SCHWEINFURTH[31], le savant et célèbre explorateur allemand qui de 1868

à 1871 parcourut l’Afrique centrale, eût aussi l’occasion de voir

employer le Kola, chez MOUNZA, le roi des Monbouttous du pays des Niams-

Niams, marchand d’esclaves des plus redoutés, qui le reçut avec une

pompe inaccoutumée. « Près du trône, dit-il, avaient été placés deux

petits guéridons chargés de noix de Kola, de bananes sèches, de

bouteilles de cassave et de farine de banane, soigneusement couvertes de

serviettes en écorce de figuier. » SCHWEINFURTH offrit à ce potentat des

cadeaux variés et après les avoir examinés, MOUNZA revint à ses

friandises « prenant quelques tranches de noix de Kola et les mâchant

après avoir fumé... » Malgré tous ses efforts, le distingué voyageur ne

put obtenir aucun renseignement sur la plante productrice de cette

graine, qu’il savait venir de l’ouest ; il apprit seulement « qu’on

trouvait la noix de Cola dans le pays à l’état sauvage, que les

indigènes l’appelaient _Nangoué_ et qu’ils en mangeaient des tranches

pendant qu’ils fumaient[32]. »

Malgré ces rapports intéressants, le Kola devait rester longtemps encore

inutilisé en Europe, et aucun des auteurs des grands traités classiques

de Matière médicale n’en fait mention : ni GUIBOURT, ni PLANCHON dans

son ouvrage de 1875, ni FLUCKIGER et HANBURY.

Mais, en 1883, le professeur HECKEL, de Marseille, qui depuis quelques

années déjà se préoccupait de l’étude des matières premières des

colonies, fit paraître une Monographie des Kolas africains qui est le

premier travail d’ensemble sur cette drogue. Ce mémoire, publié en

collaboration avec le professeur SCHLAGDENHAUFFEN de Nancy[33], pour la

partie chimique, fut récompensé par l’Institut (Académie des Sciences),

qui leur accorda le Prix Barbier.

C’est véritablement de cette époque et grâce aux efforts du Directeur du

Musée colonial de Marseille, que le Kola s’imposa à l’attention des

thérapeutes.

Dix ans plus tard, le même auteur reprit la question et fit paraître

tout un volume[34], dans lequel on trouve cette fois, non seulement un

résumé détaillé des connaissances acquises sur l’histoire naturelle et

la composition du Kola, mais encore un exposé des recherches

physiologiques et des tentatives d’application qui s’étaient produites

pendant cette période.

Bien que nous ayons plus loin, l’occasion de citer bien fréquemment ce

travail de M. HECKEL, si remarquable pour son époque, il est

indispensable, dans ce chapitre, d’en exposer les lignes principales.

Comme tous les auteurs, jusqu’à K. SCHUMANN, M. HECKEL rapporte au _C.

acuminata_ Pal. Beauv., la plante mère du Kola à deux cotylédons ; il en

donne une description détaillée et il groupe ensuite les rapports qu’il

a pu réunir sur l’usage du Kola et sur l’habitat du Kolatier, d’après

les récits des explorateurs récents, ce qui nous évite de nous étendre

trop longuement sur ces détails qui, répétés en trop grand nombre,

deviendraient fastidieux.

Après description de la noix connue surtout en Europe sous la forme

sèche, il discute les opinions de MM. CHODAT et CHUIT[35] sur les

variétés de Kolas du commerce, qui en effet ne reposent sur aucune base

sérieuse ; les analyses faites par ces derniers auteurs montrent

cependant que la teneur en caféine peut être extrêmement variable et

sans doute avec elle, les qualités de la drogue.

On trouve en outre dans ce livre la description d’une nouvelle espèce de

_Cola_ du Gabon produisant des noix à quatre cotylédons reconnue par

Maxime CORNU et nommée _Cola Ballayi_ dans les serres du Muséum de

Paris. Malheureusement à cette espèce furent rapportés à tort des

échantillons botaniques et des noix du véritable _C. acuminata_.

