Il prit son bâton et sortit

La nuit était tombée. Le ciel, bas et gris, promettait une tempête de

neige. Le vent soufflait par rafales.

Le vieillard se dirigea d'un pas ferme, en faisant de grandes enjambées,

vers la demeure du prêtre, où brillait une fenêtre éclairée.

Sur la porte, il rencontra Savéli qui allait entrer.

--Que viens tu chercher ici? demanda le vieillard.

--Les prières pour la martyre qui repose, répondit Savéli.

Le vieillard tourna le bouton de la porte et entra sans répondre.

Le prêtre était assis au chevet de sa femme endormie. Une petite face

ronge et ridée dormait dans le berceau, auprès du lit. La servante,

effarée, entra sur la pointe du pied.

--Mon père, dit elle, voici des paysans qui veulent vous parler.

--Qu'est-ce qu'il y a? répondit Vladimir Alexiévitch en tournant vers la

porte son visage fatigué, pâle encore de l'angoisse de la journée.

--Il y a un malheur dans le village, dit la servante.

--Plus bas! fit le prêtre en se levant.

Sa haute taille, courbée par la lassitude, se redressa péniblement.

--Reste ici, près de l'enfant: tâche qu'il ne dérange pas sa mère. Où

sont-ils?

--Dans l'antichambre.

Le prêtre sortit et fit entrer les paysans dans la salle à manger,

pauvrement meublée d'un buffet, d'une table en bois blanc et de quelques

chaises de paille. En reconnaissant Savéli, il eut un pressentiment de

la vérité. Les craintes et les fatigues de la journée précédente

l'avaient cependant tenu à l'écart de ce qui s'était passé au

village,--mais certains malheurs semblent flotter dans l'air sans qu'on

ne sache pourquoi.

--Que voulez vous? dit-il.

--Nous voulons tes prières, dit Iérémeï. Ma fille est morte, elle est à

la maison; un péché est sur son âme: tes prières l'ôteront.

--Fédotia?

--Oui, Fédotia.

--Quel péché peut-elle avoir commis avant de mourir, ta colombe? dit le

prêtre, devinant vaguement la réponse qui allait suivre.

--Elle s'est tuée!...

Iérémeï regarda le prêtre en face:

--Tu ne vas peut-être pas lui refuser tes prières parce qu'elle s'est

tuée? Tu es prêtre, mais tu n'es pas méchant: tu ne laisseras pas le

péché sur son âme? Eh?

En prononçant ces paroles, Iérémeï regardait le prêtre avec colère. Son

bâton tremblait dans sa main, non de faiblesse, mais de fureur.

--Pourquoi et comment s'est-elle tuée? demanda le prêtre sans répondre

directement.

--Je ne sais pas. Je sais qu'on me l'a rapportée morte et qu'elle s'est

tuée. Si tu veux le savoir, demande le à celui-ci,--Il te le dira.

Savéli approcha d'un pas. La lumière de la mauvaise chandelle éclairait

son visage contracté et subitement amaigri.

--Je sortais de chez Procofi, où nous avions préparé le lin; J'étais

avec les autres.--Il nomma les paysans qui l'accompagnaient.--Au

carrefour, voilà que je vois venir Fédotia sur la route de la maison

seigneuriale. Elle marchait comme en dormant, les yeux bien ouverts,

sans avoir l'air de rien voir. Tout à coup je m'aperçut qu'elle avait

sur son bras un mouchoir bariolé.... vous savez, les mouchoirs que

Bagrianof donne aux filles... Je sentis un coup comme si un boeuf

m'avait renversé; je dis:--Qu'est-ce que cela?--Fédotia poussa un cri,

elle recula comme si elle avait peur, et me dit deux fois:--Ne me touche

pas!--Alors moi je criai:--D'où viens-tu?--Elle ne me répondit pas et

se mit à courir vers la rivière. Nous l'avons tous suivie sans pouvoir

la rattraper, elle a sauté, j'ai sauté après elle, et je l'ai rapportée,

mais trop tard. Voilà!

