhiscence s’opère suivant deux lignes

opposées partant du rostre du follicule et se rejoignant peu à peu vers

la base. Il se forme ainsi deux valves et le plan de la déhiscence est

perpendiculaire au plan médian du carpelle.

_Graines._ — Les graines s’insèrent sur deux rangs correspondant aux

deux lignes placentaires de chaque côté de la crête supérieure ou

dorsale du follicule. Comme celui-ci est plus ou moins étalé, elles sont

donc comme suspendues dans sa cavité et fixées à la paroi de l’endocarpe

par un large hile arrondi qui peut avoir jusqu’à 4 à 5 cm. de diamètre.

En dehors du placenta, ce hile présente une légère échancrure et du côté

interne il donne attache à une lame blanche mince, courte, mais large et

qui se soude, d’une part au placenta, et de l’autre à la graine. C’est,

sans aucun doute, une dernière trace du raphé.

Les graines insérées sur les deux lignes placentaires ne sont pas

opposées, mais le plus souvent alternes, de telle sorte que la section

transversale d’un follicule passant par le milieu d’une noix ne fait

qu’effleurer celle qui est placée à côté (Fig. 10).

Dans toutes les espèces de la section _Autocola_ que nous connaissons,

l’amande (embryon) est enveloppée par une membrane blanchâtre,

spongieuse, facile à déchirer, dont l’épaisseur peut atteindre jusqu’à 3

mm. ou 4 mm. Dans cette membrane, on distingue nettement deux parties :

une mince pellicule interne entourant l’embryon sans y adhérer, c’est le

_tégument interne de la graine_, tapissé à l’intérieur de petites

ponctuations provenant des restes du nucelle, et une couche externe plus

épaisse, spongieuse à l’intérieur, entourant toute la graine, très lisse

à la surface, sauf à la hauteur du hile et qui se continue sur la paroi

carpellaire dont elle a l’aspect. C’est, d’après nos observations, _un

tégument externe_ enveloppant toute la graine. Ajoutons que c’est ce

même tégument qui se gélifie et devient très sucré au point d’être

comestible dans _Cola cordifolia_ et dans d’autres espèces de la section

_Macrocola_.

Chez ces espèces, quelques botanistes ont pris à tort pour une arille,

le tégument gélifié. C’est certainement parce qu’il n’avait pas vu de

Kola à l’état naturel que BAILLON assimile « le véritable Kola à la

graine d’une sterculiacée souvent réduite à un gros embryon, plus ou

moins globuleux, charnu, à 2, 3 ou 4 cotylédons épais[76] ». En réalité,

la graine possède toujours un tégument blanc que les indigènes enlèvent

après sa récolte. Ce que nous appelons une noix de Kola est un

_embryon_, c’est-à-dire une graine sans albumen débarrassée de son

tégument.

Le nombre des cotylédons épais et charnus, constituant l’amande, varie

de 2 à 7. Dans le _C. nitida_ et toutes ses variétés, il est constamment

de deux, dans les races cultivées. Dans les formes sauvages de la forêt

de la Côte d’Ivoire, appartenant à la race _C. pallida_, c’est à peine

si on trouve, sur 1.000 graines, une noix à 3 cotylédons.

Dans les quatre autres espèces qui nous sont connues, chaque noix compte

au moins 3 cotylédons, le plus souvent 4 ou 5 et parfois jusqu’à 7 dans

_Cola Ballayi_.

Il serait intéressant de rechercher si les hybrides qui doivent

probablement apparaître là où les _Cola nitida_, _Cola acuminata_ et

_Cola verticillata_ vivent en mélange, ne produisent pas des noix à deux

cotylédons et d’autres noix de 3 à 5 cotylédons sur les mêmes arbres.

Une communication de JOHNSON, ancien directeur du Jardin d’Aburi, faite

au Jardin de KEW, permet de le supposer.

L’embryon, chez toutes les espèces productrices de Kola, est rouge ou

blanc, parfois rose-jaunâtre ou verdâtre. Nous reviendrons sur ces

colorations dans un prochain chapitre.

Ajoutons, pour terminer, que les amandes de Kola sont de taille très

variable dans une même espèce et parfois dans une même variété. Elles

pèsent ordinairement de 8 grammes à 25 grammes, mais on rencontre aussi

des noix qui ne pèsent que 2 ou 3 grammes et quelques-unes atteignent le

poids de 100 grammes.

Nous n’avons observé ces grosses amandes que très rarement et dans

certaines parties de la Côte d’Ivoire seulement.

Le nombre des noix par cabosse est très variable : on en observe de 1 à

12, le plus fréquemment, il en existe 5, 7 ou 9.

