seul émail sans divisions, dans le second il peut avoir plusieurs émaux.
Il est alors divisé ou _parti_. On compte quatre partitions principales,
dont toutes les autres dérivent: _Le parti_, qui partage l'écu
perpendiculairement en deux parties égales (6); _le coupé_ (7); _le
tranché_ (8); _le taillé_ (9). Le parti et le coupé forment l'_écartelé_
(10), qui est de quatre, de six, de huit, de dix, de seize quartiers et
plus encore quelquefois. Le tranché et le taillé donnent l'_écartelé en
sautoir_ (11). Les quatre partitions ensemble donnent _le gironné_ (12).
Quand le gironné est de huit pièces comme l'exemple (fig. 12), on
l'appelle simplement gironné; mais quand il y a plus ou moins de girons,
on en désigne le nombre: gironné de six, de dix, de douze, de quatorze
pièces. _Tiercé_ se dit de l'écu qui est divisé en trois parties égales
de différents émaux conformément à chacune des partitions. Ainsi, le
tiercé par le parti s'appelle _tiercé en pal_ (13), X porte: _tiercé en
pal de sable, d'argent et d'azur_; le tiercé par le coupé s'appelle
_tiercé en fasce_ (14), X porte: _tiercé en fasce d'azur, d'or et de
gueules_; le _tiercé en bande_ est donné par le tranché (15), X porte:
_tiercé en bande d'or, de gueules et d'azur_; le _tiercé en barre_ par
le taillé (16), X porte: _tiercé en barre d'azur, d'or et de gueules_.
Il y a en outre les tiercés qui ne se rapportent pas aux quatre
premières partitions, mais qui se tracent d'après certaines figures
héraldiques. Il y a le _tiercé en chevron_ (17), X porte: _tiercé en
chevron d'argent, de gueules et de sable_; le _tiercé en pointe_ ou _en
mantel_ (18), X porte: _tiercé en pointe ou en mantel d'azur, d'argent
et de gueules_; le _tiercé en écusson_ (19), X porte: _tiercé en écusson
de gueules,_ _d'argent et d'azur_; le _tiercé en pairle_ (20), X porte:
_tiercé en pairle d'argent, de sable et de gueules_; le _chappé_ (21), X
porte: _de gueules à trois pals d'argent chappé d'or_; le _chaussé_
(22), X porte: _de gueules ou pal d'argent chaussé d'or_; l'_ambrassé à
dextre et à sénestre_ (23), X porte: _d'argent embrassé à sénestre de
gueules_; X porte: _d'argent embrassé à dextre de gueules_; le _vétu_
(24), X porte: _d'or vêtu d'azur_; l'_adextré_ (25), X porte: _d'argent
adextré d'azur_; le _sénestré_ (26) X porte: _d'azur sénestré d'argent_.
La position des figures qui sont placées sur l'écu doit être exactement
déterminée, et pour le faire, il est nécessaire de connaître les
différentes parties de l'écu (27). A est le centre de l'écu; B le chef;
D le canton dextre du chef; E le canton sénestre du chef; F le flanc
dextre; G le flanc sénestre; C la pointe; H le canton dextre de la
pointe; I le canton sénestre. Quand une figure seule occupe le centre de
l'écu, on ne spécifie pas sa situation. Si deux, trois ou plusieurs
figures sont disposées dans le sens des lettres D B E, on les dit
rangées en chef; si elles sont comme les lettres F A G, en fasce; si
elles suivent l'ordre des lettres H C I, en pointe; disposées comme B A
C, elles sont en pal; comme D A I, en bande; comme E A H, en barre.
Trois figures sont généralement placées comme les lettres D E C: deux et
une; lorsqu'elles sont placées comme les lettres H I B, on les dit mal
ordonnées. Les figures posées comme D E H I se désignent: deux et deux.
Cinq figures posées comme B A C F G, en croix; comme D E A H I, en
sautoir; comme D E A C, en pairle. Les pièces rangées comme D B E G I C
H F, en orle. Une figure placée en A, au milieu de plusieurs autres qui
seraient différentes par leur forme, est en abîme. Quand un écu n'est
chargé d'aucune figure on dit: X porte de tel métal ou de telle couleur.