Ainsi que nous le montrerons par la suite, le _Cola Ballayi_ est

caractérisé surtout par ses feuilles groupées en faux verticelle ; la

graîne possède 3 à 5 cotylédons, mais cette particularité existe aussi

dans les _Cola acuminata_ et _Cola verticillata_, espèces très

différentes.

HECKEL a aussi décrit un certain nombre de graines substituées ou

mélangées aux noix de Kola expédiées en Europe à cette époque,

substitutions accidentelles ou frauduleuses qui ne se renouvellent plus

de nos jours. Au premier rang de ces graines intéressantes, il faut

placer le _Bitter-Kola_, sur lequel nous reviendrons dans un chapitre

spécial, réservé aux succédanés et substitutions du Kola.

Nous ferons plus loin un historique complet de la question chimique

comme de l’étude physiologique ; ce qui nous dispense de résumer le

livre d’HECKEL, pour ce qui concerne ces questions.

Il n’est pas inutile d’ajouter que M. HECKEL, par sa persévérance et sa

foi en l’activité du produit, a amené, depuis la publication de son

livre, une série de travaux dont l’ère n’est pas close.

Il était réservé à BINGER de parcourir le premier les territoires situés

à l’est de la Côte d’Ivoire où certaines peuplades recueillent des Kolas

exportés dans les régions soudanaises. Au cours de la belle exploration

qu’il accomplit de 1887 à 1889, comme lieutenant d’infanterie de marine,

pour se rendre de la boucle du Niger à la Côte d’Ivoire, il traversa le

pays de Kong et y recueillit d’intéressants renseignements sur le

commerce de la noix et sur l’habitat de l’arbre producteur.

« Le Kolatier, écrit-il dans sa relation[36], existe à l’état spontané

sur toute la côte occidentale d’Afrique ; on le trouve jusque par 10° de

latitude nord, mais il reste stérile à cette latitude. Son véritable

habitat est situé entre 6° et 7° 30′, et près de Groumania dans l’Anno

(8°).

« Les premiers arbres en rapport se trouvent à Kamélinso (près Groumania

par 7° 50′) et les derniers près d’Attakrou par 7° ; la zône où l’arbre

est en plein rapport semble donc être très limitée et comprise entre le

7° et le 8° pour l’Anno et le Ouorodougou.

« Bien que je n’aie pas visité ce dernier pays, il m’a été donné de

calculer assez facilement par quelle latitude se trouvait le Kola. De

Tengréla partent des itinéraires bien connus des marchands sur Touté,

Siana, Kani et Sakhala.

« Les deux premières localités se trouvent, d’après les indigènes

voyageant avec des ânes chargés (faisant 16 kilomètres en moyenne par

jour), à environ 25 jours de marche, à peu près 550 kilomètres dans une

direction sud-sud-ouest, ce qui place ces marchés par 7° 40′ de latitude

nord. Sakhala, d’après les mêmes calculs se trouverait par 7° 20′.

« Mais nous avons vu, au chapitre Samory, que ces marchés étaient situés

à une trentaine de kilomètres au nord des lieux de production ; nous

pouvons donc en inférer que les Kolas se trouvent environ à 7° 15′.

« Dans l’Achanti, l’habitat du Kola est sensiblement le même ; les

missionnaires de Bâle et le docteur MOHLY, qui ont exploré la basse

Volta, signalent le Kola dans l’Akam et l’Okouawan ; or ces deux régions

se trouvent précisément entre 6° 30′ et 7° 30′ : on peut donc en déduire

que le Kola se trouve en plein rapport dans une zone comprise entre 6°

30′ et 7° 30′ et, par extension, dans certaines régions du 6° au 8° et

qu’à l’état isolé et stérile, il est rencontré jusque par 10° de

latitude nord. »

Auparavant, dans la région de Sikasso, Binger avait déjà recueilli des

renseignements sur les Kolas exportés par la haute Côte d’Ivoire

occidentale[37]. « Le Ouorodougou (pays des Kolas) et le Ouorocoro (pays

à côté des Kolas) ne sont pas des pays à production du Kola comme le

fait supposer l’étymologie de leur nom. Ces pays ne se trouvent que sur

les confins nord des pays à Kolas...

