alabastre. Au-dessus, les troys Graces, avecques cornes d'abundance, et
iectoyent l'eau par les mamelles, bouche, aureilles, yeulx, et aultres
ouvertures du corps. Le dedans du logis sus la dicte basse court estoyt
sus gros pilliers de cassidoine et porphyre, à beaulx arcs d'anticque,
au dedans desquelz estoyent belles gualleries longues et amples, ornées
de painctures, de cornes de cerfz, licornes, rhinocerotz, hippopotames,
dens d'elephans et aultres choses spectables. Le logys des dames
comprenoyt depuis la tour Artice jusques à la porte Mesembrine. Les
hommes occupoyent le reste. Devant ledict logys des dames, affin
qu'elles eussent l'esbatement, entre les deux premieres tours au dehors,
estoyent les lices, l'hippodrome, le theatre et natatoires, avecques les
bains mirificques à triple solier, bien guarniz de tous assortimens et
foison d'eau de myrrhe. Jouxte la riviere estoyt le beau jardin de
plaisance. Au milieu d'icelluy le beau labyrinthe. Entre les deux
aultres tours estoyent les jeux de paulme et de grosse balle. Du cousté
de la tour Criere estoyt le vergier, plein de tous arbres fructiers,
tous ordonnez en ordre quincunce. Au bout estoit le grand parc,
foizonnant en toute saulvaigine. Entre les tierces tours estoyent les
butes pour l'arquebouse, l'arc et l'arbaleste. Les offices hors la tour
Hesperie, à simple estaige. L'escurie au delà des offices. La
faulconnerie au devant d'icelles, gouvernée par asturciers bien expertz
en l'art. Et estoit annuellement fournie par les Candiens, Venitiens et
Sarmates, de toutes sortes d'oyseaulx paragons, aigles, gerfaulx,
autours, sacres, laniers, faulcons, esparviers, esmerillons et aultres,
tous bien faictz et domesticques, que, partans du chasteau pour
s'esbatre es champs, prenoyent tout ce que rencontroyent. La venerie
estoit ung peu plus loing, tirang vers le parc...
«Toutes les salles, chambres et cabinets, estoyent tapissez en diverses
sortes, selon les saisons de l'année. Tout le pavé estoyt couvert de
drap verd. Les lietz estoyent de broderie...
«En chascune arriere chambre estoit ung mirouer de crystallin enchassé
en or fin, autour guarny de perles, et estoit de telle grandeur qu'il
povoit veritablement representer toute la personne...»
La règle des Thelemites se bornait à cette clause:
«Fay ce que vouldras, parce que,» ajoute Rabelais, «gens liberes, bien
nayz, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par
nature ung insting et aiguillon qui tous jours les poulse à faictz
vertueux, et retire de vice, lequel ilz nommoient honneur... Iceulx,
quand par vile subjection et contraincte sont deprimez et asserviz,
destournent la noble affection par laquelle à vertu franchement
tendoyent, à deposer et enfraindre ce joug de servitude. Car nous
entreprenons tousjours choses defendues, et convoitons ce que nous est
denié... Tant noblement estoyent apprins qu'il n'estoit entre eux celluy
ne celle qui ne sceust lire, escripre, chanter, jouer d'instrumens
harmonieux, parler de cinq à six languaiges,. et en iceulx composer tant
en carme qu'en oraison solue...» Toute l'histoire des premiers moments
de la renaissanoe est dans ce peu de mots, et l'on sait où cette facile
et galante morale conduisit la société, et comment tant de gens «bien
nayz, bien instruictz, furent poulsez _par nature_ à faictz vertueux.»
Nous avons dû dans cet article, déjà bien long, nous occuper seulement
des dispositions générales des monastères, nous renvoyons nos lecteurs,
pour l'étude des différents services et bâtiments qui les composaient,
aux mots: ARCHITECTURE RELIGIEUSE, ÉGLISE, CLOÎTRE, PORCHE, RÉFECTOIRE,
CUISINE, DORTOIR, CHAPITRE, BIBLIOTHÈQUE, GRANGE, PORTE, CLOCHERS, TOUR,
ENCEINTE, etc., etc.[116]
[Illustration: Fig. 1.]