Les anciens comtes de Gournai portaient de sable plein. Si l'écu n'est
chargé que d'une fourrure, on dit: X porte d'hermine (fig. I). S'il est
chargé de figures, il faut examiner s'il est simple, c'est-à-dire, sans
partitions, ou s'il est composé.
S'il est simple, on énonce d'abord le champ, puis les figures
principales et celles qui les accompagnent ou ne sont que secondaires,
ensuite leur nombre, leur position et leurs émaux; le chef et la bordure
se désignent en dernier lieu ainsi que leurs figures.
Lorsque la pièce principale empiète sur le chef ou la bordure, le chef
ou la bordure doit alors être désigné avant la pièce principale.
Vendôme ancien (28) portait: _d'argent au chef de gueules à un lion
d'azur, armé, lampassé et couronné d'or brochant sur le tout_. Si l'écu
est composé, on commence par énoncer les divisions; s'il s'en trouve
plus de quatre, on observe le nombre de lignes qui divisent, et l'on
dit: Parti de tant, coupé de tant, ce qui donne tant de quartiers. Par
exemple (29), dites: Parti d'un, coupé de deux, ce qui donne six
quartiers; au premier de..., au second de..., au troisième, etc. (30).
Parti de trois, coupé d'un, ce qui donne huit quartiers; au premier
de..., au second de..., etc. (31). Parti de deux, coupé de trois, ce qui
donne douze quartiers; au premier de..., au second de..., etc. On
blasonne chaque quartier en détail, en commençant par ceux du chef, et
en allant de la droite de l'écu à la gauche.
Les figures ou pièces ordinaires du blason sont de trois sortes: 1° les
figures héraldiques ou propres; 2° les figures naturelles; 3° les
figures artificielles. Les figures héraldiques se subdivisent en pièces
honorables de premier et de second ordre. Les pièces honorables de
premier ordre occupent habituellement dans leur largeur, lorsqu'elles
sont seules, le tiers de l'écu; à l'exception du franc-quartier, du
canton et du giron qui n'en occupent que la quatrième partie.
Ces pièces sont: _le chef_ (32), _la fasce_ (33), _la champagne_ (34),
_le pal_ (35), _la bande_ (36), _la barre_ (37), _la croix_ (38), _le
sautoir_ (39); _le chevron_ (40), le _franc-quartier_ (41), _le canton_
(42) _dextre ou sénestre_, _la pile_ (43) ou _la pointe_, _le giron_
(44), _la pairle_ (45), _la bordure_ (46), _l'orle_ (47), plus étroit
que la bordure, _le trescheur_ (48) ou _essonier_ qui ne diffère de
l'orle qu'en ce qu'il est plus étroit et fleuronné, l'_écu en abîme_
(49), _le gousset_ (50), rarement employé. Lorsque les pièces dont nous
venons de parler se multiplient, ces répétitions se nomment
_rebattements_. Harcourt porte: _de gueules à deux fasces d'or_ (51).
Aragon (royaume) porte: _d'or à quatre pals de_ _gueules_ (52).
Richelieu porte: _d'argent à trois chevrons de gueules_ (53). Les pièces
honorables, lorsqu'elles ne sont pas en nombre, doivent remplir, comme
nous l'avons dit, le tiers de l'écu; mais il arrive parfois qu'elles ont
une largeur moindre, le tiers de leur largeur ordinaire ou le neuvième
de la hauteur ou de la largeur de l'écu, alors elles changent de nom. Le
chef n'est plus que _chef diminué_, ou _comble_. le pal diminué se nomme
_vergette_; la fasce diminuée, _devise_; la bande diminuée, _cotice_; la
barre diminuée, _traverse_. La cotice et la traverse sont alésées
lorsqu'elles ne touchent pas les bords de l'écu. Dans ce cas, la cotice
est dite _bâton péri en bande_, et la traverse _bâton péri en barre_. La
champagne diminuée se nomme _plaine_. Les fasces, les bandes et les
barres très-minces et mises deux à deux sont des _jumelles_ ou
_gemelles_ (54). Si elles sont disposées trois à trois, on les nomme
_tierces_ ou _tierches_ (55). Les fasces alesées de trois pièces se
disent _hamade_ ou _hamaide_ (56).