« Voici comment se fait... le commerce des Kolas dans cette région.

« Arrivés à Tiong-i, Tengréla, Maninian, Sambatiguila, que j’appellerai

marchés à Kolas de la première zône, les marchands font scier leur barre

de sel en douze morceaux de trois doigts de longueur que l’on nomme

_Kokotla_... Cette opération terminée, on achète les paniers et les

nattes à l’aide desquelles on doit emballer les Kolas ; tout ceci est

payé en sel. Là, les caravanes s’informent du cours des Kolas, et, si

leurs ressources ou l’état de leurs animaux le leur permettent, elles

poussent plus au sud pour se procurer ce fruit à meilleur compte.

« Arrivés sur les marchés de la deuxième zône (zône plus proche des

lieux de production), à Odjenné, Touté, Kani, Siana ou Sakhala, les

marchands du nord s’adressent aux indigènes qui font tous le métier de

courtier. Ce sont des Siène-ré ou des Mandé-Dioula ; les premiers

paraissent être les autochtones, les seconds n’y sont venus qu’à une

époque relativement récente, mais leur autorité s’est affirmée au point

que ce sont eux les maîtres réels du pays...

« Ces courtiers conviennent avec les marchands du prix du sel et fixent

la quantité de Kolas qu’ils recevront en échange d’un kokotla (cette

fraction de barre de sel étant devenue depuis Tengréla l’unité

d’échange).

« Le prix du Kola sur les marchés du Ouorodougou varie entre 200 et 600

fruits pour un kokotla. Ce qu’il y a de curieux dans cette partie du

Soudan, c’est que, dès qu’il s’agit de Kolas, la première grosse unité

est 100, tandis que partout dans les états de Samory elle n’est que 80.

Ces deux nombres portent le même nom, on fait précéder la dénomination

commune du mot _Kémé_ (cent) par le mot _Ourou_ (kola) quand il s’agit

de Kolas, de sorte que l’on dit pour cent Kolas, _ourou-kémé_.

« Généralement il y a assez de Kolas en réserve dans ces marchés pour

contenter les acheteurs, mais il arrive quelquefois que pour des raisons

multiples, guerres, pillage, mauvaise saison, il vient une trop grande

quantité d’acheteurs à la fois. Alors il se passe le fait suivant : le

prix convenu, les acheteurs remettent leurs _kokotlas_ aux courtiers,

les femmes de tout le village (les femmes seulement) partent au moment

où le soleil disparaît à l’horizon, sous la conduite de deux ou trois

hommes du village préposés à cet effet et vont chercher plus au sud la

quantité de Kolas nécessaires. Ces femmes ne reviennent que le

surlendemain à la nuit tombante.

« En admettant qu’elles marchent douze heures sur les quarante-huit

qu’elles mettent à faire le trajet, elles parcourraient 60 kilomètres :

donc c’est au maximum à 30 kilomètres au sud de ces marchés que se

trouvent les lieux d’échange entre les femmes des courtiers et les

habitants des lieux de production.

