dans laquelle se trouve décrite une autre espèce de _Sterculia_ (_S.
verticillata_), espèce réelle, négligée par les botanistes et que nous
rétablissons dans ce travail[68].
THONNING, conseiller d’Etat au Danemark, avait séjourné vers la fin du
XVIIIe siècle à la Gold Coast, au poste de Christianburg (près d’Accra)
où les Danois avaient établi un fort et un comptoir. Il avait décrit sur
le vif les plantes qui croissaient dans le voisinage de sa résidence. Il
avait fait aussi des herbiers expédiés fort heureusement en double à
VAHL et à SCHUMACHER, car son propre herbier fut détruit au cours du
bombardement de Copenhague en 1807.
F.-C. SCHUMACHER décrit donc, d’après les notes de THONNING, au tome II,
page 14 de l’ouvrage cité, un _Sterculia verticillata_. Nous donnons la
traduction de la diagnose latine et des notes en suédois qui
l’accompagnent :
=Sterculia verticillata= ; Feuilles verticillées par 4, lancéolées très
entières (TH.).
_Kjælæ_ des indigènes.
Çà et là dans l’Aquapim.
Arbre de taille médiocre, jeunes rameaux tétragones, glabres. Feuilles
verticillées par 4, lancéolées, acuminées, très entières, à nervures
secondaires écartées, les inférieures opposées, rapprochées près de la
base du limbe, parallèles près des bords, réticulées, très glabres, de 5
à 10 pouces de long. Pétiole 3 fois plus court que les feuilles.
Stipules nulles. Inflorescences axillaires, pauciflores en grappes, d’à
peine un pouce de longueur, à pédicelles de deux lignes de long.
Bractées deux, subarrondies, aiguës insérées sur le pédoncule. Périanthe
d’une seule pièce, étalé profondément divisé en 5 lobes aigus, d’un
blanc tomenteux en dehors, pourpre à l’intérieur. Corolle nulle.
Etamines constituées par une petite urcéole très brièvement stipitée,
couverte à l’extérieur par les anthères disposées en deux séries sur
l’urcéole.
Anthères 20, disposées en deux séries de dix, déhiscentes par une seule
fente, plus tard paraissant biloculaires par l’existence d’une cloison
longitudinale.
Ovaire situé au fond de l’urcéole, oblong, petit, présentant à la longue
5 sillons. Style presque nul. Stigmates 5, obtus. Fruit non mûr composé
de 5 follicules oblongs, atténués aux deux extrémités et comprimés
gibbeux en dessous, présentant une suture longitudinale en-dessus,
rugueux-scabres, blancs, fixés au pédoncule commun et étalés
horizontalement.
Graines 3 à 6, fixées aux bords de la suture, subarrondies, déformées
par compression, à amande arrondie, tétragone pourpre avec les angles
blancs, se divisant en quatre lobes cotylédonaires (TH.).
Fruits mangés par les indigènes ; ils ont une saveur amère et
astringente et colorent la salive en rouge carmin[69].
Cette plante, que les auteurs les plus récents ont complètement
méconnue, constitue en réalité une espèce de premier ordre, ainsi que
nous le montrerons par la suite (Fig. 4).
Nous continuerons aux Chapitres IV et V, la suite de cet historique.
Quelques années en effet après la publication de l’ouvrage général de G.
DON, le genre _Cola_ était créé par SCHOTT et ENDLICHER.
Sa véritable place est désormais fixée dans la classification.
C’est à l’étude de cette classification et à l’histoire des espèces
établies postérieurement et qui pour la plupart n’avaient pas leur
raison d’être que nous consacrerons les chapitres suivants.
Disons toutefois que KARSTEN, étudiant en 1862-1868, la flore de la
Colombie, rencontra des spécimens de _Cola_ appartenant probablement à
l’espèce _C. nitida_ et qui provenaient sans doute d’une ancienne
introduction, puisqu’aucune espèce du genre n’est connue en Amérique à
l’état spontané.