Lorsque l'écu est couvert de pals, de fasces, de bandes, de chevrons,
etc., en nombre égal, c'est-à-dire de façon à ce que l'on ne puisse dire
tel émail est le champ, on blasonne ainsi: _pallé, fascé, bandé, coticé,
chevronné_, etc., de tant de pièces et de tel émail. D'Amboise porte:
_pallé d'or et de gueules de six pièces_ (57).
Si le nombre des pallés excède celui de huit, on dit _vergetté_.
Si le nombre des fascés excède huit, on dit _burellé_, de tant de
pièces; si le bandé excède celui de neuf, on dit _coticé_.
Si les pals, les fasces, les bandes, les chevrons sont opposés,
c'est-àdire si ces figures divisées par un trait se chevauchent de
manière à ce que le métal soit opposé à la couleur, et vice versa, on
dit alors _contre-pallé_, _contre-fascé_, _contre-bandé_,
_contre-chevronné_.
Les pièces moins honorables, ou du second ordre, sont:
1° L'_emmanché_.
Il faut exprimer si l'emmanché est en pal, en bande ou en fasce.
X (58) porte: _emmanché en fasce d'une pointe et deux demies de gueules
sur argent_.
2° Les _points équipollés_, qui sont toujours au nombre de neuf en
échiquier.
Bussi (59) porte: _cinq points d'or équipollés à quatre points d'azur_.
3° L'_échiquetté_ (60), ordinairement de cinq traits;
Quand il y en a moins, on doit le spécifier en blasonnant.
4° _Le fretté_ (61), qui sont des bandes et des barres s'entrelaçant, au
nombre de six.
5° _Le treillisé_ (62), qui ne diffère du fretté que parce que les
bandes et les barres sont clouées à leur rencontre; on exprime l'émail
des clous.
6° _Les losanges_ (63) et _le losangé_ (64) quand l'écu est rempli de
lozanges; de Craon porte: _losangé d'or et de gueules_.
7° _Les fusées_ ou _le fuselé_, qui ne diffèrent des losanges ou du
losangé que parce que les figures sont plus allongées; X (60) porte:
_d'argent à cinq fusées de sable mises en pal au chef de même_.
8° _Les mâcles_, qui sont des losanges, ajourés de losanges plus petits;
Rohan (66) porte: _de gueules à neuf mâcles d'or_.
9° _Les rustes_ ou _rustres_; qui ne diffèrent des mâcles qu'en ce que
l'ajour est circulaire; X (67) porte: _de gueules à trois rustes
d'argent, 2 et 1_.
10° _Les besants_ et _les tourteaux_; les premiers sont toujours de
métal, les seconds de couleur; X (68) porte: _d'azur à six besants
d'argent, 3, 2 et 1_. Les besants peuvent être posés jusqu'au nombre de
huit et non plus.
Les _besants-tourteaux_, qui sont parti de métal et de couleur; X (69)
porte: _de gueules parti d'or à trois besants-tourteaux de l'un en
l'autre_.
11° _Les billettes_ (70), qui sont de petits parallélogrammes posés
debout. Les billettes peuvent être renversées, c'est-à-dire posées sur
leur grand côté; mais on l'exprime. Elles sont quelquefois percées en
carré ou en rond; on l'exprime également.