Une seule fleur peut produire de 1 à 7 follicules, soit de 30 grammes à

200 grammes de noix fraîches, mais il est rare d’observer sur un même

arbre plus de 20 à 30 groupes de follicules parvenus simultanément à

complet développement.

* * * * *

[Note 73 : CHEVALIER. — _Végét. util._, V (1909), p. 250.]

[Note 74 : Le nombre des logettes est parfois réduit.]

[Note 75 : _Ann. Inst. Colonial, Marseille_, IV, 1898, en face la page

16.]

[Note 76 : BAILLON. — Histoire des Plantes, IV, p. 111. — Voir aussi

_Adansonia_, X, p. 169.]

CHAPITRE VI.

* * * * *

=Caractères histologiques des Kolatiers.=

L’histologie des organes végétatifs des arbres du genre _Cola_ n’a fait

l’objet jusqu’alors d’aucun travail d’ensemble, c’est pourquoi nous

donnerons ici, en résumé, les résultats de l’étude comparée à laquelle

nous nous sommes livrés.

Quelques auteurs ont cependant traité des fruits et des graines et parmi

eux nous citerons : CHODAT et CHUIT[77], ZOHLENHOFER[78], HECKEL[79],

HARTWICH[80] et plus particulièrement une très consciencieuse étude du

fruit et de la graine des _C. vera_ et _Ballayi_ de MM. TSCHIRCH et

ŒSTERLÉ dans leur Atlas classique de Pharmacognosie[81].

Quelques observations générales sont également notées dans l’ouvrage de

SOLEREDER[82], et en ce qui concerne l’appareil gommifère, si

spécialement caractéristique des Sterculiacées, nous renverrons pour la

bibliographie au mémoire de M. DOUSSOT[83]. Nous rappellerons seulement

que ces poches à mucilage ont été tout d’abord étudiées par TRÉCUL en

1867, puis par VAN TIEGHEM en 1884-1885.

=RACINE.=

L’étude histologique de la racine est d’intérêt secondaire, car cet

organe présente la structure normale des racines de Dicotylédons, avec

périderme péricyclique exfoliant l’écorce et poches à mucilage réparties

dans les rayons médullaires de la région libérienne. Plus tard, de

nouvelles formations subérophellodermiques, exfolient successivement les

couches externes précédemment formées en même temps qu’elles donnent de

nouveaux tissus. Dans les jeunes racines, le nombre des poches à

mucilage est variable avec les espèces ou variétés considérées.

=TIGE.=

La tige jeune des Kolatiers étudiés présente un épiderme à cuticule

épaisse sur lequel s’appuient de deux à quatre assises de cellules à

parois minces, limitées en-dedans par une couche de collenchyme à

épaississements caractéristiques, se sclérifiant dans les tiges plus

âgées. Dans le parenchyme cortical sous-jacent, les poches à mucilage

sont nombreuses et réparties généralement sur un seul rang ; la plupart

ont leurs cellules de bordure très régulièrement disposées et entières ;

mais parfois ces poches à mucilage s’agrandissent par gélification et

rupture des cellules de bordure, et il n’est pas rare de trouver deux de

ces éléments confluents l’un avec l’autre. Le liber est partagé par de

larges rayons médullaires en lames minces, coiffées extérieurement par

des amas de fibres correspondant au péricycle ; de très bonne heure, ce

tissu libérien se découpe par l’apparition de bandes transversales

fibreuses formant un liber stratifié dont la structure est typique pour

les plantes du groupe des Malvales. Les tubes criblés se différencient

par un cloisonnement des cellules issues du cambium qui découpe de

petites cellules compagnes, très visibles dans les jeunes tissus. Plus

tard, ces éléments criblés épaississent leurs parois et constituent des

lames de tissu aplati, comprimé entre les bandes fibreuses de soutien

(Fig. 14).

[Illustration : FIG. 14. — =Coupe transversale d’un fragment d’écorce du

tronc de= _C. nitida_, =passant par la région libérienne.= — _Rm_, rayon

médullaire ; _tc_, plages de tubes criblés ; _f_, fibres libériennes ;

_pm_, poche à mucilage ; _pl_, parenchyme libérien ; _cp_, cellules

ponctuées à parois légèrement lignifiées.]

Le bois est riche en vaisseaux rayés ou ponctués, et, de bonne heure, le

parenchyme ligneux, comme celui des rayons médullaires, se lignifie plus

ou moins fortement pour former un cylindre assez compact ; le centre est

occupé par une moelle parenchymateuse ou un peu scléreuse composée de

grands éléments et donnant asile également à de nombreux canaux à

mucilage. Quelques-uns de ces derniers se montrent inclus dans la zone

externe médullaire sclérifiée, mais leurs cellules de bordure restent le

plus souvent parenchymateuses.

