1340. ASSEMBLÉES DE BRUXELLES ET DE GAND A LA SUITE DESQUELLES
ÉDOUARD III PREND LE TITRE DE ROI DE FRANCE, ET RETOUR DE CE
PRINCE EN ANGLETERRE (§§ 88 à 90).
Revenu en Brabant après l'équipée de Buironfosse, le roi d'Angleterre
éprouve plus que jamais le besoin de s'assurer l'alliance effective
des Flamands. C'est pourquoi, il convoque à un parlement qui doit se
tenir à Bruxelles dans l'hôtel de Coudenberg, résidence du duc de
Brabant, les habitants de Gand, de Bruges, d'Ypres, de Courtrai, de
Damme, de l'Écluse, du terroir du Franc et des autres bonnes villes de
Flandre. Les Flamands, et à leur tête Jacques d'Arteveld, répondent
avec empressement à l'appel d'Édouard III qui les invite à conclure
avec lui une alliance offensive et défensive contre le roi de France,
leur promettant en revanche de les faire rentrer en possession de
Lille, de Douai et de Béthune. Les représentants des bonnes villes
flamandes déclarent au roi d'Angleterre qu'ils sont tout prêts à le
servir; ils ne mettent qu'une condition à leur concours, c'est
qu'Édouard III prenne le titre et les armes de roi de France. P. 184
et 185, 479 et 480.
Le roi d'Angleterre voit plus d'un inconvénient à assumer un titre qui
ne répond encore à aucune réalité; toutefois, il a tellement besoin de
l'appui des Flamands qu'il se décide à accepter la condition qui lui
est imposée. Il convoque à Gand un nouveau parlement où assistent, en
compagnie de Jacques d'Arteveld et des représentants des bonnes villes
de Flandre, les ducs de Brabant et de Gueldre, les marquis de Juliers,
de Meissen et de Brandebourg, le comte de Berg, l'archevêque de
Cologne, Jean de Hainaut, le sire de Fauquemont, Robert d'Artois et
beaucoup d'autres seigneurs. Là, en présence de tous ses alliés,
Édouard III prend les armes de France écartelées d'Angleterre et se
fait reconnaître comme roi de France. P. 186, 480 et 481.
Il est aussi décidé à l'assemblée de Gand que l'été prochain on ira
mettre le siége devant Tournai. Cette résolution comble de joie les
Flamands qui ne doutent pas qu'après la prise de Tournai ils ne soient
promptement remis en possession de Lille, de Douai et de Béthune,
villes qui doivent faire retour au comté de Flandre dont elles sont
des dépendances légitimes. Les Flamands et les Brabançons voudraient
en outre attirer dans la coalition le Hainaut dont le territoire
offrirait une base d'opérations très-utile; mais le comte Guillaume
s'abstient de se rendre à ce parlement de Gand où il a été invité, et
il dit pour s'excuser qu'il ne peut prendre parti contre le roi de
France son oncle, tant que celui-ci ne lui en a pas donné le sujet.
Sur ces entrefaites, la reine d'Angleterre vient habiter la ville de
Gand et fixe sa résidence dans l'abbaye de Saint-Pierre. Édouard III
se décide à retourner dans son royaume où il n'a pas mis le pied
depuis près de deux ans et où il est rappelé par des affaires
pressantes et surtout par la guerre contre l'Écosse; il laisse en
Flandre Guillaume de Montagu, comte de Sallsbury, et le comte de
Suffolk, avec deux cents lances et cinq cents archers; il confie la
reine Philippe sa femme à l'affection des Cantois et s'embarque pour
l'Angleterre à Anvers en compagnie des comtes de Derby, de
Northampton, de Gloucester, de Warwick, de Pembroke, de Hereford, de
Renaud de Cobham, du baron de Stafford, de l'évêque de Lincoln, de
Gautier de Mauny et de Jean Chandos; il arrive à Londres vers la
Saint-André (30 novembre) 1339. P. 187 et 188, 481 à 483.