du XIIIe siècle, abandonnassent complétement les campagnes, s'ils
sentaient la nécessité de se rapprocher des centres d'activité, de
participer à la vie nouvelle des peuples ayant soif d'organisation et
d'instruction, ils continuaient encore à fonder des monastères ruraux;
il semblerait même qu'à cette époque la royauté désirât maintenir la
prédominance des abbayes dans les campagnes; peut-être ne voyait-elle
pas sans inquiétude les nouvelles tendances des ordres à se rapprocher
des villes, en abandonnant ainsi les champs aux influences féodales
séculières qu'ils avaient jusqu'alors si énergiquement combattues. La
mère de saint Louis fit de nombreuses donations pour élever de nouveaux
établissements dans les campagnes; ce fut elle qui fonda, en 1236,
l'abbaye de Maubuisson, destinée aux religieuses de l'ordre de Cîteaux.
On retrouve encore dans ce plan (16) la sévérité primitive des
dispositions cisterciennes, mais dans le style de l'architecture, comme
à l'abbaye du Val, dont la reconstruction remonte à peu près à la même
époque, des concessions sont faites au goût dominant de l'époque; la
sculpture n'est plus exclue des cloîtres, le rigorisme de saint Bernard
le cède au besoin d'art, qui alors se faisait sentir jusque dans les
constructions les plus modestes. L'abbaye de Maubuisson était en même
temps un établissement agricole et une maison d'éducation pour les
jeunes filles. Au XIIIe siècle, les religieux ne cultivaient plus la
terre de leurs propres mains, mais se contentaient de surveiller leurs
fermiers, et de gérer leurs biens ruraux, à plus forte raison les
religieuses. Déjà même au commencement du XIIe siècle, le travail des
champs semblait dépasser les forces des femmes, et il est probable que
la règle qui s'appliquait aux religieuses comme aux religieux, ne fut
pas longtemps observée par celles-ci. Il est curieux de lire la lettre
qu'Héloïse, devenue abbesse du Paraclet, adresse à ce sujet à Abeilard,
et on peut juger par les objections contenues dans cette lettre, combien
de son temps on s'était peu préoccupé de l'organisation intérieure des
couvents de femmes. Si, au XIIIe siècle, les règlements monastiques
auxquels les religieuses étaient assujetties se ressentaient du
relâchement des moeurs à cette époque, cependant nous voyons, en
examinant le plan de l'abbaye de Maubuisson, que ce monastère ne
différait pas de ceux adoptés pour les communautés d'hommes.
En A est l'église, dans le prolongement du transsept, suivant l'usage,
la salle du chapitre, la sacristie, etc.; au-dessus le dortoir. En B le
cloître; en C le réfectoire; en D le pensionnat; en E le parloir, et le
logement des tourières; en F les cuisines; G, les latrines disposées des
deux côtés d'un cours d'eau; H, est le logis de l'abbesse; I des fours
et écuries; K l'apothicairerie; L, l'habitation réservée pour le roi
saint Louis, lorsqu'il se rendait à Maubuisson avec sa mère. Car, à
partir du XIIIe siècle, on trouve dans les abbayes fondées par les
personnes royales, un logis réservé pour elles. M, est l'infirmerie; N,
une grange; O, un colombier; P, une porcherie; Q, des écuries, étables;
de I aux écuries, étaient construits des bâtiments qui contenaient le
logement des hôtes, mais ces constructions sont d'une époque plus
récente; en R était l'abreuvoir. De vastes jardins et des cours d'eau
entouraient ces bâtiments situés dans un charmant vallon, en face la
ville de Pontoise, et le tout était ceint de murailles flanquées de
tourelles[98].
