CHAPITRE XI.

1330 et 1331. NOUVELLE AMBASSADE ENVOYÉE A LONDRES PAR PHILIPPE

DE VALOIS, ET PRESTATION DE FOI ET HOMMAGE AU ROI DE FRANCE PAR

LE ROI D'ANGLETERRE. (§§ 46 et 47.)

1330. Philippe de Valois envoie en Angleterre l'évêque de

Chartres[218], l'évêque de Beauvais[219], Louis de Clermont

duc de Bourbon, Jean IV comte de Harcourt et Jean II sire de

Tancarville[220], pour recevoir l'hommage lige qui n'a pas été prêté à

Amiens. Les envoyés français assistent à Londres aux parlements réunis

par Édouard III pour délibérer sur la question de l'hommage auquel il

est tenu comme duc de Guyenne. L'opinion circule déjà parmi le peuple

que le roi d'Angleterre a plus de droits à la couronne de France que

Philippe de Valois, mais Édouard III et ses conseillers ne font pas

encore attention à ces rumeurs. P. 96 et 97.

[218] Pierre de Chappes, fait cardinal en 1327, fut évêque de

Chartres de 1326 à 1336.

[219] Jean Ier, frère du célèbre Enguerrand de Marigny, fut

évêque de Beauvais de 1313 à 1347, année où il fut promu à

l'archevêché de Rouen.

[220] Froissart désigne ce seigneur par le titre de comte de

Tancarville, mais ce titre ne fut conféré à Jean de Melun qu'en

1352.

1331. Après avoir passé tout l'hiver à Londres sans pouvoir obtenir

une réponse définitive, les ambassadeurs de Philippe de Valois

reçoivent enfin, le 30 mars 1331, des lettres patentes d'Édouard III,

scellées de son grand sceau, où le roi d'Angleterre se reconnaît

l'homme lige du roi de France et lui fait prestation de foi et hommage

lige. Voici en substance la teneur de ces lettres. P. 97.

Le roi d'Angleterre rappelle que naguère, à Amiens, il s'est refusé à

la prestation de foi et hommage lige, et qu'il n'a fait hommage au roi

de France que par paroles générales, en disant qu'il entendait faire

seulement ce que ses prédécesseurs avaient fait; mais aujourd'hui

il n'hésite pas, après plus ample information, à se reconnaître

l'homme lige du roi de France, et à déclarer lige l'hommage prêté

jadis à Amiens, tant pour le duché de Guyenne que pour les comtés de

Ponthieu et de Montreuil. Édouard III promet en outre, en son nom et

au nom de ses successeurs, ducs de Guyenne, de faire hommage

désormais, soit pour le duché de Guyenne, soit pour les comtés de

Ponthieu et de Montreuil, selon les formules de l'hommage lige qui

sont textuellement énoncées. Enfin, le roi d'Angleterre termine en

disant que ses successeurs, ducs de Guyenne et comtes de Ponthieu et

de Montreuil, seront tenus de renouveler ces présentes lettres,

toutes les fois qu'ils entreront en l'hommage du roi de France. P. 97

à 99.

Chroniques de J. Froissart, tome 01/13, 1re partie · 第 64 / 96 题