Il fit de cette plante un genre nouveau qu’il rattacha à la famille des
Euphorbiacées sous le nom de _Siphoniopsis_ Karst.
La belle planche qui accompagne l’ouvrage de KARSTEN permet de
reconnaitre au premier coup d’œil l’identité du _Siphoniopsis_ avec le
genre _Cola_. Aussi BAILLON, dans son _Histoire des Plantes_, n’hésita
pas à identifier le premier genre au second.
* * * * *
[Note 45 : Encyclopédie méthodique. — Botanique, Paris, III, 1789, p.
370.]
[Note 46 : LINNÉ. — Flora Zeylanica, 1re éd., 1747, p. 166. Voir aussi :
Amænit. I, 1749, p. 412 et Species, 1753.]
[Note 47 : G. DON. — General System of Gardening and Botany, I, 1831, p.
515.]
[Note 48 : VENTENAT. — Jardin de la Malmaison, II, 1804. Pl. 91 adnot. —
Dans Son Tableau du Règne Végétal, an VII, vol. III, p. 202, VENTENAT
maintenait encore les _Sterculia_ dans la famille des Malvacées.]
[Note 49 : SCHOTT et ENDLICHER. — Meletemata bot. (1832), p. 33.]
[Note 50 : Robert BROWN. — In BENN. Pl. jav. rar. (1844), p. 236.]
[Note 51 : DUPONT DE NEMOURS. — Notice sur la vie de POIVRE (1719-1786),
Paris, 1786, in-octavo, p. 27, et Dr HŒFER, Nouvelle biographie
générale, art. POIVRE, Paris, Firmin-Didot, XL. 1862, p. 583.]
[Note 52 : A. CHEVALIER et Em. PERROT. — Les pommes de terre des pays
chauds, in _Vég. ut. Afr. trop._, I, 1905, p. 100.]
[Note 53 : Notice sur la vie de POIVRE, p. 33.]
[Note 54 : Le _Sterculia grandiflora_ existait encore près d’un siècle
plus tard à l’Ile de France « cultivé au Réduit et aux Plaines » (BOJER.
Hortus Mauritianus, 1837, p. 24).]
[Note 55 : Le _Moniteur Universel_, an XI (1803), p. 888 (art. de
JUSSIEU), p. 1222 (n. s.) ; an XII, pp. 166, 978, 1538 ; an XIII, p.
330, renseigne sur les dates d’apparition des livraisons du _Jardin de
la Malmaison_, au nombre de 20, contenant chacune six planches et douze
pages. Le _Sterculia monosperma_ est figuré p. 91, correspondant à la
16e livraison de l’ouvrage et à la 5e du t. II, commençant p. 61 et daté
de 1804. Le livre de PALISOT DE BEAUVOIS qui contient, p. 40-42, le
_Sterculia_, fut publié à partir de 1804, également en 20 livraisons,
mais très lentement, car dans son numéro d’août 1805, le _Magasin
Encyclopédique_ (IV, p. 408) dit que VENTENAT en est à sa 19e livraison,
alors que PALISOT DE BEAUVOIS n’en est encore qu’à sa 5e. On doit donc
déduire de la comparaison de ces dates que la planche 91 de VENTENAT est
probablement antérieure à la description de PALISOT DE BEAUVOIS touchant
le Kolatier.
Nous ne saurions trop remercier M. DE NUSSAC, sous-bibliothécaire du
Muséum, de l’empressement avec lequel il s’est mis à notre disposition
pour nous aider à fixer ce point d’histoire.]
[Note 56 : La préface du livre montre que VENTENAT, qui avait quitté les
ordres pendant la Révolution, était aussi habile à tourner galamment un
compliment qu’à décrire des plantes comme en témoigne le passage suivant
extrait de la préface :
« Si, dans le cours de cet ouvrage, je viens à décrire quelqu’une de ces
plantes modestes et bienfaisantes qui semblent ne s’élever que pour
répandre autour d’elles une influence aussi douce que salutaire, j’aurai
bien de la peine, Madame, à me défendre d’un rapprochement qui
n’échappera point à mes lecteurs ».]