L’oxalate de calcium, toujours abondant et cristallisé en mâcles, est

réparti dans les parenchymes, surtout dans l’écorce et la moelle et plus

particulièrement autour du collenchyme externe et des amas fibreux

périlibériens ; cette disposition est surtout facile à observer en coupe

longitudinale.

Des péridermes, dont le premier est sous-épidermique, apparaissent

successivement dans la partie externe de l’écorce et donnent naissance à

des lames subéreuses et à des phellodermes très développés, dans

lesquels de nouvelles formations se développent qui exfolient les

précédentes. Cette écorce secondaire renferme de nombreuses poches à

mucilage.

En même temps, les lames libériennes s’accroissent radialement et leur

tissu conserve la structure stratifiée qu’il affectait dans le début.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Ém. PERROT.

=Les Kolatiers.=

FIG. 15. — =Coupe transversale du pétiole, à la base du limbe.= — _al_,

amas libérien péridesmique ; _col_, collenchyme ; _hyp_, hypoderme ;

_pm_, poche à mucilage ; _pg_, poil glanduleux. G = 100 d. environ.]

On remarque également des bandes de parenchyme libérien et, dans les

rayons médullaires, des canaux mucilagineux (_pm_, Fig. 15).

Les variations de structure de la tige chez les diverses espèces ou

variétés sont peu importantes et ne paraissent avoir aucune valeur

systématique.

=FEUILLE.=

L’étude anatomique de la feuille est plus intéressante et doit surtout

porter sur les particularités de structure du système conducteur dans le

pétiole et dans le limbe.

1o _Pétiole._ — Le pétiole des Kolatiers est toujours relativement long

et présente à son point d’attache avec la tige, un renflement très

accentué. De même à son extrémité, il se renfle à nouveau pour permettre

au limbe foliaire ses mouvements nyctitropiques, fonction ici de

l’éclairement solaire[84]. L’histologie comparée de cet organe est donc

délicate, car on constate dans la répartition et le développement des

divers tissus, des modifications assez profondes suivant que l’examen

microscopique porte sur telle ou telle de ses parties.

Le système fasciculaire est composé typiquement d’un petit nombre de

faisceaux libéro-ligneux, généralement de cinq à neuf, qui se rallient à

un faisceau détaché du cylindre central de la tige, par de longues

cellules annelées ou réticulées.

Il est à noter aussi que l’examen histologique est rendu plus délicat

par la difficulté éprouvée à faire des coupes minces, sur des

échantillons secs d’herbier, à cause de l’abondance chez certaines

espèces ou variétés, des poches et des cellules à mucilage.

Si l’on peut disposer de matériaux frais, il convient de les placer,

aussitôt leur récolte, dans l’acool assez fort, ce qui rendra la

préparation des coupes beaucoup plus aisée, le mucilage étant ainsi

coagulé.

La caractéristique histologique générale du pétiole devra toujours être

recherchée dans la partie moyenne de cet organe à égale distance des

deux renflements (1, Fig. 17).

La section est alors arrondie, avec un épiderme assez fortement

cuticularisé, interrompu çà et là, par quelques _stomates_ et surtout

par des _poils capités courts_ pluricellulaires, munis d’un pied formé

d’une seule cellule. La membrane de ces poils est assez épaissie et ils

sont toujours très enfoncés dans l’épiderme, dépassant à peine la

surface (_pg._, Fig. 15) ; il n’existe pas de poils tecteurs sur le

pétiole adulte.

Dans la plupart des espèces, le collenchyme de soutien qui forme une

lame circulaire est séparé de l’épiderme par une à trois assises de

cellules parenchymateuses, sorte d’hypoderme nettement apparent ; le

collenchyme à membrane plus ou moins épaissie est naturellement plus

abondant vers la partie qui correspond à la face inférieure du limbe

(_hyp._ et _col._, Fig. 15).

Dans le parenchyme conjonctif qui vient ensuite, il n’y a à signaler que

la présence de poches sécrétrices à mucilage, toujours avec cellules de

bordure bien apparentes ; ces poches sont le plus souvent réparties en

un seul cercle autour du système conducteur central, mais on trouve

parfois quelques-unes de ces mêmes formations en dehors de ce cercle.