« Kéléba Diara, mon dioula ânier, me dit que les Lô apportent les Kolas

en des lieux d’échange situés en pleine brousse. Jamais, lui, qui est

resté à Sakhala jusqu’à l’âge de vingt-trois ans environ, n’a pu en

savoir plus long. « J’étais bien marabout, mais cela ne suffit pas, il

faut faire partie de cette confrérie et je n’ai jamais été initié. Je

n’ai pas cherché à en savoir davantage, ni à m’aventurer par là, mon

affaire eût été vite réglée, on vous coupe tout bonnement le cou[38]. »

BINGER a publié, tome I, page 143, un excellent dessin du rameau de

Kolatier en fleurs, accompagné du croquis du fruit et d’une noix

recouverte du tégument. Dans tous les pays où il a voyagé, il n’a

certainement rencontré que la noix de l’espèce à deux cotylédons,

désignée par nous sous le nom de _Cola nitida_. S’il a ignoré

l’existence des sortes à plus de deux cotylédons, il a par contre fourni

les seuls renseignements exacts publiés jusqu’à ce jour sur les variétés

commerciales de noix à deux cotylédons. Voilà ce qu’il dit sur ces

variétés :

« Le Kola de Sakhala est le plus gros que l’on connaisse, il est

toujours blanc, se conserve très longtemps, et, de préférence, est porté

à Djenné et à Tombouctou. Ce Kola est aussi le plus cher.

« Le Kola d’une grosseur moyenne, rouge ou blanc, se trouve surtout à

Kani, Siana et Touté ; il est également recherché, particulièrement le

rouge.

« Enfin il existe une autre variété qui s’achète en majeure partie à

Djenné[39] et Tiomakhandougou ; elle est rouge et très petite ; on la

connait dans cette partie du Soudan sous le nom de _Maninian Ourou_

(Kola de Maninian), parce qu’on en trouve beaucoup sur ce marché[40]. »

Plus loin, le même auteur signale les autres sortes de Kolas qu’il

rencontra sur le marché de Kong : le Kola blanc de l’Anno et le Kola

rouge de l’Achanti :

« Le Kola blanc de l’Anno est de deux variétés : l’une d’un blanc jaune

pâle, analogue à la couleur du Kola de Sakhala du Ouorodougou, mais plus

petite que ce dernier ; l’autre de même grosseur, ne diffère que par sa

teinte d’un rose si pâle qu’il n’est pas classé dans le Kola rouge par

les indigènes ; on le vend mélangé aux blancs sans différence de prix,

ce qui n’aurait pas lieu s’il était plus foncé, car le Kola rouge est

toujours plus cher que le Kola blanc de même grosseur.

« Le goût du Kola de l’Anno est bien moins fort que celui du Kola rouge,

mais il renferme une teinture rouge, qui est usitée par l’indigène en

concurrence avec celle du Kola rouge. Comme teinture, le Kola blanc de

l’Anno a donc les mêmes qualités que le Kola rouge de l’Achanti...

Partout le Kola rouge de l’Achanti atteint le prix le plus élevé[41]. »

La seule erreur grave que l’on trouve dans le livre de BINGER (et elle

n’est que la réédition d’une erreur analogue commise par BARTH) est

relative à la détermination botanique des arbres producteurs. Selon ces

auteurs, les noix rouges sont fournies par le _Cola acuminata_ et les

noix blanches de l’Anno par le _Cola macrocarpa_. Nous verrons dans un

autre chapitre : 1o que ces noms correspondent à des plantes très

différentes ; 2o que les noix rouges et les noix blanches sont très

fréquemment fournies par le même arbre, ainsi que l’avait signalé pour

la première fois René CAILLIÉ.

BINGER a le grand mérite d’avoir le premier montré l’importance du Kola

dans les transactions soudanaises et le rôle qu’il joue dans la vie des

indigènes. La plupart des voyageurs ou des fonctionnaires français, qui

ont publié depuis des notes sur les Kolas, n’ont fait que reproduire les

renseignements recueillis par le grand explorateur. RANÇON, en

particulier, qui parcourut les territoires de la Haute Gambie, en 1892,

dans le but d’étudier les produits végétaux utilisables, note seulement

les indications nouvelles suivantes :

« Sur le littoral, les deux principaux marchés sont Gorée et les

établissements de la Gambie ; le prix des Kolas y varie de 225 à 560

francs les 100 kilogs... Saint-Louis qui lui-même les reçoit de la

Gambie et de Sierra-Leone n’en exporte au Soudan, par Bakel et Médine,

que dans de très faibles proportions. C’est surtout par Mac-Carthy que

se fait l’importation pour tous les pays situés au nord de la Gambie :