--Qu'est-ce que tu penses de cela? dit le prêtre après un silence.

--Je pense qu'elle sera allée demander ma grâce à Bagrianof, pauvre

innocente! Et lui, content de tenir la brebis il l'a mangée, comme un

loup qu'il est.

--Eh bien! père, que décides-tu? grommela Iérémeï en frappant le

plancher de son bâton; il me faut des prières!

--Ma femme est accouchée ce matin, mais cela ne fait rien, je vais avec

vous. Allez devant, je vous rejoint. Je ne prendrai que le temps de

passer à l'église.

Les deux paysans sortirent. Au bout de quelques instants, Iérémeï

s'arrêta:

--Est-ce toi qui lui avais conseillé d'aller chez le seigneur? dit-il

d'une voix sourde.

--Non, père! Devant Dieu, ce n'est pas moi! Elle m'en avait parlé, et je

lui avais répondu que jamais Bagrianof ne pardonnait. J'ai même dit que

ce serait un miracle s'il pardonnait à quelqu'un.

--Voilà le miracle: je n'ai plus d'enfant! gronda le vieillard qui se

remit en marche. Un moment après, il ajouta:

--C'est heureux pour toi que tu ne l'aies pas envoyée, car je t'aurais

cassé les os avant de les lui casser, à lui!

Le prêtre entra dans la cabane peu d'instants après ceux qui étaient

venus le chercher. Il remit au premier venu l'encensoir et l'encens, qui

servent aux prières funèbres, et revêtit l'étole.

Il n'avait pas voulu emmener le diacre, jugeant inutile de l'entraîner

dans la disgrâce qui suivrait probablement l'accomplissement de ce

devoir.

L'encens fuma bientôt sur les charbons allumées et le prêtre commença

les prières. Sa voix graves et mélodieuse scandait lentement les versets

lugubres; le paysan qui tenait l'encensoir disait les répons connus de

tous dans cette langue slavonne, aussi rapprochée du russe que le

français du quinzième siècle l'est du français moderne.

En prononçant les paroles sacrées qui mentionnent l'autre vie et

l'accueil qui attend les croyants par delà le tombeau, la voix du prêtre

s'éleva plus pore et plus sonore; ses yeux levés au ciel voyaient, au

delà du plafond bas traversé par les poutres noircies, le grand ciel

bleu sombre parsemé d'étoiles, où l'âme blanche de la martyre s'élevait

doucement vers le Sauveur des malheureux. D'une main pieuse il offrit

l'encens au cadavre, puis, les prières terminées, il replia l'étole,

reprit l'encensoir, noua le tout dans un mouchoir, remit sa pelisse et

voulut partir.

--Merci, mon père, lui dit Iérémeï en lui baisant la main.

--Merci, mon père, dit Savéli en s'approchant aussi; quand

l'enterrerez-vous?

--Quand vous voudrez, mes enfants.

--Vous n'avez pas peur?

Le prêtre jeta un regard sur la jeune morte, sur l'assemblée où la lueur

vacillante des cierges laissait apercevoir confusément de nombreux

visages tournés vers lui.

--Non, dit il d'une voix calme, le serviteur de Dieu ne craint ni les

pièges du méchant ni les embûches du démon.

--L'enterrerez vous après-demain matin avec une messe? Nous payerons ce

qu'il faudra.

--Je n'ai pas besoin d'argent, répondit le prêtre, qui pensa à pendant à

part lui combien sa pauvre maison était dénuée de tout, et quel besoin

avait la jeune mère de choses fortifiantes: il sera fait comme vous le

désirez.

Les paysans se dispersèrent lentement et regagnèrent leurs masures.

Le lendemain, pendant toute la matinée, les paysannes se succédèrent au

logis de Vladimir Alexiévitch. Malgré leur pauvreté, elles avaient

trouvé moyen d'apporter, qui des oeufs frais, une poule, un peu de miel

de l'automne précédent, qui une brassée de laine, un morceau de toile,

les plus pauvres une jatte de lait.