Le nouvel ordre politique qui naissait avec le XIIIe siècle devait
nécessairement modifier profondément l'institut monastique; il faut dire
que les établissements religieux, du moment qu'ils cessaient de
combattre soit les abus de pouvoir des seigneurs séculiers, soit les
obstacles que leur opposaient des terres incultes, ou l'ignorance et
l'abrutissement des populations rurales, tombaient rapidement dans le
relâchement. Leurs richesses, leur importance, comme pouvoir religieux,
et comme possesseurs territoriaux et féodaux par conséquent, ne pouvant
manquer d'introduire au milieu des monastères des habitudes de luxe qui
n'étaient guère en rapport avec les voeux monastiques. Saint Bernard
s'était élevé avec énergie contre les abus qui déjà de son temps lui
semblaient devoir amener promptement la décadence des ordres, et sorti
de Cîteaux, il avait cherché à rendre à la règle de Saint-Benoît sa
pureté primitive, avec une constance et une rigueur de principes qui
eurent un plein succès tant qu'il vécut. De son temps la vie monacale
conquit une immense influence morale, et s'étendit jusque dans les camps
par l'institution et le développement des ordres militaires. Il n'y
avait pas alors de famille princière qui n'eût des représentants dans
les différents monastères de l'Occident, et la plupart des abbés étaient
de race noble. L'institut monastique tenait la tête de la civilisation.
Du jour où le pouvoir royal se fut constitué, où la France eut un
véritable gouvernement, ces petites républiques religieuses perdirent
peu à peu de leur importance; et renfermées dans leurs devoirs de
religieux, de propriétaires fonciers, de corps enseignant, l'activité
qu'elles avaient déployée au dehors pendant les XIe et XIIe siècles ne
trouvant plus une pâture suffisante, se perdit en querelles intestines,
au grand détriment de l'institut tout entier. La noblesse fournit tous
les jours un contingent moins nombreux aux couvents, et livrée dès le
XIIIe siècle exclusivement à la carrière des armes, commençant à
dédaigner la vie religieuse qui n'offrait plus qu'une existence
intérieure et bornée, elle laissa bientôt ainsi les ordres monastiques
tomber dans un état qui ressemblait passablement à celui de riches et
paisibles propriétaires réunis en commun sous une discipline qui
devenait de moins en moins rigide. Bientôt les abbés, considérés par le
roi comme des seigneurs féodaux, ne pouvaient, comme tels, se mettre en
dehors de l'organisation politique établie; tant que les pouvoirs
séculiers étaient divisés, il leur était possible, sinon facile, de
maintenir et même d'accroître le leur; mais quand ces pouvoirs féodaux
vinrent se confondre dans la royauté basée sur l'unité nationale, la
lutte ne pouvait durer, elle n'avait pas de but d'ailleurs, elle était
contraire à l'esprit monastique qui n'avait fait que tracer la route aux
pouvoirs pour arriver à l'unité. Les grands établissements religieux se
résignèrent donc, et cessèrent de paraître sur la scène politique.
L'ordre du Temple seul, par sa constitution, put continuer à jouer un
rôle dans l'État, et à prendre une part active aux affaires extérieures;
réunissant les restes de la puissance des ordres religieux à la force
militaire, il dut faire ombrage à la royauté, et l'on sait comment, au
commencement du XIVe siècle, cette institution fut anéantie par le
pouvoir monarchique.
L'influence de la vie militaire sur la vie religieuse se fait sentir dès
le XIIIe siecle dans l'architecture monastique. Les constructions
élevées par les abbés à cette époque se ressentent de leur état
politique; seigneurs féodaux, ils en prennent les allures. Jusqu'alors
si les couvents étaient entourés d'enceintes, c'était plutôt des
clôtures rurales que des murailles propres à résister à une attaque à
main armée; mais la plupart des monastères que l'on bâtit au XIIIe
siècle perdent leur caractère purement agricole pour devenir des villes
fortifiées, ou même de véritables forteresses, quand la situation des
lieux le permet. Les abbayes de l'ordre de Cîteaux, érigées dans des
vallées creuses, ne permettaient guère l'application d'un système
défensif qui eût quelque valeur; mais celles qui appartenaient à
d'autres règles de l'ordre bénédictin, construites souvent sur des
penchants de coteaux, ou même des lieux escarpés, s'entourent de
défenses établies de façon à pouvoir soutenir un siége en règle ou au
moins se mettre à l'abri d'un coup de main. Parmi les abbayes qui
présentent bien nettement le caractère d'un établissement à la fois
religieux et militaire, nous citerons l'abbaye du mont Saint-Michel en
mer. Fondée, si l'on en croit les légendes, vers la fin du VIIIe siècle,
elle fut à plusieurs reprises dévastée par les guerres et les incendies.