[Note 57 : VENTENAT. — _Jardin de la Malmaison_. Adnot. Tab. 91.]
[Note 58 : P. GAFFAREL. — Le capitaine Landolphe. _Ann. Inst. col.
Marseille_, VIII, 2, 1901, p. 45-74.]
[Note 59 : P. DE BEAUVOIS. — _Flore d’Oware et de Bénin en Afrique_,
Paris, I, p. 40-43.]
[Note 60 : Extrait de PALISOT DE BEAUVOIS, Flore d’Oware et de Bénin,
_loc. cit._ Son Herbier, réuni pendant son séjour en Afrique en 1786 et
1787, fut acheté par DELESSERT en 1820.]
[Note 61 : J.-L.-M. POIRET. — Encycl. Bot., vol. VII (1806), Article
Sterculier, p. 428-434.]
[Note 62 : STAPF. — _Kew Bull._, 1906, p. 90.]
[Note 63 : RAFINESQUE. — _Specchio del Science_, II (no XI), (1er
novemb. 1814), p. 158. Le nom d’_Edwardia_ fut abandonné par A.-P. DE
CANDOLLE, parce qu’il existait déjà un genre _Edwardsia_, ce qui aurait
pu prêter à confusion. O. KUNTZE, se basant sur ce que le genre
_Edwardia_ est antérieur de huit ans au genre _Cola_, a rétabli ce nom,
et il désigne le Kolatier proprement dit, sous le nom de _E. acuminata_
O. Kuntze (Revis., I, p. 79). W.-P. HIERN, partisan également de
l’observation stricte des règles de priorité, mais admettant le plus
ancien binôme et non la plus ancienne dénomination spécifique, a nommé
les Kolatiers de l’Angola recueillis par WELWITSCH, _Edwardia lurida_
Rafinesque — Cf. W.-P. HIERN, _Welwitsch’s Catalogue of the African
Plants_, I (1896), p. 84.]
[Note 64 : A.-P. DE CANDOLLE, _Prodromus_, II (1825), p. 92.]
[Note 65 : G. DON. — General System of Gardening and Botany, I, 1831, p.
515.
Georg. DON avait séjourné un mois et demi à Sierra-Leone, puis quelque
temps à San-Thomé, en 1822-23. Ses plantes existent à l’Université de
Cambridge dans l’Herbier Lindley et aussi au British Museum.]
[Note 66 : Ces notes, il est facile de le remarquer, sont une
compilation très incomplète des renseignements publiés par PALISOT DE
BEAUVOIS.]
[Note 67 : Sans doute l’écorce de quinquina.]
[Note 68 : Le titre exact de l’ouvrage est : Beskrivelse af Guineiske
Planter som ere fundne af danske botanikere især af Etatsraad THONNING,
Copenhagen, 1827. — L’ouvrage est publié sous le nom de SCHUMACHER, mais
il fut rédigé en grande partie à l’aide des notes de THONNING.]
[Note 69 : SCHUMACHER. — _L. c._, II, p. 15.]
DEUXIÈME PARTIE.
* * * * *
=Les Kolatiers : Étude botanique, géographique et biologique.=
* * * * *
CHAPITRE IV.
* * * * *
=Position systématique et divisions du genre Cola.=
* * * * *
Le genre _Cola_ appartient à la famille des Sterculiacées créée par
VENTENAT en 1804. Cette famille comprend aujourd’hui plus de 800 espèces
renfermées dans une cinquantaine de genres, répartis dans les diverses
régions chaudes du globe.
Deux de ces genres : le genre _Theobroma_ (Cacaoyer) et le genre _Cola_
sont les seuls qui contiennent des plantes ayant une grande importance
économique.
Au moment où VENTENAT fit des Sterculiacées une famille autonome,
détachée des Malvacées parmi lesquelles Antoine-Laurent DE JUSSIEU avait
placé les deux ou trois espèces de _Sterculia_ connues de son temps,
elle était réduite à quelques espèces de ce dernier genre.