Le village remerciait ainsi celui qui venait de risquer ses moyens

d'existence pour la justice et le bon droit.

Le surlendemain, vers dix heures, Bagrianof prenait paisiblement son thé

en lisant les journaux de la semaine, lorsque le premier coup de cloche

lui fit lever la tête. Sa femme pâlit sous le regard de son seigneur et

maître. Elle savait ce qui s'était passé, et, depuis la veille, elle

tremblait en pensant à ce moment redoutable. Elle fit un signe, et la

petite fille disparut sans bruit.

Plus forte en sentant l'enfant à l'abri, madame Bagrianof attendit la

question qui ne pouvait manquer. La cloche continuait à tinter pour la

messe.

--Est-ce fête aujourd'hui? dit Bagrianof. Quelle date avons-nous?

--Le vingt-deux, répondit-elle. Ce n'est pas fête, Daniel Loukitch.

--Alors, pourquoi dit-on la messe?

--C'est un enterrement, balbutia la pauvre créature, tremblante

d'angoisse.

--Le bienheureux trépassé se fait dire la messe? grand bien lui fasse!

Ils ne sont pas si pauvres qu'ils veulent bien le dire, mes bons serfs,

puisqu'ils se payent des messes! Laquelle de mes âmes est partie pour le

céleste séjour?

--Ce n'est pas une âme, Daniel Loukitch, répondit madame Bagrianof,

c'est une jeune fille.

On appelait alors âmes, en Russie, les hommes seulement. Les femmes, ne

payant pas de redevance personnelle, n'étaient pas comptées dans la

population.

--Une jeune fille? fit Bagrianof d'un air mécontent.

Il n'aimait pas à voir mourir les jeunes filles: c'était autant de

perdu, puisqu'elles pouvaient se marier et donner de beaux enfants, qui

deviendraient des âmes.

--Laquelle? ajouta-t-il par habitude de propriétaire.

--Fédotia Iérémeieva, dit-elle.

Bagrianof posa son journal sur la table et regarda sa femme.

--Vous êtes folle, lui dit-il posément. Cette fille, qui se portail bien

avant hier, on l'enterrerait aujourd'hui?... De quoi est-elle morte?

Madame Bagrianof ne répondit pas. Il agita violement la sonnette, et le

domestique, Timothée, entra sur la pointe du pied. La cloche tintait

toujours seulement le glas avait remplacé la sonnerie de la messe. Le

cercueil devait être en vue de l'église.

--Qui enterre-t-on? demanda Bagrianof d'une voix sèche.

--Fédotia Iérémeieva, Votre Honneur, répondit le vieux domestique.

--Celle fille qui était ici avant-hier.

--La même, Votre Honneur.

--De quoi est elle morte. Madame Bagrianof et Timothée

s'entre-regardèrent.

--De quoi est elle morte? répéta Bagrianof avec un pli des lèvres,

précurseur de l'orage.

--Elle s'est noyée, Votre Honneur.

--Par accident?

Personne ne répondit.

--Exprès?

Le silence se fit une seconde fois. Le balancier de l'horloge donnait un

petit coup sec à chaque mouvement; au dehors, le glas tintait toujours.

Timothée leva la tête et regarda son maître.

--Exprès, Votre Honneur répondit-il.

Bagrianof se leva et fit quelques pas; sa femme s'était levée aussi,

hésitante et glacée de terreur; il la rassit sur son fauteuil, d'un geste

violent.

--Tenez-vous donc tranquille, dit il, vous partez à tout moment comme un

diable à ressort.

Madame Bagrianof ne bougea plus.

--La sotte! murmura le seigneur entre ses dents serrées.

La cloche de l'église se tut: le corps était entré dans l'église.

Bagrianof fit encore deux ou trois tours dans l'appartement.