Le système fasciculaire débute par une bande de tissu mécanique, formé

de deux séries d’éléments. Les uns, très allongés, fibreux, répartis en

amas irréguliers de forme et de dimension, sont réunis entre eux par

d’autres éléments de diamètre beaucoup plus grand, ponctués, sclérifiés

aussi, mais à peu près isodiamétriques. L’ensemble forme ainsi une bande

fibroscléreuse périlibérienne irrégulière, dont les prolongements

s’avancent vers le corps ligneux pour délimiter extérieurement et

protéger les amas de tissu criblé.

Le liber comprend donc une série de ces amas répartis au milieu du

parenchyme, formant une lame qui peut n’être pas continue par suite de

la pénétration des prolongements de la bande sclérenchymateuse qui vient

d’être décrite.

Quant au bois, il est surtout vasculaire, en anneau complet, mais dans

lequel se distinguent des amas plus ou moins apparents ; l’un de ces

amas vasculaires, toujours plus volumineux, correspond à la face

inférieure et indique la symétrie bilatérale de l’organe.

La région centrale du péridesme, correspondant à la moelle, renferme

toujours soit des îlots de tissu criblé accompagnés de quelques

vaisseaux, soit une ou plusieurs lames libéro-ligneuses, dont il faut

rechercher l’origine dans l’invagination de fragments de l’anneau

libéro-ligneux normal (_al_, Fig. 15 et _fp_, Fig. 17).

Il ne s’agit pas ici de formations surnuméraires analogues à celles qui

sont bien connues chez les plantes des nombreuses familles à tissu

conducteur médullaire surnuméraire ; la tige des Kolatiers ne

renfermant, en effet, jamais de semblables formations dans la

moelle[85], elles ne sauraient donc passer de la tige au pétiole.

Au centre, on trouve enfin dans le parenchyme une, deux ou trois poches

à mucilage.

Quant à l’oxalate de calcium, il est très abondant et toujours en mâcles

cristallines ; quoique réparti çà et là, et en apparence sans ordre, il

se localise cependant de préférence dans deux régions : au pourtour du

sclérenchyme périlibérien et autour du collenchyme externe.

Le mucilage n’est pas non plus uniquement excrété par les poches

caractéristiques des Sterculiacées, mais encore dans des cellules un peu

hypertrophiées dont l’examen permet aisément de se rendre compte de

l’origine de cette formation. De la paroi interne partent, en effet, des

amas laissant apercevoir de fines stries, qui indiquent les couches

successives du dépôt de la matière (_cm_, Fig. 18).

L’amidon est abondant, et l’orcanette acétique décèle dans un très grand

nombre de cellules de gros globules ou un contenu transparent, sur la

nature desquels il est difficile d’émettre une opinion.

_Renflement basilaire._ — Des coupes pratiquées vers le point

d’insertion sur la tige, montrent un certain nombre de modifications

dans la structure type.

On remarque d’abord que la sclérification périlibérienne n’existe pas,

et c’est à peine si des amas cellulaires réagissent à la matière

colorante, de façon différente des éléments du parenchyme qui les

entoure. Néanmoins, les cellules qui le composent sont plus allongées, à

parois plus épaisses, et au fur et à mesure que le renflement diminue,

celles-ci commencent à prendre les colorants ce qui indique que la

sclérification s’opère et bientôt les paquets de fibres apparaissent

nettement différenciés. Plus on s’éloigne de la base, plus le phénomène

s’accentue, et peu à peu, les cellules avoisinantes s’épaississent à

leur tour pour réunir les premières, en formant un anneau de soutien

complet, mais le plus souvent très inégal d’épaisseur (1, Fig. 17).

[Illustration : FIG. 16. — =Coupe schématique au niveau du renflement

basiliaire, au point d’insertion des pétioles sur la tige.= — _m_,

mâcles d’oxalate de calcium ; _fll_, amas libéro-ligneux ; _pm_, poche à

mucilage.]

Le système vasculaire est, à la base du pétiole, divisé en un certain

nombre de faisceaux isolés, formés de lames de vaisseaux, séparées par

des rayons médullaires parenchymateux ; l’un d’entre eux, plus

volumineux, indique le plan de symétrie. Quant au liber, il ne forme pas

une lame homogène, mais se compose des amas de tissu criblé

correspondant aux faisceaux ligneux et répartis au milieu du

parenchyme ; souvent il existe plusieurs îlots de tissu criblé par

faisceau vasculaire.

Si les coupes ont été faites aussi près que possible de la tige, le

pétiole ne présente généralement pas de faisceaux libériens ou libéro-

ligneux dans le péridesme central, mais dès qu’on s’écarte quelque peu

de cette région, on voit apparaître des invaginations de la bande

libérienne qui pénètrent vers le centre et ne tardent pas à y former un

faisceau qui s’isole de l’anneau normal et entraîne avec lui quelques

vaisseaux (Fig. 2, 3, 4, 5, 17).