Les grands voyages d’exploration botanique dans les contrées tropicales
du XIXe siècle, amenèrent la découverte de nombreux représentants de ce
groupe, ce qui entraîna le morcellement de la famille.
Quand le genre _Cola_ fut créé en 1832 par SCHOTT et ENDLICHER, les
quelques espèces alors connues avaient été réunies, jusqu’à cette époque
dans le genre _Sterculia_ établi par LINNÉ en 1737. Les premières
espèces décrites, qui plus tard, devaient devenir des _Cola_, furent le
_Sterculia cordifolia_ CAVANILLES (1799) et les _Sterculia nitida_ et
_S. grandiflora_ de VENTENAT (1804) et le _S. acuminata_ de PALISOT DE
BEAUVOIS (1804), ainsi que le _S. heterophylla_ Pal. Beauv.
Le _S. verticillata_ THONNING (in SCHUMACHER) date seulement de 1827.
A la vérité, comme nous l’avons antérieurement établi, trois
appellations génériques sont antérieures à la dénomination _Cola_ (1832)
et s’appliquent aux plantes qui font l’objet de cette étude.
La première, celle de _Bichy_ ou _Bichea_, est due à STOKES[70] en 1812,
la deuxième fut créée par RAFINESQUE, c’est celle d’_Edwardia_ ; et la
troisième, celle de _Lunanea_, due à A.-P. DE CANDOLLE, date de 1825.
Plusieurs botanistes, et notamment Otto KUNTZE[71] et HIERN[72], ont
récemment substitué au nom de _Cola_ la deuxième de ces appellations
anciennes. En vertu des règles de priorité, en usage dans la
nomenclature botanique, ce n’est nullement le nom admis par ces auteurs,
mais c’est évidemment le terme de _Bichea_ qu’il faudrait adopter aux
lieu et place de celui de _Cola_ ; c’est ce qu’avait fait le savant
botaniste PIERRE dans ses notes manuscrites.
Si toutefois nous nous rangeons à la manière de voir de K. SCHUMANN, en
adoptant le nom de _Cola_ pourtant moins ancien, il n’est pas douteux
que le nom de _Bichea_ s’appliquait bien au _Cola_ et que l’appellation
d’_Edwardia lurida_ Raf. = (_Lunanea Bichy_ P. DC. désignait également
bien un vrai Kolatier (probablement _C. nitida_), cultivé à la Jamaïque
dès le XVIIIe siècle.
D’autre part, les indications de STOKES, de RAFINESQUE et de A.-P. DE
CANDOLLE prêtent trop à confusion. Ce dernier botaniste en particulier,
connaissait en effet si mal la plante en question qu’il la décrivit à la
fin de la famille des Anacardiacées, alors qu’il avait décrit les
_Sterculia_ et en particulier le _S. acuminata_ à leur véritable place,
c’est-à-dire dans la famille des Sterculiacées.
[Illustration : Aug. CHEVALIER et Em. PERROT. — =Les Kolatiers.=
48 _bis_.
FIG. 3. — =Cola verticillata= Stapf. — Rameau en fleurs. — Gold-Coast
(_Herb. Kew_)]
Mais la substitution d’une des dénominations _Bichea_, _Edwardia_ ou
_Lunanea_ à celles de _Cola_ amènerait un changement trop profond dans
la nomenclature, changement qui risquerait de n’être pas accepté par la
majorité des botanistes. Nous conserverons donc ce dernier nom qui a
reçu la consécration de l’usage.
C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle est arrivée la _Commission
internationale de nomenclature_ au Congrès botanique de Vienne en 1905,
aussi le nom de _Cola_ figure dans la colonne de l’_Index nominum
genericorum utique conservandorum secundum articulum visesimum regularum
nomenclaturæ botanicæ internationalium_.
*
* *
ENDLICHER et SCHOTT, puis Rob. BROWN n’admettent encore que trois
espèces du genre _Cola_ ; MASTERS, dans le tome I du _Flora of tropical
Africa_, paru en 1868, en cite déjà 11, tandis que BAILLON, en 1873,
n’en mentionne que 6 dans son _Histoire des Plantes_.