Toutes les pièces honorables du premier ordre ont divers attributs, ou
subissent certaines modifications, dont voici la nomenclature:
Elles peuvent être _abaissées_; des Ursins (71) porte: _bandé d'argent
et de gueules de six pièces, au chef d'or, chargé d'une anguille
ondoyante d'azur, abaissé sous un autre chef d'argent, chargé d'une rose
de gueules;--accompagnées ou environnées_, c'est lorsque autour d'une
pièce principale, comme est la croix, la bande, le sautoir, etc.,il y a
plusieurs autres pièces dans les cantons; X (72) porte: _de sable à la
croix d'argent, accompagnée de quatre billettes de même;--adextrées_,
qui se place au côté dextre de l'écu; X (73) porte: _de sinople à trois
trèfles d'argent adextrés d'une croix d'or;--aiguisées_; X (74) porte:
_d'or aux trois pals aiguisés d'azur;--alèsées_; Xintrailles (75) porte:
_d'argent à la croix alesée de gueules;--bandées_ (fig. 71); barrées se
dit dans le même sens que barré; _bastillées_ se dit d'un chef, d'une
fasce, d'une bande, crénelés vers la pointe de l'écu; X (76) porte:
_d'azur au chef d'argent, bastillé d'or, de trois pièces;--bordées_; X
(77) porte: _d'azur à la bande d'or. bordée de gueules;--bourdonnées_ se
dit communément d'une croix garnie, à l'extrémité de ses bras, de
boutons semblables à des bourdons de pèlerins;--_bretessées_. X (78)
porte: _d'or à la fasce de gueules bretessées de deux pièces et deux
demies;--bretessées à doubles_. X (79) porte: _de gueules à la bande
bretessées à double d'or;--contre-bretessées_, X (80) porte: _d'argent à
la fasce bretessée et contre-bretessée de sable;--brochantes_ se dit des
pièces qui passent sur d'autres; du Terrail (81) porte: _d'azur au chef
d'argent, chargé d'un lion issant de gueules, à la cotice d'or brochant
sur le tout;--cablées_ se dit d'une croix faite de cordes ou de câbles
tortillés;--_cantonnées_ se dit lorsque, dans les quatre cantons qui
restent entre les bras d'une croix, il y a des pièces posées dans le
champ;--_chargées_ se dit de toutes sortes de pièces sur lesquelles
d'autres sont superposées: ainsi le chef, la fasce, le pal, la bande,
les chevrons, les croix, les lions, les bordures, etc., peuvent être
chargés de besants, de croissants, de roses, etc.; X porte: _d'or à
trois fasces de gueules, chargées chacune de cinq sautoirs
d'argent;--chevronnées_ se dit d'un pal ou de toute autre pièce chargée
de chevrons, et de tout l'écu s'il en est rempli;--_cléchée_. Toulouse
(82) porte: _de gueules à la croix cléchées, vidée et pommetée
d'or;--componées_, X (83) porte: _d'azur à la bande componée d'or et de
gueules de cinq pièces;--cousues_ se dit du chef quand il est de métal
sur métal, ou de couleur sur couleur, comme aux armoiries de la ville de
Paris (on se sert aussi de ce mot pour les fasces, bandes, chevrons, de
couleur sur couleur, ou ne métal sur métal);--_cramponnées_. l'évêché de
Hamin en Allemagne (84) porte: _d'azur à une potence cramponnée à
sénestre, croisonnée et potencée à dextre d'or;--denchées,endenchées ou
dentées_, X (85) porte: _de gueules à la bordure endenchée d'or_; Cossé
de Brissac (86) porte: _de sable à trois fasces denchées d'or_. Quand
les dents sont tournées la pointe vers le sommet de l'écu, on l'exprime;
_diaprée_, X (87) porte: _d'azur à la fasce d'or diaprée de
gueules;--échiquetées_, X (88) porte: _d'azur au franc quartier
échiqueté d'argent et de gueules;--engrélées_, c'est-à-dire, garnies de
dents très-menues, X (89) porte: _d'azur à la croix engrélée
d'argent;--entées_, Rochechouart (90) porte: _fascé, enté, ondé d'argent
et de gueules;--entrelacées_ se dit de trois croissants, de trois
anneaux et autres figures analogues, posées les unes dans les
autres;--_faillies_ se dit des chevrons rompus; d'Oppède (91) porte:
_d'azur à deux chevrons faillis d'argent, le premier à dextre, le second
à sénestre;--florencées_ se dit de la croix dont les bras se terminent
par des fleurs de lis;--_gringolées_ se dit des pièces telles que les
croix, sautoirs, etc, terminées par des têtes de serpent;--_haussées_
se dit lorsque des pièces telles que fasces, chevrons, etc., occupent
dans l'écu une place plus élevée que celle qui leur est habituellement
affectée;--_mouvantes_ se dit des pièces qui semblent sortir du chef,
des angles, des flancs ou de la pointe de l'écu;--_ondées_ se dit des
pièces, pals, fasces, chevrons, bordures, etc., découpées en
ondes;--_resarcelées_, bordées d'un linéament d'un autre
émail;--_retraitées_ se dit des bandes, pals et fasces qui; de l'un de
leurs, cotés, ne touchent pas au bord de l'écu;--_vivrées_, X (92)
porte: _d'or à la bande vivrée d'azur_;--_vidées_ se dit des pièces à
jour, à travers lesquelles on voit le champ de l'écu.
