arriver à des formules dans la construction des ouvrages de défenses.
Pendant le cours du XVIe siècle on trouve à peu près en germes les
divers systèmes adoptés depuis, mais la méthode générale fait défaut;
l'unité du pouvoir monarchique pouvait seule conduire à des résultats
définitifs: aussi est-il curieux d'observer comme l'art de la
fortification appliqué à l'artillerie à feu suit pas à pas les progrès
de la prépondérance royale sur le pouvoir féodal. Ce n'est qu'au
commencement du XVIIe siècle, après les guerres religieuses sous Henri
IV et Louis XIII, que les travaux de fortification des places sont
tracés d'après des lois fixes, basées sur une longue observation; qu'ils
abandonnent définitivement les derniers restes des anciennes traditions
pour adopter des formules établies sur des calculs nouveaux. Dès lors
les ingénieurs ne cessèrent de chercher la solution de ce problème: Voir
l'assiégeant sans être vu, en se ménageant des feux croisés et défilés.
Cette solution exacte rendrait une place parfaite et imprenable; elle
est, nous le croyons du moins, encore à trouver. Nous ne pourrions, sans
entrer dans de longs détails qui sortiraient de notre sujet, décrire les
tentatives qui furent faites depuis le commencement du XVIIe siècle pour
conduire l'art de la fortification au point où l'a laissé Vauban. Nous
donnerons seulement, pour faire entrevoir les nouveaux principes sur
lesquels les ingénieurs modernes allaient établir leurs systèmes, la
première figure du Traité du chevalier De Ville[242]. «L'exagône, dit
cet auteur, est la première figure qu'on peut fortifier, le bastion
demeurant angle droit; c'est pourquoi nous commencerons par celle-là, de
laquelle ayant donné la méthode, on s'en servira en même façon pour
toutes les autres figures régulières... (74).
On construira premièrement une figure régulière, c'est-à-dire, ayant les
costez et les angles égaux; d'autant de costés qu'on voudra que la
figure ait des bastions... Dans cette figure nous avons mis la moitié
d'un exagône, auquel ayant montré comme il faut faire un bastion, on
fera de même sur tous les autres angles. Soit l'angle R H L de l'exagône
sur lequel il faut faire un bastion. On divisera un des côtés H L en
trois parties égales, et chacune d'elles en deux, qui soient H F et H Q
de l'autre..., qui seront les demi-gorges des bastions; et sur les
points F et Q soient élevés perpendiculairement les flancs F E, Q M
égaux aux demi-gorges; d'une extrémité de flanc à l'autre soit mené E M,
soit prolongé le demi-diamètre S H..., et soit fait I A égal à I E;
après soit mené A E, A M qui feront le bastion Q M A E F rectangle, et
prendra autant de défense de la courtine qui se peut, laquelle on
cognoîtra où elle commence si on prolonge les faces A E, A M, jusqu'à ce
qu'elles rencontrent icelle courtine en B et en K, la ligne de défense
sera A C...
On remarquera que cette méthode ne peut servir aux places de moins de
six bastions, parce que les flancs et les gorges demeurant de juste
grandeur, le bastion vient angle aigu. Quant aux autres parties on fera
la largeur du fossé ou contre-escarpe V X, X Z parallèle à la face du
bastion, à la largeur distante d'icelle autant que le flanc est long...»
De Ville admet les orillons ou épaules aux flancs des bastions, mais il
préfère les orillons rectangulaires aux circulaires. Il joint au plan
(74) le profil de la fortification (74 bis).