K. SCHUMANN, en 1900, dans sa _Monographie des Sterculiacées
africaines_, après avoir étudié les matériaux rapportés à l’Herbier de
Berlin par les explorateurs du dernier quart du XIXe siècle, fut amené à
étendre considérablement le nombre des espèces connues. Il en porte le
total à 32 et si l’on y joint les espèces décrites depuis cette époque
par DE WILDEMAN, W. BUSSE, A. ENGLER et par l’un de nous, ce chiffre
s’élève aujourd’hui à 40 espèces environ. Ajoutons enfin que l’intérieur
du continent africain est encore trop mal exploré pour qu’on puisse nier
la possibilité de découvrir encore de nombreuses espèces nouvelles,
dépourvues probablement, il est vrai, d’un réel intérêt économique, car
il est peu probable qu’on découvre encore de nouveaux Kolatiers
produisant des amandes très appréciées par les indigènes.
K. SCHUMANN eut le grand mérite, non seulement de décrire beaucoup
d’espèces nouvelles du genre _Cola_, mais il les groupa encore
méthodiquement en sections en s’appuyant sur des caractères importants
qu’il fut le premier à mettre en relief.
La séparation des _Sterculia_ et des _Cola_ est aujourd’hui admise par
tous les botanistes.
Dans le dernier genre, spécial à l’Afrique occidentale et centrale, les
fleurs mâles ont les _loges des anthères régulièrement disposées_ sur un
ou deux rangs et forment une couronne simple ou double ; de plus, la
graine adulte est _privée d’albumen_.
Dans les _Sterculia_, répandus dans tous les pays tropicaux, les fleurs
mâles ont les _loges des anthères rapprochées irrégulièrement_ et
réunies le plus souvent en boutons ; les graines _présentent toujours un
albumen_.
« On peut facilement, dit K. SCHUMANN, séparer le genre _Cola_ ainsi
défini en deux groupes. Le premier comprendra les espèces dont les
anthères longues et linéaires sont rangées en anneau simple ; le second
renfermera les espèces avec loges des anthères ellipsoïdales
superposées, c’est-à-dire réunies en deux groupes annulaires, situés
l’un au-dessus de l’autre. Dans ce dernier, les botanistes
systématiciens disent _antheris maximi divaricatis_ ; il serait
préférable de dire _antheris superpositis_. »
Le même auteur partage ensuite le premier groupe en quatre sections ou
sous-genres :
La première, comprenant seulement le _Cola caricifolia_ (G. Don) K.
Schum., se différencie facilement par une duplicature des carpelles en
relation avec le nombre des dents du calice ; il y a 8 à 10 feuilles
carpellaires pour un calice à 4 ou 5 lobes. Le savant botaniste de
Berlin voit dans ce caractère un peu anormal, un stade ancestral, d’où
le nom de _Protocola_ qu’il donne à cette section.
La deuxième, qui ne comprend également qu’un seul représentant (_C.
Chlamydantha_ K. Schum.), a aussi un gynécée pléiomère (à feuilles
carpellaires doubles des divisions du calice), mais elle diffère de la
section _Protocola_ par le nombre considérable de loges d’anthères qui
s’élève à 30 au minimum. Dans le genre _Cola_ comme dans la plupart des
Sterculiacées, les anthères sont à deux loges (l’anthère est à trois
loges seulement chez le _Ayenia_) et dès lors le _C. chlamydantha_
aurait donc 15 étamines. L’auteur adopte pour cette section le nom de
_Chlamydocola_, pour rappeler que la fleur est enveloppée d’un grand
involucre à 3 folioles.
Ces deux sous-genres diffèrent encore par les feuilles, lobées chez
_Protocola_ et digitées chez _Chlamydocola_.
Viennent ensuite deux autres sous-genres qui, avec les précédents,
constituent le premier groupe principal ; ils possèdent seulement 3 à 5
carpelles : la section _Haplocola_ est pourvue de feuilles simples,
entières ou lobées ; celles des espèces de la section _Cheirocola_ sont
au contraire digitées.