Les croix affectent des formes particulières; on les dit _pattées_,
d'Argentré (93) porte: _d'argent à la croix pattée
d'azur_;--_recercelées_, X (94) porte: _d'argent à la croix recercelée
de sable_;--_recroisettées_, X (95) porte: _d'argent à la croix
recroisettée de sable_;--_ancrées_, X (951) porte: _parti de gueules et
d'argent à la croix ancrée de l'un en l'autre_;--_fichées_, X (952)
porte: _d'argent aux trois croix fichées de sable, 2 et
1_;--_bastonnées_ ou _clavelées_, X (953) porte: _d'azur à une croix
bastonnée d'or et d'argent_, ou à _quatre bastons, deux d'or et deux
d'argent_;--de _Lorraine_, X (954) porte: _d'azur à la croix de Lorraine
d'argent_;--_tréflées_, X (955) porte: _d'argent à la croix tréflée de
gueules_;--_gringolées_, c'est-à-dire dont les croisillons sont terminés
par des têtes et coups de gringoles ou guivres, X (956) porte: _d'argent
à la croix de gueules gringolée de sable_;--_anillées_ ou _nellées_,
c'est-à-dire dont les croisillons se terminent en fers de moulins, X
(957) porte: _d'or à la croix nellée de sable_. Les croix _écotées_,
c'est-à-dire composées de deux branches d'arbre dont les rameaux sont
coupés, _ondées_, _frettées_, _vairées_, etc., enfin chargées des
figures qui chargent les pièces honorables.
Les figures naturelles usitées dans le blason peuvent être divisées en
cinq classes: 1° les figures humaines, 2° les animaux, 3° les plantes,
4° les astres et météores, 5° les éléments, c'est-à-dire l'eau, le feu,
la terre. Les figures humaines sont ou de l'émail ordinaire du blason ou
peintes en carnation, avec ou sans vêtements, de couleurs naturelles et
ombrées. On dit: si ces figures sont vêtues et comment, couronnées,
chevelées, ombrées, etc.; on indique leur attitude, leur geste, ce
qu'elles portent et comment.
Les animaux les plus usités sont, parmi les quadrupèdes: le lion, le
léopard, le loup, le taureau, le cerf, le bélier, le sanglier, l'ours,
le cheval, l'écureuil, le chien, le chat, le lièvre, etc.; parmi les
oiseaux: l'aigle, aiglettes, le corbeau, les merlettes, le cygne, les
alérions, les canetes, etc.; parmi les poissons: le bar, le dauphin, le
chabot, la truite, etc.; parmi les reptiles: le serpent, le crocodile,
la tortue, le lézard; parmi les insectes: les mouches, abeilles, taons;
parmi les animaux fantastiques ou allégoriques: la sirène, le dragon,
les ampsystères ou serpents ailés, le griffon, la salamandre, la
licorne, etc. Les animaux représentés sur les armoiries regardent
ordinairement la droite de l'écu; s'ils regardent la gauche, on les dit
_contournés_.
Les lions et les léopards sont les animaux les plus ordinairement
employés, ils ont par-dessus tous les autres le privilége d'être
héraldiques, c'est-à-dire, que leur forme et leur posture sont soumises
à des règles fixes. Le lion est toujours figuré de profil: il est
_rampant_, c'est-à-dire, élevé sur ses pattes de derrière, la patte
dextre de devant élevée, et la patte sénestre de derrière en arrière; ou
_passant_, autrement dit _léopardé_, s'il paraît marcher. Le léopard
montre toujours son masque de face, sa posture habituelle est d'être
passant; s'il rampe, on le dit lionné ou rampant.
