Dans les édifices de la Bourgogne, et d'une partie de la Champagne, les

fenêtres, au lieu d'être posées sur l'arcature intérieure, sont en

retraite sur les murs extérieurs du triforium. Dans ce cas, l'arc de

décharge est d'autant plus nécessaire que ce mur extérieur porte avec le

fenestrage la bascule des corniches de couronnement, il est quelquefois

posé immédiatement au-dessus de l'extrados des archivoltes, afin

d'éviter même la charge du remplissage, qui comme à Reims, à Paris et à

Amiens, garnit le dessous de l'arc en tiers-point, ou bien encore, l'arc

de décharge n'est qu'un arc bombé, noyé dans l'épaisseur du mur, un peu

au-dessus du sol de la galerie, ainsi qu'on peut le remarquer dans

l'église de Saint-Père-sous-Vézelay (80).

On rencontre des arcs de décharge, à la base des tours centrales des

églises reposant sur les quatre arcs-doubleaux des transsepts, comme à

la cathédrale de Laon. Sous les beffrois des clochers, comme à

Notre-Dame de Paris. Il en existe aussi au-dessus des voûtes, pour

reporter le poids des bahuts et des charpentes sur les piles, et

soulager les meneaux des fenêtres tenant lieu de formerets, comme à la

Sainte-Chapelle de Paris, comme à Amiens, à la cathédrale de Troyes

(81). Au XVe siècle, les arcs de décharge ont été fort en usage pour

porter des constructions massives, reposant en apparence sur des

constructions à jour; pour soulager les cintres des grandes roses du

poids des pignons de face.

Il n'est pas besoin de dire, que les arcs jouent un grand rôle dans la

construction des édifices du moyen âge, les architectes étaient arrivés,

dès le XIIIe siècle, à acquérir une connaissance parfaite de leur force

de résistance, et de leurs effets sur les piles et les murs, ils

mettaient un soin particulier dans le choix des matériaux qui devaient

les composer, dans leur appareil, et la façon de leurs joints.

L'architecture romaine n'a fait qu'ouvrir la voie dans l'application des

arcs à l'art de bâtir; l'architecture du moyen âge l'a parcourue aussi

loin qu'il était possible de le faire, au point d'abuser même de ce

principe à la fin du XVe siècle, par un emploi trop absolu peut-être, et

des raffinements poussés à l'excès.

La qualité essentielle de l'arc, c'est l'élasticité. Plus il est étendu,

plus l'espace qu'il doit franchir est large, et plus il est nécessaire

qu'il soit flexible. Les constructeurs du moyen âge ont parfaitement

suivi ce principe en multipliant les joints dans leurs arcs, en les

composant de claveaux égaux, toujours extradossés avec soin. Ce n'est

qu'au XVIe siècle, alors que l'art de bâtir, proprement dit, soumettait

l'emploi des matériaux à des formes qui ne convenaient ni à leurs

qualités, ni à leurs dimensions, que l'arc ne fut plus appliqué en

raison de sa véritable fonction. Le principe logique qui l'avait fait

admettre, cessa de diriger les constructeurs. En imitant ou croyant

imiter les formes de l'antiquité romaine, les architectes de la

renaissance s'écartaient plus du principe de la construction antique que

les architectes des XIIe et XIIIe siècles; ou plutôt, ils n'en tenaient

nul compte. Si dans leurs constructions massives, inébranlables, les

Romains avaient compris la nécessité de laisser aux arcs une certaine

élasticité en les extradossant, et en les formant de rangs de claveaux

concentriques, lorsqu'ils avaient besoin de leur donner une grande

résistance, à plus forte raison dans les bâtisses du moyen âge, où tout

est équilibre, et mouvement par conséquent, devait-on ne pas perdre de

vue le principe qui doit diriger les architectes dans la construction

des arcs. Du jour où l'on cessa d'extradosser les arcs, où l'on voulut

les composer de claveaux inégaux comme dimension, et comme poids par

conséquent, les appareiller à _crossettes_, et les relier aux assises

horizontales, au moyen de joints droits à la queue, on ne comprit plus

la véritable fonction de l'arc (voy. CONSTRUCTION, VOÛTE).

[Illustration: Fig. 74.]