« Ce dernier sous-genre subira peut-être, par suite d’études plus
approfondies, un nouveau démembrement : les grosses graines du _C.
pachycarpa_ K. Schum. entourées d’un tégument épais et charnu sont bien
particulières et, d’autre part, le _C. digitata_ Mast., avec ses petites
graines renfermées dans des carpelles déhiscentes de bonne heure et
portées sur un long stipe, est aussi très spécial. ».
Le deuxième groupe principal, remarquable par la double rangée de loges
staminales, comprend les deux sections ou sous-genres _Autocola_ et
_Anomocola_.
Dans le premier se rangent les espèces fournissant les vraies noix de
Kola, d’où sa dénomination. Le sous-genre _Anomocola_ en différerait par
les feuilles verticillées ; en outre, les feuilles accompagnant les
fleurs (préfeuilles ou bractées recouvrantes) sont groupées en un organe
en forme de bonnet se détachant par une fente annulaire basale,
caractère qui ne se rencontre chez aucun des autres représentants de la
famille des Sterculiacées. Une seule espèce y est actuellement rangée,
le _C. anomala_ K. Schum. Bien que nous n’ayons pas vu le type, nous
pensons que cette espèce n’est autre que le _Cola verticillata_ et ce
dernier présente des analogies trop grandes avec les autres espèces de
la section _Autocola_ pour que nous l’en séparions.
Les caractères de ces 5 sections ont été résumés par K. SCHUMANN dans un
tableau dont voici la traduction :
=A.= Androcée sur un seul rang, c’est-à-dire avec loges des anthères
étroites, parallèles et placées à côté les unes des autres en formant
une seule couronne qui entoure un rudiment de pistil.
A. Carpelles en nombre double des dents du calice.
α Etamines en même nombre que les carpelles. Feuilles simples,
lobées
1. _Protocola_.
β Etamines (15) plus nombreuses que les carpelles. Feuilles
digitées
2. _Chlamydocola_
B. Seulement de 2 à 5 carpelles.
α Feuilles entières ou lisses
3. _Haplocola_.
β Feuilles digitées
4. _Cheirocola_.
=B.= Androcée sur deux rangs, c’est-à-dire que les loges des anthères,
relativement courtes, sont placées l’une au-dessus de l’autre sur deux
rangs (antheræ maximi divaricantes vel superpositæ).
A. Feuilles parfois verticillées sur les jeunes rameaux, mais plus
tard toujours disposées en spirales. Bractées de l’inflorescence
petites, ouvertes ; de petites préfeuilles
5. _Autocola_.
B. Feuilles également disposées en verticilles sur les axes
florifères ; bractées relativement grandes réunies entre elles et
formant une sorte de bonnet se détachant par une fente annulaire
6. _Anomocola_.
L’étude de toutes les espèces ainsi réparties nous entraînerait hors du
sujet que nous avons choisi. Nous nous contenterons d’examiner en détail
les espèces qui constituent la section _Autocola_ qui, dans le travail
de K. SCHUMANN, sont au nombre de 5 caractérisées comme il suit :
=AUTOCOLA= K. Schum.
=A.= Feuilles lancéolées ou oblongues, cunéiformes ou arrondies à la
base, jamais lobées, plus ou moins distinctement trinerviées.
A. Feuilles sèches de couleur cuir clair, paucinerviées, calice
glabre (nu) à l’intérieur ; seulement 6 graines par carpelle ;
embryon avec deux cotylédons qui restent fermés pendant la
germination
_Cola vera_ K. Schum.
B. Feuilles sèches la plupart brun sombre, plurinerviées. Calice velu
à l’intérieur ; 10 à 12 semences par carpelle ; embryon avec 4-6
cotylédons qui s’écartent à la germination
_C. acuminata_ (Pal. Beauv.) R. Br
=B.= Feuilles entières, ovales arrondies, jusqu’à former un cercle,
largement aigües à la base ou rétrécies ou arrondies, plurinerviées,
jamais profondément cordiformes.