Le lion et le léopard ont des termes accessoires qui leur sont communs;
ils sont armés, lampassés, accolés, membrés, couronnés, adossés,
affrontés, contournés, contrepassants, issants, naissants, mornés,
diffamés, burellés, bandés, coupés, partis, fascés, échiquetés,
d'hermine, de vair. Le lion _armé_ se dit des ongles qui peuvent être
d'un émail différent de celui du reste du corps; _lampassé_, de la
langue; _morné_, lorsqu'il n'a ni langue, ni dents ni ongles; _diffamé_,
lorsqu'il n'a pas de queue. Olivier de Clisson, connétable de France
sous Charles VI, portait: _de gueules au lion d'argent armé, lampassé et
couronné d'or_, etc.
Pendant les XIIIe, XIVe et XVe siècles, les animaux héraldiques étaient
figurés d'après certaines formes de convention qu'il est nécessaire de
bien connaître, car ce n'est pas sans raison qu'elles avaient été
adoptées. Les différentes figures qui couvrent l'écu étant destinées le
plus souvent à être vues de loin, il fallait que leur forme fût
très-accentuée. Les artistes de ces époques l'avaient compris; si les
membres des animaux ne sont pas bien détachés, si leur mouvement n'est
pas exagéré, si leur physionomie n'est pas parfaitement distincte, à une
certaine distance ces figures perdent leur caractère particulier, et ne
présentent plus qu'une tache confuse. Depuis le XVIe siècle le dessin
décoratif s'est amolli, et les figures héraldiques ont perdu ce
caractère qui les faisait facilement reconnaître. On a voulu donner aux
animaux une physionomie plus réelle, et comme l'art héraldique est un
art purement de convention, cette tentative était contraire à son
principe. Il est donc d'une grande importance de se pénétrer des formes
traditionnelles données aux animaux comme à toutes les autres figures,
lorsqu'il s'agit de peindre des armoiries. Bien que nous ne puissions
dans ce résumé donner des exemples trop nombreux, nous essaierons
cependant de réunir quelques types qui feront comprendre combien l'on
s'est écarté, dans les derniers siècles, des formes qui n'avaient pas
été adoptées sans cause, et combien il est utile de les connaître: car,
dans tous les armoriaux imprimés depuis la Renaissance, ces types ont
été chaque jour de plus en plus défigurés; c'est tout au plus si dans
les derniers ouvrages qui traitent de cette matière on trouve quelques
vestiges d'un dessin qui n'eut pas dû souffrir d'altération, puisque les
armoiries sont des signes dont le principal mérite est de perpétuer une
tradition. C'est surtout dans les monuments du XIVe siècle que nous
chercherons ces types, car c'est pendant ce siècle que l'art héraldique
adopta des figures dont les caractères bien tranchés furent reproduits
sans modifications sensibles jusqu'au moment où les artistes, habitués à
une imitation vulgaire de la nature, ne comprirent plus les lois
fondamentales de la décoration appliquée aux monuments, aux meubles, aux
armes, aux vêtements. Voici donc quelques-unes de ces figures:
Nous commencerons par le lion rampant (96); A, couronné.
Passant ou léopardé (97).
Issant (98).
Le léopard (99).
Le loup passant (100); ravissant, lorsqu'il est posé sur ses pattes de
derrière.
Le cerf (101).
Le sanglier(102).
L'aigle éployée (103).
Au vol abaissé (103 bis).
Les merlettes (104).
Les alérions (105).
Le bar (106).
Le dauphin (107).
Le chabot (108).
La syrène (109).
Le dragon (110).
Le griffon (111).
Les plantes, arbres, fleurs, fruits sont souvent employés dans les
armoiries. Si ce sont des arbres, on les désigne par leur nom. Nogaret
porte: _d'argent au noyer de sinople arraché_, c'est-à-dire dont les
racines sont visibles et se détachent sur le champ de l'écu.