«Soit menée à plaisir, ajoute de Ville, la ligne C V, et sur icelle soit
pris C D, cinq pas, sur le point D, soit eslevée la perpendiculaire D F,
égale à C D, et soit tiré C F, qui sera la montée du rempart: du point
F, soit mené F G, de quinze pas, parallèle à C V, et sur le point G soit
eslevé G H d'un pas, et soit mené F H, qui sera le plan du rempart avec
sa pente vers la place. H I sera fait de quatre pieds, et G L sera de
cinq pas l'époisseur du parapet, K L sera tracé verticalement, mais K
doit estre deux pas plus haussé que la ligne C V; après sera mené K N,
le talus du parapet, N Y le chemin des rondes sera d'environ deux pas,
et M moins de demi pas d'epesseur dont sa hauteur M Y sera de sept ou
huit pieds; par après M P soit menée perpendiculaire sur C V, de façon
qu'elle soit de cinq pas au-dessous de O; c'est-à-dire au-dessous du
niveau de la campagne, qui est la profondeur du fossé. P Q est le talus
de la muraille qui doit estre d'un pas et demi, et O sera le cordon un
peu plus haut que l'esplanade: la largeur du fossé Q R aux grandes
places sera de vingt-six pas, aux autres vingt et un pas; R S soit de
deux pas et demi, le talus de la contrescarpe, sa hauteur S T cinq pas;
le corridor (chemin couvert) T V qui sera sur la ligne C V aura de
largeur cinq à six pas, l'esplanade (le glacis) sera haute par-dessus le
corridor d'un pas et demi V X, et laquelle s'ira perdant à quinze ou
vingt pas en la campagne... et sera fait le profil: desquels il y en a
de diverses sortes...; les pas s'entendent de cinq pieds de roy...»
De Ville recommande les fausses braies en avant du rempart comme donnant
beaucoup de force aux places, en ce qu'étant masquées par le profil du
chemin couvert, elles retardent l'établissement des batteries de brèche
et battent le débouchement des boyaux de tranchée dans le fossé: il les
fait en terre (75) et ainsi que l'indique le profil, en A.
Il en était alors de la fortification comme de toutes les autres
branches de l'art de l'architecture: on se passionnait pour les
formules, chaque ingénieur apportait son système; et si nous avons parlé
du chevalier de Ville c'est que ses méthodes sont pratiques, et
résultent de l'expérience. Mais Vauban reconnut que les bastions
construits par les ingénieurs qui l'avaient précédé étaient trop petits,
leurs flancs trop courts et faibles, les demi-gorges trop étroites, les
fossés mal alignés, et les chemins couverts d'une trop faible largeur,
les places d'armes petites, et les ouvrages extérieurs insuffisants.
C'est à lui et à M. de Coeborn que l'on dut des systèmes de
fortification bien supérieurs à ceux qui les ont précédés. Toutefois, de
l'aveu même de ces deux hommes célèbres, et malgré leurs efforts,
l'attaque resta supérieure à la défense.
[Illustration: Fig. 1.]
[Illustration: Fig. 2.]
[Illustration: Fig. 3.]
[Illustration: Fig. 4.]
[Illustration: Fig. 5.]
[Illustration: Fig. 6. et 6. bis.]
[Illustration: Fig. 6. ter.]
[Illustration: Fig. 7.]
[Illustration: Fig. 8.]
[Illustration: Fig. 9.]
[Illustration: Fig. 9 bis.]
[Illustration: Fig. 9 ter.]
[Illustration: Fig. 10.]
[Illustration: Fig. 11.]
[Illustration: Fig. 12.]
[Illustration: Fig. 13.]
[Illustration: Fig. 14.]
[Illustration: Fig. 15.]
[Illustration: Fig. 16.]
[Illustration: Fig. 17.]
[Illustration: Fig. 18.]
[Illustration: Fig. 19.]
[Illustration: Fig. 20.]
[Illustration: Fig. 21.]
[Illustration: Fig. 22.]
[Illustration: Fig. 23.]
[Illustration: Fig. 24.]
[Illustration: Fig. 24. bis. et ter.]
[Illustration: Fig. 25.]
[Illustration: Fig. 26.]
[Illustration: Fig. 26 bis]
[Illustration: Fig. 27.]
[Illustration: Fig. 28.]
[Illustration: Fig. 29.]
[Illustration: Fig. 30.]
[Illustration: Fig. 31.]
[Illustration: Fig. 32.]
[Illustration: Fig. 33.]
[Illustration: Fig. 34.]
[Illustration: Fig. 35.]
[Illustration: Fig. 36.]