[Illustration: Fig. 2.]
[Illustration: Fig. 3.]
[Illustration: Fig. 4.]
[Illustration: Fig. 5.]
[Illustration: Fig. 6.]
[Illustration: Fig. 7.]
[Illustration: Fig. 8.]
[Illustration: Fig. 9.]
[Illustration: Fig. 9. bis.]
[Illustration: Fig. 10.]
[Illustration: Fig. 11.]
[Illustration: Fig. 12.]
[Illustration: Fig. 13.]
[Illustration: Fig. 14.]
[Illustration: Fig. 15.]
[Illustration: Fig. 16.]
[Illustration: Fig. 17.]
[Illustration: Fig. 18.]
[Illustration: Fig. 19.]
[Illustration: Fig. 20.]
[Illustration: Fig. 21.]
[Illustration: Fig. 22.]
[Illustration: Fig. 23.]
[Illustration: Fig. 24.]
[Illustration: Fig. 24. bis.]
[Illustration: Fig. 24. ter.]
[Illustration: Fig. 25.]
[Illustration: Fig. 26.]
[Illustration: Fig. 27.]
[Illustration: Fig. 28.]
[Note 51: Le plan original de l'abbaye de Saint-Gall (en
Suisse) est conservé dans les archives de ce monastère; il
est reproduit à une petite échelle par dom Mabillon
(_Annales Benedictini_, t. II, p. 571), et récemment publié
en _fac-simile_ par M. F. Keller, avec une notice
descriptive. (Voy. _Instructions sur l'arch. monast._, par
M. Albert Lenoir.)]
[Note 52: Voici le passage de cette lettre donné par
Mabillon (_Ann. Bened._, t. II, p. 571, 572). «Hæc tibi,
duldissime fili Cozberte, de positione officinarum paucis
exemplata direxi, quibus sollertiam exerceas tuam, meamque
devotionem utcumque cognoscas, qua tuæ bonæ voluntati
satisfacere me segnem non inveniri confido. Ne suspiceris
autem me hæc ideo elaborasse, quod vos putemus nostris
indigere magisteriis; sed potius, ob amorem tui, tibi soli
perscrutanda pinxisse amicabili fraternitatis intuitu
crede.--Vale in Christo semper memor nostri, amen.»]
[Note 53: _Histoire de l'abbaye de Cluny_, par M. P.
Lorain. Paris, 1845; p. 16.]
[Note 54: C'est de l'excellent ouvrage de M. P. Lorain
que nous extrayons cette traduction. (_Bibl. Clun._, col. 1,
2, 3, 4.)]
[Note 55: «...Ita ut nec nostra, nec alicujus potestatis
contradictione, contra religiosam dumtaxat electionem
impediantur...»]
[Note 56: «...Habeantque tuitionem ipsorum apostolorum
atque romanum pontificem defensorem...»]
[Note 57: «Placuit etiam huic testamento inseri ut ab hac
die, nec nostro, nec parentum nostrorum, nec fascibus regiæ
magnitudinis, nec cujuslibet terrenæ potestatis jugo
subjiciantur iidem monachi ibidem congregati...»]