--Qu'est-ce qu'on dit dans le village? demanda-t-il au vieux domestique.

--Je ne sais pas, Votre Honneur, je ne vais jamais au village.

--Eh bien, vas-y! dit le seigneur en se rasseyant. Donnez-moi un verre

de thé, ma chère, dit-il à sa femme. Bien chaud et bien sucré, s'il vous

plaît.

Timothée sortit de la cour seigneuriale, les yeux fixés à terre, suivant

machinalement la route où il lui semblait voir Fédotia marcher devant

lui, le mouchoir déplié flottant sur le bras. Il arriva sur la place;

toutes les maisons étaient vides. Quelques petits enfants, laissés

seuls, se mirent à geindre dans leur berceau quand il entr'ouvrit les

portes. Il s'arrêta et réfléchit. Retourner à la maîson sans nouvelles,

c'était courir un gros risque. Entrer dans l'église était peut-être plus

dangereux encore. Qui sait si la population affolée n'allait pas le

mettre en morceaux, faute de meilleur gibier!

Il s'arrêta à un moyen terme. Pénétrant à peine sous le parvis, il

s'adressa à une vieille femme qui priait activement, faisant de grandes

inclinaisons jusqu'à mi-corps et des signes de croix à tour de bras.

--Qu'est-ce qu'on dit dans le village, ma bonne, lui demanda-t-il.

Elle le regarda de travers.

--On dit que c'est grand'pitié qu'une si jolie fille soit morte si

jeune. Voilà.

Et elle reprit son oraison. Timothée, satisfait, retourna à la maison et

répéta fidèlement ce qu'il avait entendu. Bagrianof faute de mieux, fit

mine de s'en contenter. Il s'enferma bientôt dans son cabinet, attendant

le glas qui ne pouvait manquer de recommencer d'une minute à l'autre.

Ce n'était pas le remords qui le poursuivait pendant qu'il arpentait le

parquet d'un pas régulier comme le balancier lui-même. A quel propos le

remords serait-il venu se loger sous le crâne de ce haut et puissant

seigneur? Le remords de quoi? D'avoir agi une fois de plus comme il

avait agi tant de fois? Est-ce que les autres s'étaient noyées?

N'étaient-elles pas, à l'heure qu'il est, mariées et mères de gros gars

au ventre proéminent, aux cheveux de lin tombant sur la face; gars dont

plusieurs étaient ses fils, sans contredit? mais il n'avait jamais su

lesquels, faute de prendre des informations. Pourquoi cette sotte

n'avait elle pas fait comme les autres? Elle avait le mari sous la

main... Qui pouvait se douter qu'au lieu de se marier honnêtement comme

tout le monde, elle allait se noyer exprès! Il lui en voulait de cela,

et si elle eût été encore vivante, il l'aurait punie de la bonne

manière;... Mais elle échappait à sa vengeance!

Le glas recommença de sonner. Le corps sortait de l'église pour se

rendre au cimetière.

Comment se faisait-il qu'on ne lui eût pas parlé de cet événement?

C'était intéressant pour lui, au bout du compte! On le lui avait caché,

pourquoi? Avait-on cru qu'il lui serait désagréable d'apprendre que

cette fille s'était noyée? Mais en quoi cela pouvait-il lui être

désagréable? Est-ce que c'était sa faute? Est-ce qu'ils auraient

l'aplomb de dire que c'était sa faute? C'est là ce qu'il faudrait voir,

par exemple!

Bagrianof s'arrêta devant la porte comme pour sortir. La grosse cloche

tintait toujours à coups lents et égaux,--les petites cloches sonnaient

de temps en temps ensemble avec un bruit de sanglots... Bagrianof tourna

le dos à la porte et se remit à marcher.

Sa faute? En quoi sa faute? Pas pour celle-là au moins!... Elle était

venue le trouver, l'effrontée! Elle avait demandé la grâce de son

amant,--car enfin qui pouvait se douter que ce n'était pas son amant,

mais seulement son fiancé? Il avait cru que c'était son amant, lui: les

filles de village ne sont pas, à l'ordinaire, d'une vertu si farouche!