[Illustration: Fig. 37.]
[Illustration: Fig. 38.]
[Illustration: Fig. 39.]
[Illustration: Fig. 40.]
[Illustration: Fig. 41.]
[Illustration: Fig. 42, 43. et 43. bis.]
[Illustration: Fig. 44.]
[Illustration: Fig. 45.]
[Illustration: Fig. 46.]
[Illustration: Fig. 47.]
[Illustration: Fig. 48.]
[Illustration: Fig. 49.]
[Illustration: Fig. 50.]
[Illustration: Fig. 51.]
[Illustration: Fig. 52.]
[Illustration: Fig. 53.]
[Illustration: Fig. 54.]
[Illustration: Fig. 55.]
[Illustration: Fig. 56.]
[Illustration: Fit. 57.]
[Illustration: Fig. 58.]
[Illustration: Fig. 59.]
[Illustration: Fig. 60.]
[Illustration: Fig. 61.]
[Illustration: Fig. 62.]
[Illustration: Fig. 63.]
[Illustration: Fig. 64.]
[Illustration: Fig. 65.]
[Illustration: Fig. 66.]
[Illustration: Fig. 66. bis]
[Illustration: Fig. 66. ter.]
[Illustration: Fig. 67.]
[Illustration: Fig. 67. bis.]
[Illustration: Fig. 67 ter]
[Illustration: Fig. 68.]
[Illustration: Fig. 68 bis]
[Illustration: Fig. 69.]
[Illustration: Fig. 69 bis.]
[Illustration: Fig. 70.]
[Illustration: Fig. 71.]
[Illustration: Fig. 72.]
[Illustration: Fig. 72. bis.]
[Illustration: Fig. 72. ter.]
[Illustration: Fig. 73.]
[Illustration: Fig. 73 bis.]
[Illustration: Fig. 74. et 74. bis.]
[Illustration: Fig. 75.]
[Note 126: Cæs. _Bell. gall._ lib. VII, cap. XXIII.]
[Note 127: Ces boucliers, en forme de portion de cylindre,
étaient réservés pour ce genre d'attaqne.]
[Note 128: Godesc. Stewechii _Conject. ad Sexti Jul.
Frontini lib. Stratagem_. Lugd. Batav. 1592, in-12, p. 465.]
[Note 129: Voy. _Hist de l'archit. en Belgique_, par A. G,
B. Schayes, t. 1, p. 203 (Bruxelles).]
[Note 130: Végèce, lib. IV. cap. III, tit. _Quemadmodunt
muris terra jungatur egesta_.]
[Note 131: _Annales de la ville de Toulouse_, Paris, 1771,
t. 1, p. 436.]
[Note 132: Ces tours ont été dénaturées en partie au
commencement du XIIe siècle et après la prise de Carcassonne
par l'armée de saint Louis. On retrouve cependant sur divers
points traces de ces interruptions entre la courtine et les
portes des tours.]
[Note 133: Cette poterne existe encore placée ainsi à côté
d'une tour et protégée par son flanc (voy. POTERNE).]
[Note 134: Voir le plan de Rome.]
[Note 135: _Capdhol_, _capitol_, en langue d'oc.]
[Note 136: Haimonis _Comment. in Ezech._, Bibl. Imp.,
manusc. du Xe siècle, F. de Saint-Germain, latin, 303.]
[Note 137: Bible, n°6, t. III, Bibl. Imp., anc. F. latin,
manusc. du Xe au XIe siècle. Nous devons ces deux calques à
l'obligeance de M. A. Darcel.]
[Note 138: «.. Figurez un siége en forme contre elle, des
forts. des levées de terre, une armée qui l'environne, et
des machines de guerre autour de ses murs... Prenez aussi
une plaque de fer, et vous la mettrez comme un mur de fer
entre vous et la ville: puis regardez la ville d'un visage
ferme...,» etc. (Ezéchiel, chap. IV, vers. 2 et 3.) Ezéchiel
tient en effet la plaque de fer, et autour de lui sont des
béliers.]