[Note 58: On avait toujours cru devoir employer ces
sortes d'imprécations, car déjà, dès le VIIe siècle, dans un
acte de donation d'une certaine Théodétrude à l'abbaye de
Saint-Denis, on lit ce passage «...Propterea rogo et
contestor coram Deo et Angelis ejus, omni nationi hominum
tam propinquis quam extraneis, ut nullus contra
deliberatione mea impedimentum sancto Dionysio de hac re quæ
ad me per has litteras deputatum est facere præsumat. si
fuerit qui minas suas ad hoc apposuerit faciendo, æternus
Rex peccata mea absolvat, et ille maledictus in inferno
interiori et Anathema et Maranatha percussus cum Juda
cruciandus descendat, et peccatum quem amittit in filios et
in domo sua crudelissima plaga ut leprose pro hujus culpa a
Deo percussus, ut non sit qui inhabitet in domo ejus, ut
eorum plaga in multis timorem concutiat, et quantum res ipsa
meliorata valuerit, duplex, salisfactione fisco egenti
exsolvat...» (_Hist. de l'abb. de Saint-Denis_, Félibien,
pièces just., p. IV.) Dans une charte de Gammon pour le
monastère de Limeux, en 697 (_Annal. Bened._, t. I, append.,
art, 34); dans la charte de fondation des monastères de
Poultiers et de Vézelay, donnée par Gérard de Roussillon au
IXe siècle (_Hug. Pict._, Courtépée), et dans beaucoup
d'autres pièces, ces malédictions se présentent à peu près
dans les mêmes termes, comme on le voit d'ailleurs par les
_Formules de Marculphe_.]
[Note 59: _Histoire de l'abbaye de Cluny_, par M. P.
Lorain.]
[Note 60: En 893, un abbé de Saint-Denis, Ebles, fut tué
en Aquitaine d'un coup de pierre à l'attaque d'un château
qu'il assiégeait comme capitaine d'une troupe de soldats.
(_Hist. de l'abb. de Saint-Denys_, par D. Felibien, p.
100.)]
[Note 61: _Hist. de l'abb. de Saint-Germain des Prez_,
par D. Bouillart. Paris, 1724, p. 30; in-f°.]
[Note 62: _Hist. de l'abb. de Cluny_, par M. P. Lorain,
p. 41 et suiv.]
[Note 63: _Cluny au XIe siècle_, par l'abbé Cucherat.
(Voy. Mabillon, _Ann. Ben._, t. V, p. 70. «...Ne in vacuum
laborare videretur, et ne semel recuperatus locus iterum in
pejora laberetur.»)]
[Note 64: _Hist. de Saint-Étienne Harding_, p. 264.--Voy.
_Essai sur l'hist. monét. de l'abb. de Cluny_, 1842, p. 8
(tiré à 25 exempl.), par M. Anatole Barthélemy.]
[Note 65: _Cluny au XIe siècle_, par l'abbé Cucherat, p.
23.]
[Note 66: _Bibl. Clun._, dans les notes d'André Duchesne,
col. 24.]
[Note 67: Mabillon, sixième préface de ses _Acta
sanctorum ord. S. Bened._, t. V. nº 48 et 49.]
[Note 68: Udalr. _Antiq. consuet._, lib. III, cap. 24.
Nous empruntons cette traduction à l'ouvrage de M. l'abbé
Cucherat, que nous avons déjà eu l'occasion de citer tant de
fois. Les _Antiquiores consueludines cluniacensis monasterii
d'Udalric se trouvent intégralement imprimées dans le
Spicilegium_, t. I, in-folio, p. 641 et suiv. On les a
réunies à l'oeuvre du moine Bernard dont il est
l'abréviateur, in-4° en 126 p.]
[Note 69: Ce plan est à l'échelle de 0m,0005 pour mètre.]
[Note 70: «In quibusdam ecclesiis sacerdos in aliquo
altari foribus proximiori celebrat missam, jussu episcopi,
poenitentibus ante fores ecclesiæ constitutis.» (Lorain.
p. 66.)]
[Note 71: _Ibid._]
[Note 72: _Apocalypse_.]
[Note 73: _Hist. de l'abb. de Cluny_, Lorain.]
[Note 74: Ce plan est à l'échelle de 0m,0005 pour mètre.]
[Note 75: La vue cavalière de l'abbaye Saint-Étienne de
Caen, que nous donnons ici, est copiée sur une gravure de la
_Topographie de la Gaule_ (NORMANDIE). Merians, éd.
Francfort, 1662. Voy. aussi les Monog. d'abb. Bib.
Sainte-Geneviève.]