[Illustration: Fig. 75.]

[Illustration: Fig. 76 et 77.]

[Illustration: Fig. 78.]

[Illustration: Fig. 79.]

[Illustration: Fig. 80.]

[Illustration: Fig. 81.]

ARCADE, s. t. Mot qui désigne l'ensemble d'une ouverture fermée par une

archivolte. On dit: _les arcades de ce portique s'ouvrent sur une cour_.

Le mot _arcade_ est général, il comprend le vide comme le plein,

l'archivolte comme les pieds-droits. On dit aussi: _arcade aveugle_ pour

désigner une archivolte ou arc de décharge formant avec les pieds-droits

une saillie sur un mur plein. Les arcs de décharge des bas côtés de

l'église de Saint-Étienne de Nevers (voy. ARC, fig. 74) sont des arcades

aveugles. Les arcades aveugles sont très-souvent employées dans les

édifices romans du Poitou, de l'Auvergne, de la Saintonge et de

l'Angoumois; toutefois, quand elles sont d'une petite dimension, on les

désigne sous le nom d'ARCATURE (voy. ce mot). Les constructeurs de

l'époque romane donnant aux murs de leurs édifices une forte épaisseur

suivant la tradition romaine, et aussi pour résister à la poussée

uniforme des voûtes en berceau, cherchaient, autant pour économiser les

matériaux que pour décorer ces murs massifs et les rendre moins lourds,

à les alléger au moyen d'une suite d'arcades (voy. ARC DE DÉCHARGE) qui

leur permettaient cependant de retrouver les épaisseurs de murs

nécessaires pour maintenir les poussées des berceaux au-dessus de

l'extrados de ces arcs. Par suite de l'application des voûtes en arcs

d'ogives dans les édifices, il ne fut plus utile d'élever des murs épais

continus; on se contenta dès lors d'établir des contre-forts saillants

au droit des poussées (voy. CONSTRUCTION), et les intervalles entre ces

contre-forts n'étant que des clôtures minces en maçonnerie, les arcades

aveugles, ou arcs de décharge, n'eurent plus de raison d'être. Toutefois

cette tradition subsista, et les architectes de la période ogivale

continuèrent, dans un but purement décoratif, à pratiquer des arcades

aveugles (arcatures) sous les appuis des fenêtres des bas côtés dans les

intérieurs de leurs édifies, d'abord très-saillantes, puis s'aplatissant

peu à peu à la fin du XIIIe siècle et pendant le XIVe, pour ne plus être

qu'un placage découpé plus ou moins riche, sorte de filigrane de pierre

destiné à couvrir la nudité des murs.

ARCATURE, s. t. Mot par lequel on désigne une série d'arcades d'une

petite dimension, qui sont plutôt destinées à décorer les parties,

lisses des murs sous les appuis des fenêtres ou sous les corniches, qu'à

répondre à une nécessité de la construction. On rencontre dans certains

édifices du Bas-Empire des rangées d'arcades aveugles qui n'ont d'autre

but que d'orner les nus des murs. Ce motif de décoration paraît avoir

été particulièrement admis et conservé par les architectes de l'époque

carlovingienne, et il persiste pendant les périodes romane et ogivale,

dans toutes les provinces de la France. Il est bon d'observer cependant

que l'emploi des arcatures est plus ou moins bien justifié dans les

édifices romans; quelques contrées, telles que la Normandie par exemple,

ont abusé de l'arcature dans certains monuments du XIe siècle, ne

sachant trop comment décorer les façades des grandes églises, les

architectes superposèrent des étages d'arcatures aveugles de la base au

faîte. C'est particulièrement dans les édifices normands bâtis en

Angleterre, que cet abus se fait sentir; la façade de l'église de

Peterborough en est un exemple. Rien n'est plus monotone que cette

superposition d'arcatures égales comme hauteurs et largeurs, dont on ne

comprend ni l'utilité comme système de construction, ni le but comme

décoration. En France le sentiment des proportions, des rapports des

vides avec les pleins, perce dans l'architecture du moment qu'elle se

dégage de la barbarie. Dès le XIe siècle ces détails importants de la

décoration des maçonneries, tels que les arcatures, sont contenus dans

de justes bornes, tiennent bien leur place, ne paraissent pas être comme

en Angleterre ou en Italie, sur la façade de la cathédrale de Pise par

exemple, des placages d'une stérile invention. Nous diviserons les

arcatures: 1° en _arcatures de rez-de-chaussée;_ 2° _arcatures de

couronnements;_ 3° _arcatures-ornements_.