[Note 139: «Ung soir advint, que les Turcs amenerent ung
engin, qu'ils appelloient la Pierriere, un terrible engin à
mal faire: et le misdrent vis-à-vis les chaz-chateilz, que
messire Gaultier de Curel et moy guettions la nuyt. Par
lequel engin ilz nous gettoient le feu gregois à planté, qui
estoit la plus orrible chose, que onques jamés je veisse...
La maniere du feu gregois estoit telle, qu'il venoit bien
devant aussi gros que ung tonneau, et de longueur la queuë
enduroit bien comme d'une demye canne de quatre pans. Il
faisoit tel bruit à venir, qu'il sembloit que ce fust
fouldre qui cheust du ciel, et me sembloit d'ung grant
dragon vollant par l'air, et gettoit si grant clarté, qu'il
faisoit aussi cler dedans nostre ost comme le jour, tant y
avoit grant flamme de feu. Trois foys cette nuytée nous
getterent ledit feu gregois o ladite perriere, et quatre
foiz avec l'arbaleste à tour.» (Joinville, _Histoire de
saint Louys_, édit. Du Cauge, 1668.)]
[Note 140: _Hist. de la croisade contre les hérétiques
albigeois_, écrite en vers provençaux, publ. par M. C.
Fauriel. Coll. de docum. inéd. sur l'Hist. de France, 1re
série, et le manusc. de la Bibl. Imp. (fonds La Vallière,
n°91). Ce manuscrit est d'un auteur contemporain, témoin
oculaire de la plupart des faits qu'il raconte; l'exactitude
des détails donne à cet ouvrage un grand intérèt; nous
signalons à l'attention de nos lecteurs la description de la
_gate_ et de sa marche par _petits sauts_ «entrel mur el
castel ela venc de sautetz,» qui peint avec énergie le
trajet de ces lourdes charpentes roulantes s'avançant par
soubresauts. Pour insister sur ces détails, il faut avoir
vu.]
[Note 141: Le sire de Joinville, _Hist. du roi saint
Louys_, édit. 1668. Du Cange, p. 37. Dans ses observations,
p. 69, Du Cange explique ainsi ce passage: «Le roy saint
Louys fit donc faire deux beffrois, ou tours de bois pour
garder ceux qui travailloient à la chaussée: et ces beffrois
étoient appellés _chats-chateils_, c'est-à-dire _cati
castellati_, parce qu'au dessus de ces chats, il y avoit des
espèces de châteaux. Car ce n'étoit pas de simples galeries,
telles qu'estoient les chats, mais des galeries qui étoient
défendues par des tours et des beffrois. Saint Louys en
l'épistre de sa prise, parlant de cette chaussée: _Saraceni
autem è contra totis resistentes conatibus machinis nostris
quas erexeramus, ibidem machinas opposuerunt quamplures,
quibus castela nostra lignea, quæ super passum collocari
feceramus eumdem, cunquassata lapidibus et confracta
cumbusserunt totaliter igne græco..._ Et je crois que
l'étage inférieur de ces tours (chateils) estoit à usage de
chats et galeries, à cause de quoy les chats de cette sorte
estoient appellés _chas chatels_, c'est-à-dire comme je
viens de le remarquer, chats fortifiés de châteaux. L'auteur
qui a décrit le siége qui fut mis devant Zara par les
Vénitiens en l'an 1346, lib. II, c. VI _apud Joan. Lucium de
regno Dalmat._, nous représente ainsi cette espèce de chat:
_aliud erat hoc ingenium, unus cattus ligneus satis debilis
erat confectionis, quem machinæ jadræ sæpius jactando
penetrabant, in quo erat constructa quædam eminens turris
duorum propugnaculorum. Ipsam duæ maximæ carrucæ
supportabant_. Et parce que ces machines n'estoient pas de
simples chats, elles furent nommées _chats-faux_, qui
avoient figure de beffrois et de tours, et néanmoins
estoient à usage de chats. Et c'est ainsi que l'on doit
entendre ce passage de Froissard. _Le lendemain vindrent
deux maistres engigneurs au duc de Normandie, qui dirent que
s'on leur vouloit livrer du bois et ouvriers, ils feroient
quatre chaffaux_ (quelques exemplaires ont _chats_) _que
l'on meneroit aus murs du chastel, et seroient si hauts
qu'ils surmonteroient les murs_. D'où vient le mot
d'_Eschaffaux_, parmi nous, pour signifier un plancher haut
élevé.» Voy. le Recueil de Bourgogne, de M. Perard, p. 395.]