[Note 76: Les frères _convers_ différaient des frères
_profes_, en ce que leurs voeux étaient simples et non
solennels. C'étaient des serviteurs que les cisterciens
pouvaient s'attacher avec la permission de l'évêque
diocésain. À une époque où les monastères étaient pleins de
religieux de race noble, les frères convers étaient pris
parmi les laboureurs, les gens de métiers: ils portaient un
costume régulier toutefois et mangeaient à la table commune
au réfectoire. On comprend que dans des temps où la
condition du peuple des campagnes était aussi misérable que
possible, les Couvents cisterciens ne devaient pas manquer
de frères convers qui retrouvaient ainsi, en entrant dans le
cloître, la sécurité, une grande liberté relative, et une
existence assurée.]
[Note 77: Cîteaux arriva promptement au nombre incroyable
de deux mille maisons monastiques des deux sexes; chaque
maison possédait cinq ou six granges. (_Histoire de l'abbaye
de Morimond_, par l'abbé Dubois, 2e édit., 1852; _Annales de
l'ordre de Cîteaux: Essai sur l'histoire de l'ordre de
Cîteaux_, par D. P. Le Nain, 1696.)]
[Note 78: Nous devons ce plan à l'obligeance de M.
Harmand, bibliothécaire de la ville de Troyes, et de M.
Millet, architecte de ce diocèse, qui a bien voulu nous en
fournir un calque.]
[Note 79: _Colloquii locus._]
[Note 80: _Calefactorium._]
[Note 81: Il existe encore, en effet, dans la grande
église abbatiale de Pontigny, des vitraux blancs de l'époque
de sa construction, dont les plombs seuls forment des
dessins d'un beau style, et comme le ferait un simple trait
sur une surface incolore (voy. VITRAIL).]
[Note 82: Voy. la _Notice sur l'abbaye de Pontigny_, par
le baron Chaillou des Barres, 1844.]
[Note 83: Ce plan est extrait de la topogr. de la France.
Bibl. imp. Estamp. Ces bâtiments furent complétement altérés
au commencement du dernier siècle.]
[Note 84: Jul. Pâris. _Espr. primit. de Cît._, sect 10 et
11: _De l'off. du portier. Hist. de l'abb. de Morimond_, par
l'abbé Dubois.]
[Note 85: L'église de Pontigny et la grange à l'entrée
sont encore conservées; cette église, quoique d'une
simplicité un peu puritaine, ne laisse pas d'être fort
belle; nous ne savons s'il a jamais existé un clocher sur le
transsept; il n'en reste plus de traces.]
[Note 86: Ce plan nous a été communiqué par M. Bérard,
architecte, qui a fait sur cette abbaye un travail graphique
important, accompagné d'une excellente notice à laquelle
nous renvoyons nos lecteurs. Ces plans sont aujourd'hui la
propriété du ministère d'État.]
[Note 87: Fontenay appartient aujourd'hui aux descendants
du célèbre Montgolfier; le monastère est devenu une
papeterie importante.]
[Note 88: _Annales cist._, t. II, p. 50.]
[Note 89: _Annales cist._, t. III., p. 440, et t. IV, p.
370.]
[Note 90: Du Cange, _Gloss._]
[Note 91: _Saint-Anselme de Cant._, par M. C. de Rémusat,
Paris, 1853; voir les chap. I et II.]
[Note 92: Entre autres ceux de Reims, d'Amiens, de Laon.]
[Note 93: _Hist. de l'abb. de Morimond_, par M. l'abbé
Dubois, chap. XXIII.]
[Note 94: Du Cange, _Gloss._: «_Pontifex_, pontium
exstructor. _Fratres Pontis_ sub finem secundæ stirpis regum
Franc. ad hoc potissimum institui, ut viatoribus tutelam,
hospitium, aliaque necessaria præstarent. Fratres Pontis
dicti quod pontes construerent uti facilius et tutius
fluvios transire possent viatores. Sic avenionensem pontem
præsidente et architecto S Benezeto exstruere ut fusius
docetur in ejusdem sancti historia Aquis edita ana. 1707,
in-16. Horum _hospitalariurum Pontificum_, seu Factorum
Pontium (sic aliquando vocantur) _habitus_ erat _vestis alba
cum signo_ _pontis et crucis de panno supra pectus_, ut
loquitur charta ann. 1471, pro Hospitali Pontis S. Spiritus,
ex schedis D. _Lancelot_.»]