En 1203, devenue vassale du domaine royal, elle fut presque totalement
reconstruite par l'abbé Jourdain au moyen de sommes considérables que
lui envoya Philippe Auguste; les bâtiments nouveaux furent continués par
les successeurs de cet abbé jusque vers 1260.
Le mont Saint-Michel est situé au fond d'une baie sablonneuse couverte
chaque jour par l'Océan aux heures des marées, non loin de Pontorson et
d'Avranches. C'était un point militaire important à cette époque où la
monarchie française venait de s'emparer de la Normandie, et où elle
pouvait craindre chaque jour une descente des Anglo-Normands. Toutefois
Philippe Auguste laisse le mont en la possession des abbés, il les
considère comme vassaux, et en leur donnant des subsides pour mettre
leur propriété en état de défense, il ne semble pas douter que les
religieux ne puissent conserver ce poste aussi bien que l'eût pu faire
un possesseur séculier.
C'est là un fait caractéristique de l'époque. Voici le plan général de
ce rocher baigné par la mer deux fois par jour, et dont le sommet est
élevé à plus de soixante-dix mètres au-dessus de son niveau (17). Une
étroite plage rocailleuse s'ouvre au sud du côté de Pontorson; à
quelques pas de la mer, le rocher s'élève abrupt. On trouve une première
porte fortifiée en C avec corps de garde[99]. Une seconde porte s'ouvre
en D et donne entrée dans la petite ville, habitée de temps immémorial
par des pêcheurs. De cette porte on accède aux boulevards par un
escalier, et en suivant les remparts qui s'élèvent sur le rocher vers
l'est, on arrive bientôt à des emmarchements considérables tournant vers
le nord jusqu'à la porte de l'abbaye F, défendue par une première
enceinte E. En B est le cloître; en A l'église qui est érigée sur le
point culminant de la montagne; les espaces G, disposés en espaliers du
côté sud, étaient les jardins de l'abbaye; sous l'église est une
citerne; H un chemin de ronde auquel on accédait par un immense escalier
fort roide L K, et qui était destiné, en cas de siége, à permettre
l'introduction de secours du côté de la pleine mer; L est une fontaine
d'eau saumâtre, mais bonne pour les usages ordinaires; M un oratoire sur
un rocher isolé, dédié à saint Hubert; P une entrée fortifiée donnant
accès dans une cour où les magasins de l'abbaye sont placés en Q; V et S
sont des citernes et R un moulin à vent posé sur une tour; I une grande
trémie en maçonnerie et charpente, par laquelle, au moyen d'un treuil,
on faisait monter les provisions du monastère; 0 est la paroisse de la
ville, et T le cimetière. Si nous franchissons le seuil de la première
défense de l'abbaye, voici (18) le plan des bâtiments qui, formant
rez-de-chaussée, entourent le sommet du rocher. En A sont les premières
entrées défendues par un boulevard auquel on monte par un petit escalier
droit; B est la porte, formidable défense couronnée par deux tourelles
et une salle, dont le plan est détaillé en C. Sous cette porte est
pratiqué un escalier roide, qui conduit à une seconde clôture défendue
par des herses et mâchicoulis, et à une salle de laquelle on ne peut
s'introduire dans le monastère que par des guichets masqués et des
escaliers tortueux et étroits. Au-dessus de cette salle est une défense
D percée de meurtrières et de mâchicoulis. Chaque arrivant devait
déposer ses armes avant d'entrer dans les bâtiments de l'abbaye, à moins
d'une permission expresse du prieur[100]. Le réfectoire est situé en F;