[Note 142: Voy. _Études sur le passé et l'avenir de
l'artillerie_, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte,
présid. de la Républ., t. II. Cet ouvrage, plein de
recherches savantes, est certainement le plus complet de
tous ceux qui s'occupent de l'artillerie ancienne; voici la
description que donne du _trébuchet_ l'illustre auteur: «Il
consistait en une poutre appelée _verge_ ou _flèche_,
tournant autour d'un axe horizontal porté sur des montants.
À l'une des extrémités de la verge on fixait un
contre-poids, et à l'autre une fronde qui contenait le
projectile. Pour bander la machine, c'est-à-dire pour
abaisser la verge, on se servait d'un treuil. La fronde
était la partie la plus importante de la machine, et d'après
les expériences et les calculs que le colonel Dufour a
insérés dans son intéressant mémoire sur l'artillerie des
anciens (Genève, 1840), cette fronde en augmentait tellement
la portée qu'elle faisait plus que la doubler, c'est-à-dire
que si la flèche eût été terminée en cuilleron, comme cela
avait lieu dans certaines machines de jet en usage dans
l'antiquité, le projectile, toutes choses égales d'ailleurs,
eût été lancé moitié moins loin qu'avec la fronde.
«Les expériences que nous avons faites en petit nous ont
donné les mêmes résultats.»
Une machine de ce genre fut exécutée en grand en 1850,
d'après les ordres du président de la République et essayée
à Vincennes. La flèche avait 10m,30, le contre-poids fut
porté à 4500 kilog., et après quelques tâtonnements on lança
un boulet de 24 à la distance de 175 mètres, une bombe de
0m,22 remplie de terre à 145 mètres, et des bombes de 0m,27
et 0m,32 remplies de terre à 120 mètres, (Voy le rapport
adressé au ministre de la guerre par le capitaine Favé, t.
II, p. 38 et suiv,)]
[Note 143: Voy. _Biblioth. de l'école des Chartes_, t.
VII, p. 363, rapport publié par M. Douët d'Arcq. Ce texte
est reproduit dans les _Études sur l'artillerie_, par le
prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ.,
ouvrage déjà cité plus haut, et auquel nous empruntons la
traduction fidèle que nous donnons ici.]
[Note 144: Saint Louis et Philippe le Hardi exécutèrent
d'immenses travaux de fortification à Carcassonne, sur
lesquels nous aurons à revenir.]
[Note 144a: C'était _Le moulin du roi_ probablement, situé
entre la barbacane du château et l'Aude]
[Note 145: À l'ouest, voy. fig. 9.]
[Note 146: «Postea dressarunt mangonellum quemdam ante
nostram barbacanam, et nos contra illum statim dressavimus
quamdam petrariam turquesiam valde bonam, infra...».]
[Note 147: À l'est, voy. fig. 9.]
[Note 148: Au sud, voy. fig. 9. On appelait _lices_ une
muraille extérieure ou une palissade de bois que l'on
établissait en dehors des murailles et qui formait une sorte
de chemin couvert: presque toujours un fossé peu profond
protégeait les lices, et quelquefois un second fossé se
trouvait entre elles et les murs. Par extension on donna le
nom de lices aux espaces compris entre les palissades et les
murs de la place, et aux enceintes extérieures même
lorsqu'elles furent plus tard construites en maçonnerie et
flanquées de tours. On appelait encore lices les palissades
dont on entourait les camps: «Liciæ, castrorum aut urbium
repagula.» _Epist. anonymi de capta urbe CP._ Ann. 1204,
apud Marten., t. I Anecd., col. 786: «Exercitum nostrum
grossis palis circumcinximus et liciis.» Will. Guiart ms.:
... Là tendent les tentes faitices,
Puis environnent l'ost de lices.