[Note 95: A, l'église, dont le choeur remonte aux
premières années du XIIe siècle, et la nef fut rebâtie vers
1240. B, le cloître. C, chapelle Notre-Dame. D, réfectoire.
G, salle capitulaire. H, mortuaire. E, petit dortoir. I,
grandes salles, dortoirs au-dessus. K, celliers. L, cuisine.
N, chapelle Saint-Michel.]
[Note 96: A, l'église, la base de la tour est seule
conservée, sa construction date du XIe siècle. B, le grand
cloître. C, le chapitre. D, jardin. E, le réfectoire. F, les
cuisines.]
[Note 97: A, l'église. B, le cloître. C, la porte
principale de l'abbaye du côté de la ville. D, porte dite
papale du côté des prés. E, salle capitulaire et dortoirs
au-dessus. F, la chapelle de la Vierge, bâtie par P. de
Montereau. G, le réfectoire, bâti par le même architecte. H,
celliers et pressoirs. I, la maison abbatiale. K, les
fossés. L, jardins. M, dépendances. L'infirmerie à
l'extrémité du bâtiment E.]
[Note 98: Voir la notice de M. Hérard sur cette abbaye.
Paris, 1851, et le curieux travail graphique de cet
architecte, déposé aux archives des Monuments hist. minist.
d'État. Le chemin de fer de Creil passe aujourd'hui à
travers les enclos de l'abbaye.]
[Note 99: L'enceinte de la ville fut reconstruite sous
Charles VII, mais elle remplaçait des fortifications plus
anciennes dont on retrouve de nombreuses traces.]
[Note 100: «Adhæret huic portæ domus prima custodiarum,
ubi ab ingressuris, si qua habeant arma, deponuntur, nisi ea
retinere permittat monasterii prior, qui arcis prorector
est.» (Mabillon, _Annal. benedict._, t. IV, p. 75.)]
[Note 101: Ce nom ne lui fut donné qu'après l'institution
de l'ordre de Saint-Michel, sous Louis XI. C'était
probablement au XIIIe siècle le dortoir de la garnison.]
[Note 102: Le Mont-Saint-Michel est aujourd'hui une maison
de détention; des planchers et des cloisons coupent la belle
salle des Chevaliers et les dortoirs. En 1834, la charpente
de la nef de l'église fut incendiée et les maçonneries
romanes du vaisseau souffrirent beaucoup de ce sinistre. Le
choeur est bien conservé, et quoique bâti en granit, il
présente un des exemples les plus ouvragés de l'architecture
ogivale des derniers temps.]
[Note 103: Cette vue est copiée sur l'une des gravures du
_Monasticon Gallic._ (Monogr. d'abbayes, bibl.
Sainte-Geneviève).]
[Note 104: Riv. Tiretaine. L'abbaye de Saint-Allyre avait
été rebâtie sous le pontificat de Pascal II, par conséquent
dans les premières années du XIIe siècle. Elle était
autrefois comprise dans l'enceinte de la ville de Clermont,
mais ne fut fortifiée que plus tard, lorsqu'elle fut laissée
en dehors des nouvelles fortifications, vers la fin du XIIe
siècle. (Mabillon. _Ann. bénéd.--Antiquit. de la France_,
in-12, 1631.)]
[Note 105: _Saint François d'Assises et saint Thomas
d'Aquin_, par E. J. Delécluze, t. Ier, p. 278 et suiv.]
[Note 106: _Le Th des antiq de Paris_, par J. Du Breul,
1634, liv. II, p. 378. Nous avons vu détruire, lors du
percement de la nouvelle rue Soufflot, les derniers vestiges
du couvent des Jacobins, qui se trouvait à cheval sur les
murailles de Paris. Voir la _Statistique monum. de Paris_,
publiée sous la direction de M. Albert Lenoir.]
[Note 107: J. Du Breul, _Th. des ant. de Paris_, p. 380.]