Le plus généralement, ces faisceaux restent petits et n’acquièrent un

développement véritablement important que plus tard et surtout dans la

zône motrice ; néanmoins, il en existe toujours en nombre variable avec

les espèces ou peut-être aussi avec les individus, sur toute la longueur

du pétiole. Pour affirmer leur valeur systématique, il sera nécessaire

de compléter cette étude par l’examen de nombreux échantillons de

provenances les plus variées.

[Illustration : Aug. CHEVALIER et Ém. PERROT.

=Les Kolatiers.=

FIG. 17. — =Figures schématiques du système fasciculaire du pétiole, au

niveau du renflement moteur.= — _L_, liber ; _f_, amas fibreux ; _fscl_,

anneau mécanique fibro-scléreux ; _pm_, poches à mucilage ; _s_, gaine

péri-libérienne non sclérifiée mais épaissie et différenciée ; _fp_,

faisceaux péridesmiques. Les coupes vont du pétiole (_1_) vers le limbe

— (_2_) et montrant en _2, 3, 4, 5, 6, 7_, les modifications de

structure facilitant les mouvements de l’organe ; nervure médiane à la

base du limbe.]

_Renflement moteur._ — Au sommet du pétiole dans le renflement moteur,

les modifications sont importantes et nous les avons étudiées sur de

nombreux échantillons, provenant soit des serres de l’Ecole supérieure

de Pharmacie, soit de celles du Muséum d’Histoire naturelle, soit enfin

de l’herbier de l’Afrique Occidentale dressé par les soins de l’un de

nous.

A quelques détails près, on peut ramener ces modifications aux points

suivants : augmentation du tissu parenchymateux, disparition du tissu de

soutien, dislocation du cylindre central et augmentation du nombre et du

volume des faisceaux conducteurs dans la région péridesmique.

La série de coupes ci-jointe, choisies au milieu d’une cinquantaine

effectuées dans le renflement moteur du _C. nitida_ montre ces

différentes modifications qu’il n’est pas inutile de décrire un peu plus

en détail. Dans les dessins schématiques reproduits, nous ne nous sommes

occupés que du système fasciculaire, car le parenchyme périfasciculaire

externe ne présente, en dehors de son volume, aucun autre intérêt

histologique (Fig. 17).

La figure 1 montre la structure type décrite plus haut : anneau fibro-

scléreux complet ; liber avec nombreux amas de tissu criblé ; bois en

anneau compact, coupé seulement par des rayons médullaires étroits, et,

vers la face supérieure, une invagination de tissu libérien (1, Fig.

17). Il n’y a pas de faisceaux péridesmiques à cet endroit.

Dès que l’on pénètre dans le renflement, les cellules scléreuses

ponctuées, servant de lien aux îlots fibreux du tissu mécanique externe,

disparaissent ; elles sont restées parenchymateuses, quoique plus

volumineuses en général que leurs voisines.

Les îlots libériens s’allongent, et, dans l’échantillon examiné, deux

d’entre eux pénètrent (2, _tc_) vers le centre. Les éléments lignifiés

du bois n’existent plus, et il ne reste que les rangées radiales de

faisceaux, formant encore une sorte d’anneau régulier.

Dans la coupe suivante (3, Fig. 17), la dislocation fasciculaire s’est

accentuée, des masses de tissu libéro-ligneux, s’écartent et sont

séparées par du parenchyme, en même temps que, dans la zone centrale

péridesmique, on remarque la présence de quatre amas libériens, ayant à

leur centre quelques fibres et à un certain endroit de leur périphérie

quelques vaisseaux ligneux. Le nombre des poches à mucilage est passé de

trois à une.

Remarquons, enfin, que le tissu de soutien périlibérien n’est plus

constitué que par des amas non sclérifiés, sauf dans leur zone externe

où quelques fibres subsistent encore ; néanmoins, comme nous l’avons

dit, ces éléments se différencient de leurs voisins par leur électivité

spéciale pour certaines matières colorantes, mais ils ne prennent plus

le vert d’iode, dans la méthode de double coloration avec cette

substance et le carmin boraté ou aluné.

Dans la figure 4, les fibres ont totalement disparu ; des filaments

libéro-ligneux plus importants ont glissé vers le centre en même temps

que deux masses vasculaires se sont quelque peu rejetées latéralement.

Ces phénomènes qui s’accentuent (Fig. 5 et 6) _persistent sur la plus

grande longueur du renflement_.

Les kolatiers & les noix de kola · 第 7 / 40 段