Quelques arbres sont figurés d'une manière conventionnelle. Créqui (112)
porte: _d'or au créquier de gueules_. On désigne par _chicot_ des troncs
d'arbre coupé, sans feuilles. Lorsque des feuilles sont posées sur le
champ, on en indique le nombre et l'espèce.
Il en est de même pour les fruits. Les noisettes dans leur enveloppe
sont dites, en blason, _coquerelles_. Les fleurs se désignent par le
nombre de leurs feuilles, _trèfle_, _quarte-feuilles_,
_quinte-feuilles_. Toutes sortes de fleurs sont employées dans les
armoiries; cependant on ne rencontre guère avant le XVe siècle que les
roses, le pavot, le trèfle, les quarte et quinte-feuilles et la fleur de
lis[257]. En désignant l'espèce et le nombre des fleurs ou fruits dans
l'écu, on doit également indiquer s'ils sont accompagnés de feuilles, on
les dit alors _feuillés_; s'ils pendent à une branche, on les dit
_soutenus_. Les fruits que l'on rencontre le plus souvent dans les
anciennes armoiries sont: les pommes, les pommes de pin, les raisins,
les glands, les coquerelles. Les quarte et quinte-feuilles sont percées
par le milieu d'un trou rond, qui laisse voir le champ de l'écu. La rose
se dit _boutonnée_ lorsque son coeur n'est pas du même émail que la
fleur. Parmi les astres, ceux qui sont le plus anciennement employés
sont le soleil, les étoiles et le croissant; le soleil est toujours
_or_. Quand il est de couleur, il prend le nom _d'ombre de soleil_. La
position du croissant est d'être montant, c'est-à-dire que ses cornes
sont tournées vers le chef de l'écu. Quand ses cornes regardent la
pointe de l'écu, on le dit _versé_; _tourné_ lorsqu'elles regardent le
flanc dextre; _contourné_ si elles regardent le flanc sénestre. On dit
encore des croissants en nombre, et suivant leur position, qu'ils sont
_tournés en bande_, _adossés_, _appointés_, _affrontés_, _mal ordonnés_.
L'étoile est ordinairement de cinq pointes; s'il y en a davantage, il
faut le spécifier en blasonnant. X porte: _de gueules à trois étoiles de
huit raies d'or, 2 et 1_. L'arc-en-ciel se peint toujours au naturel, en
fasce, légèrement cintré.
Les éléments, qui sont le feu, la terre et l'eau, se présentent sous
diverses formes: le feu est _flamme_, _flambeau allumé_, _brandons_,
_charbons ardents_; la terre est figurée sous forme de _monts_,
_roches_, _terrasses_; l'eau sous forme d'_ondes_, de _sources_, de
_rivières_.
Les figures artificielles qui entrent dans les armoiries sont: 1° les
instruments de cérémonies sacrées ou profanes; 2° les vêtements ou
ustensiles vulgaires; 3° les armes de guerre, de chasse; 4° les
bâtiments, tours, villes, châteaux, ponts, portes, _gallées_, _naves_ ou
_nefs_ (galères et navires), etc.; 5° les instruments des arts ou des
métiers. Il est nécessaire, suivant la méthode ordinaire, de désigner
ces différents objets par leurs noms en blasonnant, de marquer leur
situation, leur nombre et les émaux des différents attributs qu'ils
peuvent recevoir. Du Lis (113) porte: _d'azur à une épée d'argent en pal
la pointe en haut, surmontée d'une couronne et accostée de deux fleurs
de lis de même_.
Parmi les armes le plus ordinairement figurées dans les anciennes
armoiries, on distingue les _épées_, les _badelaires_ (épées courtes,
larges et recourbées), les _flèches_, les _lances_, les _haches_, les
_masses_, les _étriers_. les _éperons_, les _molettes d'éperons_, les
_heaumes_, les _cors_, les _huchets_, les _épieux_, les _rets_, etc.
Les châteaux sont quelquefois surmontés de tourelles, on les dit alors
_sommés_ de tant; on les dit _maçonnés_ de..., lorsque les joints de
pierre sont indiqués par un émail différent. Le royaume de Castille
(114) porte: _de gueules, au château sommé de trois tours d'or, maçonné,
ajouré d'azur_.