Ouli, Kalou-Kadougou, Sandougou, Bondou, Bambouck, etc... La seconde

voie importante par laquelle le Kola pénètre au Soudan français est

celle du Fouta-Djalon. La ville où se pratiquent le plus les

transactions commerciales concernant ce produit est Kédougou dans le

Niocolo. De tous les points des régions situées entre le Niger et la

Falémé, les dioulas affluent et vont y faire leurs achats »[42].

RANÇON n’observa pas le Kolatier dans les régions soudanaises qu’il

parcourut, mais il crut qu’il serait possible de l’y cultiver, notamment

dans les environs de Bamako et de Sikasso. Il s’appuyait sur cette

constatation qu’un arbre du même genre le Ntaba (_Cola cordifolia_ R.

Br.) y prospère. Les essais malheureux tentés, notamment à Kati et à

Koulicoro, ont montré combien cette conception était erronée. Les

différentes espèces d’un même genre vivent souvent dans des conditions

très différentes, et si le Ntaba s’accomode du climat soudanais, le

kolatier, au contraire, comme nous le montrerons par la suite ne peut

guère s’éloigner de la zône des grandes forêts tropicales.

La partie nord-ouest de la forêt de la Côte d’Ivoire et le haut Liberia

qui sont par excellence les pays producteurs de bonnes sortes de noix de

Kolas, étaient encore vierges de toute exploration en 1897. La

pénétration commencée, à cette époque, par ESSEYRIC, BLONDIAUX,

WOELFFEL, HOSTAINS, d’OLLONE, THOMANN, SCHIFFER, LAURENT, JOULIA, se

poursuit encore aujourd’hui, mais déjà les régions les plus riches sont

accessibles et l’un de nous a pu les parcourir pendant plusieurs mois en

1909, de sorte que même pour cette partie de nos possessions, où se

trouvent réunies les conditions optima favorables à la culture et à

l’exploitation du Kolatier, nous pourrons donner des renseignements

recueillis sur place.

L’arrivée de nos troupes au Soudan à la lisière nord de la forêt vierge

en 1898, marque donc en quelque sorte le commencement d’une nouvelle

période de recherches relatives aux arbres à Kola. Désormais, ce n’est

plus seulement en questionnant les indigènes, comme l’avaient fait René

CAILLIÉ, BINGER et RANÇON, sur les pays producteurs de Kola qu’on pourra

obtenir de nouveaux renseignements, mais il sera enfin possible d’aller

recueillir des documents sur les lieux même de production, et c’est ce

qui a été fait pour les diverses colonies françaises.

Il n’est pas utile de faire ici un exposé historique de cette troisième

période, puisque nous donnons dans chacun des chapitres suivants des

renseignements bibliographiques détaillés pour les résultats acquis dans

ces dernières années.

Ajoutons seulement que pour les Colonies anglaises des notes

intéressantes ont été publiées à plusieurs reprises dans le _Bulletin de

Kew_ et dans le _Bulletin de l’Impérial Institut_.

En Allemagne on doit citer principalement les noms du Prof. O. WARBURG

et du Dr BERNEGAU comme s’étant plus particulièrement occupés de l’étude

des questions se rapportant au Kola. En 1897, dans la 2e édition du

_Traité d’Agriculture tropicale_ de SEMLER, WARBURG a exposé, en

quelques pages, les connaissances acquises à cette époque ; tout le

chapitre concernant le Kolatier dans cette publication a du reste été

traduit en français[43].

Nous devons enfin mentionner une nouvelle mise au point[44] faite en

1908 par E. DE WILDEMAN à qui l’on doit quelques renseignements

intéressants sur la dispersion des Kolatiers au Congo belge.