ARCATURES DE REZ-DE-CHAUSSÉE. Ces sortes d'arcatures sont généralement

placées, dans l'architecture française, à l'intérieur, sous les appuis

des fenêtres basses, et forment une série de petites arcades aveugles

entre le sol et ces appuis. Les grandes salles, les bas côtés des

églises, les chapelles, sont presque toujours tapissés dans leurs

soubassements par une suite d'arcatures peu saillantes portées par des

pilastres ou des colonnettes détachés reposant sur un banc ou socle de

pierre continu. Nous donnons comme premier exemple de ce genre de

décoration une travée intérieure des bas côtés de la nef de la

cathédrale du Mans (1). Dans cet exemple qui est du XIe siècle, la

construction des maçonneries semble justifier l'emploi de l'arcature;

les murs sont bâtis en blocages parementés en petits moellons cubiques

comme certaines constructions gallo-romaines. L'arcature, par son

appareil plus grand, la fermeté de ses pieds-droits monolithes, donne de

la solidité à ce soubassement en le décorant, elle accompagne et

couronne ce banc qui règne tout le long du bas côté. Le plus souvent

même à cette époque, les arcatures sont supportées par des colonnettes

isolées ornées de bases et de chapiteaux sculptés; nous choisirons comme

exemple l'arcature des bas côtés de l'église abbatiale de Souvigny

(Allier) (2), reposant toujours sur un banc conformément à l'usage

adopté. Dans ces arcatures, la base, le chapiteau et les claveaux des

petits arcs sont engagés dans la maçonnerie du mur, et les fûts des

colonnettes composés d'un seul morceau de pierre posé en délit, sont

détachés. À Souvigny les arcs reposent alternativement sur un pilastre

rectangulaire et sur une colonnette cylindrique.

Cet exemple remonte aux premières années du XIIe siècle. À mesure que

l'architecture se débarrasse des formes quelque peu lourdes de l'époque

romane, les arcatures basses deviennent plus fines, les arcs se décorent

de moulures, les colonnettes sont plus sveltes. Dans le bas côté sud de

l'église de Sainte-Madeleine de Châteaudun, on voit encore les restes

d'une belle arcature du XIIe siècle qui sert de transition entre le

style roman et le style ogival (3); les tailloirs des chapiteaux en sont

variés, finement moulurés, les archivoltes sont décorées de dents de

scie. Les arcatures basses des monuments de la Normandie sont vers cette

époque curieusement travaillées, parfois composées d'une suite de petits

arcs plein cintre qui s'entre-croisent et portent soit sur un rang de

colonnettes, soit sur des colonnettes et des corbeaux alternés; mais

c'est particulièrement en Angleterre que le style normand a développé ce

genre de décoration dans lequel quelques esprits plus ingénieux

qu'éclairés ont voulu voir l'origine de l'ogive (voy. OGIVE).