[Note 108: Ce beau monastère, fort mutilé aujourd'hui, est
occupé par un quartier d'artillerie; l'église a été divisée
en étages, les beaux meneaux en pierre des fenêtres sont
détruits depuis quelques années. Des écuries sont disposées
dans le cloître et dans la jolie chapelle peinte de
Saint-Antonin. Parmi ces peintures il en est de fort
remarquables, et qui ne le cèdent en rien aux peintures
italiennes de cette époque; mais elles s'altérèrent
davantage chaque jour. Les colonnes et chapiteaux du grand
cloître sont en marbre gris des Pyrénées.]
[Note 109: «Edit enim S. Augustinus dignitate major beato
Francisco, sed et aliquot seculis antiquior... Lesdicts
frères Hermites de l'ordre de Sainct-Augustin ont eu trois
diverses maisons à Paris. Premièrement ils ont demeuré en la
rue dicte encore aujourd'hui des Vieux-Augustins... Leur
esglise estoit la chapelle Saincte-Marie-Égyptienne, près la
porte Montmartre, laquelle pour lors hors la ville, avoit
esté rebastie aux despens, et à la poursuitte d'un marchand
drapier de Paris... Secondement ils ont demeuré auprès la
porte Sainct-Victor, en un lieu vague incult, et remply de
chardons, qui pour cela s'appeloit _Cardinelum à carduis_,
et s'estendoit depuis ladicte porte, jusques en la rue de
Bièvre, où l'esglise Sainct-Nicolas enclose retient ce
surnom de _Chardonnet_... En l'année 1286, le roi Philippe
le Bel concéda aux augustins l'usage des murailles et
tournelles de la ville: deffendant à toutes personnes d'y
passer, ny demeurer sans leur congé. Mais voyants qu'en tel
lieu ils ne pouvoient commodément vivre, pour le peu
d'aumosnes qu'on leur faisoit: du consentement dudict roy et
de l'évesque de Paris, Simon Matiphas de Bucy, ils vendirent
ce qu'ils avoient acquis au Chardonnet, et s'en vindrent
tenir au lieu où ils sont de présent: que leur cédèrent les
frères de la pénitence de Jésus-Christ, dicts en latin
Saccarii, et en françois Sachets...» (Du Breul, _Théol. des
antiq. de Paris_, liv. II.)]
[Note 110: «Monaster. B. Mariæ-Viridis-Vallis, vulgo
Groenendæl, ordo can. reg. S. P. August. Congreg.
Windesemensis in silva Zoniæ prope Bruxellas situatum.»
(_Castella et Prætoria nobil. Brabantiæ, Cænobiaque celeb.
ad viv. delin., ex museo Jac. Baronis Le Roy._ Antverpiæ,
1696.)]
[Note 111: _Hist. du dioc. de Paris_, par l'abbé Lebeuf,
t. Ier, p. 332, et t. IV, p. 246.]
[Note 112: _Hist. de l'abb. de Cluny_, par M. P. Lorain,
p. 154 et suiv.]
[Note 113: Pour donner une idée des tendances du pouvoir
royal en France dès le XIIIe siècle, nous citerons cette
parole du roi saint Louis en apprenant qu'après avoir
excommunié l'empereur Frédéric, et délié ses sujets du
serment de fidélité, Grégoire X offrait la couronne
impériale au comte Robert, frère du roi de France: «il
s'étonnait, dit-il, de l'audace téméraire du pape, qui osait
déshériter et précipiter du trône un aussi grand prince, qui
n'a point de supérieur ou d'égal parmi les chrétiens.»
(_Hist. de l'abb. de Cl._, par Lorain.)]
[Note 114: Nous devons ce plan à l'obligeance de M.
Mallay, architecte diocésain de Clermont-Ferrand, qui a bien
voulu nous envoyer un calque de l'original. La grande
chartreuse de Clermont est située à 50 kilom. de cette ville
du côté de Bourg-Lastic; le plan que nous présentons est un
projet de restauration qui n'a pas été entièrement exécuté,
mais il a pour nous cet avantage de fournir un ensemble
complet, dans lequel les services sont étudiés et disposés
avec soin.]