Le Roman de _Garin_:
Devant les lices commencent li hustins.
_Guill. archiep. Tyr. continuata Hist. gallico idiomate_, t.
V. Ampliss. Collect. Marten., col. 620: «Car quant li
chrestiens vindrent devant Alixandre, le baillif les fist
herbergier, et faire bones lices entor eux,» etc. (Du Cange,
_Gloss._)]
[Note 149: À l'angle sud-ouest, voy. fig. 9.]
[Note 150: Quelque ouvrage avancé de la fortification des
Visigoths probablement.]
[Note 151: «_Bretachiæ_, castella lignea, quibus castra et
oppida muniebantur, gallice _bretesques_, _breteques_,
_breteches_.» (Du Cange, _Gloss._)
La ville fit mult richement garnir,
Les fossés fere, et les murs enforcir,
Les bretesches drecier et esbaudir. (Le Roman de _Garin_.)
-As breteches monterent, et au mur quernelé...
-Les breteches garnir, et les pertus garder.
-Entour ont bretesches levées,
Bien planchiées et quernelés. (Le Roman de _Vacces_ )
...(Voy. BRETÈCHE.) Les bretèches étaient souvent entendues
comme _hourds_ (Voy. ce mot). Les bretèches dont parle le
sénéchal Guillaume des Ormes dans son rapport adressé à la
reine Blanche, étaient des ouvrages provisoires que l'on
élevait derrière les palis pour battre les assaillants
lorsqu'ils avaient pu faire brèche. Nous avons exprimé
(figure 10) l'action dont parle le sénéchal de Carcassonne.]
[Note 152: _Archières_, fentes étroites et longues
pratiquées dans les maçonneries des tours et courtines, ou
dans les hourds et palissades pour envoyer des flèches ou
carreaux aux assaillants (voy. MEURTRIÈRE).]
[Note 153: Au nord, voy. fig. 9.]
[Note 154: Ce passage, ainsi que tous ceux qui précèdent,
décrivant les mines des assiégeants, prouve clairement
qu'alors la cité de Carcassonne était munie d'une double
enceinte: en effet, les assiégeants passent ici dessous la
première enceinte pour miner le rempart intérieur.]
[Note 155: Ainsi, lorsque les assiégés avaient
connaissance du travail du mineur, ils élevaient des
palissades au-dessus et au-dessous de l'issue présumée de la
galerie, afin de prendre les assaillants entre des clôtures
qu'ils étaient obligés de forcer pour aller plus en avant.]
[Note 156: La principale barbacane, celle située du côté
de l'Aude à l'ouest, voy. fig. 9.]
[Note 157: En effet il fallait descendre du château situé
en haut de la colline à la barbacane commandant le faubourg
en bas de l'escarpement. (Voy. le plan de la cité de
Carcassonne après le siége de 1240; fig. 11)]
[Note 158:
.........
Pero ilh de la vila lor an tals gens tendutz
Quel capdolh el miracle (_mirador, tour du guet_) son aisi combatutz
Que lo fust e la peira e lo ploms nes fondutz
E a la santa Pasca es lo bossos tendutz
Ques be loncs e ferratz e adreitz e agutz
Tant fer trenca e briza que lo murs es fondutz
Quen mantas de maneiras nals cairos abatutz
E cels dins can o viron no son pas esperdutz
Ans feiron latz de corda ques ab lengenh tendutz
Ab quel cap del bosso fo pres e retengutz
Don tuit cels de Belcaire fortment son irascutz
Tro que venc lenginaire per que lor fo tendutz
E de dins en la roca na intra descondutz
Que cuiderol mur fendre ab los pics esmolutz
E cels del capdolh preson cant los i an saubutz
Foc e solpre e estopa ins en un drap cozuts
E an leus ab cadena per lo mur dessendutz
E can lo focs salumpna et solpres es fondutz
La sabors e la flama los a si enbegutz
Cus dels noi pot remandre ni noi es remazutz
E pois ab las peireiras son saisi defendutz
Que debrizan e trencan las barreiras els futz...