Le côté nord du choeur de la cathédrale de Canterbury présente à

l'extérieur, entre les fenêtres de la crypte et celles des bas côtés,

une arcature que nous donnons ici (3 bis), et qui forme un riche bandeau

entre les contre-forts; cet exemple date des dernières années du XIIe

siècle. Dans l'étage inférieur de la tour Saint-Romain de la cathédrale

de Rouen, les colonnettes des arcatures sont accouplées, supportant déjà

de petits arcs en tiers-point, bien que le plein cintre persiste

longtemps dans ces membres accessoires de l'architecture, et jusque vers

les premières années du XIIIe siècle; ainsi, les chapelles du choeur de

l'église abbatiale de Vézelay sont tapissées sous les appuis des

fenêtres, d'arcatures appartenant par les détails de leur ornementation

au XIIIe siècle, tandis que leurs arcs sont franchement plein cintre

(4). En Bourgogne l'arc plein cintre persiste même dans les arcatures

jusque vers le milieu du XIIIe siècle. La petite église de Notre-Dame de

Dijon, dont la construction est postérieure à l'église de l'abbaye de

Vézelay, laisse encore voir dans les soubassements de ses chapelles du

transsept, de belles arcatures plein cintre sur des chapiteaux qui n'ont

plus rien de l'ornementation romane. La courbe en tiers-point ne

s'applique aux archivoltes des arcatures que vers 1230, l'arc trilobé

sert de transition, on le voit employé dans le transsept nord de

l'église Saint-Jean de Châlons-sur-Marne (5), dont la partie inférieure

date de 1220 à 1230; dans les travées encore existantes des bas côtés de

la cathédrale d'Amiens, même date; plus tard, de 1230 à 1240, l'arc en

tiers-point règne seul (6), ainsi qu'on peut le voir dans les chapelles

du choeur de la cathédrale de Troyes, d'abord simple, décoré seulement

par des moulures largement profilées, puis un peu plus tard, vers 1240,

par des _redents_, comme dans les chapelles du choeur de la cathédrale

d'Amiens (7) ou la Sainte-Chapelle basse du Palais à Paris. Jusqu'alors

cependant, les arcatures basses, qu'elles appartiennent à un monument

riche ou à une église de petite ville, sont à peu de chose près

semblables. Mais vers 1245, au moment où l'architecture ogivale arrivait

à son apogée, les arcatures, dans les édifices bâtis avec luxe, prennent

une plus grande importance, s'enrichissent de bas-reliefs, d'ornements,

d'ajours, tendent à former sous les fenêtres une splendide décoration,

en laissant toujours voir le nu des murs dans les entre-colonnements;

ces murs eux-mêmes reçoivent de la peinture, des applications de

gaufrures ou de verres colorés et dorés. La Sainte-Chapelle haute du

Palais à Paris nous offre le plus bel exemple que l'on puisse donner

d'une série d'arcatures ainsi traitées (8). Alors, dans les édifices

religieux, le parti adopté par les constructeurs ne laissait voir de

murs que sous les appuis des fenêtres des bas côtés; toute la

construction se bornant à des piles et des vides garnis de verrières, on

conçoit qu'il eût été désagréable de rencontrer sous les verrières des

bas-côtés, à la hauteur de l'oeil, des parties lisses qui eussent été en

désaccord complet avec le système général de piles et d'ajours adopté

par les architectes. Ces arcatures servaient de transition entre le sol

et les meneaux des fenêtres en conservant cependant par la fermeté des

profils, l'étroitesse des entre-colonnements et les robustes saillies

des bancs, une certaine solidité d'aspect nécessaire à la base d'un

monument. Les bas côtés de la cathédrale de Reims, quoique pourvus de

ces larges bancs avec marche en avant, n'ont jamais eu, ou sont

dépouillés de leur arcature; aussi, est-on choqué de la nudité de ces

murs de pierre sous les appuis des fenêtres, nudité qui contraste avec

la richesse si sage de tout l'intérieur de l'édifice. Pour nous, il

n'est pas douteux que les bas côtés de la cathédrale de Reims ont dû

être ou ont été garnis d'arcatures comme l'étaient autrefois ceux de la

nef de l'église abbatiale de Saint-Denis, les parties inférieures de ces

deux nefs ayant les plus grands rapports. Nous donnons ici (9)

l'arcature basse de la nef de l'église de Saint-Denis, dont tous les

débris existent encore dans les magasins de cet édifice, et dont les

traces sont visibles sur place. Disons en passant que c'est avec

quelques fragments de cette arcature que le tombeau d'Héloïse et

d'Abailard, aujourd'hui déposé au Père-Lachaise, a été composé par M.

Lenoir, dans le musée des Petits-augustins.

