On a fait dernièrement à Pompéï une découverte fort curieuse: celle
d'une très-jolie tannerie et de son outillage.
Les chaudières, les bassins et autres instruments sont d'une telle
ressemblance avec ceux employés dans les tanneries modernes, qu'il n'y a
eu aucun doute ni aucune difficulté à reconnaître la destination de cet
établissement antique.
Au commencement du mois d'octobre, on a trouvé près de cette tannerie le
corps d'un malheureux ouvrier, dont nous donnons un dessin dans ce
numéro.
Cet ouvrier, qui devait avoir une cinquantaine d'années au moment où il
a péri dans le terrible drame du 29 août de l'an 79, est
très-vraisemblablement un ouvrier tanneur. Son costume était celui des
ouvriers de tous les temps, composé d'une blouse serrée à la taille par
une ceinture et d'un pantalon court. Il avait le bas des jambes et les
pieds nus.
Il ne se trouvait pas au même niveau que la tannerie, mais à la hauteur
de son toit, par lequel il a sans doute cherché à s'enfuir, la pluie de
cendres et de pierres lui avant apparemment enlevé tout autre moyen de
retraite.
Au moment où on l'a découvert, il reposait, la tête appuyée sur sa main,
qui contenait, avec quelques menues monnaies, un sesterce, petite pièce
d'argent valant alors de vingt-cinq à trente centimes.
Notre dessin ayant été fait d'après la première copie délivrée par le
photographe qui a obtenu la permission de photographier le corps,
l'_Illustration_ est donc le premier journal qui aura mis sous les yeux
du public cette intéressante découverte.