A. Feuilles glabres ; inflorescences très ramifiées, lâches. Fleurs
ayant au plus 14 loges d’anthères
_C. lateritia_ K. Schum.
B. Feuilles pourvues en-dessous de belles écailles dorées, à rameaux
longs portant de nombreuses fleurs
_C. hypochrysea_ K. Schum.
=C.= Feuilles ovales, d’ordinaire lobées, profondément cordées à la
base
_C. cordifolia_ (Cav.) R. Br.
Tel était l’état de la question à l’époque de la publication de la
remarquable monographie de K. SCHUMANN. Nous n’avons reproduit ce
tableau qu’à titre documentaire, car nous montrerons plus loin qu’il est
tout à fait insuffisant pour différencier les diverses espèces de la
section _Autocola_.
Le sectionnement du genre _Cola_, lui aussi, doit être légèrement
modifié. Nous avons déjà dit que la section _Anomocola_ devait être
fondue avec la section _Autocola_ ce qui réduisait à quatre le nombre
des sections ; mais il devient nécessaire, d’après nos recherches, de
scinder en deux la section _Autocola_, la seule dont nous ayons à nous
occuper ici.
Les deux premières espèces citées dans le tableau ci-dessus
constitueront la nouvelle section _Eucola_, qui comprendra les cinq
espèces étudiées dans un prochain Chapitre. Les trois dernières espèces
du tableau précédent formeront une dernière section que nous nommons
_Macrocola_, ce nom rappelant qu’elle renferme les plus grands arbres du
genre.
Sect. =MACROCOLA= A. Chev.
Tous les représentants connus de cette section sont de très grands
arbres s’élevant parfois de 25 mètres à 40 mètres de hauteur. Feuilles
alternes, grandes ; limbe à contour suborbiculaire, parfois lobé,
souvent plus large que long, arrondi ou cordé à la base. Carpelles 3 ou
4 (rarement 5). Stigmates formant un écusson lobé recouvrant l’ovaire.
Follicules mûrs _rouges_ ou d’un vert-jaune marbré de pourpre, _toujours
déhiscents à maturité_, pubescents à l’intérieur. Graines peu
volumineuses, entourées d’un tégument externe épais devenant à maturité
charnu-mucilagineux et très sucré. Cotylédons 2. Espèces : _Cola
cordifolia_ (Cav.) R. Br., _C. cordifolia_ var. _nivea_ Pierre (A.
Chev.), _C. cordifolia_ var. _Maclaudi_ (Cornu) A. Chev., _C. gigantea_
A. Chev., _C. lateritia_ K. Schum., _C. hypochrysea_ K. Schum., et
d’autres espèces décrites par DE WILDEMANN.
Sect. =EUCOLA= A. Chev.
Arbres de petite taille (le plus souvent de 6 à 15 mètres de hauteur,
dépassant rarement 20 mètres). Feuilles alternes parfois verticillées ou
subverticillées ; limbe lancéolé ou oblong, jamais plus large que long.
Carpelles 5 rarement 6 à 8, stigmates oblongs réfléchis sur les ovaires.
Follicules souvent indéhiscents à maturité, de couleur grisâtre, verte
ou blanchâtre, lisses à l’intérieur. Graines grosses, entourées d’un
tégument externe blanchâtre membraneux et consistant à maturité, non
sucré. Cotylédons presque toujours plus de deux, ou deux dans la seule
espèce _C. nitida_. Amandes comestibles, ordinairement riches en
caféine.
Espèces : _Cola nitida_ (Vent.) A. Chev. et ses races, _C. acuminata_
(Pal. Beauv.) Schott et Endl., _C. verticillata_ (Thonn. in Schum.
Stapf.), _C. Ballayi_ Cornu in Hort. Paris.
Espèce douteuse : _C. sphærocarpa_ A. Chev.
Dans tous les chapitres qui suivront, nous ne nous occuperons plus
désormais que des espèces de cette section.