* * * * *

[Note 17 : PALISOT DE BEAUVOIS, Flore d’Oware et de Bénin, I, 1804, p.

41. — Cette espèce n’est d’ailleurs pas, comme nous l’établirons plus

loin, le véritable Kolatier fournissant les noix à deux cotylédons, mais

une espèce à graines ayant plus de deux cotylédons.]

[Note 18 : POIRET. — Encyclopédie Bot., Paris VII, 1806, 433.]

[Note 19 : HOUGTON et MUNGO-PARK. — Voyages dans l’intérieur de

l’Afrique (Trad. LALLEMANT), an VI, I, 177, 202 et II, 1820, 51.]

[Note 20 : DURAND. — Voyage au Sénégal en 1784-1785, depuis le Cap-Blanc

jusqu’à Sierra-Leone. Paris, 1802, pp. 137 et 176.]

[Note 21 : TUCKEY. — Relation d’une expédition pour reconnaître le Zaïre

(1816), Paris, 1818, 2 vol. et atlas (Voir ce dernier, p. 78).]

[Note 22 : René CAILLIÉ. — Voyage à Tombouctou. Paris, 1830.]

[Note 23 : C’est le nom, dit en note R. CAILLIÉ, que donnent à ce fruit

les Européens dans les colonies d’Afrique. Les Mandingues l’appellent

_Ourou_.]

[Note 24 : Il s’agit certainement du pays des Tomâs dans la Haute-Guinée

française.]

[Note 25 : _Adansonia_, X, 1871-1872, p. 161-164.]

[Note 26 : F.-V. MÉRAT. — Supplément au Dict. univ. de Mat. médicale et

thérapeutique générale. Paris, 1846. _Art. Sterculia_, p. 676.]

[Note 27 : On the vegetation of tropical Western Africa. _Journal of the

Proceedings of the Linnean Society of London_. Botany, London, IV, 1860,

p. 17-18.]

[Note 28 : L’espèce à 4 cotylédons dont parle BARTER est _Cola

acuminata_.]

[Note 29 : H. BARTH. — Voyages et découvertes dans l’Afrique

septentrionale et centrale, 1849-1855. Edition française, 4 vol., Paris-

Bruxelles, 1861-1863.]

[Note 30 : Soit 120.000 francs. Au temps de BARTH, 2500 Kourdi valaient

1 thaler.]

[Note 31 : G. SCHWEINFURTH. — Au cœur de l’Afrique (1868-1871). Paris,

trad. LOREAU, II, 1875, p. 44-46.]

[Note 32 : Il s’agit probablement de _Cola Ballayi_, que l’un de nous a

observé à Bangui dans le même bassin fluvial.]

[Note 33 : HECKEL et SCHLAGDENHAUFFEN. — Sur les Kolas africains. _J.

Ph. et Ch._ 5e série, VIII, 1883, 81, 177, 289.]

[Note 34 : Les Kolas africains. Monographie botanique, chimique,

thérapeutique et pharmacologique. Paris, 1893. Soc. éd. scient., 1 vol.

in-8o, 406 p. avec nomb. figures et planches.]

[Note 35 : CHODAT et CHUIT. — Etude sur la noix de Kola, _Arch. Sc.

phys. et naturelles_. Genève, 1888, p. 505.]

[Note 36 : BINGER. — Du Niger au Golfe de Guinée, Paris (1892), t. I, p.

311.]

[Note 37 : _L. c._, t. I, p. 141.]

[Note 38 : BINGER. — _L. c._, I, p. 143. C’est seulement 15 ans plus

tard que nos officiers purent enfin pénétrer en pays Lô et voir de près

ces marchés de la première zône, où les commerçants indigènes du

Ouorodougou n’avaient eux-mêmes pas le droit de se rendre. Nous ferons

connaître dans la deuxième partie de cet ouvrage le fonctionnement

actuel de ces marchés.]

[Note 39 : C’est probablement Odjenné qu’il faut lire.]