[Note 115: _Ann. bénéd._ Mabillon, t. VI, p. 45.]
[Note 116: Voy. l'_Abécédaire, ou rudim. d'archéol.,
architecture civile et militaire_, par M. de Caumont. 1853.]
ARCHITECTURE CIVILE. Il n'existe plus aujourd'hui, en France, que de
bien rares débris des édifices civils antérieurs au XIIIe siècle. Les
habitations des nouveaux dominateurs des Gaules ressemblaient fort,
jusqu'à l'époque féodale, aux _villæ_ romaines; c'étaient des
agglomérations de bâtiments disposés sur des rampants de coteaux presque
toujours au midi, sans symétrie, et entourés d'enceintes, de palissades
ou de fossés. Les résidences des grands ne différaient guère, pendant la
période mérovingienne, des établissements religieux qui ne faisaient que
perpétuer la tradition antique. «Quand,» dit M. de Caumont, «les villes
gallo-romaines, inquiétées, puis pillées par les barbares, furent
obligées de restreindre leur périmètre, de le limiter aux points les
plus favorables à la défense; quand le danger devint si pressant qu'il
fallut sacrifier les plus beaux édifices, les démolir pour former de ces
matériaux les fondements des murs de défense, de ces murs que nous
offrent encore Sens, le Mans, Angers, Bourges, Langres et la plupart des
villes gallo-romaines, alors il fallut comprimer les maisons entassées
dans ces enceintes si étroites, comparativement à l'étendue primitive
des villes; la distribution dut en éprouver des modifications
considérables; les salles voûtées établies sous le sol et l'addition
d'un ou deux étages au-dessus du rez-de-chaussée durent être, au moins
dans certaines localités, les conséquences de cette condensation des
populations urbaines.» Dans les grandes cités, des édifices romains
avaient été conservés, toutefois: les curies, les cirques, les théâtres,
les thermes étaient encore utilisés sous les rois de la première race;
les jeux du cirque n'avaient pas cessé brusquement avec la fin de la
domination romaine; les nouveaux conquérants même se piquaient de
conserver des usages établis par une civilisation avancée; et telle
était l'influence de l'administration de l'empire romain, qu'elle
survivait aux longs désastres des Ve et VIe siècles. Dans les villes du
midi et de l'Aquitaine surtout, moins ravagées par le passage des
barbares, les formes de la municipalité romaine étaient maintenues;
beaucoup d'édifices publics restaient debout; mais, au nord de la Loire,
les villes et les campagnes, sans cesse dévastées, n'offraient plus un
seul édifice romain qui pût servir d'abri; les rois francs bâtissaient
des _villæ_ en maçonnerie grossière et en bois; les évêques, des églises
et des monastères; quant à la cité, elle ne possédait aucun édifice
public important, ou du moins il n'en reste de traces ni dans
l'histoire, ni sur le sol. Les _villæ_ des campagnes, les seuls édifices
qui, jusqu'à l'époque carlovingienne, aient eu quelque valeur,
ressemblaient plutôt à de grandes fermes qu'à des palais; elles se
trouvent décrites dans le capitulaire de Charlemagne (_de Villis_); le
sol de la Belgique, du Soissonnais, de la Picardie, de la Normandie, de
l'Ile-de-France, de l'Orléanais, de la Touraine et de l'Anjou, en était
couvert. Les _villæ_ se composaient presque toujours de deux vastes
cours avec des bâtiments alentour, simples en épaisseur, n'ayant qu'un
rez-de-chaussée; on communiquait aux diverses salles par un portique
ouvert; l'une des cours était réservée aux seigneurs, c'était la _villa
urbana_; l'autre aux colons ou esclaves chargés de l'exploitation: on
l'appelait _villa rustica_[117].
La _villa_ mérovingienne est donc la transition entre la _villa_ romaine
et le monastère de l'époque carlovingienne (voy. ARCHITECTURE,
ARCHITECTURE MONASTIQUE).