on ne peut y arriver du dehors que par un couloir sombre défendu par des
herses, et un escalier à vis; de plain-pied avec la salle d'entrée, sous
le réfectoire, est la salle où l'on introduisait les pauvres auxquels on
distribuait des aumônes. En G est une salle devant servir de réfectoire
à la garnison, avec escalier particulier pour descendre dans le chemin
de ronde. Du côté du midi, en I, sont placées les caves du logement de
l'abbé et des hôtes, en L et en K des prisons et défenses. Au-dessus de
ces soubassements, les bâtiments gagnent sur le rocher et prennent plus
d'importance; (19) on arrive par des détours inextricables, des
escaliers étroits et coudés, au point B où se trouvaient placées les
cuisines. D était le dortoir des moines, E la salle dite des
Chevaliers[101]. C'est une vaste crypte reconstruite au XVIe siècle pour
supporter le choeur de l'église qui fut rebâti à cette époque; F H sont
les soubassements de l'ancienne nef et du transsept romans, afin de
suppléer au rocher qui, sur ces points, n'offrait pas une assez grande
surface; G les logements de l'abbé et des hôtes; I le dessous de la
bibliothèque. Le cloître est situé au-dessus de la grande salle des
Chevaliers E. L'aire de ce cloître est couverte de plomb afin de
recueillir les eaux pluviales qui se rendent dans deux citernes
disposées sous le bras de croix du nord. Au-dessus de la porte en A est
une salle de guet. Enfin l'église (20) domine cet ensemble de bâtiments
gigantesques, construits en granit, et qui présentent l'aspect le plus
imposant au milieu de cette baie brumeuse. Les grands bâtiments qui
donnent sur la pleine mer; du côté nord, peuvent passer pour le plus bel
exemple que nous possédions de l'architecture religieuse et militaire du
moyen âge, aussi les a-t-on nommés de tout temps, _la merveille_[102].
La salle des Chevaliers (fig. 19, E) possède deux vastes cheminées et
des latrines en encorbellement. Nous donnons (21) une vue extérieure de
ces bâtiments prise de la mer; et (22) une vue prise du côté de l'est.
La flèche qui surmontait la tour centrale de l'église est détruite
depuis longtemps; elle avait été réédifiée à plusieurs reprises, et la
dernière fois par l'abbé Jean de Lamps, vers 1510; nous la supposons
rétablie dans la vue que nous donnons ici; une statue colossale de
l'archange Saint-Michel, qui se voyait de fort loin en pleine mer,
couronnait son sommet. La foudre détruisit cette flèche peu après sa
construction. L'abbaye du Mont-Saint-Michel se trouvait dans une
situation exceptionnelle; c'était une place militaire qui soutint des
siéges, et ne put être enlevée par l'armée anglaise en 1422. Rarement
les établissements religieux présentaient des défenses aussi
formidables, ils conservaient presque toujours l'apparence de _villæ_
crénelées, défendues par quelques ouvrages de médiocre importance; on
retrouvait l'architecture monacale sous cette enveloppe militaire;
d'ailleurs, dépourvus originairement de moyens de défense, ils ne se
fortifiaient que successivement et suivant qu'ils s'assimilaient plus ou
moins aux seigneuries féodales. Voici l'abbaye de Saint-Allyre à
Clermont, en Auvergne, dont la vue cavalière donne une idée de ces
agglomérations de constructions moitié monastiques, moitié militaires
(23)[103]. Bâtie dans un vallon, elle ne pouvait résister à un siége en
règle, mais elle était assez bien munie de murailles et de tours pour
soutenir l'attaque d'un corps de partisans.