(_Hist. de la croisade contre les Albigeois_, docum. inéd.
sur l'Hist. de France, Ire série, vers 1184 et suiv.)]
[Note 159: _Balestas tornissus_ (vers 6343 et suiv.).
Probablement des arbalètes à rouet.]
[Note 160: _Cadafuls_. C'étaient probablement des
bretèches (voir fig. 10.)]
[Note 161: _Corseras_. Hourds probablement, chemins de
ronde, coursières.]
[Note 162: _Semals_. Les baquets de bois dans lesquels on
transporte le raisin en temps de vendange se nomment encore
aujourd'hui _semals_, mais plus fréquemment _comporte_. Ce
sont des cuves ovales munies de manches de bois, sous
lesquels on fait passer deux bâtons en guise de brancard.]
[Note 163: _Bocals_: Entrée des lices.]
[Note 164: Les faubourgs qui
entouraient la cité de Carcassonne étaient clos de murs et
de palissades au moment du siége décrit par le sénéchal
Guillaume des Ormes.]
[Note 165: Entre autres la tour dite du Trésau et la porte
Narbonnaise (voy. PORTE, TOUR).]
[Note 166: Le plan que nous donnons ici est à l'échelle de
1 centimètre pour 15 mètres. La barbacane de Carcassonne a
été détruite en 1821 pour construire un moulin; ses
fondations seules existent, mais ses rampes sont en grande
partie conservées, surtout dans la partie voisine du château
qui est la plus intéressante.]
[Note 167: _Hourd, hour_. (Voy. Ce mot pour les détails de
la construction de ce genre de défense.)]
[Note 168: Le château de la cité de Carcassonne est du
commencement du XIIe siècle, et toutes ses tours et
courtines étaient bien munies de hourds qui devaient être
très-saillants d'après les précautions prises pour empêcher
la bascule des bois des planchers (voy. HOURD).]
[Note 169: L'exemple que nous donnons ici est tiré de
l'enceinte intérieure de la cité de Carcassonne, partie
bâtie par Philippe le Hardi. Le plan des tours est pris au
niveau de la courtine; ce sont les tours dites de Daréja et
Saint-Laurent, côté sud.]
[Note 170: Comme beaucoup d'autres, ce dicton n'est pas
absolument vrai cependant, et bien des exemples viennent lui
donner tort. Il est certain que, même aujourd'hui, une place
défendue par un commandant habile, ingénieux, et dont le
coup d'oeil est prompt, peut tenir beaucoup plus longtemps
que celle qui sera défendue par un homme routinier et qui ne
trouvera pas dans son intelligence des ressources nouvelles
à chaque phase de l'attaque. Peut-être, depuis que la guerre
de siége est devenue une science, une sorte de formule,
a-t-on fait trop bon marché de toutes ces ressources de
détail qui étaient employées encore au XVIe siècle. Il n'est
pas douteux que les études archéologiques qui ont eu sur les
autres branches de l'architecture une si grande influence,
réagiront également sur l'architecture militaire; car, à
notre avis (et notre opinion est partagée par des
personnages compétents), s'il n'y a, dans la forme de la
fortification du moyen âge, rien qui soit bon à prendre
aujourd'hui, en face des moyens puissants de l'artillerie,
il n'en est pas de même dans son esprit et dans son
principe.]
[Note 171: _Histoire de la civilisation en France_, par M.
Guizot. 2e part. 1re leçon.]
[Note 172: En I était la maison de Saint-Lazare. En K la
maladrerie. En M et N les halles. En O le grand Châtelet qui
défendait l'entrée de la cité au nord, en P le petit
Châtelet qui gardait le Petit-Pont, au sud. En E Notre-Dame
et l'évêché. En D l'ancien Palais. En F Sainte-Geneviève et
le palais de Clovis, sur la montagne (_Descript. de Paris_,
par N. de Fer. 1724. _Diss. archéol. sur les anciennes
enceintes de Paris_, par Bonnardot. 1853).]