Oh! non, ce n'était pas sa faute, à lui. Elle n'avait pas besoin de

venir le trouver!... Mais quî donc avait eu l'aplomb de dire que c'était

sa faute?...

Il se retourna brusquement, cherchant à dévisager l'audacieux... Il

était seul.

Alors il se rappela que c'était Timothée qui lui avait dit: "exprès"

comme pour le braver. Elle s'était noyée exprès; c'est Timothée qui

l'avait dit, Timothée le payerait sans tarder! Et le prêtre qui faisait

un enterrement de seigneur à cette fille!...

Bagrianof s'arrêta. Le glas avait cessé. Le silence et la résolution

qu'il venait de prendre de châtier l'insolent lui firent beaucoup de

bien.

Il s'assit dans son fauteuil, ouvrit son tiroir, prit la lettre à

l'archevêque et la mit bien en évidence; puis il alluma un cigare et se

remit à lire. Mais il ne comprit pas un mot de ce qu'il lisait.

Fédotia avait de belles funérailles. Sauf les bambins dont les cris

avaient désorienté le vieux domestique, personne n'était resté au logis.

Le père avait voulu la grand'messe avec les chantres, et le prêtre avait

consenti à tout, prenant la responsabilité sur lui: il avait fait le

sacrifice de sa place. D'ailleurs la jeune mère paraissait plus forte,

le petit avait bonne envie de vivre, et, si cruel que fût Bagrianof, il

ne pouvait les chasser avant un mois au moins. Dans un mois, il mettrait

tous ses trésors sur une pauvre charrette, et il irait où la grâce de

Dieu et de ses supérieurs voudrait bien l'envoyer,--en Sibérie, s'il le

fallait, enseigner la loi de Dieu aux Toungouses. Ne serait-il pas sûr

de la vie, riche de posséder sa femme et son enfant, qu'on ne pouvait

lui ravir?

Tendant qu'il récitait les prières sur le cercueil, la foule

l'entourait, si pressée, qu'on étouffait dans l'église, non chauffée

cependant. Les hommes, concentrés, la tête basse, sentaient vaguement

dans l'air une odeur de vengeance monter avec celle des branches de

sapin qu'ils foulaient aux pieds. La jeune morte, parée de ses beaux

habits, la face découverte, était pour eux un étendard qui les menait au

combat. Ce n'est pas seulement pour les vieux Romains que le corps d'une

femme a été le symbole de la liberté outragée. La cérémonie funèbre

s'acheva sars tumulte. Les paysans enlevèrent le cercueil. Le père et

Savéli tenaient la tête. Fédotia sortit de l'église accompagnée par le

glas qui avait si fort énervé Bagrianof: le village tout entier la

suivit jusqu'au cimetière peu distant, situé dans un bouquet de bois

clairsemé, ou les vieilles tombes disparaissaient sous les fleurs

sauvages, où les oiseaux nichaient au printemps par centaines.

La neige recouvrait les monticules anciens et nouveaux. La fosse de

Fédotia faisait une tache noire sur cette blancheur immaculée. Le

cortège, la croix en tête, monta la pente douce, de son pas cadencé; la

fosse reçut sa proie; le prêtre jeta une poignée de terre dans le

cercueil encore ouvert; on descendit le couvercle, qu'on posa sans

fracas;--Iérémeï et Savéli se penchèrent pour voir ce qui restait encore

de leur bien-aimée,--et les planches de sapin elles-mêmes disparurent

bientôt sous la terre mêlée de neige qui roula en gros blocs jusqu'au

fond du trou.

Iérémeï, suivant l'usage, invita les assistants à venir festiner chez

lui. On le suivit en silence. Chacun sentait, comme on dit, qu'il allait

se passer quelque chose.

L'expiation de Saveli · 第 14 / 27 题