Il ne faudrait pas croire que les arcatures ont suivi rigoureusement la

voie que nous venons de tracer, pour atteindre leur développement; avant

d'arriver à l'adoption de la courbe en tiers-point on rencontre des

tâtonnements, car c'est particulièrement pendant les périodes de

transition que les exceptions se multiplient. Nous en donnerons une qui

date des premières années du XIIIe siècle, et qui peut compter parmi les

plus originales; elle se trouve dans les bas côtés de l'église de

Montier-en-Der (Haute-Marne) (10), charmant édifice rempli de

singularités architectoniques, et que nous aurons l'occasion de citer

souvent. Vers la fin du XIIIe siècle, les arcatures basses, comme tous

les autres membres de l'architecture ogivale s'amaigrissent; elles

perdent l'aspect d'une _construction_. d'un soubassement, qu'elles

avaient conservé jusqu'alors, pour se renfermer dans le rôle de

placages. Le génie si impérieusement logique qui inspirait les

architectes du moyen âge, les amena bientôt en ceci comme en tout à

l'abus. Ils voulurent voir dans l'arcature d'appui la continuation de la

fenêtre, comme une _allége_ de celle-ci. Ils firent passer les meneaux

des fenêtres à travers la tablette d'appui, et l'arcature vint se

confondre avec eux.

Dès lors la fenêtre semblait descendre jusqu'au banc inférieur; les

dernières traces du mur roman disparaissaient ainsi, et le système

ogival s'établissait dans toute sa rigueur (11). Cet exemple tiré des

bas côtés du choeur de la cathédrale de Sées, date des dernières années

du XIIIe siècle. Toutefois, les petits pignons ménagés au-dessus des

arcs donnent encore à ces soubassements une décoration qui les isole de

la fenêtre, qui en fait un membre à part ayant son caractère propre,

tandis que plus tard, au commencement du XIVe siècle, comme dans le

choeur de l'église Saint-Nazaire de Carcassonne, l'arcature basse en se

reliant aux meneaux des fenêtres, adopte leurs formes, se compose des

mêmes membres de moulures, répète leurs compartiments (12). Ce n'est

plus en réalité que la partie inférieure de la fenêtre qui est bouchée,

et par le fait, le mur forcé de se retraiter à l'intérieur au nu des

vitraux, pour laisser la moitié des meneaux se dégager en bas-relief, ne

conserve plus qu'une faible épaisseur qui équivaut à une simple cloison.

Il était impossible d'aller plus loin. Pendant les XIVe et XVe siècles,

les arcatures basses conservent les mêmes allures, ne variant que dans

les détails de l'ornementation suivant le goût du moment. On les voit

disparaître tout à coup vers le milieu du XVe siècle, et cela s'explique

par l'usage alors adopté de garnir les soubassements des chapelles de

boiseries plus ou moins riches. Avec les arcatures disparaissent

également les bancs de pierre, ceux-ci étant à plus forte raison

remplacés par des bancs de bois. Des moeurs plus raffinées, l'habitude

prise par les familles riches et puissantes ou par les confréries, de

fonder des chapelles spéciales pour assister au service divin, faisaient

que l'on préférait les panneaux de bois et des siéges bien secs, à ces

murs et à ces bancs froids et humides.

Nous ne pouvons omettre parmi les arcatures de rez-de-chaussée, les

grandes arcatures des bas côtés de la cathédrale de Poitiers. Cet

édifice (voy. CATHÉDRALE), bâti à la fin du XIIe siècle et au

commencement du XIIIe, présente des dispositions particulières qui

appartiennent au Poitou. Les voûtes des bas côtés sont aussi hautes que

celles de la nef, et le mur sous les fenêtres, épais et élevé, forme une

galerie servant de passage au niveau de l'appui de ces fenêtres. Ce haut

appui est décoré par une suite de grandes arcatures plein cintre

surmontées d'une corniche dont la saillie est soutenue par des corbelets

finement sculptés (13). Des arcatures analogues se voient dans la nef de

l'église Sainte-Radegonde de Poitiers, qui date de la même époque.

[Illustration: Fig. 1.]

[Illustration: Fig. 2.]

[Illustration: Fig. 3.]

[Illustration: Fig. 3 bis.]

[Illustration: Fig. 4.]

[Illustration: Fig. 5.]

[Illustration: Fig. 6.]

[Illustration: Fig. 7.]

[Illustration: Fig. 8.]

[Illustration: Fig. 9.]

[Illustration: Fig. 10.]

[Illustration: Fig. 11.]

[Illustration: 12]

[Illustration: Fig. 13 et 14.]

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 1 - (A) · 第 8 / 47 段