A est la porte du monastère défendue par une tour, à côté V les écuries
destinées aux montures des hôtes; B une première cour qui n'est point
défendue par des murs crénelés, mais seulement entourée de bâtiments
formant une clôture et ne prenant leurs jours qu'à l'intérieur. B' une
seconde porte crénelée, qui conduit dans une ruelle commandée par
l'église C, bien munie de crénaux et de mâchicoulis; La face orientale,
l'abbaye de l'église, est couronnée par deux tours, l'une qui commande
l'angle de la ruelle, l'autre qui domine la porte S donnant entrée dans
les bâtiments; de plus un mâchicoulis surmonte cette porte. On entre
dans une première cour étroite et fermée, puis dans le cloître G. EE'
sont des clochers crénelés, sortes de donjons qui dominent les cours et
bâtiments. Sous le clocher E était l'entrée de l'église pour les
fidèles; I les dortoirs; K le réfectoire et L la cuisine; H la
bibliothèque; N les pressoirs; 0 l'infirmerie; M les logements des hôtes
et de l'abbé; X des granges et celliers. Des jardins garnis de treilles
étaient placés en P, suivant l'usage, derrière l'abside de l'église. Une
petite rivière R[104], protégeait la partie la plus faible des murailles
et arrosait un grand verger planté en T. Cette abbaye avait été fondée
pendant le IXe siècle, mais la plupart des constructions indiquées dans
ce plan dataient de la seconde moitié du XIIe siècle. Il y a lieu de
penser même que les défenses ne remontaient pas à une époque antérieure
au XIIIe siècle.
Les abbés étant, comme seigneurs féodaux, justiciers sur leurs domaines,
des prisons faisaient partie des bâtiments du monastère; elles étaient
presque toujours placées à côté des clochers, souvent même dans leurs
étages inférieurs. Si dans le voisinage des villes et dans les campagnes
les constructions monastiques, au XIIIe siècle, rappelaient chaque jour
davantage les constructions féodales des seigneurs séculiers; dans
l'enceinte des villes, au contraire, les abbayes tendaient à se mêler à
la vie civile; souvent elles détruisaient leurs murailles primitives
pour bâtir des maisons régulières ayant vue et entrée sur le dehors. Ces
maisons furent d'abord occupées par ces artisans que nous avons vus
enfermés dans l'enceinte des couvents; mais si ces artisans dépendaient
encore du monastère, ce n'était plus que comme fermiers pour ainsi dire,
obtenant l'usufruit de leurs logis au moyen d'une redevance sur les
bénéfices qu'ils pouvaient faire dans l'exercice de leur industrie; ils
n'étaient, d'ailleurs, astreints à aucune règle religieuse. Une fois
dans cette voie, les monastères des villes perdirent bientôt toute
action directe sur ces tenanciers, et les dépendances séculières des
maisons religieuses ne furent plus que des propriétés, supportant un
produit de location. On ne peut douter toutefois que les corporations de
métiers n'aient pris naissance au milieu de ces groupes industriels que
les grandes abbayes avaient formés autour d'elles. C'est ainsi que
l'institut bénédictin avait initié les populations à la vie civile, et à
mesure que celle-ci se développait sous le pouvoir protecteur de la
royauté, les monastères voyaient leur importance et leur action
extérieure décroître. L'enseignement seul leur restait; mais leur
qualité de propriétaires fonciers, leur richesse, la gestion de biens
considérables qui s'étaient démesurément accumulés dans leurs mains
depuis les croisades, ne leur laissaient guère le loisir de se dévouer à
l'enseignement, de manière à pouvoir rivaliser avec les écoles établies
dans les cloîtres des grandes cathédrales sous le patronage des évêques,
et surtout à Paris sur la montagne Sainte-Geneviève.