[Note 40 : BINGER. — _L. c._, I, p. 142.]

[Note 41 : BINGER. — _L. c._, I, p. 312. En réalité, les diverses sortes

de Kolas de ces régions, toujours à deux cotylédons et ne différant que

par le goût et la coloration, blanche, rosée ou rouge, sont toutes fort

appréciées par les indigènes. C’est la grosseur des noix et non la

coloration qui détermine le prix.]

[Note 42 : RANÇON. — Dans la Haute-Gambie, Voyage d’exploration

scientifique, 1891-1892, _Ann. Inst. Colonial Marseille_, II, 1894, p.

452-467.]

[Note 43 : O. WARBURG. — La culture du Kolatier, _Rev. Cult. colon._,

VI, 1er sem. 1900, p. 269-275.]

[Note 44 : E. DE WILDEMAN. — Plantes tropicales de grande culture, I,

1908, p. 281-308.]

CHAPITRE III

* * * * *

=Histoire botanique des principaux Kolatiers jusqu’à la création du

genre Cola.=

* * * * *

Si la plante produisant la noix de Kola n’était pas connue à l’époque où

LAMARCK rédigeait l’article _Kola_[45] dans l’_Encyclopédie botanique_,

des rameaux en fleurs existaient déjà dans plusieurs herbiers français,

notamment dans celui de LAURENT DE JUSSIEU et aussi dans celui de

LAMARCK lui-même. Toutefois c’est en 1804 qu’ils furent décrits pour la

première fois par VENTENAT et c’est aussi en 1804 que PALISOT DE

BEAUVOIS révéla la véritable origine du Kola.

Le genre _Sterculia_, dans lequel les botanistes devaient tout d’abord

classer ce végétal, avait été créé en 1747 par LINNÉ[46].

Georg. DON[47] a publié une note curieuse établissant l’étymologie de ce

nom ; en voici la traduction littérale : « _Sterculia_, de Sterculius,

une divinité romaine dont le nom dérive de _stercus_ (excrément). Les

Romains à la fin du paganisme avaient déifié les choses les plus

dégoûtantes et les actions les plus immorales. Ils avaient les dieux

Sterculius, Crépitus et les déesses Caca et Pertunda. Les fleurs et

parfois les feuilles de quelques espèces de _Sterculia_ sont fétides ».

Ajoutons, en effet, qu’un des premiers _Sterculia_ connus fut dénommé

par LINNÉ : _S. fœtida_.

LAURENT DE JUSSIEU, avec beaucoup de perspicacité, plaça ces _Sterculia_

dans son ordre naturel des Malvacées.

VENTENAT, en même temps qu’il décrivait, en 1804, plusieurs espèces

nouvelles de ce genre, notamment le _Sterculia nitida_, produisant les

noix de Kola à deux cotylédons, créa pour elles la famille autonome des

Sterculiacées[48]. Ce botaniste a donc assigné, pour la première fois,

une dénomination binaire conforme à la nomenclature linnéenne, à l’arbre

produisant la bonne noix de Kola, en même temps qu’il constituait la

famille végétale dans laquelle les espèces de ce genre sont encore

classées aujourd’hui.

Disons de suite également qu’en 1832 SCHOTT et ENDLICHER[49], les

premiers, séparèrent ces espèces des _Sterculia_ pour en faire un genre

nouveau sous le nom de _Cola_. Douze ans plus tard, ROBERT BROWN[50]

reprit ce genre qui fut ensuite définitivement adopté par les botanistes

BENTHAM et HOOKER, MASTERS, BAILLON, K. SCHUMANN, etc.

Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, à la côte occidentale

d’Afrique, mais à l’Ile de France (Maurice), où le Kolatier avait été

introduit, que furent récoltés les premiers spécimens botaniques de cet

arbre et c’est au naturaliste-voyageur COMMERSON qu’en revient tout

l’honneur.

Les kolatiers & les noix de kola · 第 3 / 40 段